Bonjour,
Une règle que je connais mais qui se fait très discrète dans la plupart des livres de grammaire.
Bon + verbe. Par exemple : Il fait bon aller sur le forum. Il a été jugé bon enlever les détritus.
La plupart des Français mettraient la préposition "de" entre "bon" et le verbe. Or, on peut ne pas la mettre.
Avez-vous déjà vu cette règle dans un livre ?
A-t-elle un nom ?
Merci 🙂
Il fait bon aller sur le forum.
Oui, très bien.
Il a été jugé bon enlever les détritus.
Euh, là, non, je pense que le "de" est obligatoire :
Il a été jugé bon d'enlever les détritus.
La plupart des Français mettraient la préposition "de" entre "bon" et le verbe.
Tant mieux, c'est rassurant, pour la seconde phrase !
Or, on peut ne pas la mettre.
Oui, dans la première phrase.
Avez-vous déjà vu cette règle dans un livre ?
Non.
Voici ce que l'on trouve dans Le Grand Robert :
- Pour "faire bon" + inf.
II BON, adv. et en loc. adv.
1 Valeur adv. FAIRE BON (impers.). Il fait bon, on est bien, c'est agréable (température, etc.). Il fait bon aujourd'hui. ➙ Beau, doux. Il fait, il faisait très bon, bien bon dans cette pièce. — Il fait bon, suivi de l'inf. Il fait bon vivre dans cet endroit. « Auprès de ma blonde, qu'il fait bon dormir » (refrain de la chanson pop. Auprès de ma blonde). ➙ Agréable. — Il ne fait pas bon se promener dans ce quartier : l'endroit n'est pas sûr.
- Pour "juger bon de".
4 (Avec un compl. construit avec un adj. ou une complétive). Considérer (qqn, qqch.) comme. ➙ Estimer, trouver. On ne le jugeait pas très fort (cit. 12). Juger qqn bizarre, inexplicable (cit. 7), insignifiant (cit. 8). — Au p. p. Des voisins jugés suspects (→ Fournée, cit. 7). — Un calme qu'il jugea anormal (→ Annonciateur, cit. 6). — Au p. p. Une insistance (cit. 2) jugée déplacée. Fracture (cit. 2) jugée grave. — Faites-le si vous le jugez convenable. Les choses qu'on juge être les meilleures (→ Générosité, cit. 3). Si vous le jugez bon. Juger bon, à propos de (et inf.). ➙ Croire. Jugez-vous cela (comme) improbable ? (cit. 5). Si vous jugez sa présence nécessaire, je le ferai venir. ➙ Considérer, envisager, regarder. — Il ne jugea pas nécessaire de parler (→ Articuler, cit. 14). Quand il juge à propos de le faire (→ Fastueux, cit. 4; il, cit. 6).
Il y a aussi : Il est bon de + infinitif. (À peu près équivalent de : il est juste de)
Smoke, je ne sais pas trop si en citant le Robert tu t’es auto-répondu ou pas ; dans le doute, je te propose une réponse.
En fait, ce n’est pas
bon + infinitif qu’il faut considérer, mais la forme impersonnelle
il fait bon + (de) + infinitif .
Le tour sans « de » est une exception à la règle de
l'infinitif comme séquence d'un verbe impersonnel qui se construit en principe avec la préposition
de. Et dont relève
Il a été jugé bon de, puisque tu as proposé une forme impersonnelle (cela dit, à une forme personnelle, juger bon se construit également avec de).
https://wwwling.arts.kuleuven.be/alfagram/Temps/nperso/infin/membre/fseq.htm
Le tour avec
de est apparemment considéré comme vieilli.
https://books.google.fr/books?id=Cva6FlQ-5nYC&pg=PA316&lpg=PA316&dq=il+fait+bon+infinitif&source=bl&ots=9hA5apXEO8&sig=R5aIxES2RG4lI2c02dHfz1WlMa4&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjis_zsgojPAhXKBcAKHUeiBtcQ6AEIPDAE#v=onepage&q=il%20fait%20bon%20infinitif&f=false
Donc, on peut aussi bien dire
il fait bon aller sur le forum que
il fait bon d’aller sur le forum (bien que cette deuxième formulation soit vieillie), en revanche, comme l’a signalé lamaneur (et comme le mentionne le Robert) on dira,
il a été jugé bon de…
Merci Katioucha ! Pour la réponse, le site internet et le livre (je vais m'empresser de l'acheter) ! 🙂
Puisque c'est un forum d'entraide, je réagis sur un tout autre sujet. Dans ton commentaire, tu as dit :
Donc, on peut aussi bien dire il fait bon aller sur le forum que il fait bon d’aller sur le forum (bien que cette deuxième formulation soit vieillie)
Tu as, il me semble, utilisé le mauvais adjectif ordinal. Tu aurais dû utiliser "second". Je te laisse lire 🙂
https://books.google.fr/books?id=Cva6FlQ-5nYC&pg=PA220&lpg=PA220&dq=%22deuxi%C3%A8me+second+m%C3%AAme+si+elle+est%22&source=bl&ots=9hA5aq1IT4&sig=b8I4a8ItwZw2dATuDiaBndj9T04&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj5_dOOwIjPAhUJtxQKHVG6CvsQ6AEIHDAA#v=onepage&q=%22deuxi%C3%A8me%20second%20m%C3%AAme%20si%20elle%20est%22&f=false
Bien à toi !
Ce qu'a écrit Katioucha n'est pas fautif.
Voici ce qu'en dit l'Académie :
On peut, par souci de précision et d’élégance, réserver l’emploi de second aux énoncés où l’on ne considère que deux éléments, et n’employer deuxième que lorsque l’énumération va au-delà de deux. Cette distinction n’est pas obligatoire.
On veillera toutefois à employer l’adjectif second, plus ancien que deuxième, dans un certain nombre de locutions et d’expressions où il doit être préféré : seconde main, seconde nature, etc., et dans des emplois substantivés : le second du navire.
Cette distinction n’est pas obligatoire.
Encore heureux !
Par où l'on voit que l'Académie, créée sous la monarchie comme un outil de mise au pas des esprits (si je puis oser une telle métaphore) l'est demeurée sous la République !
Je t’en prie Smoke ! 🙂
Pour compléter la remarque de Laoshi, voici un extrait de l’article Wikipédia sur le sujet, qui montre bien combien l’usage est loin d’avoir entériné cette « règle » chérie par certains puristes.
L’usage a toujours ignoré ces distinctions que des théoriciens pointilleux ont voulu établir : dans les chemins de fer, on a toujours parlé de seconde classe (même quand il existait encore la troisième classe). Dans l’armée, on parle d’un soldat de deuxième classe, et il n’y a pas de troisième classe. Dans les charades, on dit « Mon second… ». Très tôt dans l’automobile « on passe en seconde ». En mathématiques, on parle d’équation du second degré, de dérivée seconde. À l'école, on passe de la classe de troisième à la classe de seconde (quand le lycée commençait dès la classe de sixième)…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Adjectif_numéral
Par ailleurs, l’article (dans le paragraphe
Morphologie de l'ordinal) retrace bien l’histoire de cette « pseudo » opposition.
C’est vrai que l’article du
Bon Usage que tu cites est moins explicite ; seule la mention « arbitraire » peut laisser supposer que cette opposition est sujette à critique.
À l'école, on passe de la classe de troisième à la classe de seconde (quand le lycée commençait dès la classe de sixième)…
Déjà du temps où le lycée commençait en classe de
douzième, avant guerre.
Déjà du temps où le lycée commençait en classe de douzième, avant guerre.
Dans quel pays ? Le lycée n'était-il pas, en France, un "Établissement public d'instruction
secondaire placé sous la direction de l'État."
De la douzième à la septième, n'était-ce pas plutôt l'école primaire ?
Très bien, donc pas lycée mais petit lycée ou petites classes du lycée.
L'article ne fait commencer les classes qu'à la onzième dans les petits lycées.
Quand j'étais petit, il y avait bel et bien une douzième à la communale où j'allais. Les douzièmes étaient-elle réservées au primaire et absentes des petits lycées ?
La douzième correspondrait à la grande section de maternelle. Je n'en avais jamais entendu parler avant l'intervention de Delia.