Couples incarnant l’amour impossible

Entraide scolaire

26 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

Après avoir effectué une rapide recherche sur mon sujet, j'en conclus qu'aucune ne m'apporte réponse satisfaisante à ma demande ;si ce n'est qu'un seul topic qui abordait les œuvres représentant l'amour impossible, -ce qui n'est pas tout à fait ma question-

Bref, j'aimerais savoir si vous connaissiez des couples incarnant l'amour impossible comme l'indiscutable exemple de Roméo et Juliette. J'ai trouvé pour ma part, Tristan et Iseut; Paul et Virginie. Pourriez-vous m'en citer d'autres dans le théâtre, le cinéma, le roman… (tous les genres sont les bienvenus)? Q'ils soient connus ou non, modernes, fictifs… N'hésitez pas 😜

Merci d'avance pour vos retours !
Pourquoi Paul et Virginie ?
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/16804/romans-sur-lamour-impossible
Bonsoir,
J'ai choisi Paul et Virginie car ils n'ont jamais pu vivre une histoire d'amour ensemble bien qu'ils ressentent des sentiments l'un pour l'autre. --> Premièrement car la tante de Madame de la Tour envoie des gardes pour ramener Virginie en France (laissant Paul, seul, sur l'île) = cela montre alors la désapprobation de la famille qui ne souhaite pas que l'amour entre les deux se développe. Ensuite, après des années, quand ils sont sur le point de se revoir, un naufrage survient = décès de Virginie, fin d'une histoire amoureuse qui n'a jamais pu exister.
Ruy Blas ? Abélard et Héloïse ? Bérénice et Titus ?
Merci pour votre rapide réponse.
Par ailleurs, pourriez vous expliquer pourquoi avoir choisi ces trois couples ?
Perdican, Rosette et Camille dans On ne badine pas avec l'amour de Musset
Coelio, Octavio et Marianne dans Les Caprices de Marianne de Musset
Quasimodo et Esmeralda dans Notre Dame de Paris de Hugo
Gilliatt et Déruchette dans Les Travailleurs de la mer de Hugo
Félix et Mme de Mortsauf dans Le Lys dans la vallée de Balzac
@Jean-Luc : Merci pour votre réponse, je prends note 😉
Allons droit au fait : la littérature occidentale dans son ensemble ne raconte que l'amour réciproque malheureux. Telle et la thèse de Denis de Rougemont dans l'Amour et l'Occident et mes lectures ne m'en ont pas donné le démenti. Je n'ai rencontré qu'un seul couple heureux, celui d'Eve Chardon et David Séchard, dans Illusions perdues.
Certes, mais il me semble qu'il y a une subtile différence entre amour impossible et amour malheureux.

Mais dans les deux cas, les exemples ne manquent vraiment pas.

Amour impossible car incestueux entre René et Amélie (Chateaubriand, René).
Le théâtre classique en est rempli également (Titus et Bérénice ; Rodrigue et Chimène…)

Quelques exemples au cinéma : Sur la route de Madison ; Breaking the Waves ; In the Mood for Love ; etc.
Cyrano et Roxane.
Korax a écrit :Certes, mais il me semble qu'il y a une subtile différence entre amour impossible et amour malheureux.

Mais dans les deux cas, les exemples ne manquent vraiment pas.

Amour impossible car incestueux entre René et Amélie (Chateaubriand, René).
Le théâtre classique en est rempli également (Titus et Bérénice ; Rodrigue et Chimène…)

Quelques exemples au cinéma : Sur la route de Madison ; Breaking the Waves ; In the Mood for Love ; etc.
Merci pour votre réponse 🙂
@floreale : je n'y avais pas pensé, bonne idée 😉
Certes, mais il me semble qu'il y a une subtile différence entre amour impossible et amour malheureux.
Très subtile, la différence : c'est parce qu'il est impossible que l'amour est malheureux. Rougemont démontre que la passion se nourrit de l'obstacle : ôtez l'obstacle, la passion meurt. Cette clé permet de comprendre pourquoi Madame de Clèves repousse Nemours, pourquoi Cyrano garde le silence, pourquoi la Chimène de Corneille n'épouse pas Rodrigue, pourquoi Valmont rompt avec Tourvel : il s'agit de pérenniser la passion par la frustration.
Bien intéressant comme théorie en tout cas. Je pense qu'il s'y joue aussi de l'ordre de la morale (Nemours est l'amant illégitime de Mlle de Clèves alors qu'elle a un époux ; Chimène ne peut épouser l'assassin de son père ; Valmont est libertin et a voulu se jouer de Mme de Tourvel ; etc.) L'amour n'est pas possible parce qu'il est immoral, l'obstacle n'est pas seulement un ressort narratif ou un moyen de pérenniser la passion.

En revanche, petit détail qui a attiré ma curiosité :

Le Cid s'achève sans que l'amour entre Chimène et Rodrigue ne soit annoncé impossible. Il est simplement reporté à un délai d'une année, pendant laquelle Rodrigue va affronter les Mores et Chimène est supposée l'attendre. On ne sait pas ce qu'il advient réellement, mais l'hypothèse est ouverte. Ou alors ai-je mal interprété le finale de la pièce ?
Je pense qu'il s'y joue aussi de l'ordre de la morale (Nemours est l'amant illégitime de Mlle de Clèves alors qu'elle a un époux ; Chimène ne peut épouser l'assassin de son père ; Valmont est libertin et a voulu se jouer de Mme de Tourvel ; etc.) L'amour n'est pas possible parce qu'il est immoral, l'obstacle n'est pas seulement un ressort narratif ou un moyen de pérenniser la passion.
Vous confondez deux plans, l'univers des personnes et l'univers du créateur.
L'amour doit être impossible pour que la narration fonctionne, c'est un préalable indispensable.
Ensuite vient l'effet de réel : il faut trouver un obstacle plausible et acceptable par le lecteur. Le sens de l'honneur, le respect de la morale sont très efficaces. Si seule jouait la morale, la Princesse de Clèves se remarierait avec Nemours, mais alors, il n'y aurait plus d'obstacle, donc plus de passion. Elle ne lève pas l'obstacle pour garder la passion.
Bonjour,

Pour quelle raison La Princesse de Clèves renonce-t-elle à M. de Nemours même lorsque la morale le lui permettrait après le décès de son mari ?

Nous commettons souvent une erreur d'appréciation en croyant que c'est pour garder intacte la force de sa passion. C'est une conception issue du romantisme tout à fait étrangère au Grand Siècle. Pour les romantiques la passion est positive : seule, elle donne du prix à la vie par les bonheurs tourmentés qu'elle procure. L'amour conjugal en revanche est fade dans ses habitudes et se transforme vite en une prison.

Au Grand Siècle, le mariage est affaire de raison, non de sentiments. De plus les élites sont nourries d'une spiritualité chrétienne, inspirée des Pères du désert, selon laquelle les passions sont les ennemies mortelles de la paix de l'âme. La Princesse refuse M. de Nemours plus que pour une possible condamnation morale et sociale de l'adultère. Pour elle, répondre à sa passion pour M. de Nemours serait perdre le contrôle de son existence et mettre en danger sa destinée surnaturelle. Succomber à la passion même moralement permise, ce serait ouvrir les portes infernales.
Le résultat, c'est que le roman s'inscrit dans le courant occidental de l'amour réciproque malheureux.

Je me permets d'emprunter les mots de Jean Tardieu pour rappeler une bonne vérité au sujet de la Princesse de Clèves :
a pense rin
a dit rin
a fait rin
a xiste pas


Votre brillante analyse psychologique, Jean-Luc, éclaire l'entrée de Louise de La Fayette à la Visitation mais oublie que les personnages de fiction ne relèvent pas de la psychologie, mais de la narratologie. Dans le domaine de la fiction occidentale, l'amour doit toujours être malheureux, même si l'on peut rencontrer des exceptions (si rares que je n'en ai pas en tête…). Madame de Clèves repousse Nemours car nous sommes dans un roman occidental et que Marie-Madeleine Pioche de la Vergne n'est pas Barbara Cartland.
Pour répondre à la question initiale : Marthe et Pierre dans Le pain de ménage de Jules Renard.

Après l'avoir lue il y a quelques semaines, je viens de voir la pièce en DVD, interprétée par Jacques Toja et Claude Winter pour La Comédie Française. Le texte est excellent et l'interprétation au-delà de l'excellence !
Delia a écrit :Votre brillante analyse psychologique, Jean-Luc, oublie que les personnages de fiction ne relèvent pas de la psychologie, mais de la narratologie.
Ceci dit, mon édition de La Princesse de Clèves n'hésite pas à le vanter comme étant "le premier roman psychologique moderne" !
Ceci dit, mon édition de La Princesse de Clèves n'hésite pas à le vanter comme étant "le premier roman psychologique moderne" !
Certes, Madame de La Fayette s'est attachée à décrire les méandres de la psychologie amoureuse, mais ses personnages sont imaginaires, de pures créations de son esprit. Si madame de Clèves rompt avec Nemours, c'est parce que l'auteur voulait écrire une belle scène de rupture. Ces personnages qui n'existent pas n'ont d'autre motivation pour agir que l volonté de leur auteur !
Bien entendu, ça va plutôt de soi ; mais "l'effet de réel" de l'obstacle narratif dont vous parliez plus haut n'est-il pas tout aussi intéressant à considérer ? Il me semble qu'il met en lumière les conceptions d'un individu ou d'une société sur un tas de choses.