Bonjour,
à l'université, un professeur m'avait dit qu'on ne pouvait parler d'oxymore que si l'expression était constituée d'un nom et d'un adjectif. Dans les autres cas, il voulait qu'on parle de paradoxisme. Néanmoins je ne trouve pas grand chose à propos de ce terme sur internet. Wikipédia parle d'une figure voisine de l'oxymore, sans vraiment donner de différences précises, et en donnant des exemples qui relèvent plutôt pour moi de l'antithèse : "La propriété, c'est le vol."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxisme_(rhétorique)C'est ainsi que j'irai reposer près de lui, chère à qui m'est cher, saintement criminelle.
Qualifieriez-vous cette expression d'oxymore (la seule nuance pour moi serait qu'il s'agit ici d'un adverbe et non d'un adjectif) ?
Personnellement, je ne trouverais pas le terme d'oxymore inapproprié.
Même avis que Laoshi…
Pour l'oxymore, la structure "adjectif + nom" et la structure "adverbe + adjectif" sont également possibles.
cette obscure clarté > obscurément clair
une sainte criminelle > saintement criminelle
Un extrait d'une chanson de Calogero donné en exemple dans l'article "Oxymore" :
Elles sont affreusement belles.
Bonjour tout le monde.
J’ai parcouru la discussion sans trouver de réponse à mon problème. Je bloque sur la phrase suivante, tirée de Vendredi ou la vie sauvage de Michel Tournier : "L’obscurité était devenue blanche autour de lui !"
J’hésite entre oxymore et antithèse. Nous avons bien un nom et un adjectif contradictoires mais ils ne sont pas inclus ensemble dans un groupe nominal ; l’adjectif étant ici attribut. Est-ce que la présence d’un groupe verbal séparant ces deux constituants oblige de fait à écarter l’hypothèse d’un oxymore ? J’ai quelques difficultés à cerner l’antithèse ici du fait de l’unité phrastique (absence de ponctuation, une seule proposition…). C’est peut-être une sotte erreur de ma part.
Voilà donc le dilemme que Tournier parvient à m’offrir. J’avoue que je ne m’y attendais pas de sa part. Comme quoi !
Merci de me sortir de cette… obscurité. Merci de votre aide.
Pour moi, il s’agit d’une antithèse, mieux encore peut-être d’un paradoxe.
Moi aussi je plaide pour l’antithèse. Je n’irai pas jusqu’au paradoxe.
Une obscurité blanche ou grise peut exister, je l’ai rencontrée dans le brouillard en haute montagne.
Oui, c’est vrai. Je n’avais pas pensé au moment où on est en haute montagne dans les nuages !