Comment cette préface remplit-elle deux fonctions traditionnelles… ?

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjours les amis , j'espere que vous allez tous bien , j'ai une question qui me paraît ambigue , a propos d'une préface

- comment cette préface remplie deux fonctions traditionnelle de valorisation du texte , et de programmation de la lecture avant
de vous interroger sur ses singularité ?

" Justine ou Les malheurs de la vertu " De sade

Merci a vous !
- comment cette préface remplit deux fonctions traditionnelles de valorisation du texte , et de programmation de la lecture avant de vous interroger sur ses singularités ?
Bonjour Anastazia,
Cette question ne me paraît pas ambigüe, mais seulement mal retranscrite.
On te demande de montrer trois choses :
1. Que la préface a pour but de valoriser le texte qui va suivre, de donner envie de le lire peut-être.
2. Qu'elle oriente le lecteur dans sa lecture de l'ouvrage.
3. On te demande enfin de montrer que cette préface est originale.
Je n'ai pas le texte sous les yeux. Si tu le mettais à l'écran, il serait sans doute plus facile aux intervenants de te répondre.
[lien invalide]/fichiers/2017/02/1484387276-15978916-777015759103225-106027730-n.jpg[/img]

voila le texte , vous pouvez le lire , c'est claire ?
merci infiniment je te souhaite tout le bonheur et la reussite de l'univers
Sade a écrit :Le chef-d’œuvre de la philosophie serait de développer les moyens dont la fortune se sert pour parvenir aux fins qu’elle se propose sur l’homme et de tracer d’après cela quelques plans de conduite qui puissent faire connaître à ce malheureux individu bipède la manière dont il faut qu’il marche dans la carrière épineuse de la vie, afin de prévenir les caprices bizarres de cette fortune qu’on a nommée tour à tour Destin, Dieu, Providence, Fatalité, Hasard, toutes dénominations aussi vicieuses, aussi dénuées de bon sens les unes que les autres, et qui n’apportent à l’esprit que des idées vagues et purement subjectives.

Si, pleins d’un respect vain, ridicule et superstitieux pour nos absurdes conventions sociales, il arrive malgré cela que nous n’ayons rencontré que des ronces, où les méchants ne cueillaient que des roses, les gens naturellement vicieux par système, par goût, ou par tempérament, ne calculeront-ils pas, avec assez de vraisemblance, qu’il vaut mieux s’abandonner au vice que d’y résister ? Ne diront-ils pas, avec quelque apparence de raison, que la vertu, quelque belle qu’elle soit, devient pourtant le plus mauvais parti qu’on puisse prendre, quand elle se trouve trop faible pour lutter contre le vice, et que, dans un siècle absolument corrompu, comme celui dans lequel nous vivons, le plus sûr est de faire comme les autres ? Un peu plus philosophes, si l’on veut, ne diront-ils pas, avec l’ange JESRAD de Zadig, qu’il n’y a aucun mal dont il ne naisse un bien, et qu’ils peuvent, d’après cela, se livrer au mal tant qu’ils voudront, puisqu’il n’est, dans le fait, qu’une des façons de faire le bien ? N’ajouteront-ils pas, avec quelque certitude, qu’il est indifférent au plan général, que tel ou tel soit bon ou méchant de préférence ; que si le malheur persécute la vertu, et que la prospérité accompagne le crime, les choses étant égales aux intentions de la nature, il vaut infiniment mieux prendre parti parmi les méchants qui prospèrent, que parmi les vertueux qui échouent ?

C’est, nous ne le déguisons plus, pour appuyer ces systèmes, que nous allons donner au public l’histoire de la vertueuse Justine. Il est essentiel que les sots cessent d’encenser cette ridicule idole de la vertu, qui ne les a jusqu’ici payés que d’ingratitude, et que les gens d’esprit, communément livrés par principe aux écarts délicieux du vice et de la débauche, se rassurent en voyant les exemples frappants de bonheur et de prospérité qui les accompagnent presque inévitablement dans la route débordée qu’ils choisissent. Il est affreux sans doute d’avoir à peindre, d’une part, les malheurs effrayants dont le ciel accable la femme douce et sensible qui respecte le mieux la vertu ; d’une autre, l’influence des prospérités sur ceux qui tourmentent ou qui mortifient cette même femme. Mais l’homme de lettres, assez philosophe pour dire le VRAI, surmonte ces désagréments ; et, cruel par nécessité, il arrache impitoyablement d’une main les superstitieuses parures dont la sottise embellit la vertu, et montre effrontément de l’autre, à l’homme ignorant que l’on trompait, le vice au milieu des charmes et des jouissances qui l’entourent et le suivent sans cesse.

Tels sont les sentiments qui vont diriger nos travaux ; et c’est en raison de ces motifs, qu’unissant le langage le plus cynique aux systèmes les plus forts et les plus hardis, aux idées les plus immorales et les plus impies, nous allons, avec une courageuse audace, peindre le crime comme il est, c’est-à-dire, toujours triomphant et sublime, toujours content et fortuné et la vertu comme on la voit également, toujours maussade et toujours triste, toujours pédante et toujours malheureuse.
Où est l'ambiguïté de ce texte ?
Sade écrit un texte transgressif. Il veut s'adresser au petit nombre des libertins éclairés. Il va clairement contre la morale couramment acceptée et donc d'une certaine manière contre l'ordre social. De ce fait il s'oppose frontalement à la censure. Enfin il annonce clairement un projet didactique : un récit qui démontrera le bien-fondé de sa pensée immorale et subversive.