Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Je suis en terminale L et j'ai du mal en philosophie. J'ai eu une mauvaise note à ma première dissertation et j'aimerais bien me rattraper pour la deuxième mais j'ai peur d'avoir encore fait un hors sujet ou que mon devoir soit incomplet.
Pouvez-vous m'aider s'il vous plaît ? Le sujet est : "Désirer, est-ce nécessairement souffrir ?"

Voici mon introduction:

"Dans sa chanson « La Complainte du progrès », Boris Vian dénonce l’abondance des désirs nés de la société de consommation : « Une tourniquette pour faire la vinaigrette/un bel aérateur/pour manger les odeurs/des draps qui chauffent/un pistolet à gaufre/ un avion pour deux/nous seront heureux ! ». Il y a tellement de choses que l’homme désire obtenir et s’approprier: un téléphone, une voiture, mais aussi une femme, le paradis, ou encore tout simplement boire, manger, dormir, chanter, aimer, être aimé, vaincre, peindre, et parfois même mourir. On peut dire que l’homme est un être désireux car il éprouve sans cesse des désirs de toutes sortes. Le désir représente un plaisir espéré mais semblerait malheureusement aussi lié à de la souffrance. En effet, le désir, du latin « desiderare » signifie : regretter l’absence de quelqu’un ou de quelque chose. L’étymologie de ce mot met en lumière le fait que le désir repose d’abord sur une absence, sur un manque. Puisque le désir est étroitement lié au manque, il va donc de paire avec la souffrance. Mais est-ce que désirer est obligatoirement lié à la souffrance ? Si tel est le cas, ne faudrait-il pas renoncer à certains désirs voir les supprimer afin d’éviter toute souffrance ? Mais, alors, pouvons-nous accéder au bonheur sans exaucer nos désirs ?
Dans un premier temps, nous verrons que désirer peut effectivement engendrer de la souffrance, qu'en se libérant de certains désirs d'autres procurent du plaisir, du bien être. Enfin, nous nous demanderons s'il est bien supprimer nos désirs."
Bonjour

J'ai lu ton introduction sur une sujet concernant le "désir"

Fais attention car lorsque tu évoques les "désirs" tels que ; manger ,boire, être reconnu ….tu évoques en fait des besoins

Va jeter un coup d'œil à la Pyramide de Maslow qui t'aidera à mieux délimiter ce qu'est un "besoin " et "un désir"

Un jeune enfant "désire" un jeu: en a-t-il pour autant "besoin" pour vivre? Non.
par contre s'il ne peut manger , il meurt : manger est donc un besoin

Rectifie ton introduction . Je crois qu'au lieu d'ouvrir ton introduction par une citation d'un auteur ,on gagne à présenter ses propres idées car l'introduction est le fil conducteur de tes idées développées dans ton devoir.

Autre astuce: je me souviens d'un étudiant qui avait pour sujet "la philosophie est -elle utile?" Il avait recherché les définitions de ces mots;
Il faut se poser les questions : la philosophie est utile: en quoi ,pour réfléchir, ou peut-elle me servir dans ma vie de tous les jours (des exemples que tu trouveras ) puis "renverser" les termes du sujet donné "l'utilité est-elle le seul but de la philosophie"

N'oublie pas que ce sont tes réflexions que ton professeur appréciera (attention à la tentation de citer des auteurs connus) qui donnent trop souvent l'impression que l'étudiant ne se 'creuse pas la cervelle' pour trouver ses idées propres et fait "du remplissage"

Fais -toi confiance et n'hésite pas à demander des conseils à ton prof là où tu ne comprends pas ses remarques.

Bon courage 🙂
j'ai différencié le désir et le besoin dans ma première partie :

Premièrement, le désir se distingue du besoin avec lequel on le confond souvent. Un besoin est une nécessité vitale, un manque qui doit nécessairement être comblé, être satisfait. Assouvir ses besoins est à la fois plus nécessaire et naturel car ces besoins constituent souvent des actes nécessaires à la survie de l’individu comme boire de l’eau, manger ou dormir par exemple. Aussi, les besoins sont souvent communs à chaque homme contrairement aux désirs. Le désir lui serait plutôt contingent, subjectif, artificiel et superflu car les désirs sont différents pour chacun. Cependant, Si l’on considère le désir comme un manque ou une incomplétude alors tout désir est une souffrance. Autrement dit, on ne désire que ce dont on est privé et l’objet du désir est donc toujours un objet manquant. Dans Le Banquet, Platon disait « Ce que l’on a pas, ce dont on manque, tel est l’objet du désir ». Ainsi désirer est tendre vers un bien qui nous manque : un objet, une personne ou encore un état. Le désir est longtemps apparu comme néfaste et dangereux aux yeux de certains philosophes. Socrate pensait que chercher toujours à satisfaire son désir, était se préparer aux pires souffrances. Car contrairement au besoin, le désir est par nature un manque. Nous désirons toujours ce que nous n’avons pas.
Dans Le Banquet de Platon, dialogue qui a pour objet de caractériser ce qu’est l’amour, chacun des convives du banquet doit faire l’éloge d’Éros, dieu de l’amour. Pour Platon, l’amour est l’équivalent du désir. Aristophane quant à lui propose une théorie bien plus poétique, il raconte un mythe selon lequel à l’origine, l’homme, androgyne, aurait connu la complétude de l’être parfait. Puis coupé en deux par Zeus, la créature divisée serait partie à la recherche de sa moitié perdue. Mais en vain, car l’homme errerait depuis ce jour de désir en désir, condamné à ne jamais trouver l’âme sœur. Le désir d’amour exprime ici la nostalgie de l’unité perdue de l’homme, ainsi que le désir de ne faire qu’un. Ainsi s’explique chez l’homme sa tendance à désirer l’impossible et l’interdit, car l’impossible est ce qui, par définition, lui manquera toujours comme par exemple dans le mythe d’Orphée qui pleure Euridice en vain. Cette souffrance serait liée à la difficulté de satisfaction du désir. En effet, certains désirs sont parfois impossibles à satisfaire et donc ne sont jamais satisfaits ce qui les rend douloureux. C’est l’absence de satisfaction liée à cette impossibilité qui est source de souffrance. Si mon désir est d’être immortel, je ne serai jamais satisfait car ce désir est impossible. De même, si mon désir est que le passé n’est pas eu lieu. Dans ce cas, on peut aussi dire que c’est l’homme qui déraisonne au point d’attacher son désir à ce qui ne peut pas être atteint, il est le responsable de sa propre souffrance. Ce qui est la cause de la souffrance ne serait alors pas le désir en lui-même mais l’absence de satisfaction liée à l’impossibilité d’atteindre l’objet.
Le désir est l’expression d’un manque, d’une incomplétude, il manifeste notre imperfection. Il est source de frustration, donc de souffrance, et porte alors atteinte à la tranquillité de l’âme. Insensé, irrationnel, pour les stoïciens il constitue ce qui trouble l’âme et fait obstacle à l’ataraxie. La réflexion des stoïciens s'appuie sur la distinction entre : d’une part, les choses qui dépendent de nous et sur lesquelles nous pouvons agir, et d’autre part les choses qui ne dépendent pas de nous et sur lesquelles nous n'avons aucun pouvoir. Pour vivre heureux et libre, selon eux, il ne faut pas lutter contre ce qui ne dépend pas de nous car c’est une lutte vaine, il vaut mieux l'accepter et nous abstenir des vices et passions qui nous y exposent. Le désir est pathos (en grec, passion, terme qui désigne un désir exacerbé et exclusif) une maladie de l’âme qu’il faut combattre.
Schopenhauer quant à lui, rejoint la philosophie bouddhiste et estime que le désir n’est pour l’homme qu’une source de malheurs et de souffrances, en raison du cycle sans cesse renaissant des désirs. Ainsi, comme il le souligne dans Le Monde comme volonté et comme représentation : « le désir satisfait fait place aussitôt à un nouveau désir », et le cycle tragique recommence, de telle sorte que : « La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui. ». Ce qui signifie que soit l’homme est malheureux de l’absence de l’objet désiré, soit une fois qu’il l’a il s’en désintéresse. En effet, lorsque la satisfaction met fin au manque, un autre type de souffrance nait puisqu’une fois que nous avons obtenu ce que nous désirions, nous ne le désirons plus et donc, nous nous ennuyons et nous nous mettons alors à désirer autre chose et ainsi nous souffrons de nouveau. Désirer, à la différence du besoin, c’est être insatisfait et l’être éternellement, puisque le désir est illimité, insatiable, sans fin et sans cesse scruté par la démesure.
Platon dans Gorgias fait dialoguer Socrate (son maître) et Calliclès, un sophiste. Socrate compare l’homme qui désire, à un tonneau percé qui ne peut donc jamais être rempli. Cet homme est condamné à une éternelle insatisfaction. Nous désirons toujours plus que ce que nous avons déjà sans être jamais satisfaits. L’homme est donc toujours déçu et frustré, il est inévitablement malheureux. Ainsi, selon Platon, l’élimination des désirs insatiables nous voue au supplice du tonneau des Danaïdes. Nous pourrions prendre l’exemple de l’Avare ou bien Don Juan « L’amour de l’homme décline sensiblement à partir du moment où il a reçu satisfaction ; presque toutes les femmes l’attirent plus que celle qu’il possède déjà, il aspire au changement » Ce qui signifie qu’atteindre l’objet convoité, c’est tué le désir en nous et susciter nécessairement l’ennuie. Un nouveau désir va surgir, brisant l’ennui, mais accroissant à nouveau la souffrance liée à l’absence de l’objet nouvellement désiré. Machiavel disait « D'ailleurs les désirs de l'homme sont insatiables : il est dans sa nature de vouloir et de pouvoir tout désirer, il n'est pas à sa portée de tout acquérir. » dans Discours sur la première décade.
L’homme lorsqu’il désire un objet a tendance à l’embellir, de sorte que même l’objet le plus futile lui paraitra indispensable et absolument merveilleux. Pour illustrer cela Stendhal dans De l’amour parle du phénomène de ‘’cristallisation ‘’ qui vise à embellir un objet banal. L’homme qui se laisse envahir par ses désirs peut donc en devenir esclave, il peut par exemple être amené à dilapider son argent dans le but de satisfaire son désir. Lucrèce explique cela dans De la Nature, expliquant les ‘’filets’’ de l’amour, l’homme est passionné et désire si fort un être qu’il serait prêt à dilapider tout son héritage pour cette personne.

La vie est donc essentiellement faite de souffrance. Certes, nous avons l’espoir d’arriver un jour au bonheur par la satisfaction de tous nos désirs, c’est d’ailleurs ce qui nous fait vivre, mais ce n’est qu’une vaine illusion. Ce qu’il faut donc, c’est arriver à échapper à la souffrance.
Le désir est insatiable et est source de souffrance, donc nous ne sommes jamais heureux. Le désir ainsi entendu s’oppose donc au bonheur, compris comme un état d’apaisement et de plénitude. C’est la raison pour laquelle les épicuriens, soulignant la vanité des désirs insatiables, incitent à les limiter, tandis que les ascètes stoïciens visent à en finir avec ces tensions incessantes pour atteindre la paix de l’âme (ataraxie). Saint Thomas D’Aquin disait : « Qui non potest cupiditatibus suis modum praeparat miseris dierum. » (Traduction : « Qui ne sait pas mettre des bornes à ses désirs se préparent des jours malheureux »)
Bonjour,

Il me semble que certains aspects du désir n'ont pas été abordés.
C'est déjà bien d'avoir noté que l'homme était un être de désir.
Se sentant incomplet, il est poussé à regarder hors de lui, à rechercher ce qui lui manque. L'homme désire fondamentalement le bonheur.
Mais il ne doit pas se tromper sur l'objet de son désir. L'insatisfaction est souvent la rançon de cette erreur. Désirer le mal crée le désordre…
Désirer n'est pas forcément synonyme de souffrance. Désirer le bonheur d'autrui peut être source d'un intense bonheur, répondre au désir d'autrui est souvent gratifiant. Atteindre ses objectifs est exaltant, le résultat fait oublier les difficultés. Celui qui a maintenu le cap, animé par son désir, peut se réjouir. Le désir a besoin de la foi et de l'espérance pour être nourri.
Merci beaucoup monsieur pour votre réponse. J'ai fait une 2ème et 3ème partie, pouvez-vous me dire si çà va svp? J'espère ne pas avoir fait HS car j'ai eu une mauvaise note à ma 1ère dissertation
Je vais refaire une sous partie dans ma 2ème partie avec ce que vous m'avez dit car effectivement, je n'ai pas pensé à çà 😞


Le désir n’est pas obligatoirement souffrance, il peut très bien procurer du plaisir et du bien être. Pour cela, il faut classer les désirs, les maîtriser, en faire une sélection et prendre garde à notre façon de désirer et nous méfier de nos désirs. Nous pourrions même aller jusqu’à les éradiquer totalement afin de n’avoir que des satisfactions car tous les désirs ne mènent pas forcément à la souffrance. C’est alors que plusieurs avis s’opposent. Pour Descartes, il faut « changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ». Epicure, lui, visant le bonheur, préconise de ne satisfaire toujours que les désirs naturels et nécessaires comme s’alimenter, dormir, boire de l’eau. Tous les désirs qui assurent la vie, la santé, et qui apporte l’ataraxie, du bonheur. Concernant les désirs naturels mais non nécessaires comme manger tel plat plutôt qu’un autre, il préconise de les satisfaire mais modérément. Ma vie ne dépend pas de quel plat je mange mais de l’action « manger » elle-même. Pour lui, il est normal que l’homme cherche à satisfaire ses désirs mais il doit abolir les désirs qui ne sont ni naturels ni nécessaires comme le désir de gloire, de richesse, le pouvoir ou l’immortalité car ce sont des désirs vains et ils sont porteurs de souffrance. De plus, ils ne sont pas essentiels au bonheur et la souffrance peut être aussi liée au fait que l’objet que nous possédons peut facilement nous être retiré. Une personne devenue riche peut se voir retirer sa fortune par exemple. En amour, il en va de même, le désir de l’amoureux est de garder l’objet de son amour car il y est attaché mais il peut lui être retiré du jour au lendemain. Ce qui revient à dire que c’est plutôt le fait d’être attaché qui fait souffrir et non pas le désir. La solution serait peut-être alors d’être détaché.
La réflexion des stoïciens s'appuie sur la distinction entre : d’une part, les choses qui dépendent de nous et sur lesquelles nous pouvons agir, et d’autre part les choses qui ne dépendent pas de nous et sur lesquelles nous n'avons aucun pouvoir. Pour vivre heureux et libre, selon eux, il ne faut pas lutter contre ce qui ne dépend pas de nous car c’est une lutte vaine, il vaut mieux l'accepter et nous abstenir des vices et passions qui nous y exposent. Il faut donc mettre notre bonheur dans des désirs dont la satisfaction ne dépend ni des autres ni des circonstances comme par exemple, le plaisir intellectuel. Certes, son obtention n’est pas facile mais au moins, elle ne dépend de personne d’autre que de nous-mêmes. Epicure, qui prône une morale hédoniste pense lui aussi qu’il faut désirer des choses qui ne dépendent que de nous, qui sont naturelles et nécessaires, et qu’il faut aimer et jouir des plaisirs de la vie, en particulier les plaisirs du corps.
Dans Gorgia de Platon, Socrate qui s’adresse à Calliclès, compare la vie d’un homme qui a des tonneaux bien remplis et qui n’a plus à s’occuper de quoi que ce soit ni à s’occuper d’eux, à la vie d’un autre homme n’ayant que des tonneaux percés qui, lui, serait forcé de les remplir jour et nuit sans relâche. Pour Socrate, la vie la plus heureuse des deux hommes, est celle de l’homme tempérant, raisonnable. Une vie tempérante vaut donc mieux qu’une vie déréglée. Ce qui signifie qu’il faut une prudence dans le désir, garder une certaine mesure. D’ailleurs Montaigne disait : «L’intempérance est la peste de la volupté ». En effet, le gourmet a plus de plaisir que le goinfre, et l’œnologue davantage que l’ivrogne. Le « bon vivant » n’est pas un obèse ou un alcoolique.


La vie, pour être heureuse, doit être tempérante, sage. Mais à quoi ressemblerait un être sans désir ? Nietzsche fait justement remarqué que le désir fait partie de l'essence de l'homme, vouloir le détruire est absurde car c'est vouloir détruire la vie.


Dans Gorgia de Platon, Calliclès répond à Socrate que la vie la plus heureuse est pour lui, contrairement à ca que pense Socrate, la vie déréglée de l’homme au tonneau percé, la vie où l’on satisfait tous ses désirs, surtout les plus grands et que la vie tempérante, si elle est une vie de repos (image du tonneau plein) n’est pas satisfaisante car elle implique ennui et aucune joie. Dans la vie, il vaut mieux des peines, de l’action, et des plaisirs. Pour Calliclès, le désir est la vie. Sans désir, la vie est comme morte. Le désir est le moteur de l’existence, d’une existence active, source d’ambition, d’entreprise, de conquête. Hegel en analysant les actes des grands hommes de l’histoire, conclut que « rien de grand dans le monde ne s’est accompli sans passion. ». Le désir et la passion sont ce qui pousse à agir et qui sont à l’origine de nombreux actes extraordinaires. Prenons Christophe Colomb par exemple, il était navigateur à la fin du XVème siècle et au début du XVIème siècle, il travaillait au service des monarques espagnols catholiques Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon. Il est en fait le premier homme de l’histoire moderne à avoir traversé l’océan Atlantique et à avoir découvert une route aller-retour entre le continent américain et l’Europe, et cela en cherchant une route pour aller aux Indes orientales. Nous devons cette découverte majeure à sa passion pour la navigation et à son désir d’aventure et de découverte.
L’ascétisme ou l’apathie ont pour défaut de conduire, s’ils sont menés à l’excès, à un oubli de la vie et à l’effacement de soi, à un état de tristesse latente, donc à une certaine diminution de son être et de sa puissance de vie. C’est pourquoi pour Spinoza, il ne faut surtout pas chercher à diminuer ses désirs, car « le désir est l’essence de l’homme », chacun aspirant en effet à accroitre sa puissance d’être, mais il faut essayer d’apprendre à les maîtriser et à favoriser les désirs positifs » de ceux qui nous « amoindrissent »
De plus, le désir est le fruit de notre imagination et donc source de bonheur. En effet, l’imagination est la faculté qu’à la pensée de se représenter des objets absents et son rôle dans l’élaboration et l’entretien du désir s’avère ainsi considérable. Rousseau, dans La Nouvelle Héloïse, dit « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère, et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. ». Pour lui, il y a dans l’attente, dans la représentation de la satisfaction, une jouissance non négligeable. L’imagination est décrite ici comme « une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire ». En effet, l’imagination nous permet d’avoir en esprit l’objet de notre désir, et permet donc d’entretenir ce désir. La conséquence de cette jouissance imaginaire de l’objet du désir est qu’elle est toujours supérieure à la jouissance réelle de celui-ci. En effet, l’imagination le modifie, l’embellit, même si c’est une illusion. Pour Rousseau, « le pays des chimères est en ce monde le seul digne d’être habité », « il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas ». Par conséquent, c’est le désir, et non la jouissance qui nous rend heureux : l’homme qui pourrait tout obtenir serait, aux dires de Rousseau, ‘’le plus malheureux des hommes’’.


Désirer est donc pour l’homme, qui veut être heureux, sujette à la souffrance mais pas nécessairement. En effet, l’homme peut éviter cette souffrance en étant plus raisonnable, simplement en supprimant ou diminuant certains désirs néfastes qui procurent davantage de peine que de plaisir. Ainsi, l’homme heureux se doit d’avoir une vie modérée et autarcique. En outre, malgré la souffrance que certains de nos désirs peuvent nous faire subir, il est important de préciser que nos désirs sont aussi les moteurs de nos existences et par conséquent ce qui peut donner sens à cette existence. Nous pourrions, d’un certain point de vue, donner raison à Horace qui disait : « Qui cupit aut metuit liber non erit unquam » (traduction : « Celui qui désire ou qui craint ne sera jamais libre »).
C'est mieux.
Veille bien à éviter les redites.
Soigne les transitions : tu ne peux affirmer "le désir est synonyme de souffrance", puis développer la thèse contraire.
L'ensemble du devoir n'est pas construit sur le bon schéma.
Tu affirmes d'abord OUI, ensuite tu examines un MAIS, la troisième partie n'est pas un dépassement mais l'antithèse de 1.
Si j'ai compris le cheminement de ta pensée il faudrait plutôt rédiger comme suit : le désir se traduit habituellement par une souffrance, or le désir fondamental est d'être heureux, comment donc concilier ce désir de bonheur avec les obstacles douloureux ?
Revois ton exemple de l'amour : si seulement le désir de se prémunir contre la disparition de l'être aimé est le moteur de ton affection, tu n'iras pas loin. Aimer, c'est se donner à fond au risque de se perdre. Sans ce risque on ne fait que se prêter. Le danger du désir amoureux, c'est d'abord son manque de maturité, puis l'usure de l'habitude. Le désir amoureux ne se survit que dans la nouveauté dans la fidélité, l'accueil de l'autre, la volonté de mieux le connaître, de lui donner un espace de liberté et d'épanouissement, un endroit où il peut se montrer vulnérable…
Enfin dans la conclusion, enlève cette ouverture finale qui contredit ton argumentation.