Khâgne à la dérive et besoin d’en parler…

La filière littéraire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à tous.
Je suis nouveau sur ce forum et m'inscris après des heures de lecture de sujets concernant la khâgne, avec pour mots-clés "khâgne-dépression", "khâgne-je regrette", etc. Je sens que la nuit sera longue si je ne m'épanche pas ici sur ce qui ne va pas avec moi. Si ce message trouve un destinataire, soit…je le remercierais beaucoup de s'être penché pour avoir ramassé la bouteille à la mer échouée à ses pieds.
Je suis actuellement en khâgne spé philo dans un lycée de province très petit et qui n'intègre pas du tout…voilà le premier point qui me rend malade : je m'en veux à mort d'avoir choisi ce lycée en terminale. Non pas que l'ambiance y soit détestable et les professeurs sont pour la plupart passionnés (bien que peu enclins à préparer au concours), mais je commence à ne plus pouvoir m'entendre dire : "Au fait, pourquoi n'as-tu pas demandé de grands lycées comme HIV ou LLG? Pourquoi être venu ici où on ne prépare pas le concours à proprement dit?". Car moi-même je n'ai pas la réponse à de telles interrogations. Au début de mon hypokhâgne je percevais bien une différence de niveaux entre la classe et moi, mais cela ne me dérange réellement et existentiellement que cette année où nous devons passer un concours. Il n'y a pas d'émulation et je me rends malade de ne pas avoir vu le potentiel de mon dossier APB (premier de classe pendant des années, 18 de moyenne dans un lycée privé réputé pour sa sévérité) car je ne connaissais tout bonnement rien au classement des prépas et SURTOUT je jugeais mon dossier trop faible pour rêver à des prépas prestigieuses (oui oui, vous avez bien lu "trop faible"). De ce fait, je me retrouve dans cette prépa, où je souhaitais aller, et qui recrute à n'importe quel niveau (la plupart des personnes ayant eu au lycée des moyennes autour des 10-11-12).
Je ne veux pas dire que ma prépa ne vaut rien, bien au contraire. Mais je réfléchis trop au sujet développé ci-dessus et m'en veux terriblement car je ne me sens pas dans un endroit motivant, tout en sachant qu'ailleurs je pourrais avoir le concours, dans un endroit où tout est intense et où les professeurs croient en la potentielle admissibilité de leurs élèves. Ma principale préoccupation réside en ce que je déprime fortement dernièrement à cause de cela, au point de ne plus travailler du tout et m'enterrer dans une autodestruction que je ne me connaissais pas. Les concours blancs approchent et je ne relis plus mon cours depuis presque deux mois. C'est comme abandonner avant l'heure.
D'un côté j'aimerais me reprendre et ignore comment rattraper tout ce retard. De l'autre j'accuse sans cesse cette prépa où l'administration ne sait même pas qu'elle a des élèves dans le supérieur (tiré de faits réels).
Si quelqu'un a quelque chose à me dire, si je ne l'ai pas trop fatigué (et je sais qu'en ce moment je suis très bon à ça)…qu'il parle, je m'apprête à veiller jusqu'à tard.

Y.E.
Bon.

Plusieurs choses :
1. On peut obtenir l'ENS sans venir d'Henri IV. On peut même obtenir l'ENS sans professeurs pour préparer le programme. Il suffit de "savoir y faire" et ça n'est pas du génie, c'est de la stratégie, me semble-t-il. Il faut identifier quels sont les critères du concours et comment y parvenir. L'essentiel à comprendre, c'est la méthode de la dissertation et ses déclinaisons en philosophie, histoire, lettres. Ensuite, la maîtrise du commentaire pour philo spé, anglais et latin (oral ou écrit si tu choisis cet exercice). Enfin, il faut maîtriser la version latine et de langue vivante. Si tu veux, je peux rentrer davantage dans les détails de ce bachotage si tu m'expliques ce dont tu as besoin, mais surtout : pas de défaitisme, rien n'est fait, il est tôt dans l'année !

2. Si tu es en khârré, rien ne t'empêche de khûber ailleurs, notamment dans les prépas parisiennes. C'est une raison de plus de s'atteler aux épreuves de l'ENS car de bons résultats ne pourront que contribuer à favoriser ton dossier. Et je connais plusieurs personnes venues de très petites prépas dans une prépa parisienne et qui ont ensuite obtenu l'ENS. Donc là encore, si tu n'as pas khûbé (ou si tu peux te permettre matériellement et psychologiquement de bikhater) c'est une option à considérer.

3. La prépa et l'ENS ne sont pas tout. Je sais que quand on est dedans, ça semble un monde, mais dans le fond, il y a plein de choses à faire dans cette vie. Si tu es allé en prépa, c'est que tu avais envie de dévorer de la culture. Et c'est ce que tu es censé faire cette année. Donc il faut essayer d'y prendre du plaisir, et ne pas croire que en dehors de l'ENS point de salut. Ce qui n'empêche pas les deux premiers au-dessus.
J'étais dans une prépa assez moyenne alors que mon niveau était clairement au dessus et j'ai vécu exactement la même chose que toi .
Les profs étaient bons et sérieux mais j'avais un énorme décalage avec ma classe, pas facile à vivre . Le manque d'émulation était très pénible, comme toi je suis passée par des phases de découragement .
J'ai eu d'excellents résultats aux concours finalement et je n'ai pas eu besoin de cuber ; si ç'avait été le cas, une prépa bien meilleure était prête à m'accepter .
Je rejoins totalement Artz, on peut réussir sur ses valeurs propres et grâce à la compétence de ses professeurs, le rôle de la classe sans être négligeable n'est pas fondamental .
Accroche-toi, tu seras peut-être très agréablement surpris par tes résultats !
Tout à fait d'accord avec ce qui a été dit plus haut. J'ai vécu ça dans une moindre mesure : j'étais dans un lycée parisien très moyen, dans une classe hyper nombreuse, dont les 4/5e se fichaient du concours, avec des profs qui ne nous poussaient pas du tout (à part un ou deux très bons cubes). Sur mon bulletin du second semestre, une semaine avant les résultats de l'admissibilité, il y avait juste marqué "Fera une bonne khûbe". Et pourtant j'ai intégré en carré un mois plus tard.

A mon avis, la bonne stratégie pour toi maintenant : travailler très sérieusement, et surtout avec méthode, comme l'a très bien dit Artz. Tirer le bon de ta petite prépa : pas d'émulation veut aussi dire moins de stress de classe. Fixe toi des notes-objectifs au concours, et puis à la fin de l'année change de prépa pour cuber ailleurs, c'est fréquent. Si les profs ne sont pas à fond sur le concours, c'est aussi qu'ils ne sont pas habitués à avoir des élèves qui le veulent vraiment : rapproche-toi d'un ou deux profs sympathiques et compétents pour qu'ils t'aident à progresser individuellement (ex : même si tu as eu une bonne note, qu'ils te disent davantage là où tu pourrais t'améliorer).

Cette année est un bon moyen d'apprendre à avancer seul : si tu intègres l'ENS, ou bien que tu continues en recherche à la fac, c'est exactement ce qui t'attend : il faut écrire de très bons mémoires, un très bon projet de thèse, sans personne au quotidien pour te pousser.

Bon courage 🙂 !
Bonjour tout le monde.
Merci de m'avoir répondu, je ne pensais vraiment pas recevoir de réponses compréhensives…
Je dois dire que vos mots m'ont touché et donné envie de m'y remettre, de surcroît car nous avons une semaine de concours blanc la semaine prochaine, comme la plupart des khâgnes de France je pense.
Pour répondre à Artz, je sais que l'ENS n'est pas tout mais cela apporte tout de même une forte reconnaissance et ce serait une chose qui me rendrait extrêmement fier que d'intégrer. C'est un challenge entre moi et moi-même, celui de régler ces sempiternels problèmes de confiance et de foncer car au fond je sais que j'en ai les capacités.
J'ai cependant un gros souci de méthode, comme l'a soulevé à juste titre Artz, et si sa proposition tient toujours je serais intéressé par une explication plus approfondie des attentes quant à ce "bachotage" dont il/elle parle. Je n'ai jamais été un scolaire pur et dur, rentrer dans un moule m'est donc très difficile…
Pour ce qui est de la semaine de concours blanc, je n'ose entreprendre de rattraper le retard accumulé ces derniers mois et je pense donc m'y rendre sans plus de préparation, la course de dernière minute ne pouvant mener qu'à un surmenage qui empirerait ma situation. Je prévois déjà de khûber, en négociant avec les professeurs et en leur expliquant le déroulement quelque peu terrible de ma première khâgne. Néanmoins je pense qu'il me sera difficile de khûber ailleurs que dans ma ville actuelle, pour des raisons pratiques et matérielles.
J'attends secrètement beaucoup de ce post car ce n'est vraiment pas la joie actuellement et j'ai hâte que cela cesse pour que je puisse enfin me concentrer…
Merci encore,
Y.E.
Je crois que tu te trompes : les problèmes de confiance ne se règlent pas en obtenant un diplôme ou un concours. Enfin, en tout cas, dans mon expérience, ça n'a jamais marché comme ça. 🙂 Cela dit, ça ne nuit pas d'essayer !

En ce qui concerne les questions de méthodologie, envoie-moi un message privé pour m'expliquer tes difficultés, j'essaierai de te répondre dans les prochains jours. Si j'oublie n'hésite pas à me relancer.