Montesquieu, De l’esprit des lois, livre III, chapitres 2 et 3

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je dois rédiger un commentaire sur les chapitres 2,3 du livre III l'Esprit des lois de Montesquieu. N'ayant quasiment jamais fait de commentaire je n'arrive pas a trouver ni ma problématique ni mon plan..
J'ai déjà des pistes mais je n'arrive pas a les constituer afin d'avoir un plan logique:
I. Les fondements des 3 gouvernements

1) Monarchie / Démocratie
2) Contexte historique face a la mise en place d'une république démocratique

II. La notion de vertu

1) La vertu nécessaire aux fonctionnements d'une démocratie
2) La nature humaine plus forte que tout.

Merci d'hors et déjà de votre aide.
CHARLES LOUIS DE SECONDAT, BARON DE LA BREDE ET DE MONTESQUIEU
(1689-1755)
L’Esprit des lois (1748)

Grandeur et fragilité de la démocratie

DU PRINCIPE DES DIVERS GOUVERNEMENTS

J'ai dit que la nature du gouvernement républicain est que le peuple en corps, ou de certaines familles21, y aient la souveraine puissance ; celle du gouvernement monarchique, que le prince y ait la souveraine puissance, mais qu'il l'exerce selon des lois établies ; celle du gouvernement despotique, qu'un seul y gouverne selon ses volontés et ses caprices. Il ne m'en faut pas davantage pour trouver leurs trois principes ; ils en dérivent naturellement. Je commencerai par le gouvernement républicain, et je parlerai d'abord du démocratique .

DU PRINCIPE DE LA DÉMOCRATIE

II ne faut pas beaucoup de probité22 pour qu'un gouvernement monarchique ou un gouvernement despotique se maintiennent ou se soutiennent. La force des lois dans l'un, le bras du prince toujours levé dans l'autre, règlent ou contiennent tout. Mais, dans un État populaire, il faut un ressort de plus, qui est la VERTU. Ce que je dis est confirmé par le corps entier de l'histoire, et est très conforme à la nature des choses. Car il est clair que dans une monarchie, où celui qui fait exécuter les lois se juge au-dessus des lois, on a besoin de moins de vertu que dans un gouvernement populaire où celui qui fait exécuter les lois sent qu'il y est soumis lui-même, et qu'il en portera le poids. Il est clair encore que le monarque qui, par mauvais conseil ou par négligence, cesse de faire exécuter les lois, peut aisément réparer le mal : il n'a qu'à changer de conseil, ou se corriger de cette négligence même. Mais lorsque, dans un gouvernement populaire, les lois ont cessé d'être exécutées, comme cela ne peut venir que de la corruption de la république, l’Etat est déjà perdu. Ce fut un assez beau spectacle, dans le siècle passé, de voir les efforts impuissants des Anglais pour établir parmi eux la démocratie. Comme ceux qui avaient part aux affaires n'avaient point de vertu, que leur ambition était irritée23 par le succès de celui qui avait le plus osé, que l'esprit d'une faction24 n'était réprimé que par l'esprit d'une autre, le gouvernement changeait sans cesse ; le peuple étonné cherchait la démocratie et ne la trouvait nulle part. Enfin, après bien des mouvements, des chocs et des secousses, il fallut se reposer dans le gouvernement même qu'on avait proscrit25. Quand Sylla voulut rendre à Rome la liberté, elle ne put plus la recevoir26 ; elle n'avait plus qu'un faible reste de vertu, et, comme elle en eut toujours moins, au lieu de se réveiller après César, Tibère, Caïus, Claude, Néron, Domitien27, elle fut toujours plus esclave; tous les coups portèrent sur les tyrans, aucun sur la tyrannie. Les politiques grecs, qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne reconnaissaient d'autre force qui pût les soutenir que celle de la vertu. Ceux d'aujourd'hui ne nous parlent que de manufactures, de commerce, de finances, de richesses et de luxe même.
Lorsque cette vertu cesse, l'ambition entre dans les cœurs qui peuvent la recevoir, et l'avarice entre dans tous. Les désirs changent d’objets : ce qu’on aimait, on ne l'aime plus ; on était libre avec les lois, on veut être libre contre elles ; chaque citoyen est comme un esclave échappé de la maison de son maître ; ce qui était maxime, on 1’appelle rigueur ; ce qui était règle, on l'appelle gêne; ce qui y était attention, on l’appelle crainte. C'est la frugalité qui y est l'avarice, et non pas le désir d’avoir28. Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille ; et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence29 de tous.
21 C’est ce qui distingue la démocratie (où le pouvoir est au peuple) de l’aristocratie.
22 Probité : honnêteté.
23 Irritée : renforcée.
24 Faction : parti ou groupe conspirant contre le pouvoir (péjoratif).
25 Allusion à la révolution anglaise menée par Cromwell, qui aboutit à la condamnation à mort de Charles Ier en en 1649 et à la restauration de la monarchie en 1660.
26 Sylla disposa du pouvoir absolu entre 82 et 79 av. J.-C., puis l’abandonna ; mais les guerres civiles continuèrent et se soldèrent par la victoire de César, qui vit la fin de la république et de la liberté à Rome.
27 Empereurs cruels ou monstrueux qui se succédèrent au Ier et au IIe s. apr. J.-C. (Caïus est plus connu sous le nom de Caligula).
28 Jeu de mots sur l’étymologie du mot avarice, qui signifie à l’origine “ désir d’acquérir ”.
29 Licence : liberté déréglée
Bonjour,

Il me semble que la problématique est suggérée par le titre :
Grandeur et fragilité de la démocratie.
Le texte de Montesquieu est une argumentation pour démontrer cette opinion.
Essaie donc de retrouver les arguments de l'auteur :
Les divers systèmes de gouvernement
La grandeur de la démocratie
Mais aussi sa fragilité