J'ai le passage suivant à traduire.
Sire, pour quoy m'avez trahie ?
je non ay voir, la moie amie.
-Meffis vous je onques de rien ?
-Moy n'avez vous fait el que bien.
-Destrui je Troie ? -Non, mais Grieus.
-Ffu ce par moy ? - Mais par les diex.
-Ay je vous vostre pere occis ?
-Nennil, dame, jel vous pluvis.
-Sire, por quoy me fuiez dont?
-Ce n'est pas moy. - Et par qui dont ?
-C'est par les diex qui m'ont mandé,
qui ont sorti et destinë
qu'en Lombardie doi aller :
Illuec doy Troye restorer.
Ainsi l'ont dit et ordonné, car ce fust ma volenté,
Qu'il n'i eüst ordonnement
autre que le mien seulement; que par moy fust, ce m'est avis
n'allaisse oan de cest paÿs
Voici le début de mes recherches.
Monseigneur, pourquoi m'avez-vous trahie ?
…………………………………………………………..
-Ai-je mal agi envers vous ?
- Vous ne m'avez pas fait que du bien .
-Ai-je détruit Troie ? - Non mais la Grèce.
-Fut ce à cause de moi? - Non à cause des Dieux.
Non point dame …
………………………………………
-Seigneur, pourquoi me fuyez-vous donc ?
-Ce n'est pas à cause de moi.- A cause de qui alors ?
- C'est à cause des Dieux qui m'ont ordonné …………
que je dois aller en Lombardie car c'est en ce lieu que je dois reconstruire Troie.Ainsi l' ont-ils dit et ordonné que tel fût mon destin , qu'il n'y eût d'autre ordre que le mien
J'ai beaucoup d'incertitudes et de manque. Pouvez-vous me dire si je suis sur le bon chemin et s'il n'y a pas de non sens. Je vous remercie par avance de l'aide que vous pourrez m'apporter.
Sire, pour quoy m'avez trahie ?
Monseigneur, pourquoi m'avez-vous trahie ?
« Monseigneur » est anachronique, et ne convient pas à Énéas.
je non ay voir, la moie amie.
…………………………………..
Il manque un trait de réplique, car c’est Énéas qui répond.
Il faut comprendre : « Je non (vos) ay (trahie) » ; voir signifie « en vérité »
Essayez de traduire.
-Meffis vous je onques de rien ?
-Ai-je mal agi envers vous ?
C’est le sens, mais il manque onques et de rien (et attention, ces deux mots ont un sens positif vu qu’il n’y a pas de négation). Prenez le sens de « faire du tort à » pour mesfaire.
-Moy n'avez vous fait el que bien.
- Vous ne m'avez pas fait que du bien.
Contresens ! el = « autre chose » ; essayez de rétablir le sens. Et tenez bien compte de la psychologie des personnages dans ce dialogue. Je suppose que vous en connaissez le contexte ?
-Destrui je Troie ? -Non, mais Grieus.
-Ai-je détruit Troie ? - Non mais la Grèce.
B. pour la première réplique ; mais ensuite, on pourrait croire que vous faites de Grieus, « les Grecs », un COD de destrui. Précisez le sens.
-Fu ce par moy ? - Mais par les diex.
-Fut ce à cause de moi? - Non à cause des Dieux.
B. « dieux » sans majuscule.
-Ay je vous vostre pere occis ?
?
Non traduit : ce n’est pas difficile ; vo(u)s est explétif.
-Nennil, dame, jel vous plevis.
Non point dame …
Cherchez le sens du verbe plevir dans le dictionnaire.
-Sire, por quoy me fuiez dont?
-Seigneur, pourquoi me fuyez-vous donc ?
B.
-Ce n'est par moy. - Et par qui dont ?
- Ce n'est pas à cause de moi.- A cause de qui alors ?
B.
-C'est par les diex qui m'ont mandé,
- C'est à cause des Dieux qui m'ont ordonné
B, mais si vous prenez le sens de « faire savoir », vous raccrocherez mieux la proposition conjonctive « que je dois… »
qui ont sorti et destinë
sortir, c’est « fixer par le sort » et destiner : « décider par avance, fixer ». Traduisez.
qu'en Lombardie doi aller :
que je dois aller en Lombardie
B.
Illuec doy Troye restorer.
car c'est en ce lieu que je dois reconstruire Troie
B., mais vous n’êtes pas obligé d’écrire « car ».
Ainsi l'ont dit et ordonné,
Ainsi l' ont-ils dit et ordonné
B.
car se ce fust ma volenté,
que tel fût mon destin
Vous avez oublié le mot se, « si » et vous faites un contresens sur volenté ; Énéas oppose justement la volonté au destin (assez pitoyablement du reste).
Qu'il n'i eüst ordonnement
autre que le mien seulement;
qu'il n'y eût d'autre ordre que le mien ;
C’est le sens, mais le second vers est traduit un peu rapidement. Respectez le plus possible la proportion des vers.
que par moy fust, ce m'est avis
?
« s’il n’en eût tenu qu’à moi » Traduisez la suite.
n'allaisse oan de cest paÿs
?
oan = « à présent » ; le reste est facile. C’est ici la proposition principale.
Merci beaucoup pour vos conseils et vos précisions qui vont beaucoup m'aider à peaufiner cette traduction. De plus vos conseils m'aideront pour une prochaine traduction.
Je me permets de vous renvoyer ma traduction retravaillée. j'ai encore quelques doutes sur l'exactitude de certaines phrases. Et je n'arrive pas à traduire la phrase Ay je vous vostre père occis. Ay j'ai trouvé aider au subjonctif présent, occis passé simple.de tuer mais je ne comprends pas le sens.
-Seigneur, pourquoi m’avez-vous trahie ?
-Je ne vous ai pas trahie en vérité, mon amie.
A quel moment vous ai-je fait du tort ?
-Au contraire vous ne m’avez fait que du bien.
- Ai-je détruit Troie ?
-Non ce sont les grecs.
-Fut ce à cause de moi ?
- Non à cause des dieux.
- Ay je vous vostre père occis ?
-Non point dame, je vous le promets.
-Seigneur, pourquoi me fuyez-vous donc ?
-Ce n’est pas à cause de moi.
-A cause de qui alors ?
-C’est à cause des dieux qui m’ont fait savoir et qui ont décidé par avance de mon sort, que je dois aller en Lombardie. : C’est en ce lieu que je dois reconstruire Troie. Ainsi l’ont-ils dit et ordonné. Car si cela fût ma volonté et qu’il n’y eût d’autre ordre que le mien seulement ; s’il n’en eût tenu qu’à moi à présent que je n’allasse dans ce pays.
merci de votre réponse
Je vous répondrai demain.
En attendant, faites attention à ne pas chercher trop loin, et à ne pas vous plonger dans une grammaire ou un dictionnaire avant de faire quoi que ce soit d'autre.
Ay je vous vostre père occis = "Vous ai-je tué votre père ?", tout simplement !
De plus, pour les formes verbales, les variantes dialectales et orthographiques peuvent être si nombreuses que les dictionnaires et les grammaires ne peuvent jamais toutes les prendre en compte.
-Seigneur, pourquoi m’avez-vous trahie ?
B.
-Je ne vous ai pas trahie en vérité, mon amie.
Vous pouvez éviter la répétition du verbe "trahir" utilisant le verbe "faire".
A quel moment vous ai-je fait du tort ?
Non : onques = "jamais" (dans son sens positif, comme dans la phrase : "Avez-vous jamais vu…"), et il manque de rien qui lui aussi a un sens positif ("quelque chose", cf latin res).
-Au contraire vous ne m’avez fait que du bien.
Pourquoi "au contraire" ?
- Ai-je détruit Troie ?
-Non ce sont les grecs.
B., mais respectez la proportion des vers dans une traduction écrite.
-Fut ce à cause de moi ?
- Non à cause des dieux.
B.
- Ay je vous vostre père occis ?
Voir plus haut.
-Non point dame, je vous le promets.
Mauvais choix avec "promettre" : "je vous l'assure", "je vous le garantis".
-Seigneur, pourquoi me fuyez-vous donc ?
B.
-Ce n’est pas à cause de moi.
Oui, ou : "ce n'est pas de mon fait".
-A cause de qui alors ?
B. Vous pouvez ajouter "C'est" en tête de phrase.
-C’est à cause des dieux qui m’ont fait savoir
Veuillez regarder dans le texte original si vous avez bien « qui ».
et qui ont décidé par avance de mon sort, que je dois aller en Lombardie.
Construction incorrecte : à quoi raccrocher « que… » ?
C’est en ce lieu que je dois reconstruire Troie.
B.
Ainsi l’ont-ils dit et ordonné.
B.
Car si cela fût ma volonté
« eût été » : le subjonctif imparfait marque ici l'irréel du passé (imposé par le sens).
et qu’il n’y eût d’autre ordre que le mien seulement ;
Même remarque.
s’il n’en eût tenu qu’à moi
B.
à présent que je n’allasse dans ce pays.
Non : Mot à mot : « Je n'irais pas à présent hors de ce pays » Et vous avez oublié « ce m'est avis ».
Élaborez la traduction à partir de mon mot à mot.
Bon, c'est nettement mieux à présent.
Bonsoir,
Merci beaucoup pour votre aide et vos conseils.
Oui, mais la phrase en rouge était une question à laquelle j'aimerais avoir votre réponse, parce qu'il y a des variantes dans les manuscrits, et que la traduction du verbe mander dépend de sa construction.
bonjour,
La phrase est la suivante : C'est pas les diex qui m'ont mandé, qui ont sorti et destiné qu'en Lombardie doi aller;
J'ai une petite question ( encore !) par rapport à la traduction de :
car se fust ma volenté, qu'il n'i eust ordonemment.
Vous dîtes que c'est du subjonctif imparfait. Je suis d'accord avec vous mais dans votre traduction vous mettez : eût été. C'est ici un subjonctif plus que parfait ?
Bonjour,
j'ai compris pourquoi on traduisait en employant un subjonctif plus que parfait. En effet c'est un fait non réalisé dans le passé .