Bonjour.
J'ai envie d'ouvrir une discussion sur le sujet indiqué dans le titre.
Pour moi, c'est Pierre Rougon dans Rougon-Macquart. Il a écarté son frère et sa soeur de l'héritage familier et a bien fait pour que sa mère fêlée vende son terrain. Antoine Macquart, enragé de plan de son grand frère ( Il est né de père différent que Pierre, mais je l'appelle frère. ), il a demandé sa part sans la recevoir.
Et il a dirigé la bande insurrectionnelle, cet Antoine, qui a bouleversé Plassans. S'il n'était pas calculateur, la misère n'aurait pas surgit. 😀
Pour moi, je décerne la palme ex-aequo à Julien Sorel et Georges Duroy, deux arrivistes qui se servent des femmes.
Je pense que Léon Dupuis est un bon exemple aussi tout comme Rodolphe Boulanger 😀
Paradoxalement, tatuyaishikawa accorde la palme à Pierre Rougon, après avoir attiré notre attention sur Maitre Lebrument.
Lebrument et Félix Tholomyès (le père de Cosette) sont de beaux exemplaires.
Et Frédéric Moreau de l'Education sentimentale ?
Bardamu du Voyage au bout de la nuit ?
Bardamu se donne un mal de chien pour sauver Bébert et il ne fait pas payer les malades pauvres. Je ne le mettrai donc pas dans le même sac.
Moi je trouve Eugène de Rastignac dans Le père Goriot pas très sympathique, dans le sens où il laisse finalement "tomber" le père Goriot pour entrer dans la haute-société. C'est quelqu'un qui, même s'il a bon fond, n'ose pas aller contre ses intérêts.
Moi je trouve Eugène de Rastignac dans Le père Goriot pas très sympathique, dans le sens où il laisse finalement "tomber" le père Goriot pour entrer dans la haute-société.
Eugène ne laisse absolument pas tomber le père Goriot, il ne le quitte pas, il le veille à son lit de mort et paie l'enterrement !
Mais il ne prend jamais vraiment position en sa faveur face à ses filles. Il essaie constamment de jouer sur plusieurs tableaux. Il a bon fond mais j'avais l'impression (j'ai lu le livre il y a quelques temps) qu'il n'arrivait pas à prendre position, tiraillé entre son affection pour le père Goriot et son intérêt pour la haute société.
Maintenant je pense que ce personnage (comme ceux qui ont été cités ici) se retrouve dans un monde pour lequel il n'a jamais été préparé.
Pour Delia,
Delia a écrit :Bardamu se donne un mal de chien pour sauver Bébert et il ne fait pas payer les malades pauvres. Je ne le mettrai donc pas dans le même sac.
La générosité de Bardamu n'est pas en cause.
Ici il s'agit de lâcheté.
Pendant la guerre, Bardamu ne se montre pas courageux. Tout au long de sa descente aux enfers, il survit au moyen de combines crapuleuses. Il n'affronte jamais son destin et fuit sans cesse. L'honneur est pour lui la conduite des sots ou l'affectation des puissants… Les misérables ne peuvent s'offrir ce luxe. Bardamu est un pied nickelé, enfant perdu dans les convulsions du monde moderne.
Nous n'avons pas de Falstaff ?
Cette discussion est divertissante, j'y participe volontiers, mais elle nous fait perdre de vue l'essentiel : ces personnage sont des êtres de papier, sans existence objective et qu'ils sont donc hors de prise d'un jugement éthique.
Discuter leurs mérites de leurs démérites est un hommage au talent de leurs auteurs qui ont su créer un effet de réel mais ce n'est pas une discussion littéraire.
Mon principal reproche envers Frédéric Moreau est que le récit de sa vie instille un profond ennui. Avec Bardamu, moderne picaro, on ne s'ennuie jamais.
Et pourquoi n'aurions-nous pas le droit de porter une appréciation morale sur des êtres de fiction ?
S'ils ne sont pas réels, ils posent des actes, défendent des idées que le lecteur apprécie.
Pourquoi certaines lectures sont-elles interdites à l'école ? d'autres mises autrefois à l'index ?
Je dirais le Vicomte de Valmont, trop lâche pour s'avouer qu'il s'est pris à son propre jeu et aime Madame de Tourvel…Ce qui entraîne leur mort à tous les deux…
Jean-Luc a écrit :Pour Delia,
Delia a écrit :Bardamu se donne un mal de chien pour sauver Bébert et il ne fait pas payer les malades pauvres. Je ne le mettrai donc pas dans le même sac.
La générosité de Bardamu n'est pas en cause.
Ici il s'agit de lâcheté.
Pendant la guerre, Bardamu ne se montre pas courageux. Tout au long de sa descente aux enfers, il survit au moyen de combines crapuleuses. Il n'affronte jamais son destin et fuit sans cesse. L'honneur est pour lui la conduite des sots ou l'affectation des puissants… Les misérables ne peuvent s'offrir ce luxe. Bardamu est un pied nickelé, enfant perdu dans les convulsions du monde moderne.
Parler de lâcheté pour désigner Bardamu, c'est ne pas comprendre l'insignifiance que le personnage (et d'une certaine manière son auteur) confère à ce concept, notamment dans le cadre d'une guerre où ''être courageux'' consiste à accepter une boucherie..ou plus généralement dans un monde où prendre au sérieux les valeurs, honneurs et autres glorioles signifie ''participer'' à la médiocrité de l'existence.
Je pense donc que le regard nihiliste porté par le personnage nous empêche de le situer sur une échelle graduée en termes de ''valeurs'' (courage, ambition etc.)
GuillaumeP a écrit :Je dirais le Vicomte de Valmont, trop lâche pour s'avouer qu'il s'est pris à son propre jeu et aime Madame de Tourvel…Ce qui entraîne leur mort à tous les deux…
C'est pire : trop lâche pour résister à la suggestion de Merteuil, il envoie la lettre de rupture.
Pour ma part je suis allé chercher du cote de Racine , le personnage de Titus dans Bérénice. Il l'aime il choisit le pouvoir et passe par Antiochus pour l'annoncer à Bérénice.
Je suis sur qu'il y a bien plus lache mais j'ai trouvé son cas assez intéressant ! 🙂