Dans la proposition οὓς ἂν σῶσαι θέλωσιν de la phrase suivante, ai-je à faire à une relative exprimant un fait éventuel (fait futur ou répété dans le présent) ?
Ce qui expliquerait le subjonctif…
μιμουμένη τοὺς Ὁμήρου θεοὺς, « κυανέῃ νεφέλῃ » πολλάκις, οὓς ἂν σῶσαι θέλωσιν, ὑφαιρουμένους καὶ διακλέπτοντας.
Oui, bien sûr : il s'agit ici d'exprimer le fait dans sa généralité, hors de toute réalisation effective (d'où l'idée de "répétition" utilisé dans les grammaires).
Merci beaucoup. Je me bagarre toujours avec cette particule et ses copines… et ne suis jamais sûre de moi.
Ses copines ? Je ne vois que κέν, dans la langue homérique…
Je pensais à ἄν + optatif, εἰ + optatif, ἐάν + subjonctif , εἰ + indicatif futur , εἰ + indicatif , …
Ce sont des conjonctions, non ?
Eh voui, ne pas confondre conjonctions et particules.
Mais attention au fait que ἄν peut aussi être la contraction de ἐάν ; en ce cas, le mot est une conjonction homonyme de la particule.
Je les appelle des copines, parce que toutes commandent le mode du verbe qui suit, entraînant des nuances dans la traduction. Si elles avaient toutes été des particules, je les aurais appelées des soeurs… Je sauve mon honneur comme je peux … 😀
De toute manière, on parle de "particules" faute de mieux ; en fait, du point de vue linguistique, ἄν est ce qu'on pourrait appeler un "modalisateur". Son sens premier est en effet "le cas échéant", "à l'occasion" : οὓς ἂν σῶσαι θέλωσιν = "ceux qu'ils veulent, le cas échéant, sauver". On voit clairement que l'idée de répétition présentée dans les grammaires est en fait une idée qui dérive de cette valeur fondamentale.
Cela dit, elle ne suffit pas à elle seule : c'est au subjonctif que revient le rôle d'exprimer la virtualité du procès.