bonjour,
Je dois étudier l'emploi du pronom personnel sujet en ancien français. Pouvez-vous me dire si ce que j'ai fait est correct ou non. D'avance merci.
11Si furent agu e destroit
de biaus cops fere et de jouster
qu'i[l] s'entraloient encontrer
la ou li uns consivoit l'autre.
Lors s'en vindrent lance sor fautre*
li chevalier lez l'eschafaut.
Devant les dames par le gaut
poignent e joustent e assamblent,
que por le bruit des lances samblent
que dui ost soient assamblé,
tant q'as puceles a samblé
qu'il fu mout bons. E il si fu,
que maint chevalier coneü
i fu e maint prince aduré.
.II. jors a li tornois duré
plenierement jusqu'au tierz jor.
Ne ferai mie lonc sejor
en lor pröeces deviser,
ainz vos vueil le conte conter
si come g'en sai la matire,
e mon engin e mon sens tire
32 a conter en la verité.
Les pronoms personnels ont pour rôle de remplacer un nom, dont ils occupent la place et assument la fonction. Les pronoms personnels se déclinent selon la personne grammaticale, le nombre et le cas de leur référent.
Il convient de distinguer les pronoms personnels nominaux d'une part (P1, P2, P4 et P5), qui renvoient aux acteurs de l'énonciation sans nécessiter d'antécédent et qui sont un héritage direct des pronoms personnels latins, et les pronoms personnels représentants d'autre part (P3 et P6), dont le référent ne participe pas à l'interlocution, qui nécessitent un antécédent et qui sont issus du démonstratif latin ille, illa, illud - c'est pourquoi les pronoms représentants marquent le genre du référent, tandis que les pronoms nominaux n'ont pas de morphème générique.
L'emploi médiéval des pronoms personnels sujets constitue une transition entre l'usage latin et le français moderne : les terminaisons verbales latines suffisaient à marquer les personnes grammaticales, les pronoms personnels sujets étaient donc redondants et employés uniquement comme renforts d'expressivité ; l'évolution phonétique du système verbal aboutit à une confusion de certaines formes, et en ancien français, la désinence ne suffit plus à différencier les personnes ; pour pallier cette uniformisation, l'expression du pronom personnel sujet se généralisa, jusqu'au français moderne pour lequel elle est généralement indispensable.
À partir de la fin du XII° siècle, cette systématisation changea progressivement les pronoms personnels sujets, originellement prédicatifs, en clitiques, obligatoirement conjoints au verbe en faveur duquel ils ont perdu leur accentuation.
Période de transition, l'ancien français a un usage complexe du pronom personnel sujet : en nous appuyant sur l'étude des vers 11 à 32 de Raoul de Houdenc nous verrons dans quels cas le pronom personnel sujet peut être omis, ou être exprimé.
1. Omission du pronom personnel sujet
L'extrait de Meraugis de Portlesguezc démontre que la systématisation que l'expression du pronom personnel sujet n'est pas encore acquise, car on note plusieurs omission de pronoms.
vers 11 : Si furent agu e destroit : omission du pronom personnel sujet lorsque la proposition débute par "si". On note une omission car la 1ere position étant occupée par un mot tonique, la deuxième par le verbe, le pronom sujet se trouverait, s'il était employé, post-posé au verbe. Mais l'information que le pronom personnel sujet est censé transmettre a déjà été fourni par la désinence verbale. Le pronom personnel sujet est redondant.
Vers 18 : poignent e joustent e assamblent, vers 19 : que por le bruit des lances samblent Omission du pronom personnel sujet car l'énoncé précédant comporte un sujet identique : li chevalier.
Vers 27 : Ne ferai mie lonc sejor.
omission du pronom personnel sujet je renvoyant au narrateur. L'information est donnée par la désinence verbale.
2. Expression du pronom personnel sujet
Au XII° siècle, l'usage du pronom personnel sujet est donc encore facultatif, relevant d'un souci d'expressivité ou de clarté dans l'identification des référents évoqués par le discours .
vers 13: qu'i[l] s'entraloient encontrer ( renvoie aux chevaliers) v.14 la ou li uns consivoit l'autre.( renvoie à damoiselle et chevalier).
L'expression du pronom ne vise pas ici à accroître l'expressivité du récit ou à clarifier le schéma actantiel. Facultatifs grammaticalement et sémantiquement, ces trois pronoms ne le sont cependant pas du point de vue de la versification, et leur présence témoigne de la lente généralisation de leur usage en ancien français, dans la construction sujet-verbe-complément qui s'imposera en français moderne.
Les pronoms personnels sujet du vers 22 qu'il fu mout bons. E il si fu, sont des pronoms impersonnels en même temps que celle des autres pronoms personnels sujets.
La prédicativité du pronom personnel sujet n'est pas illustrée dans l'extrait, le pronom étant chaque fois employé conjointement au verbe, comme en français moderne
Je ne sais pas quoi dire en conclusion.
Je dois étudier l'emploi du pronom personnel sujet en ancien français. Pouvez-vous me dire si ce que j'ai fait est correct ou non. D'avance merci.
11Si furent agu e destroit
de biaus cops fere et de jouster
qu'i[l] s'entraloient encontrer
la ou li uns consivoit l'autre.
Lors s'en vindrent lance sor fautre*
li chevalier lez l'eschafaut.
Devant les dames par le gaut
poignent e joustent e assamblent,
que por le bruit des lances samblent
que dui ost soient assamblé,
tant q'as puceles a samblé
qu'il fu mout bons. E il si fu,
que maint chevalier coneü
i fu e maint prince aduré.
.II. jors a li tornois duré
plenierement jusqu'au tierz jor.
Ne ferai mie lonc sejor
en lor pröeces deviser,
ainz vos vueil le conte conter
si come g'en sai la matire,
e mon engin e mon sens tire
32 a conter en la verité.
Les pronoms personnels ont pour rôle de remplacer un nom, dont ils occupent la place et assument la fonction. Les pronoms personnels se déclinent selon la personne grammaticale, le nombre et le cas de leur référent.
Il convient de distinguer les pronoms personnels nominaux d'une part (P1, P2, P4 et P5), qui renvoient aux acteurs de l'énonciation sans nécessiter d'antécédent et qui sont un héritage direct des pronoms personnels latins, et les pronoms personnels représentants d'autre part (P3 et P6), dont le référent ne participe pas à l'interlocution, qui nécessitent un antécédent et qui sont issus du démonstratif latin ille, illa, illud - c'est pourquoi les pronoms représentants marquent le genre du référent, tandis que les pronoms nominaux n'ont pas de morphème générique.
L'emploi médiéval des pronoms personnels sujets constitue une transition entre l'usage latin et le français moderne : les terminaisons verbales latines suffisaient à marquer les personnes grammaticales, les pronoms personnels sujets étaient donc redondants et employés uniquement comme renforts d'expressivité ; l'évolution phonétique du système verbal aboutit à une confusion de certaines formes, et en ancien français, la désinence ne suffit plus à différencier les personnes ; pour pallier cette uniformisation, l'expression du pronom personnel sujet se généralisa, jusqu'au français moderne pour lequel elle est généralement indispensable.
À partir de la fin du XII° siècle, cette systématisation changea progressivement les pronoms personnels sujets, originellement prédicatifs, en clitiques, obligatoirement conjoints au verbe en faveur duquel ils ont perdu leur accentuation.
Période de transition, l'ancien français a un usage complexe du pronom personnel sujet : en nous appuyant sur l'étude des vers 11 à 32 de Raoul de Houdenc nous verrons dans quels cas le pronom personnel sujet peut être omis, ou être exprimé.
1. Omission du pronom personnel sujet
L'extrait de Meraugis de Portlesguezc démontre que la systématisation que l'expression du pronom personnel sujet n'est pas encore acquise, car on note plusieurs omission de pronoms.
vers 11 : Si furent agu e destroit : omission du pronom personnel sujet lorsque la proposition débute par "si". On note une omission car la 1ere position étant occupée par un mot tonique, la deuxième par le verbe, le pronom sujet se trouverait, s'il était employé, post-posé au verbe. Mais l'information que le pronom personnel sujet est censé transmettre a déjà été fourni par la désinence verbale. Le pronom personnel sujet est redondant.
Vers 18 : poignent e joustent e assamblent, vers 19 : que por le bruit des lances samblent Omission du pronom personnel sujet car l'énoncé précédant comporte un sujet identique : li chevalier.
Vers 27 : Ne ferai mie lonc sejor.
omission du pronom personnel sujet je renvoyant au narrateur. L'information est donnée par la désinence verbale.
2. Expression du pronom personnel sujet
Au XII° siècle, l'usage du pronom personnel sujet est donc encore facultatif, relevant d'un souci d'expressivité ou de clarté dans l'identification des référents évoqués par le discours .
vers 13: qu'i[l] s'entraloient encontrer ( renvoie aux chevaliers) v.14 la ou li uns consivoit l'autre.( renvoie à damoiselle et chevalier).
L'expression du pronom ne vise pas ici à accroître l'expressivité du récit ou à clarifier le schéma actantiel. Facultatifs grammaticalement et sémantiquement, ces trois pronoms ne le sont cependant pas du point de vue de la versification, et leur présence témoigne de la lente généralisation de leur usage en ancien français, dans la construction sujet-verbe-complément qui s'imposera en français moderne.
Les pronoms personnels sujet du vers 22 qu'il fu mout bons. E il si fu, sont des pronoms impersonnels en même temps que celle des autres pronoms personnels sujets.
La prédicativité du pronom personnel sujet n'est pas illustrée dans l'extrait, le pronom étant chaque fois employé conjointement au verbe, comme en français moderne
Je ne sais pas quoi dire en conclusion.



