Montrez que Cendrars, Michaux et Ponge font de la langue le sujet même de leur poème

Entraide scolaire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'ai un corpus à rendre dans quelques jours et je ne comprend pas la question. Pourriez-vous m'expliquer et me donner un exemple de plan à aborder s'il vous plaît ?
Merci pour vos réponses.

Voici la Question : Montrez que Cendrars, Michaux et Ponge font de la langue le sujet même de leur poème.

Les poèmes :

La Rage de l'expression, Francis Ponge
Le Parti pris des choses, L'huître , Francis Ponge
Qui je fus, Le grand combat , Henri Michaux
"Sonnets dénaturés" Du monde entier, Académie Médrano, Blaise Cendrars
Est-ce texte de Michaux ?
LE GRAND COMBAT

Il l'emparouille et l'endosque contre terre :

Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle ;

Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ;

Il le tocarde et le marmine,

Le manage rape à ri et ripe à ra.

Enfin, il l'écorcobalisse.

L'autre hésite, s'espadrine, se défaisse, se torse et se ruine.

C'en sera bientôt fini de lui ;

Il se reprise et s'emmargine .. mais en vain

Le cerveau tombe qui a tant roulé.

Abrah ! Abrah ! Abrah !

Le pied a failli !

Le bras a cassé !

Le sang a coulé !

Fouille, fouille, fouille.

Dans la marmite de son ventre est un grand secret.

Mégères alentour qui pleurez dans vos mouchoirs ;

On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne

Et on vous regarde.

On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.

Henri MICHAUX
Lis-le à haute voix. Sonorités qui s'entrechoquent, allitérations, assonances, mots nouveaux, des images frappantes et sur le lecteur un effet d' épopée.

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/44993-henri-michaux-le-grand-combat.html
Oui c'est bien celui-là.
Je l'ai lu à haute voix mais malheureusement je ne comprend pas ce que le poète cherche à dire …
Merci pour votre réponse.
Je vais essayer de comprendre et de chercher tout ce que je peux sur ce poème dans le lien que vous m'avez envoyé.
Peut-être ne faut-il pas passer d'abord par une recherche de sens … mais de sons et de rythme.
Je vois. Je comprend qu'il faut faire des recherches sur les sons et le rythme . Mais je ne vois pas le lien avec la question…
Moi non plus je n'ai pas compris ces poèmes
Demande-toi ce que veut dire "travailler sur la langue". Ce n'est pas seulement donner du sens, ce peut être tout autre chose : suggérer, mettre ensemble des mots qui d'habitude ne se côtoient pas, c'est trouver de nouvelles images, c'est jouer sur les sonorités, sur l'harmonie imitative , sur le rythme … c'est le jeu sur le langage, la polyphonie, les connotations …
L'huître
L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.

Francis Ponge - Le parti pris des choses (1942)
Quand Ponge prend le parti des choses, il les regarde de façon à nous faire découvrir ce que nous n'avions pas vu. Il va plus loin, il décrit apparemment de l'extérieur vers l'intérieur et son poème sur l'huître devient la métaphore du poème que le lecteur va regarder de l'extérieur pour ensuite en pénétrer l'essentiel. Son poème alors a la rugosité extérieure mais cache une perle.
Merci pour votre réponse. Je vais essayer de trouver 🙂
Les mots heurtent le front comme l'eau le récif ;
Ils fourmillent, ouvrant dans notre esprit pensif
Des griffes ou des mains, et quelques-uns des ailes ;
Rêveurs, tristes, joyeux, amers, sinistres, doux,
Sombre peuple, les mots vont et viennent en nous ;
Les mots sont les passants mystérieux de l'âme.

Victor Hugo Les Contemplations
La poésie est l'ambition d'un discours qui soit chargé de plus de sens et mêlé de plus de musique que le langage ordinaire n'en porte ou n'en peut porter.
Paul Valéry
À Conrad Moricand

Danse avec ta langue, Poète, fais un entrechat

Un tour de piste

sur un tout petit basset

noir ou haquenée1

Mesure les beaux vers mesurés et fixe les formes fixes

Que sont LES BELLES LETTRES apprises

Regarde:

Les affiches se fichent de toi te

mordent avec leurs dents

en couleur entre les doigts

de pied

La fille du directeur a des lumières électriques

Les jongleurs sont aussi les trapézistes

xuellirép tuaS

teuof ed puoC

aç-emirpxE

Le clown est dans le tonneau malaxé

passe à la caisse

Il faut que ta langueles soirs où

fasse l’orchestre

Les Billets de faveur sont supprimés.

Novembre1916.


Blaise Cendrars, «Académie Médrano», Sonnets dénaturés, 1923.


1.Haquenée: cheval ou jument d’allure douce, généralement montée par les dames.
Sorte de "poème dénaturé". Cendrars fait exploser la forme, le vers, les mots, la métaphore filée. Sorte de tourbillon endiablé d'un grand voyageur sur le terrain et dans sa tête.