En quoi ces documents marquent-ils l’engagement des poètes et d’un peintre ?

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !
Tout d'abord, c'est mon premier post sur ce forum, j'ai bien relue toute les méthodes, etc mais je voudrais vos avis 😜
Alors voilà, je dois faire un corpus en devoir maison pour dans une semaine. Cependant, je n'en ai encore jamais fais et je ne suis pas sûr d'avoir bien appliqué la méthode. J'ai déjà beaucoup travaillé dessus: j'ai toute les idées et mon plan, il ne me reste plus que la rédaction.

Je vous donne le sujet puis ensuite mes notes, en espérant avoir quelques conseils 😀


Document A: Aggrippa d'Aubigné, les Tragiques I, "Misères", 1616.
*Petit intro racontant le contexte historique de la France au XVIe siècle: Les guerres de religion font des ravages, la St-Barthélémy. L'on s'y bat entre gens du même pays, parfois même de la même famille. Comment l'être humain que l'on conçoit bon peut-il être capables de telles horreurs et comment la foi chrétienne, qu'elle soit catholique ou protestante peut-elle les légitimer ?*
Je veux peindre la France une mère affligée,
Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups
D'ongles, de poings, de pieds, il brise le partage
Dont nature donnait à son besson l'usage ;
Ce voleur acharné, cet Esaü malheureux,
Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux,
Si que, pour arracher à son frère la vie,
Il méprise la sienne et n'en a plus d'envie.
Mais son Jacob, pressé d'avoir jeûné meshui,
Ayant dompté longtemps en son cœur son ennui,
À la fin se défend, et sa juste colère
Rend à l'autre un combat dont le champ et la mère.
Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris,
Ni les pleurs réchauffés ne calment leurs esprits ;
Mais leur rage les guide et leur poison les trouble,
Si bien que leur courroux par leurs coups se redouble.
Leur conflit se rallume et fait si furieux
Que d'un gauche malheur ils se crèvent les yeux.
Cette femme éplorée, en sa douleur plus forte,
Succombe à la douleur, mi-vivante, mi-morte ;
Elle voit les mutins tout déchirés, sanglants,
Qui, ainsi que du cœur, des mains se vont cherchant.
Quand, pressant à son sein d'une amour maternelle
Celui qui a le droit et la juste querelle,
Elle veut le sauver, l'autre qui n'est pas las
Viole en poursuivant l'asile de ses bras.
Adonc se perd le lait, le suc de sa poitrine ;
Puis, aux derniers abois de sa proche ruine,
Elle dit : « Vous avez, félons, ensanglanté
Le sein qui vous nourrit et qui vous a porté ;
Or vivez de venin, sanglante géniture,
Je n'ai plus que du sang pour votre nourriture !

Agrippa d'Aubigné, Les Tragiques, Livre I, Misères, vers 97 à 130.
Document B, Victor Hugo, "Souvenir de la nuit de quatre", Les Châtiments 1852
Le recueil poétique des Châtiments a été composé durant l'exil de Victor Hugo à Jersey, après le coup d'Eat de Napoléon III.
L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son œil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : "Comme il est blanc ! approchez donc la lampe !
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe !"
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer,
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
"Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ! monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ? Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! "
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
"Que vais-je devenir à présent, toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République."
Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.

Vous ne compreniez point, mère, la politique.
Monsieur Napoléon, c'est son nom authentique,
Est pauvre, et même prince ; il aime les palais ;
Il lui convient d'avoir des chevaux, des valets,
De l'argent pour son jeu, sa table, son alcôve,
Ses chasses ; par la même occasion, il sauve
La famille, l'église et la société ;
Il veut avoir Saint-Cloud, plein de roses l'été,
Où viendront l'adorer les préfets et les maires,
C'est pour cela qu'il faut que les vieilles grand-mères,
De leurs pauvres doigts gris que fait trembler le temps,
Cousent dans le linceul des enfants de sept ans.

Jersey, 2 décembre 1852
Document C: Arthur Rimbaud, Poésies, "Le Mal", 1870

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu'une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
- Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !… –

Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or ;
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Rimbaud, Poésies, 1870
Document D: Picasso, "Guernica", 1937
Créé en quelques semaines par Pablo Picasso, sur commande des républicains pour le pavillon Espagnol de l'Exposition universelle de Paris de 1937 (dédiée au progrès et à la paix), Guernica exprime la révolte du peintre espagnol. Cette immense toile est inspiré du bombardement de la ville de Guernica, pendant la guerre d'Espagne, par l'aviation nazie, alliée de Franco.

https://www.etudes-litteraires.com//histoiredesartscamus/files/2014/10/guernica.jpg


Ce que j'ai déjà fais:
Le plan, qui est provisoire car je ne suis pas sûr:
I) La forme du document, un outil transmettant des émotions
a) Allégorie, métaphore et hyperbole b) Le registre pathétique

II)L'engagement de l'artiste
a)Ces documents sont des réponses a leur contexte historique b)Un mouvement protestataire contre la guerre et la religion


Les "arguments" de chaque sous partie:
I)a)Les 4 textes utilisent l'allégories sauf dans document C (dans le but de quoi ?)? Les hyperboles et les métaphores permettent d'accentuer le côté horrible de la guerre.
b)Le registre pathétique est présent dans tout les textes. En effet, les champs lexicaux de la pitié et de l'expression de la douleur permettent de renforcer le sentiment d'injustice de la guerre.

II)a)Toute ces oeuvres ont été faîtes après un événement majeur de l'histoire des artistes, ce qui montre un engagement politique et "réactionnaire"
b) Présence de la religion dans tout les textes mais pas dans la peinture, plusieurs textes sont anti-cléricaux. Les artistes parlent à travers leurs oeuvre pour prendre parti, ils sont donc très engagés



Voilà j'ai déjà fait ça pour le moment, bien sûr les arguments ne sont pas rédigés et développés, je ferai ça après.
Vous en pensez quoi ? 😀
Merci d'avance 😜
Bonjour,

L'essentiel a été vu.
Il manque une introduction qui
- présente les textes,
- leur thématique.

Je mettrais 2 en 1
Le registre satirique n'a pas été identifié (chez Rimbaud), pas plus que l'épique (chez Picasso).

Dans 1, je ne parlerais pas de forme, il ne faut jamais séparer le fond de la forme.
Simplement identifier les registres et leur affecter les champs lexicaux et les procédés qui les sous-tendent.

Mais c'est bien parti.
Merci pour votre réponse !
Je viens de finir ce devoir et j'ai essayé de prendre en compte vos conseils. Voilà ce que ça donne:

De tout temps, les artistes ont su montré leur engagement à travers leurs œuvres. Du 17ème siècle au 20ème siècle, nous observons 3 œuvres littéraires ayant en commun le regitre pathétique ainsi que la thématique de la guerre et une toile intitulé « Guernica » du peintre espagnol Picasso au 20e siècle. Le premier texte «Misères » est écrit au 17ème siècle par Agrippa d’Aubigné, un célèbre poète baroque français, tandis que les deux autres œuvres, Souvenir de la nuit du quatre et Le Mal, respectivement des deux grands poètes français Victor Hugo et Arthur Rimbaud. Ainsi, comment ces artistes montrent ils leur engagement à travers leurs œuvres? Pour répondre à cette question, nous analyserons l’engagement profond de ses artistes avant d’observer les émotions transmises par les procédés d’écritures.

L’on peut constater que toute ces œuvres furent créés en réponse à un événement majeur des artistes, à chaque fois des guerres de causes différentes. Ces réponses montrent donc un fort comportement engagé et politique. On peut aussi noter la forte présence de la eligion dans les textes. Dans l’ écrit de Victor Hugo, Dieu est imploré « Ah ! Mon Dieu ! » ligne 30, et l’enfant « était bon et doux comme un Jésus » ligne 36. Les enfants dans « Misères » représentent les protestants et les catholiques pendant les guerres de religion du XVIe siècle et Dieu est accusé d’être indifférent face à la guerre. Dans Guernica, on remarque une mère qui hurle avec un enfant dans ses bras, ce qui peut nous faire penser à « La pieta », sculpure biblique représentant la Vierge Marie et Jesus.
Les artistes montrent aussi leur engagement en parlant à travers leur texte : Agrippa d’Aubigné parle de la ligne 31 à 34 pour exprimer son opinion sur cette guerre, Victor Hugo dans les 3 derniers vers s’exprime grâce à un élargissement de ses propos, passant du cadre intime à un cadre plus général. Pour finir, dans « Le Mal », Rimbaud s’adresse à la nature : « Nature ! Ô toi qui fis ces hommes saintement !… » ligne 9. Dans Guernica, l’on peut observer un œil en haut du tableau, symbolisant l’espoir et surtout le peintre, le désignant comme un témoin. Ce procédé montre ainsi la forte motivation et implication politique de ses personnes.

Ces œuvres ressemblent aussi à des textes argumentatifs, en essayant de nous convaincre par les sentiments. Pour ce fait, plusieurs procédés d’écriture sont employés, les métaphores permettant de déshumaniser les hommes, pour n’en faire que des pantins, des chiffres. Dans « Le Mal », « les bataillons en masse » ligne 4 deviennent « un tas fumant » ligne 7 , les frères une « sanglante géniture » ligne 28 dans Misères et pour l’écrit de Victor Hugo, l’enfant défunt n’est plus qu’un « cadavre » ligne 25. Pour la peinture de Picasso, les hommes sont représentés sans atout les distinguant, pour n’en faire que des clones, une masse une fois de plus.  L’allégorie est elle présente dans tout ces documents : les enfants dans « Misères » sont les catholiques et les protestants tandis que la mère est la Nation, la France. L’enfant dans le second texte peut être assimilé à la modestie et la simplicité du bas peuple : « le logis était propre, humble, paisible, honnête » ligne 2. Dans Guernica, le taureau symbolise la brutalité tandis que le cheval blessé représente le peuple martyr. Cela permet d’imager une idée pour en donner une force de persuasion.
L’on peut aussi identifier plusieurs registres. Les champs lexicaux de la complainte et de la douleur relèvent du registre pathétique et est commun à chaque œuvre. Dans l’écrit d’Agrippa d’Aubigné, on peut noter une énumération de complaintes ligne 15-17 « Ni les soupirs ardents, les pitoyables cris, ni les pleurs réchauffés », la grand-mère exprime sa douleur et sa tristesse tout au long du texte dans « Souvenir de la nuit du quatre » tandis que Rimbaud parle des mères « ramassés dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir » ligne 15-16. Le registre pathétiqe sert a émouvoir le lecteur pour qu’il prenne en pitié les personnages. Plusieurs autres registres sont aussi employés, comme celui du tragique dans « Misères » de part la présence inévitable de la future mort et du destin scellé des enfants, le registre épique dans Guernica et le registre satyrique envers Dieu dans « Le Mal ».

Pour conclure, l’on peut dire que les artistes utilisent différents procédés d’écritures pour montrer leur engagement politique. Ces procédés serviront à jouer avec les sentiments et apportent de vrais arguments aux lecteurs, tout ceci dans le but de les convaincre aux idées de l’artiste.

Si vous avez des remarques, n'hésitez pas ! 😀 Merci et bonne journée