Bonjour, Bonjour !
Je suis en 1ère L et notre prof de français nous a donné notre premier vrai sujet de dissertation de l'année. Je n'en ai jamais fait et malgré le fait que je connaisse la méthodo' j'ai du mal à faire mon plan détaillé.
La problématique est : peut-on, comme Flaubert le souhaitait, écrire un roman "sur rien" ?
La citation à laquelle se rapporte cette question est : "Ce qui me semble le plus beau, ce que je voudrais faire, c’est un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, […] un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible"
Est-ce que vous auriez des pistes pour m'aider à construire le plan ?
J'ai pas l'habitude de demander de l'aide mais là je bloque vraiment… Merci d'avance !
Le rien, c'est déjà beaucoup …
"L'auteur de Madame Bovary a donc vécu en province, dans la campagne, dans le bourg et la petite ville. […] Or, qu'y a-t-il vu ? Petitesses, misères, prétentions, bêtise, routine, monotonie et ennui : il le dira. Ces paysages si vrais, si francs, et où respire l'agreste génie des lieux, ne lui serviront qu'à encadrer des êtres vulgaires, plats, sottement ambitieux, tout à fait ignorants ou demi-lettrés, des amants sans délicatesse. […] Parmi tous ces personnages très-réels et très-vivants, il n'en est pas un seul qui puisse être supposé celui que l'auteur voudrait être ; aucun n'a été soigné par lui à d'autre fin que pour être décrit en toute précision et crudité, aucun n'a été ménagé comme on ménage un ami. »
Sainte-Beuve
I. Le rien, les petits riens … la matière d'un roman sur le rien
Madame Bovary, un fait-divers
Des personnages qui ne sont pas extraordinaires
Une vie de banalité, plate comme un trottoir
II. Un style qui serait tout
- une force interne du style
- un auteur qui se veut discret par réaction aux effusions de certains romanciers de l'abondance du verbe
- des phrases à l'épreuve du gueuloir
III. Les risques du tout ou rien
- On peut se lasser des romans foisonnants
- On peut décrocher si le nouveau roman veut se passer d'histoire
- On peut regretter que les personnages disparaissent ne laissant qu'un style
Entre l'absolu du romancier exigeant et le lecteur en attente, qui tranchera ?
Merci pour votre réponse!
Si je comprends pour definir le Rien il fallait juste s'appuyer sur les propres de Flaubert et pas chercher midi à 14h ?
On peut aussi lire la préface de
Bérénice de Racine :
Ils ne songent pas qu’au contraire toute l’invention consiste à faire quelque chose de rien, et que tout ce grand nombre d’incidents a toujours été le refuge des poètes qui ne sentaient dans leur génie ni assez d’abondance, ni assez de force, pour attacher durant cinq actes leurs spectateurs, par une action simple, soutenue de la violence des passions, de la beauté des sentiments et de l’élégance de l’expression.
Il s'agit de construction dramatique, pas de roman, mais c'est la même devise : faire quelque chose de rien.
"ne pas chercher midi à quatorze heures ?"
Essaie de faire un devoir avec … rien. 😞
C'est un choix possible mais il y en a sans doute d'autres, mais il faut quand même essayer de comprendre ce que dit Flaubert.
Voici deux poèmes sur le "rien" :
"
La môme néant
Quoi qu'a dit ? - A dit rin.
Quoi qu'a fait ? - A fait rin.
A quoi qu'a pense ? - A pense à rin.
Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?
- A' xiste pas."
Jean Jardieu in Monsieur, monsieur, 1951
Presque
Il prend dans ses mains des choses disparates – une pierre,
une tuile brisée, deux allumettes brûlées,
le clou rouillé du mur d’en face,
la feuille qui est entrée par la fenêtre, les gouttes
qui tombent des pots de fleurs arrosés, les pailles
que le vent d’hier a déposées sur tes cheveux – il les prend
et là-bas, dans la cour, il édifie presque un arbre.
En ce presque réside la poésie. Tu la vois
Yannis Ritsos