Dissertation sur Les Complaintes de Laforgue : Il s’agit de la mise en œuvre d’un deuil joyeux qui o

Entraide scolaire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

J'étudie actuellement en français le livre de Jules Laforgue "Les Complaintes". Ma prof nous a donné comme sujet de dissertation le sujet suivant :
"Il s'agit de la mise en œuvre d'un deuil joyeux qui obéit à un principe de liquidation." Extrait de : Les Complaintes de Jules Laforgue, Foliothèque, 2000.

En ce qui concerne le deuil joyeux je pensais partir sur :les complaintes une forme d'élégie qui met en avant l'effacement du "Je" ainsi que les thèmes développés à savoir une désillusion du monde (récurrences à la maladie , la mort…) mais tout en tournant en dérision cette vision. Ceci s'accompagne d'un humour noir , d'un rire jaune propre à Laforgue
Toutefois en ce qui concerne le principe de liquidation , je suis un peu perplexe: comme dois-je l'interpréter ? Est-ce par rapport à la langue propre aux Complaintes ( nouveaux mots, mots valises, calembours ) , au contexte littéraire de l'époque ?

Pourriez vous m'aidez à éclaircir à propose de cela svp , je suis un peu dans le flou

Merci d'avoir lu ceci je vous remercie d'avance 🙂
La liquidation n'est pas que formelle. Laforgue rompt avec les idéaux romantiques et "symbolistes" dans la mesure où son œuvre ne semble présenter aucun "ailleurs", aucune dimension métaphysique, aucune expression de l'absolu ; par ailleurs, le "moi" ne semble pas non plus croire à l'amour, qui ne dure pas et n'est qu'une illusion, une sorte de "hochet" qui nous fait oublier - de même que la religion - la seule réalité de la vie : la perspective de la mort.
Du point de vue poétique, disons qu'il y a liquidation du lyrisme au profit d'une expression où domine le cri, brut ou modulé avec un mélange très particulier de spontanéité et de rhétorique (à développer). Quant à la dérision, presque toujours présente, elle a évidemment rapport avec l'autodestruction, la destruction du monde, mais peut-être pas celle de la voix poétique et du langage, comme ce sera le cas chez Rimbaud (à creuser). Sur le plan formel, il y a aussi l'abandon du vers mesuré dans les Derniers vers. Laforgue est une des créateurs du vers libre.

Je puis mourir ce soir ! Averse, vents, soleil
Distribueront partout mon cœur, mes nerfs, mes moelles.
Tout sera dit pour moi ! Ni rêve, ni réveil.
Je n'aurai pas été là-bas, dans les étoiles !
Et il meurt à 27 ans.
En complément de ce qu'écrit fort justement Jacques, il faut comprendre le mot liquidation comme
wikipedia a écrit :La liquidation d'une société est l'opération qui consiste par un tribunal à vendre les actifs d'une société en faillite, et de mettre fin à l'existence de cette société.
c'est-à-dire un bilan cruel de non-existence, un règlement de compte.
Mais aussi comme
assassinat, meurtre sordide résultant d'un contrat.
Merci à tous pour vos réponses rapides c'est vraiment gentil

Je n'avais pas du tout envisagé le principe de liquidation sous cet angle mais maintenant cela me permet de creuser des pistes qui me seront très utiles.
Concernant le deuil joyeux mes hypothèses avancées sont-elles en relation avec le sujet ou vais-je trop loin ? Car honnetement la citation me laisse vraiment perplexe quant aux possibilités a développer

Je pensais comme embryon de problématique partir sur qq chose comme : Faut-il poursuivre dans la lecture des Complaintes l'ombre toujours fuyante du poète ? le Moi du poète se dérobe méconnaissable pcq incommunicable. Pour que le recueil soit lisible il faut aussi et peut etre d'abord que le Je qui y parle soit celui du lecteur

Je crains de ne par cerner le sujet totalement , mais cela me parait en lien avec le deuil joyeux et les thèmes propres à Laforgue qui me permettrait par la meme occasion d'intégrer le plan formel

Merci d'avance pour vos réponses
La problématique doit d'abord rendre compte de l'oxymoron "deuil joyeux".
La critique a plutôt présenté Laforgue comme un "Pierrot triste".
De même il faut rendre compte de l'esprit de cabaret qui irrigue l'oeuvre de Jules. Pensons au Pierrot fumiste.
Enfin, je pense que ce lien est très éclairant sur le projet artistique de l'auteur.
[lien invalide]
Peut-être aussi jouer sur les sens de "complaintes".
Qu'entendez vous par jouer sur le sens des Complaintes ? Car je sais que cela reprend des chansons populaires, faut-il le prendre comme un principe de liquidation ?
Complaintes, genre populaire oui avec mise à distance et généralisation de plaintes. L'orgue de barbarie va incarner ces plaintes des rues qui donnent à fois de l'intime et du général. Sorte de rengaine. Lamentation qui endort le malheur partagé