Bonjour,
Dans la déclaration conjointe de M. François Hollande, de Mme Angela Merkel et de M. Matteo Renzi (le 27 juin 2016), on trouve après le verbe
regretter que un futur de l'indicatif.
Le 23 juin 2016, la majorité du peuple britannique a exprimé le souhait de quitter l'Union européenne. La France, l'Allemagne et l'Italie respectent cette décision. Nous regrettons que le Royaume-Uni ne sera plus notre partenaire au sein de l'Union européenne.
Qu'en pensez-vous ?
Cela froisse en effet l'oreille, mais en même temps je ne vois pas qu'on puisse dire autrement. Au moment où ils s'expriment le Royaume-Uni est toujours partenaire.
Après réflexion, peut-être : Nous regretterons que le Royaume-Uni ne soit plus notre partenaire au sein de l'Union européenne.
Effectivement "regretter que" est suivi normalement du subjonctif.
Le subonctif n'a pas de temps futur.
Le présent du subjonctif exprime aussi bien le présent que le futur.
Donc soit sans modification du temps de regretter ?
Bonjour,
Et merci pour ces retours.
Comme vous,
paulang, ce futur bien que grammaticalement fautif ne me gêne pas trop et je dois reconnaître que dans cette phrase le subjonctif sonne quelque peu faux.
Par contre dans l'exemple que vous avez rédigé avec
regretter au futur
Nous regretterons que le Royaume-Uni ne soit plus notre partenaire au sein de l'Union européenne
il est certain qu'un
sera sera hors de question et que le
soit est obligatoire.
Sans savoir me l'expliquer, je sens une nuance entre
Nous regrettons que le Royaume-Uni ne
sera plus notre partenaire au sein de l'Union européenne
(affirmation d'un état ressenti, reconnu, accepté comme certain ? que rien ne pourra changer ?)
Nous regrettons que le Royaume-Uni ne
soit plus notre partenaire au sein de l'Union européenne
(affirmation d'un état envisagé comme certain? avec peut-être un soupçon d'espoir que cela ne se fera pas ?)
Aurais-je tout faux ?
Personnellement, je sens une incorrection dans le futur de l'indicatif : Nous regrettons que le Royaume-Uni ne sera plus notre partenaire au sein de l'Union européenne . Et je ne le dirais ni ne l'écrirais.
Mais si certains, plus curieux et moins feignants, me démontrent, exemples à l'appui, que c'est correct, je m'inclinerai. 🙂
mahoroba a écrit :Sans savoir me l'expliquer, je sens une nuance entre
Nous regrettons que le Royaume-Uni ne sera plus notre partenaire au sein de l'Union européenne
(affirmation d'un état ressenti, reconnu, accepté comme certain ? que rien ne pourra changer ?)
Nous regrettons que le Royaume-Uni ne soit plus notre partenaire au sein de l'Union européenne
(affirmation d'un état envisagé comme certain? avec peut-être un soupçon d'espoir que cela ne se fera pas ?)
Oui, c'est tentant d'établir une distinction. Mais on pourrait aussi être tenté de faire la même distinction au présent :
Je regrette qu'il ne soit pas là (d'après ce qu'on m'a dit)
Je regrette qu'il n'est pas là (j'en suis certain).
Malheureusement, cette seconde phrase est clairement agrammaticale, et nous ne pouvons pas exprimer la nuance désirée de cette manière. C'est la même chose pour le futur.
Si l'on tient absolument à ces nuances, le mieux est de tourner la chose sans complétive après "regrettons".
Juste un pronom neutre complément.
Mais l'on est obligé de changer l'ordre.
Le Royaume-Uni n'est plus notre partenaire au sein de l'Union européenne. Nous le regrettons.
Le Royaume-Uni ne sera plus notre partenaire au sein de l'Union européenne. Nous le regrettons.
Le Royaume-Uni ne serait plus notre partenaire au sein de l'Union européenne. Nous le regretterions.
Oui, il y a sûrement bien des manières de rendre la chose. Je crois qu'on pourrait aussi risquer un :
Nous regrettons le fait que le Royaume-Uni ne sera plus notre partenaire au sein de l'Union européenne.
Merci pour ces pertinentes réponses et propositions de correction.
Celles et ceux qui s'occupent des "langages" des personnalités des hautes sphères ne commettent généralement pas une telle faute et les nombreuses relectures par l'auteur, les correcteurs ainsi que l'orateur conduisent à une correction immédiate d'une infraction grammaticale aussi grave que celle-là.
Je veux croire qu'il y a une raison suffisamment bonne pour avoir fait fi de la grammaire et pousser les personnes concernées à écrire, à laisser et à prononcer un sera après un nous regrettons que .
Face à l'impossibilité de trouver cette raison, je m'étais tourné vers vous pour savoir comment vous interpréteriez ce futur agrammatical mais qui, étrangement, ne me gêne pas trop. Et m'a suffisamment surpris pour le remarquer et vouloir le soumettre à votre considération.