Bonjour!
Dans un roman, écririez-vous plutôt "Elle regardait dehors" ou "Elle regardait au-dehors". La définition diffère-t-elle? Dans le cas présent, la personne qui regarde est allongée sur son lit et se trouve donc à une certaine distance de la fenêtre, ceci a-t-il une incidence? Ou s'agit-il de niveaux de langues différents, ou simplement une question d'harmonie avec le reste du paragraphe/chapitre/roman?
Merci!
Alex
Pour moi, je ne vois aucune différence de sens entre les deux expressions.
Notez qu'il ne faut pas de trait d'union : au dehors.
Merci pour cette réponse.
Concernant l'orthographe, il semble que le trait d'union soit d'usage.
Concernant la distinction, j'ai trouvé cette petite explication intéressante (qui explique d'ailleurs pourquoi je souhaitais utiliser "au-dehors").
D'après les définitions du petit Robert
dehors : A l'extérieur, hors du lieu, de la chose dont il s'agit [extérieurement, ailleurs]
au dehors ou au-dehors : à l'extérieur [extérieurement, loin]
EX au dehors: à l'extérieur: Le récipient se brisa et le contenu se répandit au dehors.
EX au dehors: dans l'apparence extérieure : «Homme auguste au dedans ferme au dehors, ayant En lui toute la gloire» (V.Hugo)
Bien que "extérieurement" figure dans les deux définitions, il s'agit d'une externalité subjective (dehors, par rapport à moi) dans le premier cas, et objective (en dehors de la scène ou de l'objet que je regarde) pour le second.
En ce qui concerne le trait d'union, je ne sais quelle mouche m'a piqué. Bien sûr qu'il y en a un, comme dans "au-dessus" ou "au-dessous". Hanse note cependant qu'on rencontre souvent l'expression sans trait d'union, mais ce n'est pas parce qu'il y a de mauvais exemples qu'il faut les imiter.
En ce qui concerne les différences entre les deux expressions, je les trouve bien trop subtiles pour être réelles. Je ne crois pas que les auteurs les utilisent, et si certains le font, je ne crois pas que les lecteurs s'en rendent compte.
La subtilité est certes… subtile (!), mais néanmoins peut-être palpable. Prenons l'exemple d'un roman qui commencerait par:
"L'homme regardait dehors." Nous ne savons rien de l'homme, de sa situation spatiale, de ce à travers quoi il regarde…
Maintenant commençons le roman par:
"L'homme regardait au-dehors."
La première phrase semble induire que l'homme regarde quelque chose en particulier: la rue, une cours de prison, un parc, quelqu'un…
…tandis que la seconde donne le sentiment que le regard de l'homme tend plutôt vers l'horizon, ou vers quelque chose d'abstrait, d'imprécis.
Maintenant, ce n'est peut-être juste qu'une question de perception! 🆒