Comtesse de Ségur, François le bossu

Littérature

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour.

J'ai profité de week-end dernier pour relire François le bossu. Dans ce roman, le sort de Maurice est si horrible que j'ai envie d'avoir votre opinion.

Voici la citation (wikipédia ) :
le sort du jeune Maurice, le persécuteur de François, est si horrible que l'éditeur avait demandé à l'auteur de le modifier, mais en vain. Cependant le roman devait s'appeler La mauvaise mère en référence à celle de Christine1, mais cette fois l'éditeur eut gain de cause.
Le prof m'a dit que la comtesse de Segur avait une foi ferme catholique et elle met les personnages de ses romans dans le dualisme bien et mal.

Son principe pédagogique est omniprésent dans le titre comme "Après la pluie, beau temps" , "les deux nigauds" (Elle critique la vie à Paris et voue sa culte à la vie en campagne)…etc

Elle est très sévère contre les petits gamins ignorants et mal élevé.. :/
J'ai pris le temps de la réflexion…
Oui, la Comtesse est animée d'une foi profonde qui lui inspire la compassion, l'anathème contre les mauvais riches et l'horreur du péché. Le pécheur, selon le dogme catholique risque l'Enfer, la séparation éternelle d'avec Dieu. Il peut cependant se repentir, jusqu'à son dernier souffle de vie.
Le destin horrible, pour la Comtesse, c'est de mourir sans s'être repenti, comme Michel, l'assassin de Gribouille :
Le jugement ne tarda pas à avoir lieu. L’assassin fut condamné à mort et exécuté dans le plus court délai ; il mourut en vrai brigand, refusant de répondre au prêtre qui l’accompagna jusqu’au lieu du supplice, et n’inspirant que du mépris et du dégoût.
ou encore Alcide, le mauvais génie :
malgré les vœux de sa victime :
Prions pour lui, mes bons amis ; j’ai demandé à M. l’aumônier une messe pour la conversion de ce malheureux. Puisse-t-il se repentir et mourir en paix avec sa conscience ! »
L’exécution d’Alcide eut lieu huit jours après ce combat. Il mourut en mauvais sujet et en mauvais soldat, comme il avait vécu. Il refusa d’écouter l’aumônier. Ses dernières paroles furent des injures contre ses chefs et contre Frédéric. Personne ne le regretta au régiment.
Ce n'est pas le sort de Maurice qui est horrible, mais celui d'Adolphe :
Mme de Guibert vint un jour à Nancé annoncer à Christine le mariage de sa fille Hélène avec Adolphe. Ce fut un triste ménage. Hélène aimait le monde et ne vivait que de bals, de concerts et de spectacles ; Adolphe aimait le jeu ; il y perdit une partie de sa fortune, se battit en duel, y fut blessé, et périt misérablement à la suite de cette blessure.
Le jeu, le duel sont fermement condamnés par l'Eglise catholique. Périr misérablement signifie qu'Adolphe ne sest pa repenti.
Maurice est gravement estropié mais cela lui est l'occasion d'une conversion :
Chez moi, personne ne prie ; personne ne parle du bon Dieu ; personne n’a l’air d’y penser. Monsieur de Nancé, ajouta-t-il en joignant les mains, ayez pitié de moi ! Je voudrais faire ma première communion comme l’a faite François, et je ne sais comment la faire ; je ne sais rien ; je ne sais même pas prier. Ayez pitié de moi ! Dites, que dois-je faire ?
« François, bon et généreux François, dit-il, je ne veux pas mourir sans te demander une dernière fois pardon de ma méchanceté passée. Ne pleure pas, François ; écoute-moi, car je me sens bien faible. Quand je ne serai plus, prie pour moi, demande au bon Dieu de me pardonner ; aime-moi mort comme tu m’as aimé vivant ; ton amitié a été ma consolation dans mes peines ; elle a sauvé mon âme en me ramenant à Dieu. Que Dieu te bénisse, mon François, et qu’il te rende le bien que tu m’as fait !
Maurice revint à lui ; il demanda M. le curé, que M. de Nancé avait déjà envoyé prévenir et qui entrait. Maurice reçut une dernière fois l’absolution et la sainte communion ; il demanda instamment l’extrême-onction, qui lui fut administrée.
Et ses dernières paroles :
« Dites-leur aussi que j’ai été bien heureux chez vous, que je les bénis et les remercie de m’avoir permis de venir mourir près de vous. Dites-leur qu’ils aiment François et Christine pour l’amour de moi. Dites-leur que je meurs en les aimant, en les bénissant ; que je meurs sans regrets et en bon chrétien. Adieu,… adieu… à maman… »
Une telle fin n'a rien d'horrible pour la Comtesse de Ségur. Maurice n'aura pas à traîner une existence d'infirme, il meurt dans la dignité comme nous disons aujourd'hui.