Voltaire, Lettres philosophiques - Lettre VIII sur le Parlement

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjours à tous, j'aimerais avoir vos idées et ressentis concernant la lettre 8 sur le parlement écrite par Voltaire alors qu'il était en exil. Je n'ai compris que peu de chose concernant cette lettre, oui j'ai compris que Voltaire provoque une opposition entre le gouvernement anglais envers celui de Rome et la France et oui j'ai compris que celui-ci faisait une éloge du parlement Anglais qui a réussi à trouver le juste équilibre entre la liberté et l'autorité mais il y a plusieurs choses qui m'échappent. Comment Voltaire développe-t-il sa démonstration du contre pouvoir? Quel tableau Voltaire dresse t-il de la politique et quelle est la nécessité de ce tableau d'ensemble?


Merci d'avance de vos réponses qui j'espère, réussiront à m'éclairer 🙂
Tu aurais dû mettre le texte à l'écran.

Nous ignorons si ton travail porte sur toute la lettre (qui est longue) ou seulement sur un extrait et dans ce cas, il faudrait en préciser les limites.
Voltaire a écrit :HUITIÈME LETTRE. SUR LE PARLEMENT.
Les membres du Parlement d'Angleterre aiment à se comparer aux anciens Romains autant qu'ils le peuvent.
Il n'y a pas longtemps que M. Shipping, dans la Chambre des Communes, commença son discours par ces
mots : La majesté du peuple anglais serait blessée, etc. La singularité de l'expression causa un grand éclat de
rire ; mais, sans se déconcerter, il répéta les mêmes paroles d'un air ferme, et on ne rit plus. J'avoue que je ne
vois rien de commun entre la majesté du peuple anglais et celle du peuple romain, encore moins entre leurs
gouvernements. Il y a un sénat à Londres, dont quelques membres sont soupçonnés, quoique à tort sans doute,
de vendre leurs voix dans l'occasion, comme on faisait à Rome : voilà toute la ressemblance. D'ailleurs les
deux nations me paraissent entièrement différentes, soit en bien, soit en mal. On n'a jamais connu chez les
Romains la folie horrible des guerres de religion ; cette abomination était réservée à des dévôts prêcheurs
d'humilité et de patience. Marius et Sylla, Pompée et César, Antoine et Auguste ne se battaient point pour
décider si le Flamen devait porter sa chemise par−dessus sa robe, ou sa robe par−dessus sa chemise, et si les
poulets sacrés devaient manger et boire, ou bien manger seulement, pour qu'on prît les augures. Les Anglais
se sont fait pendre autrefois à leurs assises, et se sont détruits en bataille rangée pour des querelles de pareille
espèce ; la secte des épiscopaux et le presbytéranisme ont tourné pour un temps ces têtes sérieuses. Je
m'imagine que pareille sottise ne leur arrivera plus ; ils me paraissent devenir sages à leurs dépens, et je ne
leur vois nulle envie de s'égorger dorénavant pour des syllogismes.
Voici une différence plus essentielle entre Rome et l'Angleterre, qui met tout l'avantage du côté de la dernière
: c'est que le fruit des guerres civiles à Rome a été l'esclavage, et celui des troubles d'Angleterre, la liberté. La
nation anglaise est la seule de la terre qui soit parvenue à régler le pouvoir des rois en leur résistant, et qui,
d'efforts en efforts, ait enfin établi ce gouvernement sage où le Prince, tout−puissant pour faire du bien, a les
mains liées pour faire le mal, où les seigneurs sont grands sans insolence et sans et où le peuple partage le
gouvernement sans confusion.
La Chambre des Pairs et celle des Communes sont les arbitres de la nation, le Roi est le sur−arbitre. Cette
balance manquait aux Romains : les grands et le peuple étaient toujours en division à Rome, sans qu'il y eût
un pouvoir mitoyen qui pût les accorder. Le Sénat de Rome, qui avait l'injuste et punissable orgueil de ne
vouloir rien partager avec les plébéiens, ne connaissait d'autre secret, pour les éloigner du gouvemement, que
de les occuper toujours dans les guerres étrangères. Ils regardaient le peuple comme une bête féroce qu'il
fallait lâcher sur leurs voisins de peur que'elle ne dévorât ses maîtres. Ainsi le plus grand défaut du
gouvernement des Romains en fit des conquérants ; c'est parce qu'ils étaient malheureux chez eux qu'ils
devinrent les maîtres du monde, jusqu'à ce qu'enfin leurs divisions les rendirent esclaves.
Le gouvernement d'Angleterre n'est point fait pour un si grand éclat, ni pour une fin si funeste ; son but n'est
point la brillante folie de faire des conquêtes, mais d'empêcher que ses voisins n'en fassent. Ce peuple n'est
pas seulement jaloux de sa liberté, il l'est encore de celle des autres. Les Anglais étaient acharnés contre
Louis XIV, uniquement parce qu'ils lui croyaient de l'ambition. Ils lui ont fait la guerre de gaieté de coeur,
assurément sans aucun intérêt.
Il en a coûté sans doute pour établir la liberté en Angleterre ; c'est dans des mers de sang qu'on a noyé l'idole
du pouvoir despotique ; mais les Anglais ne croient point avoir acheté trop cher de bonnes lois. Les autres
nations n'ont pas eu moins de troubles, n'ont pas versé moins de sang qu'eux ; mais ce sang ont répandu pour
la cause de leur liberté n'a fait que cimenter leur servitude.
Ce qui devient une révolution en Angleterre n'est qu'une sédition dans les autres pays. Une ville prend les
armes pour défendre ses privilèges, soit en Espagne, soit en Barbarie, soit en Turquie : aussitôt des soldats
mercenaires la subjuguent, des bourreaux la punissent, et le reste de la nation baise ses chaînes. Les Français
pensent que le gouvernement de cette île est plus orageux que la mer qui l'environne, et cela est vrai ; mais
c'est quand le Roi commence la tempête, c'est quand il veut se rendre le maître du vaisseau dont il n'est que le
premier pilote. Les guerres civiles de France ont été plus longues, plus cruelles, plus fécondes en crimes que
celles d'Angleterre ; mais, de toutes ces guerres civiles, aucune n'a eu une liberté sage pour objet.
Dans les temps détestables de Charles IX et d'Henri III, il s'agissait seulement de savoir si on serait l'esclave
des Guises. Pour la dernière guerre de Paris, elle ne mérite que des sifflets ; il me semble que je vois des
écoliers qui se mutinent contre le préfet d'un collège, et qui finissent par être fouettés ; le cardinal de Retz,
avec beaucoup d'esprit et de courage mal employés, rebelle sans aucun sujet, factieux sans dessein, chef de
parti sans armée, cabalait pour cabaler, et semblait faire la guerre civile pour son Le Parlement ne savait ce
qu'il voulait, ni ce qu'il ne voulait pas ; il levait des troupes par arrêt, il les cassait ; il menaçait, il demandait
pardon ; il mettait à prix la tête du cardinal Mazarin, et ensuite venait le complimenter en cérémonie. Nos
guerres civiles sous Charles VI avaient été cruelles, celles de la Ligue furent abominables, celle de la Fronde
fut ridicule.
Ce qu'on reproche le plus en France aux Anglais, c'est le supplice de Charles ler, qui fut traité par ses
vainqueurs comme il les eût traités s'il eût été heureux.
Après tout, regardez d'un côté Charles ler vaincu en bataille rangée, prisonnier, jugé, condamné dans
Westminster, et de l'autre l'empereur Henri VII empoisonné par son chapelain en communiant, Henri III
assassiné par un moine ministre de la rage de tout un Parti, trente assassinats médités contre Henri plusieurs
exécutés, et le dernier privant enfin la France de ce grand roi. Pesez ces attentats, et jugez.
A l'évidence, la visée de Voltaire n'est pas de rédiger l'éloge du parlement anglais, mais d'utiliser le modèle de gouvernement d'outre-Manche pour dénoncer l'absolutisme continental, la corruption et les inconséquences de la noblesse, la sotte collusion avec le pouvoir religieux.
j'aimerais avoir vos idées et ressentis concernant la lettre 8 sur le parlement écrite par Voltaire.
Quelle est consigne donnée pour ce travail ?
Laconsigne? Il nous l'a donnée ! Répondre aux questions suivantes :
il y a plusieurs choses qui m'échappent. Comment Voltaire développe-t-il sa démonstration du contre pouvoir? Quel tableau Voltaire dresse t-il de la politique et quelle est la nécessité de ce tableau d'ensemble?
Au temps pour moi … 🙂
IL faut die que c'était bien emballé, présenté comme une interrogation personnelle. Malheureusement pour lui, aucun élève ne dit spontanément démonstration du contre-pouvoir !
Bref, il nous prie de faire son travail à sa place, très peu pour moi.