Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves - Il parut alors une beauté à la cour…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l'avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée.
Cette héritière était alors un des grands partis qu'il y eût en France ; et quoiqu'elle fût dans une extrême jeunesse, l'on avait déjà proposé plusieurs mariages. Madame de Chartres, qui était extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille ; la voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour. Lorsqu'elle arriva, le vidame alla au-devant d'elle ; il fut surpris de la grande beauté de mademoiselle de Chartres, et il en fut surpris avec raison. La blancheur de son teint et ses cheveux blonds lui donnaient un éclat que l'on n'a jamais vu qu'à elle ; tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient pleins de grâce et de charmes.
Bonjour, j'ai réalisé un plan de commentaire sur ce texte, pourriez-vous me donner un avis ?

I/ Portrait idéalisé de la jeune femme
1) Physique parfait
- "Il parut alors" -> tournure digne d'un comte de fée
- Métonymie "une beauté"
- Adjectif hyperbolique "parfaite"
- Champ lexical beauté
- Hyperbole "extrême jeunesse"
- Intervention subjective de la narratrice "il en fut surpris avec raison"
- Hyperbole "éclat que l'on a jamais vu qu'à elle"
2) Naissance prestigieuse
- Hyperbole "une des plus grandes héritières de France"
- Champ lexical héritage (maison;héritière;naissance;héritière)
3) Beauté morale exemplaire
- Champ lexical qualités morales (vertu;esprit;honnête)

II/ Une éducation singulière
1) Une mère remarquable
- hyperbole "extraordinaire"
- substantifs laudatifs formant un mouvement ternaire
- hyperbole "extrêmement glorieuse"
2) Éducation conforme jansénisme (= valeurs morales strictes ; l'auteur est janséniste)
- Antithèse agréable/dangereux
- Antithèse malheurs domestiques/éclat et élévation
- Répétition du mot vertu au cœur de l'idéologie janséniste
- Importance du mariage
- Présent de vérité général "qui est d'aimer son mari"…
3) Une rude préparation à la Cour
- Champ lexical éducation (éducation;travailla;cultiver;donner;montrait;apprenait;contait)
- Rudesse soulignée par le verbe travailler
- Long : "elle avait passé plusieurs années"

III/ Madame de La Fayette porte un regard critique sur le monde
1) Critique la cour
- Pronom personnel indéfini "on" + adjectif indéfini "tout le monde" > mystérieuse
- Champ lexical vue > superficielle
2) Critique les hommes
- Champ lexical de l'adultère (tromperie;infidélité;malheurs domestiques;engagements)

Quelqu'un pourrait-il m'aider à détailler mon 3è axe ? Merci
Mh..As-tu pensé à cette phrase :
La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée […]
?

Comment l'analyses-tu?
Pour ton troisième axe, travaille peut-être la superficialité de la Cour qui semble être dénoncée, où le femmes ne se préoccupent que d'être belles ou de paraître spirituelles, mais sans réelle intelligence, caractère ou moralité?
un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes
elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté
Nari a écrit :Mh..As-tu pensé à cette phrase :
La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée […]
?

Comment l'analyses-tu?
Je l'ai interprété comme confirmant ma partie "une mère remarquable" dans le sens qu'elle se distingue des autres et je pourrais peut-être souligner le présent de vérité général avec lequel la narratrice donne son avis

Pyrame : C'est exactement ce que j'avais en tête, mais je ne trouve pas beaucoup de procédés, seulement des phrases qui confirment mon axe 😞
elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée.
Il faudrait souligner le caractère programmatique de ce paragraphe, prolepse de l'intrigue du roman.
Le plan frôle dangereusement la paraphrase et y tombe parfois… Il faut mettre en évidence les caractéristiques de l'incipit.
Merci Delia, je n'ai par contre pas compris en quoi mon plan fait de la paraphrase??
Votre plan répète le texte sans l'éclairer :
I/ Portrait idéalisé de la jeune femme
1) Physique parfait

2) Naissance prestigieuse

3) Beauté morale exemplaire


II/ Une éducation singulière
1) Une mère remarquable

2) Éducation conforme jansénisme (= valeurs morales strictes ; l'auteur est janséniste)

3) Une rude préparation à la Cour
- Champ lexical éducation (éducation;travailla;cultiver;donner;montrait;apprenait;contait)
- Rudesse soulignée par le verbe travailler
- Long : "elle avait passé plusieurs années"
Seule la troisième partie évite la répétition.
Je suis donc censé dire quels effets sont produits par l'idéalisation de la jeune femme et la mise en valeur de la singularité de l'éducation dont elle a fait l'objet ?

Car je n'en ai aucune idée
Je suis donc censé dire quels effets sont produits par l'idéalisation de la jeune femme
Vous êtes censé dire quels sont les effets produits par les procédés d'écriture de l'auteur. L'idéalisation est un de ces effets.
la mise en valeur de la singularité de l'éducation dont elle a fait l'objet
Par quels procédés cette mise en valeur se fait-elle ?


Demandez-vous aussi quelle est la fonction narrative du passage. Autrement dit :
dans quelle intention l'auteur a-t-il composé cette page ?
dans quelle intention votre professeur vous le fait-il étudier ?
Par quels procédés cette mise en valeur se fait-elle ?
Par l'hyperbole "extraordinaire" et les substantifs laudatifs qui mettent en valeur la mère, la présence du jansénisme dans l'éducation (ce qui n'est pas toujours le cas, les jansénistes étant minoritaires) soulignée par les antithèses agréable/dangereux et la répartition du mot vertu etc, et cette mise en valeur se fait aussi par l'évocation de la rudesse de la préparation (avec le verbe travailler, le champ lexical de l'éducation etc…)

Je ne comprends donc pas vraiment en quoi mon plan fait de la paraphrase : chaque axe constituant un effet produit par les procédés d'écriture : l'idéalisation de la jeune femme est un effet produit par les procédés littéraires qui nous indiquent sa beauté physique (métonymie "une beauté"), sa beauté morale (champ lexical qualités morales") et sa naissance (hyperbole "une des plus grandes héritières")
dans quelle intention l'auteur a-t-il composé cette page ?
C'est un incipit donc pour introduire son/ses personnages (l'idée d'évoquer l'incipit me vient de vous donc merci)
dans quelle intention votre professeur vous le fait-il étudier ?
(je n'ai pas la réponse à cette question)
la présence du jansénisme dans l'éducation
Pourquoi spécifiquement du jansénisme ? La vertu est la chose au monde la mieux partagée et ce n'est pas la crainte du péché mais le goût de la paix intérieure que Madame de Chartres veut inculquer à sa fille. C'est également la morale du roman.
dans quelle intention votre professeur vous le fait-il étudier ?
(je n'ai pas la réponse à cette question)
Cherchez-la, cette réponse. Le devoir s'inscrit dans une séquence, cette séquence illustre un objet d'étude que le devoir va mettre en valeur.
Pourquoi spécifiquement du jansénisme ?
La professeure de français a passé une dizaine d'heures pour nous faire comprendre que le jansénisme était omniprésent dans le texte, je me suis donc reposé sur ce qu'elle nous a affirmé..
Cherchez-la, cette réponse. Le devoir s'inscrit dans une séquence, cette séquence illustre un objet d'étude que le devoir va mettre en valeur.
Le problème étant que le texte s'inscrit dans le l'objet d'étude "La mort de l'héroïne dans le roman" accompagné d'un texte de la mort de la Princesse de Montpensier, de la mort d'Esméralda dans Notre-Dame de Paris et de la mort de Milady dans Les Trois Mousquetaires. Or, dans cet extrait, l'héroïne ne meurt pas.
Je n'ai donc pas cette réponse par fainéantise mais simplement car je pense très fortement qu'il n'y en a pas.
Et je précise que c'est n'est pas un devoir, simplement une tentative personnelle de se préparer au mieux pour le bac.

Je sais qu'il est très convenu pour un élève de première ignorant de critiquer sa professeure de français, et je n'insulte d'ailleurs pas ses connaissances littéraires bien supérieures aux miennes (évidemment), mais je doute qu'elle soit très impliquée dans son cours..
Je n'ai donc pas cette réponse par fainéantise mais simplement car je pense très fortement qu'il n'y en a pas.
Je ne vous la posais pas, cette question, je vous invitais à vous la poser pour donner une orientation à votre travail. Ne faites rien sans savoir pourquoi vous le faites.
Je sais qu'il est très convenu pour un élève de première ignorant de critiquer sa professeure de français.
Pas convenu, mal venu !
Par convenu je voulais dire que c'est très récurrent mais effectivement merci de la correction
Madame de Chartres, qui était extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille ; la voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour.
Voici comment Littré glose glorieuse :
Qui a le sentiment d'une sorte de gloire personnelle.
"Il est aussi honnête d'être glorieux avec soi-même qu'il est ridicule de l'être avec les autres". [La Rochefoucauld, Maximes et Réflexions morales ]

Être glorieux de quelque chose, s'en faire honneur, en tirer vanité.
"Je suis aussi glorieux de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, que si on m'avait érigé mille statues". [Guez de Balzac, Correspondance ]

Qui pousse ce sentiment de gloire jusqu'au défaut.
"Elle avait de l'esprit et du bec, et souverainement glorieuse quoique fort polie". [Saint-simon, ch. 608, t. XXXVIII, p. 183, éd. Delloye.]
Ce n'est pas très janséniste, cela, pas plus que le désir de venir à la cour. L'auteur est janséniste, ses personnages ne le sont pas.
D'accord, donc je remplace le terme de jansénisme par une éducation qui a pour but de rendre la jeune femme vertueuse etc…

Pour en revenir à la paraphrase, pourriez-vous me donner un exemple de titre pour un de mes deux axes qui posent problème? Pour que je me rende compte.
D'accord, donc je remplace le terme de jansénisme par une éducation qui a pour but de rendre la jeune femme vertueuse etc…
La vertu étant le moyen et non le but : permettre à la jeune femme d'être heureuse par une sorte d'ataraxie :
elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance.
Ce n'est pas la vertu pour la vertu et la perfection morale que préconise le christianisme, c'est du pur bling bling, comme on ne disait pas alors.
Pour en revenir à la paraphrase, pourriez-vous me donner un exemple de titre pour un de mes deux axes qui posent problème? Pour que je me rende compte.
Vos axes sont mal choisis, AMHA. Au lieu de répéter le texte soulignez l'emploi constant de l'hyperbole, emploi… hyperbolique. Tout est parfait, trop parfait peut-être. Nous somme dans un univers fantasmatique, bref, nous sommes dans un roman !
Bonsoir !!
J'ai passé beaucoup de temps à remodeler mon plan.. Je pense être arrivé à un meilleur résultat, même s'il me semble que mon deuxième axe relève toujours de la paraphrase… J'ai beaucoup de mal avec ce texte, je ne sais pourquoi.
Voici mon plan :

I/ Un incipit annonçant un univers hyperbolique et fantasmatique
1) Les caractéristiques de l’incipit.
-annonce la suite du texte : registre de langue soutenu
-séduit le lecteur : Cour mystérieuse, formule « il parut alors » intrigante…
-donne des informations sur les personnages, le lieu…
-évènement important : intronisation à la Cour
2) Mlle de Chartres est idéalisée.
-métonymie « une beauté » ligne 1 répétée ligne 2.
-adjectif hyperbolique « parfaite » ligne 3 qualifiant la beauté de la jeune femme.
-champ lexical de la beauté
-vocabulaire subjectif de la narratrice « il en fut surpris avec raison » ligne 37.
-champ lexical des qualités morales (vertu ; esprit ; honnête…)
3) Madame de Chartres semble, elle aussi, parfaite.
-hyperbole « extraordinaire » ligne 8.
-substantifs laudatifs formant un mouvement ternaire dans lequel le mot « vertu » est au centre.
II/ Madame de Chartres programme sa fille à l’ataraxie
1) Une éducation programmatrice
-champ lexical de l’éducation
-passage ligne 9 : énumération
2) Une recherche de la morale
-répétition du mot « vertu » (ligne 8,13,23,26)
-antithèses agréable/dangereux + malheurs domestiques/d’éclat et d’élévation.
en fait ici j'ai voulu d'abord dans le IIe axe parler de la recherche de la vertu et d'expliquer dans le III pourquoi elle est hypocrite
III/ Madame de La Fayette porte un regard critique sur le monde
1) Critique les motivations de la recherche de la vertu
- « quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme » -> on recherche l’honnêteté pour vivre tranquillement et non pour la perfection morale en elle-même
- « combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation » -> combien adverbe d’intensité ; « éclat » > volonté de sa faire remarquer pour sa vertu
2) Critique la Cour
- Pronom personnel indéfini "on" + adjectif indéfini "tout le monde" > mystérieuse/ (lâche ?)
- Champ lexical vue, les femmes ne se préoccupent que d'être belles ou de paraître spirituelles, mais sans réelle intelligence > superficielle
3) Critique les hommes
- Champ lexical de l'adultère (tromperie ; infidélité ; malheurs domestiques ; engagements)



S'il vous plaît n'hésitez pas à critiquer mon travail c'est ce que je recherche !!

Bonne soirée
PS : Je tiens à préciser que je dois aussi travailler sur un extrait de La Princesse de Montpensier, j'ai laissé un message sur le forum en réponse au sujet "Madame de La Fayette, La Princesse de Montpensier - Mlle de Mézière a épousé le prince de Montpensier…" mais personne ne m'a répondu, donc si vous avez le temps…
Bonjour,
Je dois faire un commentaire sur le portrait de Mlle de Chartres avec deux problématiques au choix.

En quoi l'héroine est elle un produit parfait de son éducation ? Ou
Pourquoi ce portrait est si hyperbolique ?

Malheureusement aucune de ces problématiques ne m'inspire réellement. Ainsi j'ai commencé à faire un plan à l'aide des différentes analyses.

1) Un portrait idéalisée
2) Une éducation hors du commun
3) Une vision dépréciative du monde

Mais je commence à douter et ne sait pas si mon plan correspond réellement à l'une des problèmatiques…
Si quelqu'un pouvait m'eclairer et me donner son avis ce serait super.

Merci d'avance.
.Il parut alors une beauté à la cour, qui attira les yeux de tout le monde, et l'on doit croire que c'était une beauté parfaite, puisqu'elle donna de l'admiration dans un lieu où l'on était si accoutumé à voir de belles personnes. Elle était de la même maison que le vidame de Chartres, et une des plus grandes héritières de France. Son père était mort jeune, et l'avait laissée sous la conduite de madame de Chartres, sa femme, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu son mari, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à l'éducation de sa fille ; mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté ; elle songea aussi à lui donner de la vertu et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s'imaginent qu'il suffit de ne parler jamais de galanterie devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Madame de Chartres avait une opinion opposée ; elle faisait souvent à sa fille des peintures de l'amour ; elle lui montrait ce qu'il a d'agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu'elle lui en apprenait de dangereux ; elle lui contait le peu de sincérité des hommes, leurs tromperies et leur infidélité, les malheurs domestiques où plongent les engagements ; et elle lui faisait voir, d'un autre côté, quelle tranquillité suivait la vie d'une honnête femme, et combien la vertu donnait d'éclat et d'élévation à une personne qui avait de la beauté et de la naissance. Mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver cette vertu, que par une extrême défiance de soi-même, et par un grand soin de s'attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d'une femme, qui est d'aimer son mari et d'en être aimée.
Cette héritière était alors un des grands partis qu'il y eût en France ; et quoiqu'elle fût dans une extrême jeunesse, l'on avait déjà proposé plusieurs mariages. Madame de Chartres, qui était extrêmement glorieuse, ne trouvait presque rien digne de sa fille ; la voyant dans sa seizième année, elle voulut la mener à la cour. Lorsqu'elle arriva, le vidame alla au-devant d'elle ; il fut surpris de la grande beauté de mademoiselle de Chartres, et il en fut surpris avec raison. La blancheur de son teint et ses cheveux blonds lui donnaient un éclat que l'on n'a jamais vu qu'à elle ; tous ses traits étaient réguliers, et son visage et sa personne étaient pleins de grâce et de charmes.