Bonsoir,
Dans les interrogatives (indirectes pour ce qui me concerne ici) gouvernées par "utrum… an…", se trouve-t-on limité à un cadre purement "binaire" (deux possibilités en balance), ou bien peut-on étendre "à l'envi" ?
Ex. : "Quaeritur utrum Caesar an Pompeius rempublicam possideat"
"Quaeritur utrum Casesar an Pompeius an Caius an Marcus rempbulicam possideat
Merci !
Non, et d'ailleurs utrum signifie à l'origine : "laquelle des deux choses ?".
C'est bien ce que je pensais, en fait, au vu effectivement de la signification première de utrum.
On s'en sortirait alors avec -ne ? Quaeritur Caesarne an Pompeius an Caius…
Ou pourrait-on écrire également :
Quaeritur quis e Caesare aut Pompeio aut Caio…
On s'en sortirait alors avec -ne ? Quaeritur Caesarne an Pompeius an Caius…
Non, je ne crois pas qu'on puisse doubler an.
Ou pourrait-on écrire également :
Quaeritur quis e Caesare aut Pompeio aut Caio.
Contrairement à laoshi, je pense que oui, ou :
Quaeritur Caesarne (ou num Caesar) aut Asterix aut Idefix…
Quaeritur quis e Caesare aut Pompeio aut Caio…
Ma foi, cela ne m'inspirait pas trop.
Je n'aurais pas écrit cela.
Mais si tu dis que c'est possible…
Personnellement je trouve ta deuxième proposition (avec -ne ou num) bien meilleure.
"Romamne venio, an hic maneo an Arpinum fugiam" lit-on chez Cicéron. Mais il s'agit d'une interrogation disjonctive directe. Est-ce applicable à l'interrogation indirecte? Je ne sais… 😞
Et
Consultabat utrum Romam … ueteranorum proficisceretur an Capuam teneret … an iret ad tres legiones Macedonicas ….
Cicéron, Lettres à Atticus, XVI, 8,
cité dans Ernout-Thomas § 320 ?
Anne345: Mais oui, par Jupiter…!! 🙂
Et cependant, je ne le conseillerais pas dans un thème…
Bonsoir,
Un grand merci pour vous être tous et toutes penchés sur la question.
Je mets une dernière pierre à l'édifice, trouvée simplement dans
la grammaire de Sausy (§ 221 de mon édition, retrouvée ce jour après qq jours de vacances) :
"Dans une interrogation triple, quadruple, etc., "ou" est traduit par "an".
Ex. Cic. Orat. 158 : Ut jam nescias a-ne verum sit anabanabs".
Je conclus donc de l'ensemble que :
1- si on démarre par "utrum", il est préférable, en thème académique, de se limiter à un seul "an", car si la répétition est "classiquement" attestée, elle semble cependant peu fréquente dans les écrits ;
2- si on démarre par "-ne"… "an" peut être répétitif. Plusieurs exemples "classiques" attestés… dont un dans le De Oratore 😉
Très naïvement, je me mets à la place de l'orateur déclamant :
Il démarre une interrogation par "utrum" qu'il sait devoir faire suivre par "an"… mais une
autre alternative lui vient en tête, qu'il lui faut rajouter dans le discours oral… il lui faut alors
assurer la continuité du discours. Aussi, continue-t-il sur la même lancée en reprenant un "an",
plutôt que d'introduire un "aut" qui viendrait rompre la répétitivité et la mise en balance
des alternatives qui doivent rester de même poids. A moins que, depuis le début, n'ait été
employé "aut" plutôt que "an" pour lier les alternatives énoncées.
Bien à vous,
Olivier