Bonsoir à tous,
Est-il possible de "renforcer" un pronom relatif de liaison par un autre mot (typiquement reprise de l'antécédent ou d'un synonyme, ou introduction d'un adjectif) quitte à ce que le pronom devienne adjectif de liaison.
C'est la grammaire de Morisset qui vous inspire cette question ?
Il y avait deux routes, lesquelles étaient toutes deux défoncées.
Il y avait deux routes, lesquelles routes étaient toutes deux défoncées.
Mais "lesquelles" passe du statut de pronom à celui d'adjectif.
Exactement !
C'est le §269 !
Est-ce faisable pour un relatif de liaison ?
Bien sûr, c'est même assez courant.
Donc, on peut, pour insister, dans un relatif de liaison, rappeler l'antécédent soit tel quel, soit par un synonyme, soit lui adjoindre un adjectif qualificatif ?
Tout à fait, à l'adjectif près sans doute, mais pourquoi pas ?
Clamor fremitusque oriebatur aliique aliam in partem perterriti ferebantur. Quibus omnibus rebus permoti equites Treveri … domum contendunt. (César, BG. II, 34)
Supprimez le point (qui n'existait pas du temps de César…) et vous avez un relatif tout simple et tout bête.
Certes les signes systématiques de ponctuation n'existent qu'à l'époque "moderne", mais il n'en reste pas moins qu'il existe des pauses plus ou moins fortes : la preuve d'une pause forte après ferebantur dans la phrase que j'ai citée (même si celle-ci reste virtuelle dans la réalisation phonique), c'est justement la reprise de tout l'ensemble qui a précédé par rebus.
la preuve d'une pause forte après ferebantur dans la phrase que j'ai citée (même si celle-ci reste virtuelle dans la réalisation phonique), c'est justement la reprise de tout l'ensemble qui a précédé par rebus.
C'est généraliser abusivement
une phrase.
Tota Italia dilectus habentur/arma imperantur/pecuniae e municipiis exiguntur/e fanis tolluntur/omnia divina humanaque iura permiscentur//quibus rebus cognitis Caesar apud milites contionatur//omnium temporum iniurias inimicorum in se commemorat/a quibus deductum se depravatum Pompeium queritur invidia atque obtrectatione laudis suae/cuius ipse honori et dignitati semper faverit adiutorque fuerit.
Dans ce passage très rhétorique de César (BC I, 6-7, d'après l'éd. les Belles Lettres), on constate que le premier relatif intervient après 5 membres symétriques tous terminés par un verbe conjugué au passif. Son rattachement trop étroit au dernier membre romprait cette symétrie. D'autre part, là encore, quibus rebus résume tout ce qui précède tout en assurant la relance argumentative avec la proposition participiale (ou le groupe participial) dont ils forment le "sujet". Il y a donc bien ici deux "phrases" séparées par une ponctuation forte. Les divers éditeurs depuis le XIXème siècle ne se contentent pas de mettre ici un point, mais marquent un changement de chapitre…
Il n'en va pas évidemment pas de même des deux relatifs suivants qui sont en relation assez étroite avec leur antécédent et "appuient" sur eux la proposition qu'ils introduisent.
Bonsoir Delia,
Bonsoir Jacques,
Le "quibus rebus cognitis Caesar apud milites contionatur" me semble valider le rajout et d'une reprise de nom et l'ajout d'un adjectif à un relatif de liaison.
Je ne vous donne pas le texte sur lequel je travaille, c'est pour un thème académique… cela serait tricher et pourrait influencer vos jugements. Juste, par paraphrases (sans doute maladroites) :
J'ai toujours souhaité un fils.
Et ce fils, il me fut donné, vil, fourbe et malhonnête.
Je souhaiterais rattacher les mots en italique au relatif de liaison portant sur le sous-ligné.
Tout à fait.
Vous pouvez tout à fait dire Qui filius mihi datus est…
Et les adjectifs en italique se mettront naturellement au nominatif.
Tout à fait.
Vous pouvez tout à fait dire Qui filius mihi datus est…
🙂 Voilà.
On mettra évidemment les qualificatifs au même cas que le relatif.