Il est tant brillant, ce que j’ai lu partout

Langue française

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour à toutes et à tous,

Élève-ingénieur en sécurité informatique, passionné par ailleurs par la littérature et la philosophie, je me suis inscrit sur cette plateforme car je me pose une question à laquelle je n'arrive pas à obtenir de réponse depuis plusieurs jours.

J'ai entendu à la radio, dans le bus, un interviewer politique dire, à propos du livre de son invité, la phrase suivante : « Il est tant brillant, ce que j'ai lu partout. ». (EDIT : Je n'ai pas pu modifier le titre, la bonne formulation est celle-ci).

Comment interpréteriez-vous cette phrase ? Je serais incapable de retrouver l'extrait, mais, pour poser le contexte, je vous dirais que le journaliste semblait en désaccord avec cet essai, sans pour autant contester l'intérêt des réflexions qui y sont menées. Il en louait les analyses, mais se positionnait contre les conclusions que l'essayiste en tirait. À noter par ailleurs que le journaliste n'a cessé de dénoncer la doxa dominante.

Je vous fait grâce de mon avis sur la question, pour éviter de vous orienter dans une direction qui pourrait être mauvaise, mais je serais ravi d'en discuter avec vous si vous avez des éléments de réponse à me proposer.

Merci d'avance pour votre intérêt.
Votre message n'appelle guère de commentaires. Je ferai quand même une petite remarque : "Il est tant brillant, ce que j'ai lu partout" n'est pas une phrase correcte. On écrira plutôt : "Il est tellement (si) brillant que je l'ai lu partout."

Et il vaut mieux franciser l'anglicisme "interviewer" en "intervieweur", pour distinguer aussi le nom du verbe. Mais "journaliste" serait encore plus français. De même, on remplacera l'hellénisme "doxa" par "opinion", plus compréhensible aussi par le commun des mortels.

Spalding lui-même ne peut bien sûr franciser son nom authentique. On lui pardonnera aussi les anglicismes "british" et "gentleman", explicables par sa grande maladresse en français et l'indigence bien connue de son style littéraire ! 😜
Spalding a écrit :"Il est tant brillant, ce que j'ai lu partout" n'est pas une phrase correcte.
L'emploi de "tant" avant un adjectif n'est pas vraiment une incorrection.
C'est simplement plus littéraire et un peu vieilli :
c) Vx ou littér. [Devant un adj. ou un adv.] Sans être très intelligent, je trouvai la philosophie qu'on m'avait enseignée tant sotte, tant inepte, tant absurde, tant niaise, que je ne crus rien des vérités qu'elle établit et qu'il faut professer et pratiquer si l'on veut passer pour un honnête homme et un bon citoyen (Anatole France).
(Trésor de la Langue française)

Quant à la signification de la phrase…
Il semble que le journaliste ironise, et que ce soit une antiphrase.
Il feint de juger l'auteur extrêmement brillant simplement parce qu'on peut lire cette opinion un peu partout dans les médias.
Mais ce n'est pas du tout son opinion à lui.
Jehan a écrit :L'emploi de "tant" avant un adjectif n'est pas vraiment une incorrection. C'est simplement plus littéraire et un peu vieilli.
Oui, mais il faut alors que "tant brillant" soit suivi de "que", d'après ta citation en tout cas. 😉
Il n'est nulle part précisé dans le Tlf que l'adjectif modifié par ce tant doive obligatoirement être suivi d'une subordonnée de conséquence comme dans la citation.
Je ne vois pas pourquoi ce serait obligatoire avec tant, alors que ça ne l'est pas avec si.

Aux marches du palais
Aux marches du palais
Y a une tant belle fille, lonla,
Y a une tant belle fille.


Voilà une malade qui n'est pas tant dégoûtante. (Molière)

La maîtresse tant jolie / Dont j'étais si fort entêté (Voltaire)

Voilà, monsieur, l'histoire exacte de ce tant célèbre pèlerinage qui court déjà les quatre coins de la France. (J.J. Rousseau)
Admettons "tant" plutôt que "si" ou "tellement", bien qu'il soit vieilli et sans "que" juste après l'adjectif dans la phrase du demandeur.

Vaut-il alors mieux dire "Il est tant brillant, ce que j'ai lu partout" (phrase du demandeur) ou "Il est tant brillant : je l'ai lu partout" ? Je préconiserais plutôt la seconde formulation, ne serait-ce que pour le style… 😉
Le sens de "Il est tant brillant, je l'ai lu partout" est plus ambigu.
Le pronom conjoint l' peut désigner "l'écrivain", qu'on lit partout; ou bien "le fait qu'il soit brillant".

Dans "Il est tant brillant, ce que j'ai lu partout" , le relatif composé ce que ne peut que désigner "le fait qu'il soit brillant". Avec en plus une meilleure mise en relief dudit fait.
C'est assez lourd, mais plus clair en effet.

Autre formulation : "J'ai lu partout qu'il est très brillant." 😉
Mais là, sans mise en relief du fait…