Demande d’avis sur un dialogue

Langue française

19 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Je suis Russe. Les gens inconnues m'ont blamée de l'ignorance de mon français pour le dialogue ci-dessous. J'ai terriblement besoin de l'opinion d'une personne experte d'origine française.
Pourriez vous s'il vous plait dire votre opinion, si le dialogue est bon ou pas à l'égard de la langue française?

Le sujet est de Natalie qui vient à Londres avec son mari Ogarev chez son ami Herzen.
Plus tard elle trahira son mari et épousera Herzen, mais son sort sera terrible après cela.
Le dialogue doit nous faire ressentir les pressentiments des malheurs futurs qu'elle sent.
Son mari Ogarev (qu'on appele Aga) au contraire, est enthousiaste, car il va à Londres pour entrer dans la lutte d'opposition.
Merci beaucoup d'avance!


Le huit avril 1856. Le pont du navire. Ogarev apparaît avec une bouteille et Natalie.

NATALIE. Aga, allons à la cabine. Il fait froid…
OGAREV (il crie). Ohé Hé-Hé! Liberté! Égalité! Fraternité!
NATALIE. Aga, allons à la cabine. Il fait froid…
OGAREV. Attends… Ohé hé! Demain matin, Dieu le veut, on traverse le détroit, on se rend à Londres, on trouve Herzhen et ils vont voir! (Il boit.)
NATALIE. Ce soir, j'ai fait un rêve: Natasha - devant moi comme si elle serait vivante. Elle se promenait en mantille de velours noire, bras dessus bras dessous avec Herzen, avec un chapeau blanc sur sa tête. Je suis allé à leur accueillir. Herzen, si joyeux, tout à coup est venu et m'a embrassée. J'ai eu craint. Et je me suis réveillé.
OGAREV. Mais pourquoi craint?
NATALIE. Parce que à l'époque, il y a huit ans, j'avais dix-neuf ans et j'étais en amour avec Herzen à la folie. Mais Natasha était près. Et elle aussi était chère pour moi. Pauvre Natasha.
OGAREV. Selon tes histoires, cet an-là, tu es tombée amoureuse de moi «à la folie».
NATALIE. Remercie pour cela Herzen!
OGAREV. Herzen?
NATALIE. Il chantait tels des dithyrambes à toi. (elle parodie) “ Ogarev - une véritablement grande de personnalité. Poète. Musicien. Humaniste. C'est de lui qu'il faut apprendre la largeur généreuse et la grâce”. (elle rit.)
Le huit avril 1856, sur le pont du navire, Nathalie apparaît. Ogarev tient une bouteille à la main.

NATALIE. Aga, rejoignons la cabine : il fait froid…
OGAREV (il crie). Ohé Hé-Hé! Liberté! Égalité! Fraternité!
NATALIE. Aga, rejoignons la cabine : il fait froid…
OGAREV. Attends… Ohé hé! Demain matin, si Dieu le veut, on traversera le détroit, on se rendra à Londres, on trouvera Herzhen et ils vont voir ! (Il boit.)
NATALIE. Ce soir, j'ai fait un rêve: Natasha était devant moi comme si elle était vivante. Elle se promenait en mantille de velours noir, bras dessus bras dessous avec Herzen, un chapeau blanc sur la tête. Je suis allée les accueillir. Herzen, très joyeux, est venu tout à coup et m'a embrassée. J'ai eu peur. Et je me suis réveillée.
OGAREV. Mais pourquoi avoir eu peur ?
NATALIE. Parce qu' à l'époque, il y a huit ans, j'avais dix-neuf ans et j'étais amoureuse folle d' Herzen. Mais Natasha était proche. Et elle aussi m'était chère. Pauvre Natasha !
OGAREV. Selon ton histoire, cette année-là, tu es tombée amoureuse de moi «à la folie» !
NATALIE. Remercie pour cela Herzen!
OGAREV. Herzen?
NATALIE. Il te chantait tel un poète : “ Ogarev, merveilleuse personne, poète et musicien, humaniste, généreux, et rempli de grâce”. (Elle rit.)
Merci beaucoup, Marie!

Mais pourquoi le "J'ai eu craint." n'est pas bon?
(J'ai choisi le "craindre" après beaucoup réfléchir, car il signifie plutôt le pressentiment d'un péché mortel, n'est pas?)

Aussi, je voulais utiliser passé surcomposé avant le passé composé :
(J'ai eu craint. Et je me suis réveillé)

n'est pas correct?
Le verbe craindre au passé composé, ce serait : j'ai craint.
Ce verbe n'est pas spécialement lié à la notion de péché.
Le nom correspondant au verbe craindre, c'est crainte, synonyme de peur.
Mais l'on ne dit pas j'ai eu crainte, on dit j'ai eu peur.
Merci beaucoup, Jehan!

Mais je voulais comprendre l'utilisation du temps passé surcomposé .
"Temps surcomposés (sommaire)
Les temps dits surcomposés servent à marquer des faits antérieurs et accomplis par rapport à des faits qui, eux-mêmes antérieurs par rapport à d’autres faits, s’exprimeraient par les temps composés correspondants. À la voix active, on forme l’indicatif passé surcomposé en ajoutant le présent de l’auxiliaire avoir au participe passé de l’auxiliaire avoir ou de l’auxiliaire être (selon les verbes) du passé composé : elle a fait cela donne quand elle a eu fait cela ; ils ont fait cela donne quand ils ont eu fait cela ; elle est partie donne quand elle a été partie, ils sont partis donne quand ils ont été partis." https://www.academie-francaise.fr/questions-de-langue#86_strong-em-temps-surcomposs-em-strong
Est-ce que j'ai fait incorrect?
Tu remarqueras que dans les exemples de ta grammaire, le passé surcomposé est utilisé dans une proposition subordonnée de temps introduite par quand, exprimant une action antérieure à celle de la principale.
Mais dans ton dialogue, il s'agit d'une proposition indépendante. Le passé surcomposé est alors inapproprié.
La succession des propositions indépendantes au passé composé suffit pour indiquer l'ordre chronologique des actions.
Mirraia a écrit :Merci beaucoup, Marie!

Mais pourquoi le "J'ai eu craint." n'est pas bon?
(J'ai choisi le "craindre" après beaucoup réfléchir, car il signifie plutôt le pressentiment d'un péché mortel, n'est pas?)

Aussi, je voulais utiliser passé surcomposé avant le passé composé :
(J'ai eu craint. Et je me suis réveillé)

n'est pas correct?
Pour moi, craindre, c'est ressentir un malaise en présence de quelqu'un ou de quelque chose que je n'apprécie pas, que je considère comme hostile. Par exemple, je crains les chiens, je crains le froid.

Avoir peur, c'est réagir à un danger. Quand j'ai peur, je fuis, je crie, je demande du secours. Par exemple, j'ai peur lorsque, seule dans la rue mal éclairée, je me sens suivie par un inconnu.

Quant au surcomposé "J'ai eu craint", c'est une expression que je n'ai jamais utilisée. Elle me paraît très laide.
Bien des écrivains l'ont employé.
« Comment monsieur Vautrin est-il donc rentré cette nuit après que Christophe a eu mis les verrous ?» (BALZAC)
« Le silence était complet dans la salle quand elle a eu fini. » (CAMUS)
« Aussitôt que j’ai eu envoyé mon paquet, j’ai appris, ma bonne, une triste nouvelle. » (Mme de SÉVIGNÉ)
Mais toujours dans une subordonnée temporelle, comme je l'ai précisé plus haut.
Mais toujours dans une subordonnée temporelle, comme je l'ai précisé plus haut.
Voilà la règle à retenir !
Encore que Fernand Raynaud, dans un sketch connu, l'ait utilisé (régionalisme ?) dans une indépendante :
Ç'a eu payé ! Mais ça ne paie plus.
Ah ah, j'y pensais justement, et en effet, ça semble être un régionalisme.
Comme disait le paysan, dans le sketch de Fernand Raynaud, « ça a eu payé, mais ça paye plus ! »

La grammaire de Wagner et Pinchon, qui a eu eu la cote auprès des universitaires, mais ne l'a plus, donne les formes suivantes :
J'ai eu chanté
J'avais eu chanté
J'eus eu chanté
J'aurai eu chanté
J'aurais eu chanté.

Mais elle admet qu'en indépendantes elles ne sont usitées que dans le Sud de la France (Fernand Raynaud était auvergnat). Elles évoquent un procès parvenu à son terme dans un lointain passé. D'où la malice de ma formulation : cette grammaire a eu eu la cote…
https://www.languefrancaise.net/forum/viewtopic.php?id=2018
Ou alors :
b) En proposition indépendante, lié à un complément de durée quelconque
exprimant le délai de l’accomplissement du procès (comme vite, en cinq minutes etc.) :
(3)
Ce petit vin nouveau (…) a eu vite grisé tous ces buveurs de bière (Daudet,
cité par Grevisse 1988, 1228).

https://www2.unine.ch/files/content/sites/louis.desaussure/files/shared/documents/publications/SaussureSthiouFinall.pdf - page 2.
(Bon en même temps, Daudet n'est pas exactement du Nord de la France !)
Merci beaucoup! j'ai compris 🙂
🙂
Bonjour,

Pourriez vous s'il vous plait expliquer les corrictions suivantes aussi:


cet an-là --->> cette année-là
(Dans un livre j'ai trouvé: "De cet an là, demonstre la corruption des Moeurs …"
Quel est la différence avec ma expression?)


si elle serait vivante --->> si elle était vivant
Est-il le"Conditionnel" completement interdit ici? (Dans l'original russe il était en Conditionnel, c'est pourquoi je l'ai utilisé)


Merci beaucoup d'avance!
Il semble que vous ayez extrait la première phrase de ce texte qui n'est plus le français d'aujourd'hui.
Il faut lire, semble-t-il, "démontre la corruption des Mœurs de cet an (année) là."
Cela dit cet an là est équivalent à cette année là

Je ne vois pas que l'on puisse écrire si elle serait vivante
mais plutôt si elle était (imparfait)vivante, aujourd’hui elle aurait (conditionnel) cent ans

Attendre réponse plus autorisée.
Pour Mirraia :
Après si à sens conditionnel, l'imparfait est obligatoire.
Mais cet imparfait particulier a une valeur modale de conditionnel.
D'ailleurs, le véritable mode conditionnel réapparaît en supprimant le "si".
Si j'étais riche, j'achèterais un château.
peut se dire aussi :
Je serais riche, j'achèterais un château.
Merci beaucoup, Jehan!

Pour la proposition "Je serais riche, j'achèterais un château."

Je sens une volonté inexplicable de remplacer les mots comme suite:

"Serais-je riche, j'achèterais un château." c'est incorrect?

Je peux confondre avec "Sois-je…"
Avec inversion du sujet, la tournure est plutôt l'équivalent d'une subordonnée introduite par même si :

Serais-tu le plus pauvre des hommes, je t'aimerais toujours.

Même si tu étais le plus pauvre des hommes, je t'aimerais toujours.
Merci beaucoup!