Abrida s'exerce peut-être pour l'écrit.
Ah non je viens de relire et c'est bien pour l'oral. Dans ce cas essaie d'élaborer d'autres plans en partant d'autres problématiques pour t’entraîner. Il est très peu probable que la question donnée porte sur la distinction entre réalisme et naturalisme.
Ok! Mais est-ce que mes précédentes propositions sont acceptables ? Surtout ma problématique ?
C'est important que je le sache , je suis au stade de construire le plan .
Je ne trouve pas qu'il soit pertinent d'opposer réalisme et naturalisme.
floreale a écrit :Dans l'optique de l'oral du bac de français, auquel j'aimerais me préparer le plus possible, je m'adonne à l'élaboration d'un plan de commentaire.
Juste une remarque. Le jour de l'oral, l'examinateur te posera une question et c'est à cette question que tu devras répondre et si tu veux restituer le contenu de ta fiche, tu risques de manquer de disponibilité.
J'en suis bien conscient, l'objectif est de faire un commentaire générique pour pouvoir le "tordre" de manière à répondre à la problématique imposée
Et personnellement je ne suis pas forcément pour opposer réalisme et naturalisme, mais simplement distinguer le réalisme de la description du côté "fantastique" qu'elle contient (immeuble animé etc)
Bonjour
Je suis d'accord avec Ammy.
Si on retourne au début des échanges : on montre que (je ne mets que les grandes lignes ) Un plan plus détaillé est évoqué au début de l'échange.
1. L'approche réaliste de la scène
2. L'approche réaliste et naturaliste de la scène
Zola veut démontrer qu'il est difficile (voire impossible ) d'échapper à sa condition . (attention il n'y a pas un déterminisme entre les éléments de la scène et les hommes , cela ne veut rien dire) Les éléments de la scène , la misère des lieux , la saleté sont très présents et "annoncent" que la vie des gens qui y habitent ne changera pas : leur vie est déterminée d'avance, ils n'ont pas la possibilité de changer de condition de vie.
1.J'avais ensuite proposer que l'on s'interroge sur l'approche réaliste de Zola: a-t-on vraiment l'impression que la "réalité seule" est rendue par les descriptions et Est-ce possible? cf ce que j'en ai dit plus haut.
2.Les éléments qui portent le fantastique vont dans le sens d'une subjectivité accrue de la scène et mettent à mal le côté réaliste ou naturaliste (qui est une science)
ET LA hier je vois que deux élèves disent que le fantastique "sert" la cause du naturalisme en insistant sur le fait la vie des personnages est déterminée d 'avance .( ex: La maison qui est décrite comme une personne géante qui est "vivante" face dans la scène à Gervaise qui contemple la maison, muette et surprise, un peu comme écrasée par l'ensemble)
J 'ai été très surprise par cette théorie et je suis allée voir sur plusieurs sites . Il ressort dans certaines analyses(d'autres sites ne l'évoquent pas) que l'intention de Zola en introduisant des éléments fantastiques étaient bien d'accentuer le déterminisme : les lieux de vie sont sales, miséreux et cette maison qui domine Gervaise lui donne encore moins de "chances" (si toutefois elle en avait) de sortir de sa condition . MAIS il est ensuite dit qu'en ajoutant du fantastique , Zola s'éloigne sans doute du réalisme de la scène et met à mal sa volonté de souligner le naturalisme (qui est une théorie qui se veut scientifique)
Apparemment certains profs disent aux élèves que le fantastique apporte de l'eau au moulin du naturalisme.
Les sites disent que cet ajout du fantastique dessert le naturalisme . C'est un point de vue qui me paraît plus logique
J'ai été frappée de voir que même si réalisme et naturalisme sont dans les romans de Zola, certains élèves raccourcissent en disant que c'est un écrivain naturaliste (et hop le réalisme passe à la trappe) ils ne comprennent pas bien ce que veut dire "déterminisme" Expliquer une focalisation interne et son intérêt ….
Donc même si ces sujets paraissent "évidents ", il faut s'attacher à bien les connaître pour les expliquer.
Pour répondre à la question de l'eau rose : c'est un détail qui surprend car l'ensemble de la scène est sombre et on est donc intrigués . Zola montre plus loin que cette eau provient d'une teinturerie (il y a d'autre métiers qui sont évoqués dans cette scène . A chaque fois on voit ou on entend les métiers mais on ne voit pas les ouvriers .) L'ouvrier s'efface derrière son métier.
Le fait qu'il y ait beaucoup de détails sert la cause du réalisme.
Ah oui et attention il n'y a pas que Zola qui se soit attaché à être un écrivain naturaliste :Mais les autres (comme Maupassant) n'ont pas toujours écrit ainsi alors que Zola est resté très attaché à cette notion . 🙂
🙂
Bonjour fidji45 et merci pour votre aide.
Effectivement le "problème" de la littérature (et probablement aussi ce qui en fait sa beauté) c'est bien l'ambivalence des interprétations… Ce qui nous met (élève) parfois dans des situations compliquées (ma prof de cette année contredit en tout point ma prof de l'année dernière, tandis que toutes deux sont souvent en désaccord avec les sites internet qui eux-mêmes divergent des manuels dont nous disposons…).
On m'a appris que le naturalisme est une "sorte" de réalisme auquel on a ajouté les éléments de déterminisme et d'hérédité. C'est surement pour cela que je (comme un bon nombre d'élèves) n'indique seulement que Zola est un écrivain naturaliste.. Car dans la définition que nous avons du naturalisme figure déjà le réalisme.
Selon vous, le réalisme et le naturalisme sont deux mouvements littéraires distincts -le naturalisme étant une science- si j'ai bien compris?
L'ensemble est sinistre COUP de jour Blafard (2ème ligne), les éléments sont à l'abandon (rouille) mais Gervaise n'est pas effrayée mais curieuse . Cela nous indique peut-être que cette misère lui est familière ou qu'elle est une personne peu sensible (endurcie?)
Tel sont les ravages du découpage des extraits. Plus loin, Zola écrit :
La maison ne lui semblait pas laide.
Gervaise s'y installe en pensée, choisissant sa fenêtre.
Le passage est programmatique : Gervaise vivra et mourra dans cette maison.
L'eau est lié au métier de Gervaise qui est blanchisseuse
Le cœur de métier de Gervaise, c'est le repassage. Elle ne lave pas le linge des clients, elle ne se met pas les mains dans l'eau… ni dans la crasse.
Si on veut lier un élément à Gervaise, c'est le feu, le feu qu'elle doit maitriser pour chauffer ses fers ni trop ni trop peu.
Bonjour 🙂
Oui je comprends parfaitement qu'il n'est pas aisé de s'y retrouver , entre ce que disent les profs , les livres…
Ce site est très bien fait : allez dans les sujets classés et mouvements littéraires: vous y trouverez le réalisme et le naturalisme qui y sont expliqués.
🙂
Excusez moi! J'ai refait cette manipulation , ce n'est pas cela . Mille excuses: il faut cliquer sur "retour au site" puis apparaît Littératures et vous faites défiler jusqu'à "histoire littéraire" et vous cherchez "naturalisme"
Bonne lecture 🙂
Jetons un regard au
Roman expérimental, où Zola expose ses principes :
Eh bien! ce rêve du physiologiste et du médecin expérimentateur est aussi celui du romancier qui applique à l'étude naturelle et sociale de l'homme la méthode expérimentale. Notre but est le leur; nous voulons, nous aussi, être les maîtres des phénomènes des éléments intellectuels et personnels, pour pouvoir les diriger. Nous sommes, en un mot, des moralistes expérimentateurs, montrant par l'expérience de quelle façon se comporte une passion dans un milieu social.
Je résume notre rôle de moralistes expérimentateurs. Nous montrons le mécanisme de l'utile et du nuisible, nous dégageons le déterminisme des phénomènes humains et sociaux, pour qu'on puisse un jour dominer et diriger ces phénomènes. En un mot, nous travaillons avec tout le siècle à la grande œuvre qui est la conquête de la nature, la puissance de l'homme décuplée. Et voyez à côté de la nôtre, la besogne des écrivains idéalistes, qui s'appuient sur l'irrationnel et le surnaturel, et dont chaque élan est suivi d'une chute profonde dans le chaos métaphysique. C'est nous qui avons la force, c'est nous qui avons la morale.
Notre querelle est là, avec les écrivains idéalistes. Ils partent toujours d'une source irrationnelle quelconque, telle qu'une révélation, une tradition ou une autorité conventionnelle. Comme Claude Bernard le déclare: «Il ne faut admettre rien d'occulte; il n'y a que des phénomènes et des conditions de phénomènes.» Nous, écrivains naturalistes, nous soumettons chaque fait à l'observation et à l'expérience; tandis que les écrivains idéalistes admettent des influences mystérieuses échappant à l'analyse, et restent dès lors dans l'inconnu, en dehors des lois de la nature.
C'est pourquoi j'ai dit tant de fois que le naturalisme n'était pas une école, que par exemple il ne s'incarnait pas dans le génie d'un homme ni dans le coup de folie d'un groupe, comme le romantisme, qu'il consistait simplement dans l'application de la méthode expérimentale à l'étude de la nature et de l'homme. Dès lors, il n'y a plus qu'une vaste évolution, qu'une marche en avant où tout le monde est ouvrier, selon son génie
Le romancier expérimentateur est donc celui qui accepte les faits prouvés, qui montre dans l'homme et dans la société le mécanisme des phénomènes dont la science est maîtresse, et qui ne fait intervenir son sentiment personnel que dans les phénomènes dont le déterminisme n'est point encore fixé, en tâchant de contrôler le plus qu'il le pourra ce sentiment personnel, cette idée à priori, par l'observation et par l'expérience.
J'ai cueilli les extraits les plus significatifs à mes yeux mais bien entendu, il faut tout lire car tout découpage est une trahison.
Retenons le principal : pour Zola le naturalisme n'est pas une école littéraire, c'est l'application d'une méthode. Zola se rattache à l'école réaliste et pousse des pointes vers le symbolisme. Ainsi les eaux du teinturier : roses quand Gervaie découvre avec émerveillement la maison, bleues le soir de la première rencontre avec sa belle-sœur, noires le soir de sa dernière rencontre avec Goujet.
Merci beaucoup Delia, très intéressants ces extraits!
Gervaise regardait surtout la porte, une immense porte ronde, s’élevant jusqu’au deuxième étage, creusant un porche profond, à l’autre bout duquel on voyait le coup de jour blafard d’une grande cour. Au milieu de ce porche, pavé comme la rue, un ruisseau coulait, roulant une eau rose très tendre.
– Entrez donc, dit Coupeau, on ne vous mangera pas.
Gervaise voulut l’attendre dans la rue. Cependant, elle ne put s’empêcher de s’enfoncer sous le porche, jusqu’à la loge du concierge, qui était à droite. Et là, au seuil, elle leva de nouveau les yeux. À l’intérieur, les façades avaient six étages, quatre façades régulières enfermant le vaste carré de la cour. C’étaient des murailles grises, mangées d’une lèpre jaune, rayées de bavures par l’égouttement des toits, qui montaient toutes plates du pavé aux ardoises, sans une moulure ; seuls les tuyaux de descente se coudaient aux étages, où les caisses béantes des plombs mettaient la tache de leur fonte rouillée. Les fenêtres sans persienne montraient des vitres nues, d’un vert glauque d’eau trouble. Certaines, ouvertes, laissaient pendre des matelas à carreaux bleus, qui prenaient l’air ; devant d’autres, sur des cordes tendues, des linges séchaient, toute la lessive d’un ménage, les chemises de l’homme, les camisoles de la femme, les culottes des gamins ; il y en avait une, au troisième, où s’étalait une couche d’enfant, emplâtrée d’ordure. Du haut en bas, les logements trop petits crevaient au-dehors, lâchaient des bouts de leur misère par toutes les fentes. En bas, desservant chaque façade, une porte haute et étroite, sans boiserie, taillée dans le nu du plâtre, creusait un vestibule lézardé, au fond duquel tournaient les marches boueuses d’un escalier à rampe de fer ; et l’on comptait ainsi quatre escaliers, indiqués par les quatre premières lettres de l’alphabet, peintes sur le mur. Les rez-de chaussée étaient aménagés en immenses ateliers, fermés par des vitrages noirs de poussière : la forge d’un serrurier y flambait ; on entendait plus loin les coups de rabot d’un menuisier ; tandis que, près de la loge, un laboratoire de teinturier lâchait à gros bouillons ce ruisseau d’un rose tendre coulant sous le porche. Salie de flaques d’eau teintée, de copeaux, d’escarbilles de charbon, plantée d’herbe sur ses bords, entre ses pavés disjoints, la cour s’éclairait d’une clarté crue, comme coupée en deux par la ligne où le soleil s’arrêtait. Du côté de l’ombre, autour de la fontaine dont le robinet entretenait là une continuelle humidité, trois petites poules piquaient le sol, cherchaient des vers de terre, les pattes crottées. Et Gervaise lentement promenait son regard, l’abaissait du sixième étage au pavé, remontait, surprise de cette énormité, se sentant au milieu d’un organe vivant, au cœur même d’une ville, intéressée par la maison,
comme si elle avait eu devant elle une personne géante
Si j'étais l'examinatrice, je demanderais :
Qui voit ?
Et il faudra se demander si c'est Gervaise ou Zola et parler de focalisation, de description objective ou subjective …
Pour répondre à votre question floreale, je dirai que nous voyons l'immeuble à travers le prisme de vision de Gervaise ; il s'agit donc d'une focalisation interne. Ai-je raison ?
En ce qui concerne la description, je pense qu'elle est en partie subjective, le côté fantastique exagérant l'immensité anxiogène du bâtiment.
La focalisation dominante est interne mais il y a de l'externe (Au milieu de ce porche, pavé comme la rue, un ruisseau coulait, roulant une eau rose très tendre.
– Entrez donc, dit Coupeau, on ne vous mangera pas.), de l'interne (Gervaise voulut l’attendre dans la rue, elle ne put s’empêcher de s’enfoncer sous le porche,) et donc …. Zola démiurge, en et hors des personnages est créateur d'un monde en osmose avec le personnage.
Bonjour, je n'ai toujours pas réussi à trouvé un plan correct avec au moins deux axes et des sous-parties…
Quelqu'un pourrait-il m'aider ?
Voici les procédés que j'aimerai aborder : imparfait descriptif ; champ lexical misère ; registre de langue familier ; description heuristique avec un révélation progressive (immense > étroite ; rose tendre > salie de flaque teintée) ; personnifications ; focalisations interne et externe ; description subjective
Bonjour, désolé pour le double message…
À force de relire le texte et en gardant en tête les différentes focalisations, j'ai remarqué que lorsqu'il s'agit d'une focalisation interne à Gervaise il n'était souligné que l'immensité de la maison et jamais la misère. Au contraire, lorsqu'il s'agit d'une focalisation externe, la description évoque uniquement la misère de l'endroit.
Ai-je raison?