Quelle est la conception du théâtre qui s’exprime dans ces textes ?

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
Cela va faire pas mal d'heures que je passe sur ce corpus sans apercevoir le moindre point exploitable. Ma dernière chance est de m'en remettre à vous.
Bref, mon corpus est composé de 3 textes:

Pierre Corneille "L'illusion comique" Acte V, Scène 6
PRIDAMANT.
Mon fils Comédien !
ALCANDRE.
Cessez de vous en plaindre : à présent le Théâtre
Est en un point si haut que chacun l’idolâtre,
Et ce que votre temps voyait avec mépris
Est aujourd’hui l’amour de tous les bons esprits,
55 L’entretien de Paris1, le sujet des Provinces,
Le divertissement le plus doux de nos Princes,
Les délices du peuple, et le plaisir des grands ;
Parmi leur passe-temps il tient les premiers rangs,
Et ceux dont nous voyons la sagesse profonde
60 Par ses illustres soins conserver tout le monde
Trouvent dans les douceurs d’un spectacle si beau
De quoi se délasser d’un si pesant fardeau.
Même notre grand Roi, ce foudre de la guerre
Dont le nom se fait craindre aux deux bouts de la Terre,
65 Le front ceint de lauriers daigne bien quelquefois
Prêter l’oeil et l’oreille au Théâtre François 2 .
C’est là que le Parnasse 3 étale ses merveilles
Les plus rares esprits lui consacrent leurs veilles,
Et tous ceux qu’Apollon voit d’un meilleur regard
70 De leurs doctes 4 travaux lui donnent quelque part.
S’il faut par la richesse estimer les personnes,
Le Théâtre est un fief dont les rentes sont bonnes,
Et votre fils rencontre en un métier si doux
Plus de biens et d’honneur qu’il n’eût trouvé chez vous.
75 Défaites-vous enfin de cette erreur commune
Et ne vous plaignez plus de sa bonne fortune.


ALCANDRE
N'en croyez pas vos yeux.
Le second texte est "Lettre sur les spectacles" de Rousseau
Au fond, quand un homme est allé admirer de belles actions dans des fables, & pleurer des malheurs imaginaires, qu'a-t-an encore à exiger de lui N'est-il pas content de lui-même Ne s'applaudit-il pas de sa belle ame Ne s' il pas acquitte de tout ce qu'il doit à la vertu par l'hommage qu'il vient de lui rendre Que voudroit-on qu'il fit de plus Qu'il la pratiquât lui-même Il n'a point de rôle à jouer: n'est pas Comédien.
Plus j'y réfléchis, & plus je trouve que tout ce qu'on met représentation au Théâtre, on ne l'approche pas de nous, on l'en éloigne. Quand je vois le Comte d'Essex, le regne d'Elisabeth se recule à mes yeux de dix siecles, & si l'on jouoit un événement arrive hier dans Paris, on me le feroit supposer du tems de Moliere. Le Théâtre a ses regles, ses maximes, sa morale à part, ainsi que son langage & ses vêtemens. On se dit bien que rien de tout cela ne nous convient, & l'on se croiroit aussi ridicule d'adopter les vertus de ses héros que de parler en vers, & d'endosser un habit à la Romaine. Voilà donc a-peu-près à quoi servent tous ces grandes sentimens & toutes ces brillantes maximes qu'on vante avec tant d'emphase; à les reléguer à jamais sur la Scene, & à nous montrer la vertu comme un jeu de Théâtre, bon pour amuser le public, mais qu'il y auroit de la folie à vouloir transporter sérieusement dans la Société. Ainsi la plus avantageuse impression des meilleures Tragédies est de réduire à quelques affections passagères, stériles & sans effet, tous les devoirs de l'homme, à nous faire applaudir de notre courage en louant celui des autres, de notre humanité en plaignant les maux que nous aurions pu guérir, de notre charité en disant au pauvre: Dieu vous assiste .
Et le dernier, il s'agit d'un de Beaumarchais nommé "Préface du Mariage de Figaro"
J’ai pensé, je pense encore, qu’on n’obtient ni grand pathétique, ni profonde moralité, ni bon et vrai comique au théâtre, sans des situations fortes, et qui naissent toujours d’une disconvenance sociale, dans le sujet qu’on veut traiter. L’auteur tragique, hardi dans ses moyens, ose admettre le crime atroce : les conspirations, l’usurpation du trône, le meurtre, l’empoisonnement, l’inceste, dans Œdipe et Phèdre ; le fratricide, dans Vendôme ; le parricide, dans Mahomet ; le régicide, dans Macbeth, etc., etc. La comédie, moins audacieuse, n’excède pas les disconvenances, parce que ses tableaux sont tirés de nos mœurs ; ses sujets, de la société. Mais comment frapper sur l’avarice, à moins de mettre en scène un méprisable avare ? démasquer l’hypocrisie, sans montrer, comme Orgon, dans le Tartufe, un abominable hypocrite, épousant sa fille et convoitant sa femme ? un homme à bonnes fortunes, sans le faire parcourir un cercle entier de femmes galantes ? un joueur effréné, sans l’envelopper de fripons, s’il ne l’est pas déjà lui-même ?

Tous ces gens-là sont loin d’être vertueux ; l’auteur ne les donne pas pour tels : il n’est le patron d’aucun d’eux, il est le peintre de leurs vices. Et parce que le lion est féroce, le loup vorace et glouton, le renard rusé, cauteleux, la fable est-elle sans moralité ? Quand l’auteur la dirige contre un sot que la louange enivre, il fait choir du bec du corbeau le fromage dans la gueule du renard, sa moralité est remplie ; s’il la tournait contre le bas flatteur, il finirait son apologue ainsi : Le renard s’en saisit, le dévore ; mais le fromage était empoisonné. La fable est une comédie légère, et toute comédie n’est qu’un long apologue : leur différence est que dans la fable les animaux ont de l’esprit, et que, dans notre comédie, les hommes sont souvent des bêtes, et, qui pis est, des bêtes méchantes.

Ainsi, lorsque Molière, qui fut si tourmenté par les sots, donne à l’Avare un fils prodigue et vicieux qui lui vole sa cassette et l’injurie en face, est-ce des vertus ou des vices qu’il tire sa moralité ? Que lui importent ces fantômes ? c’est vous qu’il entend corriger.
La question est "Quelle est la conception du théâtre qui s'exprime dans ces textes ?"
Toute aide est la bienvenue, merci d'avance.
Il faudrait par l'analyse de chaque texte, dégager la thèse, c'est à dire ce qui est dit, l'avis exprimé sur le théâtre. Ton travail commence par une compréhension des textes.
à présent le Théâtre
Est en un point si haut que chacun l’idolâtre,

Le divertissement le plus doux de nos Princes,

Trouvent dans les douceurs d’un spectacle si beau
De quoi se délasser d’un si pesant fardeau

Le Théâtre est un fief dont les rentes sont bonnes,
Et votre fils rencontre en un métier si doux
Plus de biens et d’honneur qu’il n’eût trouvé chez vous.
Plus j'y réfléchis, & plus je trouve que tout ce qu'on met en représentation au Théâtre, on ne l'approche pas de nous, on l'en éloigne.


Ainsi la plus avantageuse impression des meilleures Tragédies est de réduire à quelques affections passagères, stériles & sans effet, tous les devoirs de l'homme, à nous faire applaudir de notre courage en louant celui des autres
Merci pour ton aide.
Je vois bien que Rousseau voit le théâtre comme quelque chose d'immoral et qu'au contraire Beaumarchais et Corneille le voit justement comme un métier incroyable et loue les mérites des théâtres mais je n'arrive pas à pouvoir présenter un plan convenable et de quoi vais-je bien pouvoir parler.
Comme souvent, lister les ressemblances (le thème, la définition du théâtre …) et les différences.
Regarde les genres puis la situation d'énonciation (qui à parle à qui ? qui est le destinataire du discours ?)
Le premier texte est porté par un personnage de pièce de théâtre , d'une pièce qui joue avec la mise en abyme.
Le troisième figure dans une préface de pièce.