Euripide, Hippolyte, 284

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
Je m'intéresse à la métrique grecque et bien qu'ayant consulté quelques ouvrages j'ai quelques difficultés.

Qui pourrait m'aider à déterminer si ces deux vers sont bien partagés.
Euripide Hyppolite 284
La nourrice répond au Chœur :
Ἐς πάντ’άφῖγμαι κούδὲν εἴργασμαι πλέον.
- - / ֊ - / - - / - - / - - / ֊ ֊
S'agit-il bien de trois spondées, d'un ïambe en deuxième position, d'un pyrrhique au dernier pied? Comment sont répartis les temps forts et les temps faibles? Sur la deuxième partie du pied? Est-ce que la coupe entre le troisième et le quatrième pied est correcte?

Aristophane, Les Archarniens, 610.
ἐτεόν ὦ Μαριλαδη
ἤδη πεπρέσβευκας σὺ πολιὸς ὢν ἓν ἤ;
en vérité Marilades,
Tu as les cheveux qui commencent à blanchir
ἤδη πεπρέσβευκας σὺ πολιὸς ὢν ἓν ἤ;
- - - - - - ֊ - ֊ ֊ - ֊ -
Je ne suis pas sûre du tout de mon interprétation métrique Trois spondées, un ïambe, un anapeste, un ïambe au dernier pied.
Merci à tous
Alicem49
1° Vers d'Euripide :
Ἐς πάντ’άφῖγμαι κούδὲν εἴργασμαι πλέον
− − | ∪ − | ∪ || − |∪ − |− − | ∪ ∪
- trimètre iambique ;
- spondée 5ème (les spondées peuvent remplacer l'iambe aux pieds impairs) ;
- le dernier pied se termine par une syllabe indifférente : ne pas parler de pyrrhique.
- césure penthémimère.

2° Vers d'Aristophane :
ἤδη πεπρέσβευκας σὺ πολιὸς ὢν ἓν ἤ
− − | ∪ − | − − |∪ || ∪ ∪ |∪ − | ∪ −
- trimètre iambique ;
- tribraque 4ème (le tribraque peut remplacer l'iambe partout sauf au dernier pied) ;
- césure hepthémimère.
Je vous remercie, j'étais loin de la solution!
le petit trait vertical au deuxième pied signifie que ce peut être aussi bien une longue qu'une brève?
Je ne comprends pas pourquoi dans le vers d'Euripide μαι est représentée par une brève puisque c'est une diphtongue?
Bien cordialement
Alice
Attention : les diphtongues -αι et -οι (qui n'en sont pas toujours en fait) sont brèves par nature sauf :
- dans les formes de locatif, ex : οἴκοι
- dans les finales d'optatif, ex : λὐοι λυσαῖ
- dans le cas de -οι, si ce groupe résulte d'une contraction, ex : νοῖ (νό-οι)

Je ne vois pas ce que vous voulez dire avec le "petit trait vertical" du second pied. 🙄
Merci beaucoup. Je ne savais pas que les diphtongues pouvaient être brèves.
Pour le reste je vous ai posé une question qui n'a pas de sens, ne connaissant pas bien les méthodes de la métrique.
En fait il s'agit de la césure.- Je n'ai pas l'habitude-. Ce qui m'étonne c'est qu'elle se fasse dans le premier vers au milieu d'un pied. Et je me demande aussi qu'est-ce qui justifie dans le vers ïambique une césure à tel ou tel pied, penthémimère ou heptémimère, est-ce que c'est le texte, i.e. le sens du texte? Au bon vouloir du poète?
Peut-on aussi mélanger des pieds à quatre temps et des pieds à trois temps?
Je découvre la métrique et je trouve cela compliqué mais passionnant.
Merci encore
Alice
Je me demande aussi pourquoi la diphtongue μαι de εἴργασμαι est longue? et pourquoi la syllabe δὲν de κούδὲν est brève puisque la voyelle est suivie d'une consonne et qu'elle est en syllabe fermée.
Les césures affectent toujours le milieu d'un pied, quelle que soit sa mesure ou sa composition. C'est pourquoi on retrouve le mot -hémi (demi) dans leur nom.
Il existe des césures :
- trihémimères (troisième demi-pied, ou après un pied et demi)
- penthémimères (cinquième demi-pied, ou après deux pieds et demi)
- héphtémimères (septième demi-pied, ou après trois pieds et demi)
La place de la césure dépend du choix du poète.
Souvent, et c'est le cas ici, il existe deux césures : une primaire, l'autre secondaire, ce qui permet la mise en valeur d'un mot entre deux césures :
Ἐς πάντ’άφῖγμαι κούδὲν εἴργασμαι πλέον
− − | ∪ − | ∪ || − |∪ /− |− − | ∪ ∪
Le groupe κούδὲν est placé entre les césures penthémimère et hephtémimère.
On ne sait pas comment se lisaient les vers dans l'Antiquité… Ce que l'on peut remarquer, c'est que les langues modernes qui ont gardé le principe des pieds dans la versification, placent ordinairement les césures entre deux pieds.
Oui, on peut associer des vers de mètres différents. C'est le cas ici puisque l'iambe est un pied à trois temps et que le spondée en a quatre (et non deux puisque c'est la brève qui forme l'unité de temps). Mais ces échanges se font suivant des règles précises : ainsi, le spondée n'entre dans le trimètre iambique qu'aux pieds impairs (comme c'est le cas dans vos deux vers).
Oui, la métrique antique est assez complexe ; avec les vers "réguliers", qui étaient récités, cela va encore, mais dans les parties chorales des tragédies ou dans la poésie lyrique (Alcée, Sappho…) on abandonne l'idée de vers pour celle de côlon (ensemble de pieds formant un module rythmo-mélodique minimal).
C'est passionnant, mais frustrant faute de pouvoir apprécier la réalisation sonore…
Je vous remercie infiniment car cela m'aide beaucoup, la lecture des livres de métrique grecque me laissant avec beaucoup d'interrogations. Celui de Mr Dain et de Mr Koster
Je ne tarderai pas à vous poser d'autres questions sûrement. 🙂

Bonjour Monsieur,

Pourriez-vous me dire si la métrique de ce vers est bien faite?

Asclépiade Epigrammes, Livre 9, 752

Εἰμί Μέθη τὸ γλύμμα σοφῆς χερός, ἐν δ’ἀμεθύστῳ
Je suis Methè dont la main habile a gravé l’image sur l’améthyste
γέγλυμμαι°τέχνης δ’ἡ λίθος ἀλλοτρίη.
- - / u - /- - /u -/ u - / u -
Ma question est surtout de savoir si les syllabes γέ de γέγλυμμαι°et λο de ἀλλοτρίη sont brèves ou longues. car cela a une influence sur les groupes de consonnes qui les suivent.
Etant situées devant deux consonnes elles sont longues par position.
Est-ce que la répartition des syllabes est correcte?
Je vous remercie beaucoup
Alice
Êtes-vous sûre d'avoir un système iambique dans ces vers ? Où avez-vous trouvé ce distique ?
Je l'ai trouvé dans le Thésaurus linguae graecae. C'est un poète du 4e av. JC contemporain d'Alcée.

γέγλυμμαι°τέχνης δ’ἡ λίθος ἀλλοτρίη.
- - / - - /- - /u -/ u - / u -

Peut-il être ordonné comme ceci ? En fait pour le moment ce n'est que cette partie là qui m'intéresse du point de vue de la métrique.
Non, votre schéma est faux : le -o de lithos est forcément bref, et le a de allotrios forcément long. En fait, vous avez affaire à un distique élégiaque comportant :
- un hexamètre dactylique, associé à :
- un pentamètre dactylique, le vers sur lequel vous hésitez.
Le malheur est que ce pentamètre comporte une anomalie que je ne m'explique pas pour le moment.
Commencez par vous documenter sur l'hexamètre et scandez le premier vers. Nous verrons par la suite.
Merci beaucoup; je vais vérifier le second vers car j'ai peut-être fait une erreur en le recopiant. et j'essaie de scander le premier vers.
Non, non, il n'y a pas d'erreur, mais des licences poétiques. A mon avis, vous devriez choisir un autre texte si vous voulez vous initier.
Oui, essayez de scander l'hexamètre.
Attention : les diphtongues -αι et -οι (qui n'en sont pas toujours en fait) sont brèves par nature sauf :
- dans les formes de locatif, ex : οἴκοι
- dans les finales d'optatif, ex : λὐοι λυσαῖ
- dans le cas de -οι, si ce groupe résulte d'une contraction, ex : νοῖ (νό-οι)

Je ne vois pas ce que vous voulez dire avec le "petit trait vertical" du second pied. 🙄
Bonjour, les finales en "αι" , brèves relativement à l'accent ne sont-elles pas longues relativement à la quantité? Cela rend le pentamètre γέγλυμμαι°τέχνης δ’ἡ λίθος ἀλλοτρίη " normal". Sauf erreur…
Ah ! oui, vous avez raison… Mais ce pentamètre pose un autre problème, celui de la césure, vu qu'il y a une ponctuation forte après γέγλυμμαι, mais que la césure intervient après τέχνης ; or ce mot appartient au syntagme qui le suit…

alicem49 : je corrige la scansion du vers d'Euripide. Lisez bien le message de poenulus.

Ἐς πάντ’άφῖγμαι κούδὲν εἴργασμαι πλέον
− − | ∪ − | || − |∪ − |− − | ∪ ∪
Bonjour Monsieur, merci à Poenulus,
Je vous remercie beaucoup de l'intérêt que vous portez à ce travail et de ce que vous amenez comme conseils et suggestions. Quel plaisir! car depuis deux mois j'essaie de me débrouiller seule avec les traités de métrique et ce n'est pas facile.

J'ai scandé l'hexamètre dactylique comme ceci : sans être vraiment sûre de la répartition des brèves et des longues:

Εἰμί Μέθη τὸ γλύμμα σοφῆς χερός, ἐν δ’ἀμεθύστῳ
- u u /- u u / - - / - u u/ u u - / -
Je suis Methè dont la main habile a gravé l’image sur l’améthyste
γέγλυμμαι°τέχνης δ’ἡ λίθος ἀλλοτρίη.
- - / - - / - - / u u / - u/u -

D'autre part le poème est plus long que ce que je vous ai envoyé, sans doute de nouveau un hexamètre dactylique et un pentamètre. Voici la suite :

Εἰμί Μέθη τὸ γλύμμα σοφῆς χερός, ἐν δ’ἀμεθύστῳ

γέγλυμμαι°τέχνης δ’ἡ λίθος ἀλλοτρίη.
- - / - - /- - / u u/ - u/ u -
ἀλλά Κλεοπάτρης ἱερὸν κτέαρ°ἐν γάρ ἀνάσσης

χειρὶ θεὸν νήφειν καὶ μεθύουσαν ἔδει.
Je suis Methè j’ai gravé l’image de ma main habile sur l’améthyste.
Alice
Ah ! oui, vous avez raison… Mais ce pentamètre pose un autre problème, celui de la césure, vu qu'il y a une ponctuation forte après γέγλυμμαι, mais que la césure intervient après τέχνης ; or ce mot appartient au syntagme qui le suit…

alicem49 : je corrige la scansion du vers d'Euripide. Lisez bien le message de poenulus.

Ἐς πάντ’άφῖγμαι κούδὲν εἴργασμαι πλέον
− − | ∪ − | || − |∪ − |− − | ∪ ∪
Bonjour, la penthémimère peut être appuyée par d’autres césures, ainsi :

μηδέ σ' ἄ/γῃ // νικῶν // πρὸς ζοφό/εντα δέ/μας (pentamètre d’ un distique bien connu de Grégoire de Naziance)
Peut-être pouvons-nous faire de même ici ? :
γέγλυμμαι // °τέχνης// δ’ἡ λίθος ἀλλοτρίη.

Oui, mais la césure forte du pentamètre est normalement à la penthémimère… En fait, le pentamètre est formé de deux demi-hexamètres césurés à la penthémimère avec un silence au second temps du pied "catalectique".
Mais il faut bien se rendre à l'évidence…
Εἰμί Μέθη τὸ γλύμμα σοφῆς χερός, ἐν δ’ἀμεθύστῳ
- u u /- u u / - - / - u u/ u u - / -

Non, ça ne va pas : l'hexamètre se termine par un pied dissylabique et on ne peut avoir d'anapeste (rythme ascendant) dans un système dactylique (rythme descendant). Le 5ème pied d'un hexamètre est du reste presque toujours un dactyle.

Εἰμί Μέ : dactyle, nous sommes d'accord ;
θη τὸ ; spondée. le -o pourrait certes être bref vu que la seconde des deux consonnes qui le suit est une liquide, mais cela n'irait pas avec la suite…
γλύμμα σο : dactyle ; le -u est suivi d'une consonne double, il s'allonge donc ;
φῆς χερός : dactyle ;
ἐν δ’ἀμε : dactyle ;
θύστῳ : spondée.

On a donc : − ∪ ∪ | − / − | − ∪ / ∪ |− /∪ ∪ |− ∪ ∪ | − −
Εἰ μί Μέ-θη τὸ γλύμμα σοφῆς χερός, ἐν δ’ἀμε -θύστῳ

Vous avez ici trois césures ; la seconde est particulière car elle intervient entre les deux brèves : on l'appelle césure trochaïque.
Merci encore,

Εἰμί Μέθη τὸ γλύμμα σοφῆς χερός, ἐν δ’ἀμεθύστῳ
- ֊ ֊ / - - / - ֊ ֊/ - ֊ ֊/ - ֊ ֊ / - -


Comment deviner qu'il y a une césure trochaïque au 4ème pied? Est-ce la volonté du poète pour affirmer qu'il a gravé sur l'améthyste et non sur la pierre?

Bien à vous
Bonjour alicem,
Finalement, as-tu aimé cette pièce d'Euripide ? 🙂