Montaigne, Essais - Chez moi, je me détourne un peu plus souvent à ma librairie…

Entraide scolaire

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour, je rencontre un probleme de compréhension sur le texte de Montaigne, Essai III "De trois commerce" à propos de la description de la bibliothèque. j ai du mal à saisir le sens de la partie commançant "misérable à mon gré…(à la fin) que ne le pouvoir jamais etre". Pour information je travail sur un résumé ainsi qu une discussion de sujet 1.
Merci à tous pour votre aide
Chez moi, je me détourne un peu plus souvent à ma librairie, d’où tout d’une
main je commande à mon ménage. Je suis sur l’entrée et je vois sous moi mon
jardin, ma basse cour, ma cour, et dans la plupart des membres de ma maison. Là,
je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans
dessein, à pièces décousues ; tantôt je rêve, tantôt j’enregistre et dicte, en me
promenant, mes songes que voici.
Elle est au troisième étage d’une tour. Le premier c’est ma chapelle, le
second une chambre et sa suite, où je me couche souvent, pour être seul. Au
dessus, elle a une grande garde-robe. C’était au temps passé le lieu le plus inutile
de ma maison. Je passe là la plupart des jours de ma vie, et la plupart des heures
du jour. Je n’y suis jamais la nuit. A sa suite est un cabinet assez poli, capable à
recevoir du feu pour l’hiver, très plaisamment percé. Et, si je ne craignais non plus
le soin que la dépense, le soin qui me chasse de toute besogne, je pourrais
facilement coudre à chaque côté une galerie de cent pas de long et douze de
large, à plein pied, ayant trouvé tous les murs montés pour un autre usage, à la
hauteur qu’il me faut. Tout lieu retiré recquiert un promenoir. Mes pensées dorment
si je les assis. Mon esprit ne va si les jambes ne l’agitent. Ceux qui étudient sans
livres, en sont tous là. La figure en est ronde et n’a de plat que ce qu’il faut à ma
table et à mon siège, et vient m’offrant en se courbant, d’une vue, tous mes livres,
rangés à cinq degrés tout à l’environ. Elle a trois vues de riche et simple prospect,
et seize pas de vide en diamètre. En hiver, j’y suis moins régulièrement : car ma
maison est juchée sur un tertre comme dit son nom, et n’a point de pièce plus
éventée que celle-ci ; qui me plaît d’être un peu pénible et à l’écart, tant pour le fruit
de l’exercice que pour reculer de moi la presse. C’est là mon siège. J’essaie de
m’en rendre la domination pure, et à soustraire ce seul coin à la communauté et
conjugale, et filiale, et civile. Partout ailleurs je n’ai qu’une autorité verbale : en
essence confuse.Misérable à son gré qui n’a chez soi où être à soi, où se faire
particulièrement la cour, où se cacher ! L’ambition paie bien ses gens de les tenir
toujours en montre, comme la statue d’un marché : “magna servitus est magna
fortuna ”. Ils n’ont pas seulement leur retrait pour retraite. Je n’ai jugé de si rude en
l’autorité de vie que nos religieux affectent, que ce que je vois en quelqu’une de
leurs compagnies, avoir pour règle une perpétuelle société de lieu, et assistance
nombreuse entre eux, en quelque action que ce soit. Et trouve aucunement
supportable d’être toujours seul, que ne le pouvoir jamais être
Ce paragraphe présente à mes yeux les mêmes difficultés que le reste du texte : la syntaxe et le vocabulaire ne nous sont pas familiers. Or vous ne vous posez pas de questions sur le début… Qu'est-ce qui cause cette incompréhension subite ?
je travail sur un résumé
dites-vous. Ne serait-ce point là une manœuvre pour nous faire faire ce résumé ?

Posez des questions précises sur les points qui vous sont obscurs.


P.S. Les retraits sont les cabinets, les toilettes…