Distinction complément circonstanciel de cause et proposition indépendante coordonnée par "car"

Langue française

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Comment faire comprendre simplement que la proposition indépendante coordonnée dans la phrase 4 n'est pas complément circonstanciel de cause, contrairement à ce qui est souligné dans les autres phrases ? Je ne vois pas quelle manipulation permettrait de le démontrer de manière pertinente à un adolescent.

1. Jean est devenu haineux à cause de sa mère.
2. Jean est devenu haineux à force d’être maltraité par sa mère.
3. Jean est devenu haineux parce que sa mère le maltraitait.
4. Jean est devenu haineux car sa mère le maltraitait.

Merci pour votre réponse.
Peut-être avec cet article que j'ai déjà mentionné je ne sais plus dans quelle autre discussion.
Mais le fait que car soit davantage une justification lui interdit-il d'introduire un CC de cause ?
Et puisqu'il est question de manipulation : contrairement aux éléments soulignés des trois premières phrases (qui sont des CC circonstanciels de cause, et donc déplaçables en début de phrase ) la partie soulignée de la phrase 4 ne peut être déplacée. Ce n'est donc pas une subordonnée circonstancielle, bien que ce soit une proposition du fait de son verbe conjugué. Et parmi les propositions, seules les subordonnées circonstancielles, comme leur nom l'indique, peuvent être CC de cause.
Si je comprends bien c'est un cause mais pas un CC de cause.
C'est ce que semble indiquer l'article qui énonce tout d'abord :
On a l’impression que ces deux conjonctions sont des synonymes qui s’équivalent – ou le devraient –, puisque chacune d’elles marque la cause
mais écrit plus bas sur un cas précis
L’information contenue dans cette nouvelle phrase n’est pas exactement la même que celle de la précédente : car exprime une justification plutôt qu’une cause.
Dans la phrase 4 qui nous occupe, écarter la cause pour ne retenir que la justification ou l'explication me semblerait inexact et injustifiable.
Dans la phrase 4 qui nous occupe, écarter la cause pour ne retenir que la justification ou l'explication me semblerait inexact et injustifiable.
Et pourtant, on ne peut pas dire que cette proposition soit complément circonstantiel de cause.
Il ne s'agit pas d'une subordonnée, mais d'une proposition indépendante coordonnée à la précédente par car, conjonction de coordination.
La différence est subtile, mais la convention est telle...car n'introduit pas un complément de cause.
paulang a écrit : Dans la phrase 4 qui nous occupe, écarter la cause pour ne retenir que la justification ou l'explication me semblerait inexact et injustifiable.
Je me demandais si vous perceviez la même impossibilité avec la phrase ainsi modifiée :

Jean est devenu haineux, car sa mère le maltraitait > Jean est haineux, car sa mère le maltraitait.
Floquet,

Il me semble que vos difficultés d'analyse ont deux causes. Premièrement, vous confondez les critères de réflexion sémantiques et syntaxiques. Dans les phrases que vous citez, tous les éléments soulignés expriment la cause ! Deuxièmement, vous semblez aussi confondre "complément circonstanciel" et "proposition subordonnée complément circonstanciel de…". Les groupes prépositionnels "à cause de sa mère" ou "à force d'être maltraité par sa mère" fonctionnent comme des compléments circonstanciels de cause. Cependant, ils ne sauraient être des propositions subordonnées circonstancielles de cause, pour la bonne et simple raison qu'il ne s'agit pas de propositions. Jehan l'a déjà expliqué.

Pour répondre à votre question, je dirais que la proposition indépendante coordonnée de votre phrase 4 ne saurait être analysée comme un complément circonstanciel de cause, car lorsque l'on analyse une proposition cette fonction est réservée aux propositions subordonnées. Cela dit, sur le plan sémantique, force est de reconnaître que cette proposition expose bien une cause.

Je vous souhaite une bonne soirée.

Au plaisir,
FC.
Petitlecer a écrit
Cela dit, sur le plan sémantique, force est de reconnaître que cette proposition expose bien une cause.
Heureux de vous lire.
La grammaire est vraiment une source inépuisable d’étonnement.
Chacun sait dans la vie que le subordonné doit savoir rester à sa place et que l'indépendant est par nature libre.
En grammaire la subordonnée peut sans aucun égard passer devant la principale, mais l'indépendante, elle, ne le peut pas. Bravo !
La grammaire est vraiment une source inépuisable d’étonnement.
😀 😀 😀
Elle est surtout une source inépuisable de conventions et d'appellations qui varient au cours des temps…
Merci à tous.
C'est justement parce qu'il n'y a pas de manipulation qu'on ne peut pas montrer qu'il s'agit d'un complément.

Le déplacement de la proposition coordonnée ne me choque pas, mais on peut surtout remarquer qu'on ne peut pas la mettre en emphase :
C'est [sup]*[/sup]car sa mère le maltraitait que Jean est devenu haineux.
Alors qu'on le peut avec un complément circonstanciel,
- proposition subordonnée : C'est parce que sa mère le maltraitait que Jean est devenu haineux,
- ou intégré dans la proposition : C'est à force d’être maltraité par sa mère que Jean est devenu haineux.
Katioucha a écrit : Je me demandais si vous perceviez la même impossibilité avec la phrase ainsi modifiée :

Jean est devenu haineux, car sa mère le maltraitait > Jean est haineux, car sa mère le maltraitait.
Je vois dans les deux la même chose : justification et cause.
et je verrais la même chose avec parce que

De plus, pour faire un pied de nez aux conventions mentionnées par Laoshi, je ne vois pas ce qu'il y aurait de si choquant à écrire :
Car sa mère le maltraitait, Jean est devenu haineux.

J'ai en revanche beaucoup plus de mal avec l'imparfait de Jean est haineux, car sa mère le maltraitait
j'écrirais spontanément Jean est haineux, car sa mère l'a maltraité
Edit : pas vu le message d'ANNE avant d'expédier.
Ah OK, donc la justification vous parait possible et correcte ? J’avais cru comprendre de votre précédent commentaire que vous la rejetiez.
paulang a écrit :écarter la cause pour ne retenir que la justification ou l'explication me semblerait inexact et injustifiable.
En tout cas, le fait d’utiliser car n’écarte pas la cause, c’est juste que ça présente peut-être* les choses un peu différemment :

Avec parce que : angle "lien de cause à effet" :
La maltraitance de sa mère a produit un Jean haineux.

Avec car : angle "explication" :
Ce Jean haineux s’explique par la maltraitance de sa mère.

Par ailleurs, dans ce type de configurations, du fait qu’une cause est une explication, il me semble que car et parce que sont toujours substituables.


*Je dis peut-être, parce que toutes les sources ne partagent pas cette opposition entre parce que et car.

[lien invalide]129231synonymieparcequecar.jpg/129231synonymieparcequecar.jpg[/img][/url]
https://ler.letras.up.pt/uploads/ficheiros/6878.pdf


On voit ainsi que là où la BDL exclut le parce que**, l’approche exposée par cet article l’accepte. Ce cas est appelé causalité épistémique.
**- Suzy est certainement bien rémunérée, car elle vient de s’acheter une maison et une voiture neuve. (et non : Suzy est certainement bien rémunérée parce qu’elle vient de s’acheter une maison et une voiture neuve.)
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=3500
(49) Il doit avoir près de 90 ans, parce qu’il faisait déjà partie de l’unité en 1932.
https://ler.letras.up.pt/uploads/ficheiros/6878.pdf
On note en (49) la présence de la virgule devant parce que, qui permet de distinguer entre la causalité épistémique et les autres types de causalité (cela dit, je ne suis pas sûre que cette ponctuation soit bien respectée).
J'ai en revanche beaucoup plus de mal avec l'imparfait de Jean est haineux, car sa mère le maltraitait
Qu'est-ce qui vous fait mal ? 🙂
De plus, pour faire un pied de nez aux conventions mentionnées par Laoshi, je ne vois pas ce qu'il y aurait de si choquant à écrire :
Car sa mère le maltraitait, Jean est devenu haineux.
Choquant, peut-être pas. On ne va pas être choqué pour si peu.
Ce n'est pas l'usage, c'est tout.
Te souviens-tu du bourgeois gentilhomme et de Belle Marquise, vos beaux yeux… ?
"On les peut mettre premièrement comme vous avez dit : "Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour". Ou bien : "D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux". Ou bien : "Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir". Ou bien : "Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font". Ou bien : "Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour."
(II, 4)
"χc2 = 24,15, df = 3 et p < 0001"… Voilà, c'est ce que je voulais dire. Maintenant, tout est plus clair !

Ouf !

Désolé, j'avais tout simplement oublié.