Des peines plancher(s)

Langue française

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
On voit l'expression "des peines planchers" écrite avec "plancher" au singulier ou au pluriel.
Quelle est votre recommandation ?
Merci
Pier
Même le site "Vie publique" mélange les deux … 😞

https://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/justice/fonctionnement/justice-penale/que-sont-peines-plancher.html
Voici un site qui explique bien les règles d’accord des substantifs épithètes.
https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=4661

Parfois le choix entre rapport de qualification et rapport de complémentation n’est pas évident, voire les deux interprétations sont possibles.

Dans le cas présent, je vois plutôt un rapport de qualification :
des peines qui sont des planchers.
La locution synonyme est d’ailleurs constituée d’un adjectif :
peines minimales.

Cependant, Wiktionnaire mentionne les deux accords.
https://fr.wiktionary.org/wiki/peine_plancher

Soit parce que l’interprétation rapport de complémentation est peut-être possible, soit parce qu’ainsi que le mentionne la BDL,
Le nom en apport de qualification a tendance à varier en nombre quand le nom qu’il caractérise est pluriel, mais l’usage n’est, dans bien des cas, pas encore fixé.
Merci à Floréale et à Katioucha pour leurs réponses intéressantes.

J'ai consulté la BDL du Québec qui, une fois de plus, est magnifiquement documentée.

Bien cordialement
Pierfm
Peut-on écrire aussi, au choix, les dimanches soir et les dimanches soirs ?
Ici, soir est invariable.
Donc : les dimanches soir.
Voir justification ici :
https://www.projet-voltaire.fr/blog/regle-orthographe/%c2%ab-les-lundi-%c2%bb-ou-%c2%ab-les-lundis-%c2%bb-%c2%ab-les-lundis-soir-%c2%bb-ou-%c2%ab-les-lundis-soirs-%c2%bb
pierfm a écrit :Merci à Floréale et à Katioucha pour leurs réponses intéressantes.
De rien ! 🙂
ponthieu a écrit : Peut-on écrire aussi, au choix, les dimanches soir et les dimanches soirs ?
Comme l'a indiqué Jehan, ici, soir est considéré comme un adverbe, il est donc invariable.

Cependant, si on remplace soir par un équivalent qui n’est jamais adverbe, par exemple soirée ou matinée ou après-midi,
Dimanches dans la soirée / après-midi / matinée, on voit qu’il s’agit d’un rapport non de qualification, mais de complémentation.
(Ce n'est pas des dimanches qui sont comme des soirs / comme des soirées)
Or, comme le mentionne BDL, dans ce cas :
Le nom en apport de complémentation, lui, ne s’accorde pas avec le nom qu’il caractérise.
Et si nous consultions les spécialistes de la langue française qui ont traité le sujet (des peines planchers).

Selon notamment le "Hanse", le Dictionnaire Bescherelle des difficultés, le "Girodet" et le "Péchoin/Dauphin", il convient d'écrire des prix planchers . Or, peines plancher(s) est tout à fait comparable à prix planchers : les peines plancher(s) sont des peines assorties (chacune) d'un plancher comme les prix planchers le sont d'un plancher aussi.

De plus, consulter la BDL pour la consulter, autant aller jusqu'au bout de la démarche et voir la solution qu'elle retient pour les noms épithètes comportant le mot plancher, à savoir ceci :
Par opposition à plafond, on emploie le nom plancher comme épithète pour désigner une limite inférieure, un niveau minimal. Plancher s'accorde alors lui aussi avec le nom auquel il se rapporte. Les deux noms ne sont pas liés par un trait d'union.

Exemples :

- Le nombre plancher d'étudiants pour ce programme est 25.
- Les prix planchers ont été revus à la hausse.
(C'est moi qui ai graissé.)

Cela dit, des peines plancher ne me choquerait pas dans la mesure où, comme il a été dit ci-dessus, des peines planchers sont des peines assorties (chacune) d'un plancher.
Roméo31 a écrit :Or, peines plancher(s) est tout à fait comparable à prix planchers : les peines plancher(s) sont des peines assorties (chacune) d'un plancher comme les prix planchers le sont d'un plancher aussi.
Dans ce cas, il s’agit de l’interprétation rapport de complémentation, et en effet, cette interprétation me parait tout à fait défendable.

En revanche, si les auteurs que vous citez accordent tous plancher alors qu’ils glosent la locution initiale par « peines assorties d’un plancher », c’est qu’ils n’appliquent pas la règle proposée par BDL : rapport de qualification vs rapport de complémentation.

Par ailleurs, je trouve bizarre qu’ils glosent « peines assorties d’un plancher » (ce qui donnerait des peines plancher) plutôt que « peines assorties de planchers » (ce qui donnerait des peines planchers), tant qu’à être logique ! 🙂
Cela dit, chaque peine n’étant assortie que d’un plancher, le pluriel ne se justifie pas, sauf à retenir un accord collectif plutôt que distributif, ce qui ne me semble pas se faire dans le cas des locutions nom + nom.

Ou bien cette glose est la vôtre ?

(La BDL quant à elle interprète plancher / plafond comme des qualificatifs et non comme des compléments, c’est donc logiquement qu’elle accorde ces noms avec celui qui les précède.)
Le singulier se défend en effet, comme je l'ai montré.

Il importe de remarquer que le critère proposé par la BDL n'est pas absolu : cf. notamment :
Cela dit, le nom en apport de complémentation est le plus souvent singulier.
Roméo31 a écrit : Il importe de remarquer que le critère proposé par la BDL n'est pas absolu : cf. notamment :
BDL a écrit : Cela dit, le nom en apport de complémentation est le plus souvent singulier.
Oui, mais non, parce qu’ici la BDL ne fait pas allusion à l’accord du N2 lorsque la locution est mise au pluriel ; elle fait allusion au fait que ce N2 est en principe au singulier, mais qu’il peut être au pluriel - si le sens le requiert - y compris dans la locution au singulier, comme dans un espace loisirS.
Remarque 2 : En apposition, plancher et plafond peuvent se prêter à deux interprétations : des prix plafonds / planchers (qui constituent un plafond, une limite supérieure / un plancher, une limite inférieure) ou des prix plafond / plancher (qui sont au plafond / au plancher). Larousse, Bescherelle, Girodet et l'Office québécois de la langue française optent clairement pour la première.

https://parler-francais.eklablog.com//apposition-a32512254
Si je comprends bien, la glose était de vous ? 🙂

Enfin, quoi qu’il en soit cela fait tout plein d'autres références pour pierfm ! 🙂
Bonsoir,

- Katioucha a écrit :
Oui, mais non, parce qu’ici la BDL ne fait pas allusion à l’accord du N2 lorsque la locution est mise au pluriel ; elle fait allusion au fait que ce N2 est en principe au singulier, mais qu’il peut être au pluriel - si le sens le requiert - y compris dans la locution au singulier, comme dans un espace loisirS.
(C'est moi qui ai souligné.)

Oui, en principe, donc pas toujours. La portée de la distinction nom en rapport de complémentation/nom en rapport de qualification n'est donc pas absolue. Es todo.

- Oui, c'est moi qui ai glosé. Heureuse ? 😜


@ Pierfm

"Abondance de biens ne nuit pas." 🙂
Bonsoir, 🙂
La portée de la distinction nom en rapport de complémentation/nom en rapport de qualification n'est donc pas absolue
Certes (j’avais d’ailleurs évoqué ce point dès mon premier commentaire), mais ce n’est pas de ça que parle la BDL dans le passage cité.
Mais comme vous le dites, basta ! 🙂
(Bon, ce n'est pas exactement ce que vous avez dit, j'ai bien compris, hein !)
Heureuse 😜 ?
😀
Disons que ça rend cohérente la position des auteurs que vous avez cités, qui autrement paraissait un brin illogique, na ! 😉