Bonsoir à tous,
J'aide un amis au travail de son corpus sur la description, je lui ai déjà fais l'introduction,
mais maintenant il faut trouver un grand I et un grand II pour continuer le travail, mais je n'arrive pas a trouver deux idées contrastées intéressantes pour son corpus…
voici la question :
Après avoir travaillé le cours sur la description, vous proposerez une analyse ordonnée des trois textes-ci-dessus.
(voici ce que j'ai retenu du cours :
les fonctions majoritaires de la description… :
1) Fonction symbolique : la description, dans ce cas, a pour objectif de traduire symboliquement une atmosphère, la dimension dramatique d’un passage dans la narration etc.
2) Fonction expressive : la description traduit l’état d’âme du personnage.
Dans les deux extraits suivants, la description de l’environnement traduit l’état d’âme d’Emma
3) Fonction documentaire : donner des renseignements sur un pays, une ville etc.
4) Fonction mimésique : produire une impression de réalité
5) Fonction mathésique : lieu de diffusion des savoirs.
6) Fonction narrative (narration= action et non pas description)
7) Fonction esthétique: la description laisse libre cours au travail de l’imagination et de la création. La description est semblable à un poème, une composition dont le caractère esthétique tient au travail des mots.
8) Fonction argumentative :la description vise à étayer, défendre ou infirmer une thèse.)
Ce qui pose problème c'est que ma seule idée est de faire 1 paragraphe sur l'utilité de la description dans le roman, mais si je fais ça je n'aurai qu'un paragraphe et il en faut deux en corpus !
voici les trois textes :
le second
J'aide un amis au travail de son corpus sur la description, je lui ai déjà fais l'introduction,
mais maintenant il faut trouver un grand I et un grand II pour continuer le travail, mais je n'arrive pas a trouver deux idées contrastées intéressantes pour son corpus…
voici la question :
Après avoir travaillé le cours sur la description, vous proposerez une analyse ordonnée des trois textes-ci-dessus.
(voici ce que j'ai retenu du cours :
les fonctions majoritaires de la description… :
1) Fonction symbolique : la description, dans ce cas, a pour objectif de traduire symboliquement une atmosphère, la dimension dramatique d’un passage dans la narration etc.
2) Fonction expressive : la description traduit l’état d’âme du personnage.
Dans les deux extraits suivants, la description de l’environnement traduit l’état d’âme d’Emma
3) Fonction documentaire : donner des renseignements sur un pays, une ville etc.
4) Fonction mimésique : produire une impression de réalité
5) Fonction mathésique : lieu de diffusion des savoirs.
6) Fonction narrative (narration= action et non pas description)
7) Fonction esthétique: la description laisse libre cours au travail de l’imagination et de la création. La description est semblable à un poème, une composition dont le caractère esthétique tient au travail des mots.
8) Fonction argumentative :la description vise à étayer, défendre ou infirmer une thèse.)
Ce qui pose problème c'est que ma seule idée est de faire 1 paragraphe sur l'utilité de la description dans le roman, mais si je fais ça je n'aurai qu'un paragraphe et il en faut deux en corpus !
voici les trois textes :
Texte 1 : Flaubert, L’Éducation sentimentale (1869), 1ère partie, Chapitre 5
Frédéric Moreau, provincial venu à Paris pour y étudier le droit ,passe son premier été dans la capitale dans l’oisiveté la plus totale. Il est tombé amoureux d’une femme mariée, Madame Arnoux, absente de Paris.
Alors commencèrent trois mois d’ennui. Comme il n’avait aucun travail, son
désoeuvrement renforçait sa tristesse.
Il passait des heures à regarder, du haut de son balcon, la rivière qui coulait entre les
quais grisâtres, noircis, de place en place, par la bavure des égouts, avec un ponton de
blanchisseuses amarré contre le bord, où des gamins quelquefois s’amusaient, dans la vase, à
faire baigner un caniche. Ses yeux délaissant à gauche le pont de pierre de Notre-Dame et
trois ponts suspendus, se dirigeaient toujours vers le quai aux Ormes, sur un massif de vieux
arbres, pareils aux tilleuls du port de Montereau. La tour Saint-Jacques, l’hôtel de ville, Saint-
Gervais, Saint-Louis, Saint-Paul se levaient en face, parmi les toits confondus, — et le génie
de la colonne de Juillet resplendissait à l’orient comme une large étoile d’or, tandis qu’à l’autre
extrémité le dôme des Tuileries arrondissait, sur le ciel, sa lourde masse bleue. C’était par
derrière, de ce côté-là, que devait être la maison de Mme Arnoux.
Il rentrait dans sa chambre ; puis, couché sur son divan, s’abandonnait à une
méditation désordonnée plans d’ouvrage, projets de conduite, élancements vers l’avenir.
Enfin, pour se débarrasser de lui-même, il sortait.
Il remontait, au hasard, le quartier latin, si tumultueux d’habitude, mais désert à cette
époque, car les étudiants étaient partis dans leurs familles. Les grands murs des collèges,
comme allongés par le silence, avaient un aspect plus morne encore ; on entendait toutes
sortes de bruits paisibles, des battements d’ailes dans des cages, le ronflement d’un tour, le
marteau d’un savetier ; et les marchands d’habits, au milieu des rues, interrogeaient de l’oeil
chaque fenêtre, inutilement. Au fond des cafés solitaires, la dame du comptoir bâillait entre
ses carafons remplis ; les journaux demeuraient en ordre sur la table des cabinets de lecture ;
dans l’atelier des repasseuses, des linges frissonnaient sous les bouffées du vent tiède. De
temps à autre, il s’arrêtait à l’étalage d’un bouquiniste ; un omnibus, qui descendait en frôlant
le trottoir, le faisait se retourner ; et, parvenu devant le Luxembourg, il n’allait pas plus loin.
Quelquefois, l’espoir d’une distraction l’attirait vers les boulevards. Après de sombres
ruelles exhalant des fraîcheurs humides, il arrivait sur de grandes places désertes,
éblouissantes de lumière, et où les monuments dessinaient au bord du pavé des dentelures
d’ombre noire. Mais les charrettes, les boutiques recommençaient, et la foule l’étourdissait, —
le dimanche surtout, — quand, depuis la Bastille jusqu’à la Madeleine, c’était un immense flot
ondulant sur l’asphalte, au milieu de la poussière, dans une rumeur continue ; il se sentait
tout écoeuré par la bassesse des figures, la niaiserie des propos, la satisfaction imbécile
transpirant sur les fronts en sueur ! Cependant, la conscience de mieux valoir que ces
hommes atténuait la fatigue de les regarder.
le second
Texte 2, Zola, La Curée –ch.1 (1871)et le dernier :
La calèche entra et vint s'arrêter devant le perron.
Ce perron, aux marches larges et basses, était abrité par une vaste marquise vitrée, bordée d'un lambrequin à franges et à glands d'or. Les deux étages de l'hôtel s'élevaient sur des offices, dont on apercevait, presque au ras du sol, les soupiraux carrés garnis de vitres dépolies. En haut du perron, la porte du vestibule avançait, flanquée de maigres colonnes prises dans le mur, formant ainsi une sorte d'avant-corps percé à chaque étage d'une baie arrondie, et montant jusqu'au toit, où il se terminait par un delta. De chaque côté, les étages avaient cinq fenêtres, régulièrement alignées sur la façade, entourées d'un simple cadre de pierre. Le toit, mansardé, était taillé carrément, à larges pans presque droits.
Mais, du côté du jardin, la façade était autrement somptueuse. Un perron royal conduisait à une étroite terrasse qui régnait tout le long du rez-de- chaussée ; la rampe de cette terrasse, dans le style des grilles du parc Monceau, était encore plus chargée d'or que la marquise et les lanternes de la cour. Puis l'hôtel se dressait, ayant aux angles deux pavillons, deux sortes de tours engagées à demi dans le corps du bâtiment, et qui ménageaient à l'intérieur des pièces rondes. Au milieu, une autre tourelle plus enfoncée, se renflait légèrement. Les fenêtres, hautes et minces pour les pavillons, espacées davantage et presque carrées sur les parties plates de la façade, avaient, au rez- de-chaussée, des balustrades de pierre, et des rampes de fer forgé et doré aux étages supérieurs. C'était un étalage, une profusion, un écrasement de richesses. L'hôtel disparaissait sous les sculptures. Autour des fenêtres, le long des corniches, couraient des enroulements de rameaux et de fleurs ; il y avait des balcons pareils à des corbeilles de verdure, que soutenaient de grandes femmes nues, les hanches tordues, les pointes des seins en avant ; puis, çà et là, étaient collés des écussons de fantaisie, des grappes, des roses, toutes les efflorescences possibles de la pierre et du marbre. A mesure que l'œil
montait, l'hôtel fleurissait davantage. Autour du toit, régnait une balustrade sur laquelle étaient posées, de distance en distance, des urnes où des flammes de pierre flambaient. Et là, entre les oeils-de-boeuf des mansardes, qui s'ouvraient dans un fouillis incroyable de fruits et de feuillages, s'épanouissaient les pièces capitales de cette décoration étonnante, les frontons des pavillons, au milieu desquels reparaissaient les grandes femmes nues, jouant avec des pommes, prenant des poses, parmi des poignées de jonc. Le toit, chargé de ces ornements, surmonté encore de galeries de plomb découpées, de deux paratonnerres et de quatre énormes cheminées symétriques, sculptées comme le reste, semblait être le bouquet de ce feu d'artifice architectural.
A droite, se trouvait une vaste serre, scellée au flanc même de l'hôtel, communiquant avec le rez-de-chaussée par la porte-fenêtre d'un salon. Le jardin, qu'une grille basse, masquée par une haie, séparait du parc Monceau, avait une pente assez forte. Trop petit pour l'habitation, si étroit qu'une pelouse et quelques massifs d'arbres verts l'emplissaient, il était simplement comme une butte, comme un socle de verdure, sur lequel se campait fièrement l'hôtel en toilette de gala. A la voir du parc, au-dessus de ce gazon propre, de ces arbustes dont les feuillages vernis luisaient, cette grande bâtisse, neuve encore et toute blafarde, avait la face blême, l'importance riche et sotte d'une parvenue, avec son lourd chapeau d'ardoises, ses rampes dorées, son ruissellement de sculptures. C'était une réduction du nouveau Louvre, un des échantillons les plus caractéristiques du style Napoléon III, ce bâtard opulent de tous les styles. Les soirs d'été, lorsque le soleil oblique allumait l'or des rampes sur la façade blanche, les promeneurs du parc s'arrêtaient, regardaient les rideaux de soie rouge drapés aux fenêtres du rez- de-chaussée ; et, au travers des glaces si larges et si claires qu'elles semblaient, comme les glaces des grands magasins modernes, mises là pour étaler au- dehors le faste intérieur, ces familles de petits bourgeois apercevaient des coins de meubles, des bouts d'étoffes, des morceaux de plafonds d'une richesse éclatante, dont la vue les clouait d'admiration et d'envie au beau milieu des allées.
Texte 3, Zola, Le Ventre de Paris –ch.1 ( 1873)
Florent, le personnage principal, et Claude Lantier, peintre, circulent dans le quartier des Halles, à Paris.
Il dut le suivre. Ils marchaient côte à côte, comme deux camarades, enjambant les paniers et les légumes. Sur le carreau de la rue Rambuteau, il y avait des tas gigantesques de choux-fleurs, rangés en piles comme des boulets, avec une régularité surprenante. Les chairs blanches et tendres des choux s’épanouissaient, pareilles à d’énormes roses, au milieu des grosses feuilles vertes, et les tas ressemblaient à des bouquets de mariée, alignés dans des jardinières colossales. Claude s’était arrêté, en poussant de petits cris d’admiration.
Puis, en face, rue Pirouette, il montra, expliqua chaque maison. Un seul bec de gaz brûlait dans un coin. Les maisons, tassées, renflées, avançaient leurs auvents comme « des ventres de femme grosse », selon l’expression du peintre, penchaient leurs pignons en arrière, s’appuyaient aux épaules les unes des autres. Trois ou quatre, au contraire, au fond de trous d’ombre, semblaient près de tomber sur le nez. Le bec de gaz en éclairait une, très blanche, badigeonnée à neuf, avec sa taille de vieille femme cassée et avachie, toute poudrée à blanc, peinturlurée comme une jeunesse. Puis la file bossuée des autres s’en allait, s’enfonçant en plein noir, lézardée, verdie par les écoulements des pluies, dans une débandade de couleurs et d’attitudes telle, que Claude en riait d’aise. Florent s’était arrêté au coin de la rue de Mondétour, en face de l’avant-dernière maison, à gauche. Les trois étages dormaient, avec leurs deux fenêtres sans persiennes, leurs petits rideaux blancs bien tirés derrière les vitres ; en haut, sur les rideaux de l’étroite fenêtre du pignon, une lumière allait et venait. Mais la boutique, sous l’auvent, paraissait lui causer une émotion extraordinaire. Elle s’ouvrait. C’était un marchand d’herbes cuites ; au fond, des bassines luisaient ; sur la table d’étalage, des pâtés d’épinards et de chicorée, dans des terrines, s’arrondissaient, se terminaient en pointe, coupés, derrière, par de petites pelles, dont on ne voyait que le manche de métal blanc. Cette vue clouait Florent de surprise ; il devait ne pas reconnaître la boutique ; il lut le nom du marchand, Godebœuf, sur une enseigne rouge, et resta consterné. Les bras ballants, il examinait les pâtés d’épinards, de l’air désespéré d’un homme auquel il arrive quelque malheur suprême.



