"Un ami à moi"

Langue française

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,

Est il vrai que dire "un ami à moi" ou "un ami à elle/lui" ou encore "un ami à mon père" n'est pas correct? Sauriez-vous où je pourrais trouver cette information? Je sais que "l'ami à mon père" n'est pas correct mais je n'arrive pas à trouver quand le déterminant est indéfini…
Merci de votre aide….
Bonjour Ledihe,

oui, "un ami à mon père" est incorrect, car le complément de nom est introduit par la préposition "de" => un ami de mon père ; mais ça tu le savais.
En conséquence, "un ami à moi" le sera tout autant, incorrect. Mais on ne dit pas non plus "un ami de moi" ; pourquoi ? parce qu'il existe l'expression un mien ami, la seule à ma connaissance à rendre compte de la possession d'un objet indéfini.

Certes, on dira quelquefois, par manière de plaisanterie un mien ami de moi, mais c'est une licence volontaire.
On entend souvent aussi un ami à moi, mais ce n'est que dans un registre oral familier.
Pierrot,

Merci beaucoup pour ta réponse. Je ne parviens pas à comprendre pourquoi j'ai trouvé l'expression "un ami à moi" dans un dictionnaire de la langue française en ligne (Québécois cela dit) comme une expression tout à fait correcte, insistant sur la possessivité. Penses tu que je pourrais trouver sur internet, un lien qui me permettrait d'apporter un preuve que cela est incorrect?
Merci..
En fait, la préposition "à" peut être utilisée comme renforçateur d'un possessif : c'est mon ami à moi ; c'est peut-être de là que vient l'interprétation que tu a lue [clique sur la lettre D, puis sur la rubrique "de et à"].
Bonjour

Je suppose Ledihe qu'il s'agit de cette URL :

https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?Th=3&id=3662

Je ne vois pas trop où ça coince, mais Pierrot un complément de nom n'est pas introduit uniquement par la préposition "de" :

une sauce à l’orange
l’appartement de Paul


@
ledihe a écrit :Bonjour,

Est il vrai que dire "un ami à moi" ou "un ami à elle/lui" ou encore "un ami à mon père" n'est pas correct? Sauriez-vous où je pourrais trouver cette information? Je sais que "l'ami à mon père" n'est pas correct mais je n'arrive pas à trouver quand le déterminant est indéfini…
Merci de votre aide….
Bonjour Ledihe,

Ce n'est pas le déterminant indéfini qui conditionne l'emploi de la préposition à, c'est le pronom personnel qui impose ce choix.
- On doit dire "un ami de mon père", comme "l' ami de mon père".
- Mais on dira "un ami à lui".

Par contre, pour ce qui est des tournures, "l'ami à lui" ne me semble pas employée (voire fautive ?), on la traduit directement par "son ami".

- "Le gilet de Paul est perdu". → son gilet est perdu.
- "Un gilet de Paul est perdu" me semble fautif (on a l'impression que le gilet est originaire d'une ville qui s'appellerait "Paul", ou bien qu'il est fabriqué dans une matière qui s'appellerait "Paul"…) → "Un des gilets de Paul est perdu"…. mais s'il n'en a qu'un ?

La question que vous posez me ferait presque penser que dire "Un gilet à Paul est perdu" n'est pas fautif… Ce qui laisse à croire que l'emploi d'un article indéfini n'est pas sans conséquences…

À poursuivre avec d'autres… je cale !

Muriel

Édit : J'ai trouvé cette discussion du site. Les liens fournis par Webmestre sont intéressants…
Bonjour Ledihe,

Je voudrais juste apporter un éclairage supplémentaire à cette question de la marque de l'appartenance en remontant dans le temps pour comprendre pourquoi l'usage aurait conduit certaines formes à devenir "incorrectes".

En ancien français, l'appartenance pouvait revêtir trois formes :
- La juxtaposition réservée à Dieu et au souverain. On en trouve des traces dans la toponymie : La Chaise-Dieu, Marly-le-Roi…
- L'emploi de la préposition de utilisée pour les personnes nobles.
- L'emploi de la préposition à pour le peuple ou pour les animaux, d'où son utilisation dans les campagnes et son abandon aujourd'hui sans doute en raison de ses origines rustres.

L'Académie française a rédigé ce petit article très instructif sur la norme aujourd'hui.
À : la voiture de Julie ou la voiture à Julie ?

La préposition à marque normalement l’appartenance après un verbe (cette maison est, appartient à notre ami). On l’emploie avec la même valeur devant un pronom, seule (un ami à nous) ou pour reprendre un possessif (c’est sa manière à lui). Mais on ne peut plus l’employer entre deux noms, comme on le faisait dans l’ancienne langue, sauf dans des locutions figées (une bête à Bon Dieu), par archaïsme ou dans un usage très familier. On dira : la voiture de Julie, les fleurs de ma mère.