Bonjour , j'ai un commentaire composé sur l'incipit de giono la solitude de la pitié , et c'est pas facile ! Je comprends pas ce que giono veux dire par " Je dis pleine terre comme on dis pleine mer " . Quelqu'un pourrait il m'éclairer ?
Giono, Solitude de la pitié - Incipit
29 réponses · Page 1 / 2
J'ai encore du mal , ne serait ce que pour l'élan de la terre ou de la mer .
Mais non, la "pleine terre" est assimilée à la "pleine mer" car on y est seul et qu'on est son maître.
cf "Ce vieux Rodolphe, qui mangeait le fromage, c'est le capitaine de tout ça". Le meurtre d'Augusta a été médité en parfaite autarcie, comme quand on est en pleine mer. Le cadre s'y prête du reste…
Mais tous ne profitent pas de ce genre d' "arrangements", témoin Firmin :
cf "Des hommes perdus sur des radeaux, en pleine terre".
cf "Ce vieux Rodolphe, qui mangeait le fromage, c'est le capitaine de tout ça". Le meurtre d'Augusta a été médité en parfaite autarcie, comme quand on est en pleine mer. Le cadre s'y prête du reste…
Mais tous ne profitent pas de ce genre d' "arrangements", témoin Firmin :
cf "Des hommes perdus sur des radeaux, en pleine terre".
Ah merci , pourriez vous m'aider à m orienter sur mon commentaire , je voulais partir sur le lien entre nature et personnages , notamment la maison personnifié , mais tourne autour de rien j'ai l'impression , auriez vous une piste à me donner pour m aider s'il vous plaît ?
Plus le temps ce soir. Demain ?
Oui quand vous aurez le temps c est deja très aimable de bien vouloir m'aider
Oui, bien sûr, il faut partir d'une étude de la nature : ce n'est pas tant ici une force agissante qu'un élément qui détermine les comportements : vastes solitudes, absence de vie, hostilité générale du milieu : "Le reste du temps, il n'y a pas de voix dans le pays, pas de chansons d'arbres, seulement ce bruit d'os secs et de pierrailles, quand le vent coule dans les chênaies". Il faut aussi faire le rapprochement avec la mer, aussi vaste que cette terre, sans rien qui accroche le regard, et où l'on se sent seul et libre (faussement libre) ; c'est l'image du radeau (où l'on va à la dérive). Il faut aussi parler de la maison, sorte de cloaque nanti de "pièges".
L'homme est sauvage, à l'image de cette nature : c'est l'égoïsme qui l'anime, et l'égoïsme, c'est l'opposé de la pitié, ce qui nous renvoie au titre du recueil. Les deux histoires rapportées par le narrateur, simple témoin (sauf à l'extrême fin), ont des dénouements différents, mais un point commun : l'absence de remords des comparses, réduits au seul instinct qui les pousse à vouloir "manger" plus que les autres… ; j'adore l'image de la pauvre Augusta étranglée, traînée dans les labours et pendue "comme une pintade" dans l'escalier du grenier sous les yeux du "capitaine" qui mange tranquillement son fromage.
Attention : vous avez parlé de l'incipit de Solitude de la pitié, mais votre texte s'intitule "Radeaux perdus", c'est une des nouvelles du recueil qui porte comme titre celui de la première nouvelle, selon une habitude qu'on trouve chez Maupassant, par exemple. Ces nouvelles sont diverses, mais toutes centrées sur cette notion de pitié, éprouvée tantôt par le narrateur, tantôt par le simple lecteur, et toujours inutile faute de pouvoir atteindre son objet.
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Le verbe "déterminer" que j'ai utilisé au début est peut-être un peu fort… Peut-être serait-il plus judicieux de dire que la terre "porte" les personnages comme la mer porte les navires.
Jean-Luc, si tu passes par là, tu nous dis ce que tu en penses ? 😉
L'homme est sauvage, à l'image de cette nature : c'est l'égoïsme qui l'anime, et l'égoïsme, c'est l'opposé de la pitié, ce qui nous renvoie au titre du recueil. Les deux histoires rapportées par le narrateur, simple témoin (sauf à l'extrême fin), ont des dénouements différents, mais un point commun : l'absence de remords des comparses, réduits au seul instinct qui les pousse à vouloir "manger" plus que les autres… ; j'adore l'image de la pauvre Augusta étranglée, traînée dans les labours et pendue "comme une pintade" dans l'escalier du grenier sous les yeux du "capitaine" qui mange tranquillement son fromage.
Attention : vous avez parlé de l'incipit de Solitude de la pitié, mais votre texte s'intitule "Radeaux perdus", c'est une des nouvelles du recueil qui porte comme titre celui de la première nouvelle, selon une habitude qu'on trouve chez Maupassant, par exemple. Ces nouvelles sont diverses, mais toutes centrées sur cette notion de pitié, éprouvée tantôt par le narrateur, tantôt par le simple lecteur, et toujours inutile faute de pouvoir atteindre son objet.
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Le verbe "déterminer" que j'ai utilisé au début est peut-être un peu fort… Peut-être serait-il plus judicieux de dire que la terre "porte" les personnages comme la mer porte les navires.
Jean-Luc, si tu passes par là, tu nous dis ce que tu en penses ? 😉
Je comprends bien votre approche de ce texte, et je la comprends, je vous remercie énormément, peut on également comme je l'ai fais beaucoup en cours, parler du vent comparé à l'eau, quand giono parle de vent qui coule notamment, et faire une sorte de combat terre ciel avec ce vent qui emporte les oiseaux dans ce monde contre leur volonté, une sorte d'enfer ? Je ne sais pas si notre prof veux nous amener à la comparaison épique style homère vous voyez.
PS: J'ai fais l'étude intégrale de Regain , avec Pan , est il présent dans cette ouvrage ou non ? Je ne l'ai jamais lu .
PS: J'ai fais l'étude intégrale de Regain , avec Pan , est il présent dans cette ouvrage ou non ? Je ne l'ai jamais lu .
Oui pour la métaphore de l'eau, non pour le registre épique; quand à la pie observez bien son mouvement.
Il existe dans le recueil une nouvelle intitulée Prélude de Pan, et à propos de laquelle on peut parler d'épique et de fantastique, surtout. Oui, l'image de Pan est à l'origine de la trilogie Colline - Un de Baumugnes - Regain. Ce dieu grec revisité par Giono symbolise les forces naturelles qui subjuguent l'homme en lui faisant perdre sa volonté, mais non sa raison ; comme telle, son image est bivalente : à la fois bénéfique (il guérit le mal fait par l'Homme) et maléfique : dans la nouvelle, ce "dieu", en laissant hommes et bêtes s'accoupler, est responsable de la naissance d'êtres monstrueux qu'on s'empresse de noyer… Pan revêt alors une dimension clairement diabolique. On retrouvera cette même bivalence des puissances naturelles dans la trilogie ; force maléfique au début de Colline, force bénéfique dans Regain.
Il existe dans le recueil une nouvelle intitulée Prélude de Pan, et à propos de laquelle on peut parler d'épique et de fantastique, surtout. Oui, l'image de Pan est à l'origine de la trilogie Colline - Un de Baumugnes - Regain. Ce dieu grec revisité par Giono symbolise les forces naturelles qui subjuguent l'homme en lui faisant perdre sa volonté, mais non sa raison ; comme telle, son image est bivalente : à la fois bénéfique (il guérit le mal fait par l'Homme) et maléfique : dans la nouvelle, ce "dieu", en laissant hommes et bêtes s'accoupler, est responsable de la naissance d'êtres monstrueux qu'on s'empresse de noyer… Pan revêt alors une dimension clairement diabolique. On retrouvera cette même bivalence des puissances naturelles dans la trilogie ; force maléfique au début de Colline, force bénéfique dans Regain.
A vrai dire , j'ai vu que la pie luttait , mais d'un côté on parle de collines rousses et sombre et apres de roux et vert , donc c'est moyennement compris ce passage . Je voulais également parler du rapport personnages nature , est ce qu il faut dire qu ils luttent contre cette nature ou qu'au contraire ils reflètent leur nature comme vous l'avez dis ? Cherchent ils à défier la nature ?
Elle lutte un moment, puis se laisse porter par le vent parce qu'elle aperçoit une contrée plus souriante au-delà de ce "désert".
Non, pas du tout, le rapport entre la nature et les personnages est de l'ordre du symbole, pas de la fonctionnalité. Les personnages ne pensent qu'à leur intérêt : l'argent ou les biens, on ne sait pas trop, mais peu importe. Malgré tout, dans ce pays où il ne passe personne, ils se sont crus à l'abri, à tort (pour les héros de la première histoire).
Non, pas du tout, le rapport entre la nature et les personnages est de l'ordre du symbole, pas de la fonctionnalité. Les personnages ne pensent qu'à leur intérêt : l'argent ou les biens, on ne sait pas trop, mais peu importe. Malgré tout, dans ce pays où il ne passe personne, ils se sont crus à l'abri, à tort (pour les héros de la première histoire).
Peut on dire que la nature étant singulière, les personnages prennent marque de cette nature, c'est le symbole, mais quand mme on sent une ressemblance, un froid particulier non ? Je vois pas comment lier égoisme, méchanceté et avarisme avec la nature..
Tous ces défauts sont ceux de l'Homme livré à lui même, privé de repère, à la dérive ; le cadre naturel, froid, sans vie, sans bornes porte une humanité à son image, la détermine peut-être, comme je le disais. Les personnages se croient libres, et ils croient pouvoir satisfaire leurs instincts sans rendre de compte à personne.
Cela ne veut du reste pas dire que pour Giono, l'homme soit naturellement méchant ; c'est un être ambivalent, comme les forces naturelles qui l'environnent, et donc peut-être à leur image.
Cela ne veut du reste pas dire que pour Giono, l'homme soit naturellement méchant ; c'est un être ambivalent, comme les forces naturelles qui l'environnent, et donc peut-être à leur image.
Oui je vois , vous préconisez un plan en 2 ou 3 parties , j'étais plutôt parti sur 2 parties qui seraient :
I) l'environnement vaste
II) La nature des personnages
I) l'environnement vaste
II) La nature des personnages
Oui, deux parties si vous voulez, mais ne titrez pas la première partie de façon aussi précise, l'étendue du cadre est une sous-partie, il y a d'autres caractéristiques à mettre en valeur, comme nous avons vu. Demandez-vous aussi quel va être le but de votre étude, formulez une problématique, en quelque sorte. Bien sûr, tout cela est à faire après une analyse linéaire du texte et des notes informelles au brouillon. N'oubliez pas non plus de faire des remarques sur l'expression parallèlement aux idées que vous dégagez.
Mon plan est bien si je laisse justement environnment en premiere partie ? J'ai du mal avec les sous entendu et tout ça quoi, comment écrit Giono , je sais pas si j'arriverais à décrypter.
Bonjour , peut on dire que meme dans ce pays sauvage , la justice est quand même rendue, au tout début on nous dis qu'on juge une famille de paysans ?
Bonjour , peut on dire que meme dans ce pays sauvage , la justice est quand même rendue, au tout début on nous dis qu'on juge une famille de paysans ?
Oui, bien sûr, le narrateur, sortant de son objectivité, dit même qu' Augusta a été "vengée". Un conseil : attachez-vous bien au texte.
Je pensais dire que tout ce pays est sauvage, mais qu'à la fin on devient moins sauvage, ces bêtes sont jugées pour un crime.
Le procès n'est absolument pas développé par le narrateur (fait-divers réel, soit dit en passant) ; et surtout, la justice ne saurait être pour nous une compensation suffisante à l'absence de pitié ou de remords chez les personnages. Voyez aussi le dénouement de la seconde histoire…
Il n'y a aucun rayon de lumière dans cette nouvelle. Quand a la nature, elle est restée immuable. Je dis "est restée" parce que ce n'est pas une histoire qui se "fait", mais des faits passés rapportés par un narrateur qui manifestement a suivi le procès.
Ce n'est pas le Chant du Monde que j'entends ici, c'est son silence.
Il n'y a aucun rayon de lumière dans cette nouvelle. Quand a la nature, elle est restée immuable. Je dis "est restée" parce que ce n'est pas une histoire qui se "fait", mais des faits passés rapportés par un narrateur qui manifestement a suivi le procès.
Ce n'est pas le Chant du Monde que j'entends ici, c'est son silence.



