"Lorgner vers"

Langue française

53 réponses · Page 2 / 3

Ah, merci bien! Je devrais "épier" plus souvent Google Livres! 😉
Alex H a écrit :@lamaneur
Ohhh… dois-je déceler une pointe de sarcasme? 😜
"Satisfait de ma prose" est plus qu'un grand mot, mais je suis en effet heureux lorsque je passe 72H à remplacer un "lorgner sur", et qu'enfin je trouve la formule!
Je suis heureux que tu le prennes avec bonne humeur, car il y avait effectivement une petite pointe, pour chatouiller, pas pour blesser ! 🙂
Alex H a écrit : Je ne sais pas si la personnification est la figure de style réellement utilisée ici, mais voici un autre exemple, qui, pur hasard, mais aussi en scène un escalier:
(Contexte: l'héroïne, dans son hall d'immeuble, tire une lourde de valise, et reçoit une bonne nouvelle).

"L’escalier sembla plus léger. Les paliers s’escamotaient, l’immeuble rapetissa."

Naturellement, l'escalier ne devient pas plus léger. C'est la valise qui soudain devient plus facile à soulever.

Les paliers ne s'escamotent pas, et l'immeuble ne change pas de taille. Mais son appartement lui semble soudain moins haut.

Je serais très intéressé à savoir de quelles figures nous parlons ici, et si des auteurs sont connus pour les utiliser.
Toutes les figures de style ne se valent pas. L'escalier qui devient léger, au lieu de la valise, c'est assez hardi. Je le verrais bien sous la plume d'un poète obscur. Chez un romancier, j'y verrais plutôt un mot mal choisi !
Katioucha a écrit :Aïe, ça pique !
Avec escalier, et par deux honorables membres de l’Académie […]
Pas du tout, et ton intervention permet effectivement de préciser ce qui me gêne, dans le peu de contexte que nous avons dans la phrase d'origine :
"Elle lorgna sur l’escalier, s’interrogeant sur la présence de la « Reine », s’imaginant que peut-être, seul un étage les séparait."
Ce passé simple a de l'importance et donne le sentiment d'une action rapide. Tout le contraire de l'action d'épier qui nécessite une observation longue, destinée à guetter la survenance de quelque changement. Nos Académiciens ne s'y sont pas trompés :
Cela tenait à ce que depuis qu'elle était rentrée chez elle elle n'avait pas cessé d'épier l'escalier.
Elle me parle en baissant la voix, à chaque instant épie l'escalier
C'est très différent.
lamaneur a écrit :
bibi a écrit :Aïe, ça pique !
Pas du tout
Ben si :
lamaneur a écrit :car il y avait effectivement une petite pointe
Il est vrai qu'il est difficile de bien juger sans contexte, mais l’équation épier = action longue, mouaif-mouaif.
(Itou pour passé simple = action courte ; mais là encore le contexte fait un peu défaut).

https://fr.wiktionary.org//jeter%20un%20coup%20d'oeil%20furtif/fr-fr/

https://www.google.com/search?q=%C3%A9pier+d%27un+bref+coup+d%27oeil&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b-ab&gfe_rd=cr&ei=fjWGWLaYDKOA8QfFi4yoBw#q=%22%C3%A9pia+furtivement%22&tbm=bks

Moins d’occurrences avec vivement, brièvement, mais il y en a.


Bon, quoi qu’il en soit, je pense qu’Alex H a, sinon toutes, en tout cas pas mal de cartes en main pour se décider. 🙂
Je les ai toutes en effet et remercie chacun d'entre vous 😉
@Katioucha

Concernant "épier furtivement", les filets de Google pêchent parfois en eau trouble mais les occurrences ne sont pas très nombreuses et ne paraissent pas émaner d'auteurs crédibles, à part Rosny dont la citation est répétée trois fois ! D'autre part, dans certaines citations, le sens de "furtivement" est plus proche de "à la dérobée, sans être vu" que de celui de "rapidement" avec lequel il tend trop souvent à être confondu (dérive naturelle, cela dit).
Mais en principe épier , dont le sens principal est "Observer attentivement, avec insistance", est peu compatible avec la brièveté. Et si je lis, grâce à Google :
Olson épia brièvement la porte d'entrée avant de reporter son regard sur moi
ou
il épia brièvement l'engin
j'en tire la conclusion qu'il y a deux scripteurs qui ne connaissent pas le sens convenu des mots !
Mes professeurs, qui maniaient sans honte le stylo rouge, auraient barré le mot "épia" et écrit "barbarisme" !
Moi, ça m’est pas mal égal (sans compter que je rappelle que passé simple = action courte est pour le moins simplificateur). Quant à Alex H, il nous avait dit qu’il avait toutes les cartes en main pour faire son choix. 🙂
Katioucha a écrit :je rappelle que passé simple = action courte est pour le moins simplificateur
C'est toi qui simplifies en ne relevant qu'un élément !
Je rappelle plutôt le seul contexte qu'Alex nous a donné :
"Elle lorgna sur l’escalier, s’interrogeant sur la présence de la « Reine », s’imaginant que peut-être, seul un étage les séparait."
Est-ce que "elle lorgna sur l'escalier" (laissons de côté l'inadéquation éventuelle du verbe) te paraît être, a priori, une action courte ou longue, ou de longueur indécidable ?
Si je peux me permettre…

L'action se veut à peu près longue, en effet, d'où le "lorgner" initial.

Il est vrai qu' "épier brièvement"… le simple usage de l'adverbe démontre un peu l'incongruité.

Ceci dit, dans un autre contexte, je ne serais pas choqué de voir "épier" utilisé pour une action courte. Ex: "Elle fit ceci, elle fit cela, épia à droite et à gauche, etc.".

Au-delà de ça, Katouchia voulait aussi dire que "épier un escalier", c'est tout à fait recevable.
lamaneur a écrit :Est-ce que "elle lorgna sur l'escalier" (laissons de côté l'inadéquation éventuelle du verbe) te paraît être, a priori, une action courte ou longue, ou de longueur indécidable ?
bibi a écrit :Il est vrai qu'il est difficile de bien juger sans contexte [avec si peu de contexte]
Donc indécidable, mais s’il fallait absolument choisir, plutôt long (sans doute en raison du sémantisme du verbe, ce qui me refait dire que l’équation passé simple = action courte est très simplificatrice).
Alex H a écrit :Au-delà de ça, Katouchia voulait aussi dire que "épier un escalier", c'est tout à fait recevable.
C'est bien agréable d'être comprise ! 😀
Alex H a écrit :Au-delà de ça, Katouchia voulait aussi dire que "épier un escalier", c'est tout à fait recevable.
Oui, selon le contexte, comme dans les exemples de nos deux Académiciens, je l'ai dit plus haut. On tourne en rond si l'on est amené à se répéter ! Donc, j'en resterai là.
On tourne en rond si l'on est amené à se répéter !
C'était sans doute un escalier en colimaçon ! 😉
Oui. Parfois, nos discussions ressemblent même plus à l'escalier à double vis de Chambord où deux personnes peuvent, l'une monter, l'autre descendre, et pourtant ne jamais se rencontrer !

Tiens, à propos, je ne t'avais pas répondu :
Jehan a écrit :Escalier "personnalisé" ou "personnifié" ?
J'écrivais rare et vieilli !
[lien invalide]
Bigre on dirait bien qu’il donne le tournis à lamaneur ce colimaçonnesque escalier et qu’il lui fait perdre son entendement.

Mes deux exemples avaient simplement pour but, comme venait pourtant de le rappeler Alex H, d’apporter des contre-exemples à ceci ; ceci qui était pourtant un argument opposé par lamaneur lui-même, si encore ç'avait été par un autre intervenant ! 😜
lamaneur a écrit :Je ne voudrais pas que ton monde s'écroule de nouveau, mais "épier" ne me paraît pas du tout convenir, car sa signification première est "Observer quelqu'un secrètement et avec attention". Un escalier n'est pas quelqu'un !
Parfois, nos discussions ressemblent même plus à l'escalier à double vis de Chambord où deux personnes peuvent, l'une monter, l'autre descendre, et pourtant ne jamais se rencontrer !
C'est en effet bien trop fréquent, et c'est bien dommage !
Bon, heu… Du coup, je ne vous parlerai pas de la rampe.
😂 😂 😂

Dommage, ç’aurait pu nous donner l’occasion de jouer à deux très grands classiques du forum Je te cherche des poux là où y en a pas et Je regarde le doigt plutôt que la lune ! 😜
Katioucha a écrit :Bigre on dirait bien qu’il donne le tournis à lamaneur ce colimaçonnesque escalier et qu’il lui fait perdre son entendement.

Mes deux exemples avaient simplement pour but, comme venait pourtant de le rappeler Alex H, d’apporter des contre-exemples à ceci ; ceci qui était pourtant un argument opposé par lamaneur lui-même, si encore ç'avait été par un autre intervenant ! 😜
lamaneur a écrit :Je ne voudrais pas que ton monde s'écroule de nouveau, mais "épier" ne me paraît pas du tout convenir, car sa signification première est "Observer quelqu'un secrètement et avec attention". Un escalier n'est pas quelqu'un !
Il me semble bien plutôt que c'est toi qui t'emberlificotes dans des complications, Katioucha, tellement préoccupée que tu es de me prouver que j'aurais tort ! Sans compter ta regrettable habitude de toujours tout saucissonner au lieu de prendre un peu de hauteur pour juger des choses.
Si j'ai rappelé plus haut, au tout début de la discussion, la signification première de "épier", c'est bien que je sais qu'il peut y en avoir d'autres. Mais en l'absence de contexte plus explicite dans la phrase, je m'en tenais alors au sens le plus probable du mot "épier", celui qui est le plus attesté, et donc à sa signification première. Libre à l'auteur de la phrase de préciser sa pensée et sa phrase, ce qu'il a (très) partiellement fait plus tard. La discussion s'est donc naturellement déplacée et d'autres significations devenaient envisageables, même si, toujours en l'absence de contexte suffisant, il est impossible de savoir si le mot est employé de manière "traditionnellement" correcte.
Mais nul n'est obligé d'avoir une prose correcte, qui est un viatique donné aux imbéciles. Quand on a du génie, tout devient possible.
Il est certain que Mallarmé passerait ici un mauvais quart d'heure s'il nous soumettait ses phrases, mais Mallarmé n'a pas besoin de fréquenter ce forum !
"mais Mallarmé n'avait pas besoin de fréquenter ce forum !"
Un auteur satisfait de sa prose? Ce pédant! 😜

Si vous tenez tant à vous écharper sur la mienne, en voici un plus large extrait - même si je pense effectivement que tout a déjà été dit.

"Rose tira un trait de stylo sec sur son cahier. Elle se pencha et empila sur le comptoir sept enveloppes numérotées – des blanches, des beiges, des marron clair –, certaines aussi épaisses qu’un ongle, d’autres volumineuses comme une brique.

— Rien de folichon, cette semaine, dit Emma.

Elle extirpa de son cabas sept enveloppes, celles-ci ouvertes, numérotées elles aussi et postées à la même adresse.

Rose appuya sur un bouton et un mécanisme s’enclencha. Elle souleva les enveloppes d’Emma, gémit sous le poids de l’effort, et se tourna sur le monte-charge dont l’antre s’ouvrit au même instant. Elle pressa sur le même bouton et la machine redémarra.

Emma suivit à travers le mur l’ascension des enveloppes. Elle épia l’escalier, s’interrogeant sur la présence de la « Reine », s’imaginant que peut-être, seul un étage les séparait.

Un silence vide s’installa. Emma disposa dans son cabas les enveloppes de Rose, qu’elle salua poliment.

— Bye, répondit Rose, griffonnant sur son cahier."

Magique écriture, n'est-ce pas?
La rampe, la rampe, la rampe…!
Laissons la rampe de côté - donc à sa place. Elle n'intervient pas encore. Son attribut ne vous plaira pas, de toute façon, pas plus que l'escalier "léger". La rampe sera "sûre d'elle", "autoritaire", "féroce" ou bien "dominatrice" (je vais pencher pour "féroce").

NB, pour l'anecdote: j'ai fait appel à une correctrice-réviseuse professionnelle pour la relecture de la première partie du roman. La demoiselle n'a pas "tilté" sur "lorgner sur". Des €€€ mal investis, il me semble (350€ les 52 000 mots).
Bonjour,
Lorgner sur ne me paraît pas non plus scandaleux.
Quant à la rampe féroce, pourquoi pas ? Si tu tiens à faire des figures de style et à personnifier les objets, c'est ton droit !
Et l'escalier peut paraître léger à qui a le coeur également léger et les membres agiles. 🙂