La description de l’incendie, comment mettre en valeur la puissance de flamme ?

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour.

Je cite le passage d'incendie trouvés dans plusieurs romans ( mémoires d'un âne, la débâcle et Harry Potter la relique de la mort).

Voici chacune des citations :


1. mémoires d'un âne
La lueur de l’incendie éclairait ma
pauvre écurie ; les cris, le bruit augmentaient ;
j’entendais les lamentations des domestiques, le
craquement des murs, des planchers qui s’écroulaient,
le ronflement des flammes ; la fumée pénétrait déjà
dans mon écurie, et personne ne songeait à moi ;
personne n’avait la charitable pensée d’ouvrir
seulement ma porte pour me faire échapper. Les
flammes augmentaient de violence ; je sentais une
chaleur incommode qui commençait à me suffoquer.

2. la débâcle
C’était vrai, les flammes avaient reparu, dès la tombée du jour ; et, de nouveau, le ciel s’empourprait d’une lueur scélérate. Dans l’après-midi, lorsque la poudrière du Luxembourg avait sauté avec un fracas épouvantable, le bruit s’était répandu que le Panthéon venait de crouler au fond des catacombes. Toute la journée d’ailleurs, les incendies de la veille avaient continué, le palais du conseil d’état et les tuileries brûlaient, le ministère des finances fumait à gros tourbillons. Dix fois, il avait fallu fermer la fenêtre, sous la menace d’une nuée de papillons noirs, des vols incessants de papiers brûlés, que la violence du feu emportait au ciel, d’où ils retombaient en pluie fine ; et Paris entier en fut couvert, et l’on en ramassa jusqu’en Normandie, à vingt lieues
3. la relique de la mort
Des flammes d’une taille
anormale les poursuivaient et léchaient au passage
les amas d’objets qui s’effritaient en se couvrant de
suie à leur contact.
Comme vous le voyez, la technique la plus utilisée est la personnalisation. Des objets gémissent…soit engourdis dans la flamme, qui est elle-même l'objet de personnalisation.
A votre avis, lequel de trois passages est mieux ? Quel est le passage qui donne bien de frayeur aux lecteurs ?

Merci d'avance. 😀
Une différence aussi de point de vue. Les textes 2 et 3 décrivent le spectacle de l'incendie. Le texte 1, en focalisation interne (je)donne à ressentir des émotions. Il permet l'identification du lecteur.
Tu verras que plusieurs sens sont utilisés aussi (la vue, l'ouïe…)
A votre avis, lequel de trois passages est mieux ?
Le deuxième.
Voici une autre évocation magnifique :
La bête souple du feu a bondi d'entre les bruyères comme sonnaient les coups de trois heures du matin. Elle était à ce moment-là dans les pinèdes à faire le diable à quatre. Sur l'instant, on a cru pouvoir la maîtriser sans trop de dégâts ; mais elle a rué si dru, tout le jour et une partie de la nuit suivante, qu'elle a rompu les bras et fatigué les cervelles de tous les gars. Comme l'aube pointait, ils l'ont vue, plus robuste et plus joyeuse que jamais, qui tordait parmi les collines son large corps pareil à un torrent. C'était trop tard.
Depuis qu'elle a poussé sa tête rouge à travers les bois et les landes, son ventre de flammes suit ; sa queue, derrière elle, bat les braises et les cendres. Elle rampe, elle saute, elle avance. Un coup de griffe à droite, un à gauche ; ici elle éventre une chênaie, là elle dévore d'un seul claquement de gueule vingt chênes blancs et trois pompons de pins ; le dard de sa langue tâte le vent pour prendre la direction. On dirait qu'elle sait où elle va.
Les buissons se sont défendus un moment en jurant, puis la flamme s'est dressée sur eux, et elle les a écrasés sous ses pieds bleus. Elle a dansé en criant de joie ; mais en dansant, la rusée, elle est allée à petits pas jusqu'aux genévriers, là-bas, qui ne se sont pas seulement défendus. En moins de rien; ils ont été couchés ; et ils criaient encore qu'elle, en terrain plat et libre, bondissait à travers l'herbe…
Ses muscles roux se tordent; sa grande haleine creuse un trou brûlant dans le ciel. La flamme saute comme si elle voulait quitter la terre pour toujours; à travers son corps aminci on peut voir toute la colline brûlée. Jean Giono, Colline).
Dans Ravage, de Barjavel
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A votre avis, lequel de trois passages est mieux ?
Difficile à dire…
Le texte de Zola a un souffle épique, c'est le morceau le plus soigné d'un pur point de vue littéraire. Le troisième est sec : il résume sans décrire, on dirait une rédaction de collégien.


Quel est le passage qui donne bien de frayeur aux lecteurs ?
Le premier : le lecteur s'identifie à Cadichon prisonnier de son écurie.
Texte 3 : traduction
Harry Potter et les reliques de la mort - chapitre 31
floreale a écrit :Une différence aussi de point de vue. Les textes 2 et 3 décrivent le spectacle de l'incendie. Le texte 1, en focalisation interne (je)donne à ressentir des émotions. Il permet l'identification du lecteur.
Bonsoir.

Le texte 1, je parle du ronflement des flammes. 🙂
Je n'aurais pas dû mettre l'identification de Cadichon.

Quant au texte 2, oui, c'est un souffle épique zolien. 😀
floreale a écrit :Texte 3 : traduction
Harry Potter et les reliques de la mort - chapitre 31


Merci, j'avais reconnu le titre !
Le texte n'en souffre pas moins d'être rapproché de celui de Zola et de celui de Sofia Fiodorovna Rostopchina, une experte en matière d'incendies !
Delia a écrit :
Merci, j'avais reconnu le titre !
Le texte n'en souffre pas moins d'être rapproché de celui de Zola et de celui de Sofia Fiodorovna Rostopchina, une experte en matière d'incendies !
J.K.Rowling n'épaulent pas sur deux grands auteurs français :/
Personnellement, je préfére les deux auteurs à l'écrivain anglaise. Je trouve pas trop belle
la tournure anglaise. oui.
Il est vrai que les quelques lignes extraites d'Harry Potter ne peuvent pas rivaliser avec les autres extraits. Il y a tout de même deux mots qui peuvent attirer l'attention, anormale et lécher.
Je suis allée lire la suite du texte notamment parce que lécher faisait penser à des animaux. Dans l'épisode les flammes poursuivent les héros comme si elles étaient vivantes et elles se transforment en "serpents, chimères et dragons" avec griffes et crocs. Les monstres de flammes se nourrissent des secrets du passé qui sont engloutis dans le brasier etc. Les héros se retrouvent encerclés par la bande de monstres.
Les héros sont en danger comme avec la comtesse de Ségur et l'incendie est mis en scène avec les ingrédients du fantastique.
Laoshi a écrit : Voici une autre évocation magnifique :
La bête souple du feu a bondi d'entre les bruyères comme sonnaient les coups de trois heures du matin. Elle était à ce moment-là dans les pinèdes à faire le diable à quatre. Sur l'instant, on a cru pouvoir la maîtriser sans trop de dégâts ; mais elle a rué si dru, tout le jour et une partie de la nuit suivante, qu'elle a rompu les bras et fatigué les cervelles de tous les gars. Comme l'aube pointait, ils l'ont vue, plus robuste et plus joyeuse que jamais, qui tordait parmi les collines son large corps pareil à un torrent. C'était trop tard.
Depuis qu'elle a poussé sa tête rouge à travers les bois et les landes, son ventre de flammes suit ; sa queue, derrière elle, bat les braises et les cendres. Elle rampe, elle saute, elle avance. Un coup de griffe à droite, un à gauche ; ici elle éventre une chênaie, là elle dévore d'un seul claquement de gueule vingt chênes blancs et trois pompons de pins ; le dard de sa langue tâte le vent pour prendre la direction. On dirait qu'elle sait où elle va.
Les buissons se sont défendus un moment en jurant, puis la flamme s'est dressée sur eux, et elle les a écrasés sous ses pieds bleus. Elle a dansé en criant de joie ; mais en dansant, la rusée, elle est allée à petits pas jusqu'aux genévriers, là-bas, qui ne se sont pas seulement défendus. En moins de rien; ils ont été couchés ; et ils criaient encore qu'elle, en terrain plat et libre, bondissait à travers l'herbe…
Ses muscles roux se tordent; sa grande haleine creuse un trou brûlant dans le ciel. La flamme saute comme si elle voulait quitter la terre pour toujours; à travers son corps aminci on peut voir toute la colline brûlée. Jean Giono, Colline).
Merci pour la citation ! 😀
J'ai lu le résumé du roman. C'est un roman qui aborde la malédiction, l'animal porte-malheur, on dirait….

Pour votre texte, c'est admirable : 😂

J'ai l'impression que l'enfant en feu(une fée de flamme ? ) s'amusait joyeusement au milieu de la forêt… J'aime cette contradiction entre la cruauté de feu et la gaieté des enfants….

Miam…c'est vraiment "délicieux" 🙄