Les classiques, des incontournables ?
30 réponses · Page 1 / 2
Je me demandai, si les classiques étaient incontournables pour quiconque cherche à enrichir son niveau en français.
Ou, peut-on se contenter de quelque best-seller.
Voila, j'aimerais connaître votre avis sur la question.
Bonsoir Ares,
Ta formulation conditionne la réponse : bien sûr que les "Classiques" (c'est exprès, la majuscule…) sont incontournables… Que veux-tu apprendre dans un best-seller ? La belle langue ?
Muriel
Exact, la belle langue 😀
Car, il me semble que s'il étaient bâclés et mal rédigé.
Ils ne se vendraient pas autant. Mais bon, j'ai lu quelques Classiques; ( il me semble, Père Goriot … ) et je préfère de loin les livres contemporains.
Les gros tirages, les livres à succès (je n'aime pas le mot anglais, je ne sais pas exactement ce qu'il signifie) SONT bâclés et mal rédigés, en ce sens que les intrigues sont toujours réalisées avec le même fonds, seule change la sauce, et que l'écriture en est banale et répétitive, justement pour être lue vite et facilement : il s'agit de faire du fric.
C'est de l'écriture au kilomètre, du travail industriel ; dans le même temps, et sans toujours atteindre à l'art, les meilleurs livres sont à tout le moins artisanaux, de la belle ouvrage, du sur-mesure pour un lectorat diversifié et exigeant.
L'autre avantage des Classiques est que, issus de diverses époques, ils révèlent une évolution des idées et de la langue, donc permettent cet enrichissement de chacun que tu recherches.
Entendons-nous bien, par Classiques il ne faut point entendre uniquement le Siècle des Lumières, ou le XIXème : en fait, et selon moi, tous les grands auteurs méritent cette appellation, du Moyen-Âge jusqu'au XXème (voire depuis l'Antiquité).
Mais qu'est-ce qu'un grand auteur ? À mon sens, c'est un écrivain qui a duré au-delà des modes, qui a passé son siècle, qui a influencé un courant littéraire ou idéel ; ce peut être un presqu'inconnu aussi, seul le contenu de son oeuvre (pas nécessairement monumentale) en décide.
Il ne s'agit pas non plus obligatoirement de longs romans ou de lourdes épopées (je pense à Maupassant, mais aussi à Voltaire).
Ajoutons que tous ces "grands auteurs" peuvent n'être pas françophones, car les grands textes suscitent les grandes traductions, et beaucoup d'excellents traducteurs rendent merveilleusement bien le style ou le vocabulaire d'un grand écrivain (je pense à Hemingway, à Buzzati et tant d'autres).
En résumé, c'est justement parce qu'elles sont bâclées et mal rédigées que toutes ces productions écrites se vendent largement, appuyées par une publicité qui confine à l'indécence et à la folie (suivez mon regard) : elle visent à la facilité d'une pseudo-littérature et ne font que conforter chaque lecteur dans la médiocrité (= le niveau moyen, sans connotation péjorative).
J'appelle "auteur classique" celui qui a réussi à graver son nom dans l'histoire, celui qui passe à la postérité bref un incontournable!
la lecture des classique m'est tellement familière que je ne puis désormais plus lire un "best-seller".
Vu, sous cette angle et avec la magnifique argumentation de pierrot11, la réponse ne fait plus aucun doute.
Mais, j'ai quand même un pincement au coeur, quand tu dis, je cite : " Les gros tirages, les livres à succès (je n'aime pas le mot anglais, je ne sais pas exactement ce qu'il signifie) SONT bâclés et mal rédigés ".
Car je ne sais, ce que je donnerais pour atteindre leur niveau de langue. Certes, c'est sur que tous les livres ( ou du moins la plupart on un enjeux commercial ).
Mais, j'en conclut que les auteurs, prennent les lecteurs pour des ânes, étant donné qu'ils font tout pour se faire vendre. D'ailleurs, je ne m'étonne plus de voir des sagas de plus en plus longue ( dernière en date Harry Potter ). Qui joue sur la durée plutôt que sur la qualité ( bien que j'aime lire chaque nouvel opus ( pas étonnant vu mon niveau de français 😐 ))
Bonjour,
Il ne faut pas la jeter, cette "lecture"… Elle remplace la "Bibiothèque bleue" que les colporteurs apportaient dans les villages autrefois. Elle n'est en aucun cas en concurrence avec la "littérature" : il en faut pour tous les goûts : il faut les deux…
Quelqu'un de très fatigué par sa journée de travail ne va pas lire Voltaire dans le RER… c'est normal…
Mais si Ares veut perfectionner sa langue, c'est en lisant la "littérature" qu'il le pourra…
Je crois que le fameux Amadis de Gaule (XVe), n'était rien d'autre qu'un Harry Potter ou qu'un Da Vinci code… C'est juste pour dire que cela a toujours existé…
Muriel
Electre a écrit :J'appelle "auteur classique" celui qui a réussi à graver son nom dans l'histoire, celui qui passe à la postérité bref un incontournable !
Incontournable, oui, le terme est excellent pour qualifier ceux que j'appelle "grands auteurs", et transcrit bien le fond de ma pensée (même si j'en ai contournés quelques-uns).
Ares a écrit :Car je ne sais, ce que je donnerais pour atteindre leur niveau de langue. […] Mais, j'en conclus que les auteurs, prennent les lecteurs pour des ânes, étant donné qu'ils font tout pour se faire vendre.
Mais tu n'es pas loin de leur niveau de langue : ce ne sont pas des aigles (de mots 🙂 ) ; ils maîtrisent bien certaines constructions, mais il n'est pas difficile d'aligner sujet - verbe- compléments, et l'ordinateur fait le reste. De plus, ils travaillent le plus souvent avec des
nègres -pardon, des collaborateurs- qui leur préparent le travail tout mâché
En revanche, tu as raison de considérer qu'ils prennent les lecteurs pour des ânes en utilisant toutes les ressources de la publicité et de l'étude de marchés pour "cibler" un public et le tenir captif de la suite en le flattant dans le sens du poil par un style "coulant" (mais ce n'est pas un camembert !) et insipide comme de l'eau tiède.
Muriel a écrit :Elle remplace la "Bibliothèque bleue" que les colporteurs apportaient dans les villages autrefois.
Certes, et Muriel a raison, cette littérature "facile" a toujours existé, mais deux différences essentielles la distingue de ces tirages à succès d'aujourd'hui :
- la majorité de la population manquait d'instruction et ne savait pas ou mal lire : beaucoup ont appris dans ces ouvrages (en est-il autrement aujourd'hui ? théoriquement : oui) ;
- il n'y avait pas de pub, pas de télévision, pas de bourre-mou pour vendre cette salade, ces livres étaient distribués par les colporteurs et le bouche-à-oreille : nous sommes entrés dans l'ère industrielle et mondialisée de l'écriture.
À défaut de pouvoir lutter contre ce phénomène, j'apporte mon grain de sable à l'édifice en répondant à la question, pertinente, d'Ares : oui, la lecture des incontournables est indispensable pour élever son niveau de langue et enrichir son français.
P.S. j'ai eu la curiosité de me munir d'un dico d'anglais pour comprendre ce que signifie
"best-seller" => meilleure vente ! sans commentaire …
pierrot11 a écrit :ce ne sont pas des aigles (de mots 🙂 )
Pas mal ! 😉 J'admire sa prose inouïe et son sens oratoire divin!
" Madame se meurt ! Madame est morte !"
je trouve justement que c'est une erreur de prendre comme référence ultime les Classique ! Oui ils sont incontournable et c'est intéressant de les lire c'est même important car ils représentent leur époque et d'une certaine façon sont immortelle alors que les best seller (livres les mieux vendue ) retomberons vite dans l'oubli. Cependant , ses best sellers que vous dédaigner sont aussi de la culture et témoigne de notre époque et sont parfois bien écrit on veut nous faire croire que tous les best seller sont inintéressant et c'est faut je suis d'ailleurs reconnaissante de leur existences car ils incite les gens a lire et a ne pas se contenté des médias type télé , radio ou net . Vous rendez vous compte que certains au lycée avec l'échéance du bac ne sont pas capable de lire un livre en entier ? Ça me fait peur d'imaginer le nombre de personne qui n'ouvre jamais un livre sortie de leur études !
Pour conclure lire des Classique de la littérature c'est important et essentiel pour la culture générale personnelle et la poursuite des études mais ils n'y a pas que des classique pour bien écrire ! Les classique sont une culture mais les autre aussi comme dirai mon professeur tout est culture ! il ne faut pas en rejeter sous prétexte qu'elle ne cadre pas avec celle prisé par la société !
Rest à savoir à quel point de vue la lecture des classiques est reste incontournable.
Faut-il les lire pour en faire une "culture", pour en tirer un "héritage" ou pour s'en enrichir d'une expérience historique et sociale?
Les classiques c'est comme tout, il y en a des biens et des moins bien…
Il faut essayer de ne pas avoir trop d'a priori lorsque tu en commences un. C'est pareil pour les livres contemporains d'ailleurs : il y en a qui plaisent et d'autres non.
Autre chose : bien sûr les classiques sont parfois difficile à lire…mais pas toujours. Je te conseille Les trois mousquetaires de Dumas par exemple… Et d'ailleurs il y a des romans contemporains très ardus, je penses par exemple à Le Clézio.
Donc il faut lire de tout, mais avant tout ce qui te plaît : ça ne sert à rien de lire un livre que tu n'aimes pas.
Le divertissement n'a pas de connotation péjorative chez les anglo-saxons et ils aiment en avoir pour leur argent (en nombre de pages !).
Il y a tellement de classiques c'est-à dire d'écrivains qui ont eu à coeur de polir leurs écrits qu'on peut choisir et commencer en douceur. On peut rechercher les nouvelles pour avoir une idée de l'auteur ou approcher les romans par le genre qui attire le plus.
Je n'ai jamais pensé à me forger une culture, j'ai toujours lu, des contes de fées aux Voyages de Gulliver, des Enfants du Capitaine Grant aux Trois Mousquetaires ou à Croc Blanc. Je connaissais l'histoire de Zadig sans savoir qui était Voltaire. Sans me poser de questions et sans efforts, je suis donc passée à Salammbô, aux Misérables et au hasard, à beaucoup d' autres.
Lire est facile c'est un plaisir. Ecrire n'appartient pas exactement au même domaine, c'est une tâche avec ses contraintes.
Bonjour,
Je me posais la même question qu'Arès au sujet des classiques mais pour ceux qui ont été écrit depuis le moyen âge jusqu'au 18eme siecle environ (Beaumarchais Sade, par là quoi). Ont-ils vraiment encore un quelconque intêret pour l'homme du 21eme siecle ? Est ce que "De L'esprit des Lois" de Montesquieu peut réellement apporter quelque chose d'unique ou de vraiment propre à lui ? Est ce que Rabelais, avec ses jeux de mots, ses références mythologiques, à la Sorbonne, peuvent autant apporter qu'une étude de Nietzche ou Foucault ?
Personnelement je ne le crois pas, mais j'aimerai beaucoup une réponse claire et developpée. En gros, j'ai dans les mains "De l'Esprit des lois" et dois-je vraiment le lire pour ma culture ou il ne m'apportera vraiment pas grand chose, si ce n'est que ce livre n'est interessant que d'un point de vue historique ?
Le problème, c'est que lire une publication récente sans connaître les Classiques, c'est vouloir nier l'Histoire, non pas au sens où on se détournerait du passé, mais au sens où ce passé est inhérents à toute production actuelle. Les auteurs du XXème connissent les classiques, s'en imprègnent, les absorbent, les renient, et ainsi créent à partir de la culture antérieure. Le danger pour le lecteur qui ne lit pas les Classiques, c'est de ne pas comprendre le cheminement culturel dans lequel se situe l'oeuvre et ainsi ne peut pas reconnaître sa modernité, ni même son apport. Lire Marx avant Hegel, c'est ne pas savoir qui à commencé à parler de la dialectique de la production et de l'Histoire, c'est ne pas saisir combien est révolutionnaire le passage marxien au matérialisme historique. Quand aux best-sellers, je refuse de croire qu'ils puissent vraiment s'abstraire de l'Histoire et il faut avoir lu les oeuvres antérieures (les Classiques, quoi) pour comprendre toute leur richesse dans le contexte actuel sans quoi en ne peut saisir l'Esprit de notre temps. L'art a une Histoire. La refuser, c'est refuser l'art.
Excellente réponse Leni !
Ok je suis d'accord avec toi Leni mais je pense qu'il faut relativiser tes propos car on a pas besoin de connaitre l'histoire dans les moindres détails pour comprendre les livres plus comptemporains. Je pense qu'une connaissance partielle (je fais référence aux livres de synthese comme https://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=180734&OrderInSession=1&Mn=151&SID=2264e007-5d9c-d6ae-3eb9-18879603ce5d&TTL=270820071459&Origin=FnacAff&Ra=-1&To=0&Nu=19&UID=07f85f090-79fe-1059-141a-7523bdeeffed&Fr=0 celui là et https://www4.fnac.com/Shelf/article.aspx?PRID=180735&OrderInSession=1&Mn=151&SID=2264e007-5d9c-d6ae-3eb9-18879603ce5d&TTL=270820071459&Origin=FnacAff&Ra=-1&To=0&Nu=18&UID=07f85f090-79fe-1059-141a-7523bdeeffed&Fr=0 celui là qui donnent un excellent aperçu de ce qui s'est fait.)
Le temps est trop précieux pour s'attarder en profondeur (a moins qu'on soit passionné) sur les livres anciens alors qu'aujourd'hui on a des auteurs qui peuvent s'inspirer de ce qui s'est fait hier et ajouter des éléments en plus.
Je pense surtout aux livres comme De l'Esprit des Lois qui aujourd'hui n'ont quasiment plus d'intêret si on est pas un étudiant en droit ou si l'on est pas fasciné par ce domaine.
Hum pas si sûr ; on ne peut comprendre certains livres sans références à la littérature antique ou ancienne
Best seller → entertainment
personne (c'est à dire la masse) ne voit de mal à aller se mater une grosse bouse à base d'explosions au cinéma pour se décontracter (moi le premier). Cependant, on peut s'accorder à dire que cela ne va en rien changer notre vision du monde entier des choses, contrairement à un film d'auteur (je n'entends pas par film d'auteur un film fauché et gonflé d'onanisme, mais un film hanté par une individualité ).
Il en est de même pour la grande majorité des best sellers. ça passe le temps, ou ça le tue, ça dépend de votre dégré d'implication littéraire.
[ Il en va de même, mais personne ( toujours elle ) n'estime un blockbuster comme aussi riche qu'une lecture-blockbuster, personne n'égalise ces deux grosses bestioles ; paradoxe découlant de la diminution de l'activité de lecture au sein de notre société, devenue ainsi activité noble et anoblissante, au même titre qu'un joueur d'échecs, même médiocre, est considéré de nos jours avec respect. Mais je m'égare, je m'égare… ]
→ Aussi, ça ne fait pas de mal d'en lire un, soi pour se détendre, soi pour connaître l'ennemi.
Mais les classiques, et, dans une optique plus large, toute littérature douée d'une voix inédite ( car c'est bien ici que se joue la qualité d'une oeuvre ), ça vous travaille de l'intérieur, parfois sans que l'on en prenne conscience, ça ajoute des données sur tout ce qui vous entoure, ça creuse, ça tournoie, ça enrichit au dedans et, du point de vue de l'écriture, sous l'influence de tant de musiques différentes, cela rend votre oreille mélomane et vous ouvre la voix vers votre propre musique.
Aussi je suis contre le déni des best sellers et autres grosses machines, pouvant apporter un confort nécessaire avant l'essort et parfois même cacher quelques pépites.
Mais je trouve tout de même plus dangereux ce genre de propos de mixeur (cf Féline ), tendant à tout vouloir mettre au même niveau pour se conforter la paresse.
Rodolphe a parlé.
Youpi pour Rodolphe.
Féline (# 10) a écrit :on veut nous faire croire que tous les best seller sont inintéressant et c'est faut je suis d'ailleurs reconnaissante de leur existences car ils incite les gens a lire et a ne pas se contenté des médias type télé , radio ou net .
et Pierrot (# 8) a écrit :- la majorité de la population manquait d'instruction et ne savait pas ou mal lire : beaucoup ont appris dans ces ouvrages (en est-il autrement aujourd'hui ? théoriquement : oui) ;
J'en conclus que, hélas, nous n'avons pas progressé dans l'éducation populaire en 2 ou 3 siècles !