Ancien français - Traduction de L’Ovide moralisé

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17 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, et joyeuse nouvelle année 🙂
J'aurai besoin d'un petit coup de pouce pour ma traduction d'un extrait de l’Ovide moralisée. Il s'agit du livre 15 du vers 6629 au vers 6691, voici ma traduction et les texte, j'ai souligné les endroits qui me paraissent particulièrement flou. Un tout grand merci d'avance 🙂

[6629] il ot un vaillant pince à Rome,
Il y eu un valeureux souverain à Rome
Que l’escripture apele et nome
Que les écrits appellent et nomment
Constentin, humble et sans bouffoi,
Constantin, humble et sans orgueil,
Mes de la crestiene foi
Mais il ne savait rien de la foi chrétienne
Ne savoit riens, quar paiens iere
Car il était païen,
Tant que Diex li dona lumiere
Jusqu’à ce que Dieu lui donna la lumière
De sa creance et de sa loi,
De sa croyance et de sa loi,
Quar barbarin plein de desloi
Étant donné que des barbares plein de félonie
Vindrent son regne guerroier,
L’emportaient ( de vindre, vaincre mais à quel temps ? futur ?-> l’emporteraient) sur son règne
(ou passé simple de venir -> vinrent attaquer son royaume) (et guerroier ?)

Qui tout cuidierent foudroier
Qu’ils étaient tous sur le point d’être foudroyé / frappé comme par la foudre
Et giter à perdicion
Et tomber en perdition
Ou metre en lor subjection.
Ou se soumettre à eux

Quant li frans rois la chose oï,
Lorsque le libre souverain entendit cette chose,
Moult douta, moult s’essabaï,
Il douta beaucoup, il ?? essabaï ? beaucoup,il resta beaucoup stupéfié,
Si fu pensis et ot paor
Ainsi il fu préoccupé et eu peur
Qu’il l’en avenist le pior
Qu’il lui en ? advient le pire. (avenist passé simple ?)

Une nuit qu’en tel doute estoit
Une nuit où il était dans un tel doute
Vit que devant lui s’arrestoit
Il vit que devant lui s’arrêtait
Uns homs de molt bele semblance,
Un homme de fort belle apparence
Qui li dist : »Rois, n’aies doutance.
Qui lui dit : roi n’aie pas de doute. (mais quel est le temps de n’aies ? subjonctif ou impératif ?)
Garde aus cieulz, si t’i aparra
Regarde aux cieux, ainsi il t’y apparaitra
Une enseigne qui te garra ».
Un symbole qui te protégera
Li rois dresce au ciel se veüe,
Le roi dirige au ciel son regard
S’a une resplendor veüe
Ainsi il a une vision éclatante
En forme de crois droitement,
Véritablement en forme de croix

Et lettres d’or apertement,
Et des lettres d’or clairement
Qui li fesoient à savoir
Qui lui faisaient savoir
Que par ce signe doit avoir
Que par ce signe il doit avoir
Victoire de ses anemis.
La victoire sur ses ennemis
Le signe a en mémoire mis
Il a mis le signe dans sa mémoire
Et l’endemain un en fist faire
Et le lendamains il en fit faire un
D’autel forme et d’autel affaire
De même forme et de même disposition
Come il avoit au ciel veü.
Comme ce qu’il avait vu dans le ciel

En ce signe sont esmeü
Par ce singe les romains sont encouragés
Li Romain por ceulz assaillir
Pour assaillir ceux ( ceulz ? et temps de assaillir pourquoi un infinitif la ?)
Qui les cuidoient mal baillir,
Qui étaient sur le point de les mal traiter ( ?) (cuidoient imparfait ?)

Si vainquirent outreement.
Ainsi ils vainquirent complètement (vainquirent passé simple ?)
Lors vit li rois apertement
Alors le roi vit de façon évidente
Que la crois avoit grant mistere,
Que la croix avait un grand misère
Mes ne savoit pas quelz il iere.
Mais il ne savait pas ce qu’il en était (quelz ? un cas régime pl ? avec un Z ?)
Si le voult savoir. Sans deloi
Ainsi il voulu le savoir. Sans délais
Manda ses prestres de la loi,
Il manda ses prêtres de la loi
Si lor demande à tous ensamble
Ainsi il leur demande à tous en même temps
Qu’il entendent et qu’il lors samble
Ce qu’ils pensent et ce qu’il leur semble
Que cil signes signifiot.
Que ce signe signifie/représente ? (temps de signifiot ? du passé simple ?)
Aucun par anventure y ot
Par chance il y en eu un
Qui dist : « c’est signe au Dieu celestre.
Qui dit : « c’est un digne du Dieu celeste. (le au = a +le ?)
Mes ne savons quelz il puet estre ».
Mais nous ne savons pas lequel il peut etre » (encore un quelz)

Lors vint un poi de crestiens
A ce moment-là vient un peu de chrétiens (poi ?)
Qui pour la doute des paiens
Qui a cause du doute des païens
Estoient repost et celé
Étaient dans des endroits secrets et dissimulés
Si ont au roi tout revelé :
Ainsi ils ont tout révélé/raconté au roi
Coment Dieux, por son pueple aquerre,
Comment Dieu pour (aquerre ?)
Fist son chier fil venir en terre
Fit venir son cher fils sur la terre
Et char humaine et mortel prendre.
Et prendre chair humaine et mortelle
Si se lessa lever et pendre
Ainsi il se laissa élever et pendre
En crois et souffrir passoin
En /sur la crois et souffrir la souffrance du christ
Et mort pour le redempcion
Et est mort pour le rachat
De son pueple. Qu’il aquita.
De son peuple qu’il libéra
Et au tiers jor resuscita.
Et le troisième jour il ressuscita.
Puis monta aus cieulz à la destre
Puis monta aux cieux à la droite
Dieu le Père, en gloire celestre.
De Dieu le père en gloire céleste
Cil qui ce croient seront saul !
Ceux qui croient ceci seront sauvé (le temps de saul ?)
Je ne suis pas spécialiste en ancien français.
Mais je me permets de relever ceci :
Qui tout cuidierent foudroier
Qu’ils étaient tous sur le point d’être foudroyé / frappé comme par la foudre
cuidier, ça veut dire "croire, s'imaginer, penser, avoir la présomption de, avoir la volonté de"
Et foudroier est un infinitif, pas un participe passé !
Donc quelque chose comme qui voulurent tout foudroyer
[6629] il ot un vaillant prince à Rome,
Il y eu un valeureux souverain à Rome
En FM, on doit utiliser ici l'imparfait. Vous pouvez dire « prince ».

Que l’escripture apele et nome
Que les écrits appellent et nomment
B. Ici, l'escripture, c'est tout simplement "l'Histoire".

Constentin, humble et sans bouffoi,
Constantin, humble et sans orgueil,
B.

Mes de la crestiene foi
Ne savoit riens, quar paiens iere
Mais il ne savait rien de la foi chrétienne
Car il était païen,

B.

Tant que Diex li dona lumiere
Jusqu’à ce que Dieu lui donna la lumière
Incorrect en FM : il faut le subjonctif. Tournez par « jusqu'au moment où ».

De sa creance et de sa loi,
De sa croyance et de sa loi,
Plutôt : « de sa foi ».

Quar barbarin plein de desloi
Étant donné que des barbares plein de félonie
B.

Vindrent son regne guerroier,
L’emportaient ( de vindre, vaincre mais à quel temps ? futur ?-> l’emporteraient) sur son règne
        (ou passé simple de venir -> vinrent attaquer son royaume) (et guerroier ?)

vindrent est le passé simple de venir et regne signifie en effet « royaume ».

Qui tout cuidierent foudroier
Qu’ils étaient tous sur le point d’être foudroyé / frappé comme par la foudre
Contresens et incorrection : à quoi renvoie qu' ? ; foudroier a un sens actif et le verbe signifie « saccager », « ravager ».

Et giter à perdicion
Et tomber en perdition
Contresens : giter = « livrer à », « abandonner à».

Ou metre en lor subjection.
Ou se soumettre à eux
Même contresens : metre a un sens actif ; vous avez perdu le fil du sens : qui se soumet à qui ?

Corrigez ce début.

Jehan, cuidier au PS a assez souvent le sens de "être sur le point de", "être à deux doigts de", "penser" dans le sens du FM : "ils pensèrent mourir", surtout au PS. Mais il y a doute ici.
cf encore chez Rabelais, "ils cuidèrent neyer en sa bouche"
Jehan, cuidier au PS a assez souvent le sens de "être sur le point de", "être à deux doigts de", "penser" dans le sens du FM : "ils pensèrent mourir", surtout au PS. Mais il y a doute ici.
cf encore chez Rabelais, "ils cuidèrent neyer en sa bouche"
Au temps pour moi… Quand je disais que je n'étais pas spécialiste ! 😜
Merci de ces précisions.
Merci pour ces quelques éclaircissement 🙂 , en effet je me suis quelque peu emmêlé les pinceaux, c'est probablement le peu de pronoms qui m'embrouille

Quar barbarin plein de desloi
Étant donné que des barbares plein de félonie
Vindrent son regne guerroier,
Vinrent attaquer son royaume
Qui tout cuidierent foudroier
Qu’ils (les barbares) étaient sur le point de tout saccager
Et giter à perdicion
et se livrer à la destruction
Ou metre en lor subjection.
ou mettre en leur domination
Bonjour,
Ça ne va toujours pas. qui n'est pas que : le COD de foudroier, de giter et de metre est tout, et qui se rattache à barbarins.
Le pb est qu'en FM, on peut difficilement garder la construction à cause de l'éloignement de la relative.

"Car des barbares vinrent attaquer son royaume, (barbares) qui pensèrent tout saccager, (tout) livrer à la destruction ou (tout) soumettre à leur domination".

Dans une traduction littérale, vous pouvez supprimer ce qui est entre parenthèses, mais c'est un peu limite.
ha mais oui, alors c'est une relative un peu éloignée de son antécédent, un grand merci 🙂
Quant li frans rois la chose oï,
Lorsque le libre souverain entendit cette chose,
Faux-sens sur frans et « cette » n’est pas nécessaire.

Moult douta, moult s’essabaï,
Il douta beaucoup, il ?? essabaï ? beaucoup,il resta beaucoup stupéfié,
Il n'est pas facile de savoir si douter signifie "avoir peur" ou "être perplexe" ; d'après doutance, employé quelques vers plus bas, ce serait plutôt l'idée de crainte qui ressortirait ; il y a aussi la reprise "pléonastique" du vers suivant (cas fréquent en AF) qui peut présenter une disposition en chiasme, auquel cas essabaï et pensis exprimeraient la perplexité, paor et douter la peur (cf redouter en FM). s’essaboir ou s’essabaïr = « être stupéfait ».

Si fu pensis et ot paor
Ainsi il fut préoccupé et eut peur
B.

Qu’il l’en avenist le pior
Qu’il lui en ? advient le pire. (avenist passé simple ?)
Oui parce que la proposition dépend de ot paor : ne perdez pas le fil d’un vers à l’autre.

Une nuit qu’en tel doute estoit
Une nuit où il était dans un tel doute
sur doute, v. plus haut. Vous pouvez garder que en FM.

Vit que devant lui s’arrestoit
Il vit que devant lui s’arrêtait
Petit faux-sens sur s’arestoit.

Uns homs de molt bele semblance,
Un homme de fort belle apparence
B.

Qui li dist : »Rois, n’aies doutance.
Qui lui dit : roi n’aie pas de doute. (mais quel est le temps de n’aies ? subjonctif ou impératif ?)
Impératif, comme en FM ; sur doutance, v. plus haut. Je pense personnellement que l'expression équivaut ici à : "n'aie crainte".

Garde aus cieulz, si t’i aparra
Regarde aux cieux, ainsi il t’y apparaitra
si est mal traduit.

Une enseigne qui te garra ».
Un symbole qui te protégera
Le mot "symbole" est légèrement impropre.

Li rois dresce au ciel se veüe,
Le roi dirige au ciel son regard
En FM, on dit plutôt : "dirige vers le ciel".

S’a une resplendor veüe
Ainsi il a une vision éclatante
si = « alors ».

En forme de crois droitement,
Véritablement en forme de croix
« très exactement »

Et lettres d’or apertement,
Et des lettres d’or clairement
« et de lettres d’or… » : ne perdez pas le fil grammatical.

Qui li fesoient à savoir
Qui lui faisaient savoir
B.

Que par ce signe doit avoir
Que par ce signe il doit avoir
B., bien qu’en FM il faille l’imparfait.

Victoire de ses anemis.
La victoire sur ses ennemis
B.

Le signe a en mémoire mis
Il a mis le signe dans sa mémoire
B.

Et l’endemain un en fist faire
Et le lendamains il en fit faire un
Orthographe ???

D’autel forme et d’autel affaire
De même forme et de même disposition
Plutôt : « apparence ».

Come il avoit au ciel veü.
Comme ce qu’il avait vu dans le ciel
Oui, bien que veoir n’ait pas de complément.
merci beaucoup pour toutes ces indications 🙂

pour le mot frans dans Quant li frans rois la chose oï, j'aimais assez bien l'idée qu'il signifie libre (dans le sens les roi est libre pour le moment malgré l'attaque imminente des barbares. Plus ça aurai peu faire un petit lien avec Jésus qui est mort pour libérer son peuple qu'on retrouve plus bas mais c'est peut-être inventer des liens là où il n'y en a pas) et peut-être qu'effectivement "noble" conviendrai mieux.

- En effet 🙂 , j'ai été revoir la signification de douter en af dans le dictionnaire cet après-midi et j'y ai trouvé cette nuance de crainte, peur qui va bien dans ce contexte 🙂
-j'ai plutôt trouvé essabouir que essabaïr pour essabaï mais il semble qu'il s'agit de formes différentes du même verbes

Vit que devant lui s’arrestoit
je suis perplexe, je ne trouve dans le dictionnaire du moyen français que des synonymes de s'arrêter qui pourrait convenir, (à moins qu'il signifie être mis en d'arrestation)

Une enseigne qui te garra
une marque qui te protégera
(en vérité j'aie assez bien symbole et comme c'est ce que l'homme venu d'un peu nulle part dit, ça pourrai convenir)

D’autel forme et d’autel affaire
Come il avoit au ciel veü.

De même forme et de même apparence
qu'il avait vu dans le ciel
pour le mot frans dans Quant li frans rois la chose oï, j'aimais assez bien l'idée qu'il signifie libre (dans le sens les roi est libre pour le moment malgré l'attaque imminente des barbares. Plus ça aurai peu faire un petit lien avec Jésus qui est mort pour libérer son peuple qu'on retrouve plus bas mais c'est peut-être inventer des liens là où il n'y en a pas) et peut-être qu'effectivement "noble" conviendrai mieux.

Le mot frans appliqué à un titre de noblesse signifie presque toujours "noble".

- En effet , j'ai été revoir la signification de douter en af dans le dictionnaire cet après-midi et j'y ai trouvé cette nuance de crainte, peur qui va bien dans ce contexte
-j'ai plutôt trouvé essabouir que essabaïr pour essabaï mais il semble qu'il s'agit de formes différentes du même verbes

Les formes peuvent être très diverses suivant les époques, les dialectes et les copistes, et le dictionnaire ne les recense jamais toutes. Seules l'intuition et l'expérience peuvent guider le lecteur.

Vit que devant lui s’arrestoit
je suis perplexe, je ne trouve dans le dictionnaire du moyen français que des synonymes de s'arrêter qui pourrait convenir, (à moins qu'il signifie être mis en d'arrestation)

Votre texte relève de la période de transition entre l'AF et le MF ; ainsi, la déclinaison est encore vivante (ex : li rois/au roi). Réflexion faite, vous pouvez dire "s'arrêter". Je pensais à "se poster".

Une enseigne qui te garra
une marque qui te protégera
(en vérité j'aie assez bien symbole et comme c'est ce que l'homme venu d'un peu nulle part dit, ça pourrai convenir)

J'ai parlé de légère impropriété parce que le mot symbole désigne un signe figuratif qui représente un concept (par exemple, la colombe de la paix). Ici, il vaut mieux parler de signe (la fameuse croix et l'inscription IN HOC SIGNO VINCES). Cela fait plus penser à une … enseigne, mais ne prenez pas non plus ce mot. Dites "signe", tout simplement.

D’autel forme et d’autel affaire
Come il avoit au ciel veü.
De même forme et de même apparence
qu'il avait vu dans le ciel

J'ai laissé entendre que vous pouviez conserver "ce que" dans la traduction.
oui merci beaucoup ^ ^

pour se passage ci:
En ce signe sont esmeü
Par ce singe les romains sont encouragés
Li Romain por ceulz assaillir
Pour assaillir ceux ( ceulz ? et temps de assaillir pourquoi un infinitif la ?) pour le temps d'assaillir j'ai moins de doute, il s'agit simplement de pour + infinitif. C'est plus à propos de ceulz avec un z que je m'interroge, j'imagine qu'il s'agit du pronom cil décliné, ceus.
Par ce singe les romains sont encouragés. Très bon, même si c'est involontaire 😂
En effet ! 😀


En ce signe sont esmeü
Li Romain por ceulz assaillir
Par ce signe les romains sont encouragés
esmovoir est plus fort qu’encourager : « pousser vivement »
Pour assaillir ceux ( ceulz ? et temps de assaillir pourquoi un infinitif la ?)
ceulz = "ceux", ce n'est pas plus difficile ; assaillir est évidemment un infinitif dépendant de por, comme en FM. Par contre, vu le verbe précédent, on dira plutôt « vivement poussés à assaillir ».

Qui les cuidoient mal baillir,
Qui étaient sur le point de les mal traiter ( ?) (cuidoient imparfait ?)
cuidoient est bien sûr un imparfait. Gardez « penser » en FM afin de prendre en compte les deux sens possibles ici : « avoir l’intention » et « être sur le point de».

Si vainquirent outreement.
Ainsi ils vainquirent complètement (vainquirent passé simple ?)
Oui, passé simple, c’est la forme moderne !

Lors vit li rois apertement
Alors le roi vit de façon évidente
B.

Que la crois avoit grant mistere,
Que la croix avait un grand misère
"Misère" ?

Mes ne savoit pas quelz il iere.
Mais il ne savait pas ce qu’il en était (quelz ? un cas régime pl ? avec un Z ?)
Cas sujet, car quelz est attribut du sujet il : en FM, vous pouvez dire aussi : « quel il était ».

Si le voult savoir. Sans deloi
Ainsi il voulut le savoir. Sans délai
si = « alors ».

Manda ses prestres de la loi,
Il manda ses prêtres de la loi
B.

Si lor demande à tous ensamble
Ainsi il leur demande à tous en même temps
si a le sens affaibli de « et ». C’est une particule universelle en AF qui n’a pour but que de lier les phrases. Dans certains textes, elle devient un véritable « tic » de langage.
Pourquoi « en même temps » ?


Qu’il entendent et qu’il lors samble
Ce qu’ils pensent et ce qu’il leur semble
B.

Que cil signes signifiot.
Que ce signe signifie/représente ? (temps de signifiot ? du passé simple ?)
Incorrect ! Il faut penser à la correction de la phrase en FM.
signifiot est une forme d’imparfait atypique propre aux verbes en –ier. Il est curieux de remarquer qu’elle s’est conservée jusqu’au XVIIIème siècle.
ha oups x) je crois que je suis un peu fatiguée

Que la crois avoit grant mistere,
Que la croix avait un grand misère mystère (encore un lapsus? x) )

Si lor demande à tous ensamble
Et il leur demande à tous en même temps
Pourquoi « en même temps » ?
j'avais vu au dictionnaire que ensemble pouvait vouloir dire en même temps, à la fois, ça me semblait moins lourd "à tous ensemble"

Que cil signes signifiot.
ce que ce signe représentait
Aucun par anventure y ot
Par chance il y en eu un
Orth. !

Qui dist : « c’est signe au Dieu celestre.
Qui dit : « c’est un digne du Dieu celeste. (le au = a +le ?)
Orth. ; oui, au = a le, qui serait incorrect en FM.

Mes ne savons quelz il puet estre ».
Mais nous ne savons pas lequel il peut etre » (encore un quelz)
Cf plus haut.

Lors vint un poi de crestiens
A ce moment-là vient un peu de chrétiens (poi ?)
un poi de = « quelques »

Qui pour la doute des paiens
Qui a cause du doute des païens
Faux-sens sur doute ; cf plus haut.

Estoient repost et celé
Étaient dans des endroits secrets et dissimulés
repost et celé qualifient les paiens ; repost signifie : "à l’écart".

Si ont au roi tout revelé :
Ainsi ils ont tout révélé/raconté au roi
Certainement pas raconté : le roi cherche la signification du signe…

Coment Dieux, por son pueple aquerre,
Comment Dieu pour (aquerre ?)
aquerre, dont le sens est premier est "rechercher" signifie ici "recueillir", "rassembler".

Fist son chier fil venir en terre
Et char humaine et mortel prendre.
Si se lessa lever et pendre
Fit venir son cher fils sur la terre
Et prendre chair humaine et mortelle
Ainsi il se laissa élever et pendre

B.

En crois et souffrir passion
En /sur la crois et souffrir la souffrance du christ
Pourquoi « du Christ ? » C’est bien de lui qu’on parle … Ne recopiez pas les définitions du dictionnaire sans esprit critique. Et le terme consacré et « sa passion ».

Et mort pour le redempcion
De son pueple. Qu’il aquita.
Et est mort pour le rachat
De son peuple qu’il libéra

aquiter signifie ici "racheter" et redempcion peut être traduit tel quel.

Et au tiers jor resuscita.
Puis monta aus cieulz à la destre
Dieu le Père, en gloire celestre.
Et le troisième jour il ressuscita.
Puis monta aux cieux à la droite
De Dieu le père en gloire céleste

B.

Cil qui ce croient seront saul !
Ceux qui croient ceci seront sauvé (le temps de saul ?)
ce = "cela" et saul est un adjectif !

Quelques conseils :
- Ne traduisez pas vers par vers ; prenez une vue d'ensemble de la phrase, essayez de la comprendre avant de la traduire et confrontez toujours ce que vous avez de nouveau à traduire au contexte déjà établi.
- Méfiez-vous des dictionnaires ; aucun n'est parfait, et ils vous proposent des équivalences plus que des sens. La lecture des textes est irremplaçable : il faut avoir vu certains mots des dizaines de fois dans des contextes différents pour avoir une chance de reconnaître a) leurs formes dialectales ou leurs variantes diachroniques et synchroniques, b) leur champ sémantique.
- Idem pour les grammaires. On y trouve rarement ce qu'on y cherche…
- Familiarisez-vous avec la culture médiévale (société, religion, mentalités, realia).

Si je vous fais un faux procès ou si je prêche un converti, veuillez m'excuser. 😉
Merci beaucoup pour tous ces conseils, et ces indications 🙂

Lors vint un poi de crestiens
Qui pour la doute des paiens
Estoient repost et celé
A ce moment-là vient quelques chrétiens
Qui a cause de la crainte des païens
Étaient à l'écart et dissimulés
repost et celé qualifient les paiens
vraiment? ils ne qualifient pas plutôt les chrétiens? (oui, en tout cas ils ne qualifient pas le mot "endroits" que j'avais rajouté)
Oui, bien sûr, les crestiens ! 🆒