Honoré d’Urfé, L’Astrée, Stances d’Hylas

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

J'ai besoin de votre aide pour m'éclairer sur un commentaire qui porte sur les stances d'Hylias dans l'oeuvre L'Astrée d'Honoré d'Urfé. Voici le texte :
"Je le confesse bien, Philis est assez belle
Pour brûler qui le veut;
Mais que, pour tout cela, je ne sois que pour elle,
Certes il ne se peut.

Lorsqu'elle me surprit, mon humeur en fut cause,
Et non pas sa beauté;
Ores qu'elle me perd, ce n'est pour autre chose
Que pour ma volonté.

J'honore sa vertu, j'estime son mérite
Et tout ce qu'elle fait;
Mais veut-elle savoir d'où vient que je la quitte?
C'est parce qu'il me plait.

Chacun doit préférer, au moins s'il est bien sage,
Son propre bien à tous;
Je vous aime, il est vrai, je m’aime davantage:
Si faites-vous bien, vous.

Bergers, si dans vos coeurs ne régnait la feintise,
Vous en diriez autant;
Mais j'aime beaucoup mieux conserver ma franchise
Et me dire inconstant.

Qu'elle n'accuse donc sa beauté d'impuissance,
Ni moi d'être léger;
Je change, il eu certain; mais c'est grande prudence
De savoir bien changer.

Pour être sage aussi, qu'elle en fasse de même,
Égale en soit la loi
Que s'il faut par destin, que la pauvrette m'aime.
Qu'elle m'aime sans moi!"
Dans l'introduction, je ferais une amorce sur le baroque avant de parler brièvement de l'auteur, de son oeuvre et de poser la problématique que j'ai choisi : "Comment le personnage d'Hylias est-il une révélante illustration de la poésie baroque ?". J'ai déterminé le plan suivant mais je ne sais pas s'il convient :

I- Le thème de l'inconstance.
A. L'inconstance amoureuse.
B. Un personnage contradictoire = révélateur d'un caractère inconstant.

II- Un personnage éminemment baroque.
A. Les thèmes de la frivolité et de la liberté.
B- Un poème joyeux et lyrique.

Le problème que j'ai, c'est que je ne trouve pas de troisième partie. Je me vois mal faire une partie sur la métrique (je pense que ça serait hors propos), ou bien sur la religion parce qu'il n'y a pas assez d'éléments pour en faire une partie.

J'apprécie toute aide qui peut m'être fournie, merci 🙂.
Bonjour,

L'irresponsabilité et l'égoïsme du personnage ne sont pas relevées.

Il faudrait également noter le caractère délibératif du monologue.

Ce texte est d'abord un plaidoyer.

Il s'inscrit dans la tradition du langage galant des bergeries.

Comme problématique je verrais plutôt : En quoi ces stances sont-elles une délibération sur la responsabilité dans la relation amoureuse ?

Les parties :
- la responsabilité féminine
- l'irresponsabilité masculine
- une sagesse douteuse
Merci, je n'aurais jamais pensé à travailler sur ce thème-là !

Bonne journée 🙂
A rapprocher de l'éloge paradoxal de l'inconstance dans Dom Juan, texte plus tardif qui reprend des arguments semblables, notamment la culpabilisation de la victime.
Oui j'y avais pensé. Je pense aussi faire un aparté sur Narcisse.

Néanmoins, j'ai encore une petite question. La responsabilité de la femme transparaît ici à cause de sa beauté qui n'est pas à la hauteur d'Hylias. L'exigence qu'elle a aussi de la vouloir le fait fuir mais il n'y a pas d'autre éléments qui mettent en avant la culpabilité de la femme. Finalement, accuser la femme est un peu ironique de la part de ce personnage masculin, non ?
Bien entendu, le propos masculin est manipulateur :
- reprocher à la femme sa beauté pour ne pas avoir à maîtriser le désir qu'il éprouve (car Hylias lui a donné une suite concrète), et ne pas reconnaître que les actes amoureux engagent celui qui les pose,
- opposer deux conceptions amoureuses : la conception féminine qui souhaite la stabilité et la continuité de l'engagement ; la conception masculine hédoniste qui y voit un jeu sans conséquence, c'est le flirt (dérivé de conter fleurette)…
Et c'est comme cela qu'on peut démontrer que le personnage d'Hylias est éminemment baroque et son discours apporte le rire parce qu'il est révélateur de la frivolité de certains hommes comme Dom Juan (même si on peut juger ce propos anachronique). Finalement, il n'aime que lui, sa liberté et son bien-être. Il vit "à propos" et ne cherche pas à s'enfermer.
Il est en fait de tous les temps :
- épicurien dans sa consommation présente qui refuse d'envisager l'avenir,
- baroque par son goût du changement,
- en rupture avec la morale judéo-chrétienne du temps, (à noter la parodie de ces bergers - de plus hypocrites : la feintise - qui sont le contraire du "Bon pasteur").
On peut en effet envisager l'aspect satirique du texte qui se résumerait dans l'adage "courage ! fuyons."
J'avais noté le fait qu'il était le contraire du bon berger qui a la responsabilité de conduire son peuple sur le bon chemin.

Je vous remercie pour cette discussion et ces éclairements 🙂