Bonjour, bonsoir.
J'ai besoin d'un petit coup de pouce pour ma traduction des vers 1824 à 1879 de la seconde rédaction du Moniage Guillaume. Voici ma première traduction, ainsi que les passages qui me posent problème.
Merci d'avance !
1824 Li quens Guillaumes vint vers la porte droit,
Le conte Guillaume vint immédiatement vers la porte
1825 O ses poissons et chou qu'il amenoit.
Avec ses poissons et ce qu'il apportait.
1826 Li famles crie c'on li oevre a esploit
Le félon crie qu'on lui ouvre avec empressement
Puisque précédé de "li", "falmes" est masculin. Donc il peut signifier "la rumeur" ou "le félon". Est-il correct d'appeler Guillaume le félon ?
1827 "Si enterrons laiens, et nos avoirs."
Ainsi, nous et nos biens entreront à l'intérieur."
1828 Li portiers l'ot si se tint mus et cois
Le portier ainsi l'entend s'il demeure silencieux et calme
1829 Ne volt mot dire, que por l'abé n'osoit.
1830 Crie li falmes, mais rien ne lui valoit
Le félon crie, mais ça ne lui rapporte rien
1831 Od le Guillaumes, quidiés que ne l'en poist ?
1832 Par mautalent li escrit trois fois :
Par colère, il lui crie trois fois :
1833 "Oevre la porte, que Jhesus mal t'otroit !
Ouvre la porte, que Jésus te maudisse ! ?
1834 Fais me tu ci ester desor mon pois ?
Me fais-tu être debout ici sous mon poids ?
1835 Se tu ne l'oevres pas, ja le verras caoir !"
Si tu ne l'ouvres pas, tu la verras bientôt tomber !
1836 Quent cil l'entent, si respondit buffois :
Quand celui-là l'entend, il lui répond ainsi orgueilleux :
1837 "Sire, dist il, n'i enterrés des mois !
"Seigneur, dit-il, vous n'y entrerez pas avant longtemps
Comment traduire l'expression "des mois" ?
1838 L'abes, mes sire, en a prise ma foi
L'abbé, mon seigneur, m'en a pris la parole/je lui ai donné ma parole
1839 Que jou ne luevre pour rien nule qui soit
Que je ne l'ouvres pour nul rien qui soit
1840 Assés poons chaiens sans vous manoir
Nous pouvons vivre ici sans vous
Comment traduire assez ? Par "bien" ?
1841 Il ne vous aiment le monte d'un balois
1842 En autre terre queres le vostre esploit."
Cherchez votre revenu en d'autres terres
1843 Od le Guillaumes si fu en grant effroi
Ainsi, Guillaume fut très effrayé
1844 De mautalent est devenu tout noirs ;
Il est devenu tout noir de colère ;
1845 Dist au portier : "Fel cuvers maleois
Dit au portier : "Vil, infame, maudit,
1846 Mar le pensastes, anqui le conperrois
Malheur, vous le pensiez, maintenant, tu le payeras
1847 Ja por vostre ame secors n'i averois
Déjà pour votre ame, il n'y aura aucun secours
1848 Trop est honis frans hom qui vilain croit ;
L'homme libre qui croit le vilain est trop souillé ;
1849 Qui bien li fait, il le pert, par ma foi
Qui lui donne des bienfaits, il le perd, par ma foi
1850 Jou t'ai bien fait, et au main et au soir
Je t'ai donné des bienfaits le matin et le soir
1851 Or me fais honte et si me dis anoi."
À présent tu me fais honte et tu m'insultes ainsi."
1852 Et li portiers li respont grant desroi
Et le portier lui répond avec une grande outrecuidance
1853 N'i enterrés, par le Dieu ou je croi
Vous n'y entrerez pas, par le Dieu auquel je crois
1854 Trop nous volés chaiens tenir destrois
Vous voulez que, trop, nous tenions à l'étroit ???
1855 Tous vos biens fais ne prisomes deus nois."
Tous vos bienfaits ne prirent que deux nuits."
1856 Li quens Guillaumes saut jus del palefroi,
Le conte Guillaume saillit en bas du cheval
1857 A icest mot sa grant ire li croist.
À ces mots, sa grande colère grandit.
1858 Voit un marrien qui a terre gisoit
Il voit un pieu qui gisait au sol
1859 D'une maison que on i carpentoit ;
D'une maison qu'on y construisait ;
1860 Troi grant vilain nel levassent des mois
Trois grands vilains ne se levaient pas depuis longtemps
Même problème que plus haut
1861 Li quens le lieve com le pel d'une soif
Le conte le lève comme le pieu
Comment traduire "d'une soif" ?
1862 Envers le porte s'en adrece tot droit
Il s'en va vers la porte immédiatement
1863 Tel cop i hurte del pel qui gros estoit,
Il y frappe un tel coup du pieu qui était gros,
1864 Li gon briserent et li porte descroist,
Que les gonds brisèrent et que la porte tomba,
1865 Tot en un mont l'abati devant soi,
Il abattit devant lui tout en un tas,
1866 Et le portier a mis un tel destroit,
Et il a mis le portier dans un tel danger,
1867 Dessous la porte que craventee avoit,
Sous la porte qu'il avait écrasée
1868 Le cuer del ventre li fait partir en trois.
Il lui fait partir en trois le coeur hors du ventre
1869 Li cuens Guillaumes i entre demanois
Le conte Guillaume y entre sur le champ
1870 Li portier vit, qui iluec se moroit
Il vit le portier qui se mourait là
1871 Li cuens li dist : "Or as chou que tu dois
Le conte lui dit : "Maintenant tu as ce que tu devais
1872 A nul franc home ne diras mais anoi."
Tu n'insulteras plus aucun homme libre."
1873 A grant merveille l'esgardent li bourgeois ;
Les bourgeois le regardent avec admiration ;
1874 Dist l'uns a l'autre : "Taisons nous trestot coi,
L'un dit à l'autre : "Soyons aussitôt silencieux,
1875 Que par cel Dieu qui haut siet et lonc voit,
Parce que, par ce Dieu qui siège haut et voit loin,
1876 Se nous rions et il nos aperchoit,
Si nous rions et s'il nous aperçoit,
1877 Ne disons rien qui encontre lui soit,
Ne disons rien qui aille à son encontre,
1878 Tous l'ors del mont ne nous garantiroit
Tout l'or du monde ne nous garantira
1879 Que ne nous tut de cel fut orendroit.
Quel est le sujet de "fut tut" ? Quelle est la place du "nous" ?
Une dernière petite question : Pourquoi le genre de "porte" change-t-il plusieurs fois au fil du texte ?
Je vous remercie d'avance pour votre précieuse aide !
Bonne journée/soirée !
J'ai besoin d'un petit coup de pouce pour ma traduction des vers 1824 à 1879 de la seconde rédaction du Moniage Guillaume. Voici ma première traduction, ainsi que les passages qui me posent problème.
Merci d'avance !
1824 Li quens Guillaumes vint vers la porte droit,
Le conte Guillaume vint immédiatement vers la porte
1825 O ses poissons et chou qu'il amenoit.
Avec ses poissons et ce qu'il apportait.
1826 Li famles crie c'on li oevre a esploit
Le félon crie qu'on lui ouvre avec empressement
Puisque précédé de "li", "falmes" est masculin. Donc il peut signifier "la rumeur" ou "le félon". Est-il correct d'appeler Guillaume le félon ?
1827 "Si enterrons laiens, et nos avoirs."
Ainsi, nous et nos biens entreront à l'intérieur."
1828 Li portiers l'ot si se tint mus et cois
Le portier ainsi l'entend s'il demeure silencieux et calme
1829 Ne volt mot dire, que por l'abé n'osoit.
1830 Crie li falmes, mais rien ne lui valoit
Le félon crie, mais ça ne lui rapporte rien
1831 Od le Guillaumes, quidiés que ne l'en poist ?
1832 Par mautalent li escrit trois fois :
Par colère, il lui crie trois fois :
1833 "Oevre la porte, que Jhesus mal t'otroit !
Ouvre la porte, que Jésus te maudisse ! ?
1834 Fais me tu ci ester desor mon pois ?
Me fais-tu être debout ici sous mon poids ?
1835 Se tu ne l'oevres pas, ja le verras caoir !"
Si tu ne l'ouvres pas, tu la verras bientôt tomber !
1836 Quent cil l'entent, si respondit buffois :
Quand celui-là l'entend, il lui répond ainsi orgueilleux :
1837 "Sire, dist il, n'i enterrés des mois !
"Seigneur, dit-il, vous n'y entrerez pas avant longtemps
Comment traduire l'expression "des mois" ?
1838 L'abes, mes sire, en a prise ma foi
L'abbé, mon seigneur, m'en a pris la parole/je lui ai donné ma parole
1839 Que jou ne luevre pour rien nule qui soit
Que je ne l'ouvres pour nul rien qui soit
1840 Assés poons chaiens sans vous manoir
Nous pouvons vivre ici sans vous
Comment traduire assez ? Par "bien" ?
1841 Il ne vous aiment le monte d'un balois
1842 En autre terre queres le vostre esploit."
Cherchez votre revenu en d'autres terres
1843 Od le Guillaumes si fu en grant effroi
Ainsi, Guillaume fut très effrayé
1844 De mautalent est devenu tout noirs ;
Il est devenu tout noir de colère ;
1845 Dist au portier : "Fel cuvers maleois
Dit au portier : "Vil, infame, maudit,
1846 Mar le pensastes, anqui le conperrois
Malheur, vous le pensiez, maintenant, tu le payeras
1847 Ja por vostre ame secors n'i averois
Déjà pour votre ame, il n'y aura aucun secours
1848 Trop est honis frans hom qui vilain croit ;
L'homme libre qui croit le vilain est trop souillé ;
1849 Qui bien li fait, il le pert, par ma foi
Qui lui donne des bienfaits, il le perd, par ma foi
1850 Jou t'ai bien fait, et au main et au soir
Je t'ai donné des bienfaits le matin et le soir
1851 Or me fais honte et si me dis anoi."
À présent tu me fais honte et tu m'insultes ainsi."
1852 Et li portiers li respont grant desroi
Et le portier lui répond avec une grande outrecuidance
1853 N'i enterrés, par le Dieu ou je croi
Vous n'y entrerez pas, par le Dieu auquel je crois
1854 Trop nous volés chaiens tenir destrois
Vous voulez que, trop, nous tenions à l'étroit ???
1855 Tous vos biens fais ne prisomes deus nois."
Tous vos bienfaits ne prirent que deux nuits."
1856 Li quens Guillaumes saut jus del palefroi,
Le conte Guillaume saillit en bas du cheval
1857 A icest mot sa grant ire li croist.
À ces mots, sa grande colère grandit.
1858 Voit un marrien qui a terre gisoit
Il voit un pieu qui gisait au sol
1859 D'une maison que on i carpentoit ;
D'une maison qu'on y construisait ;
1860 Troi grant vilain nel levassent des mois
Trois grands vilains ne se levaient pas depuis longtemps
Même problème que plus haut
1861 Li quens le lieve com le pel d'une soif
Le conte le lève comme le pieu
Comment traduire "d'une soif" ?
1862 Envers le porte s'en adrece tot droit
Il s'en va vers la porte immédiatement
1863 Tel cop i hurte del pel qui gros estoit,
Il y frappe un tel coup du pieu qui était gros,
1864 Li gon briserent et li porte descroist,
Que les gonds brisèrent et que la porte tomba,
1865 Tot en un mont l'abati devant soi,
Il abattit devant lui tout en un tas,
1866 Et le portier a mis un tel destroit,
Et il a mis le portier dans un tel danger,
1867 Dessous la porte que craventee avoit,
Sous la porte qu'il avait écrasée
1868 Le cuer del ventre li fait partir en trois.
Il lui fait partir en trois le coeur hors du ventre
1869 Li cuens Guillaumes i entre demanois
Le conte Guillaume y entre sur le champ
1870 Li portier vit, qui iluec se moroit
Il vit le portier qui se mourait là
1871 Li cuens li dist : "Or as chou que tu dois
Le conte lui dit : "Maintenant tu as ce que tu devais
1872 A nul franc home ne diras mais anoi."
Tu n'insulteras plus aucun homme libre."
1873 A grant merveille l'esgardent li bourgeois ;
Les bourgeois le regardent avec admiration ;
1874 Dist l'uns a l'autre : "Taisons nous trestot coi,
L'un dit à l'autre : "Soyons aussitôt silencieux,
1875 Que par cel Dieu qui haut siet et lonc voit,
Parce que, par ce Dieu qui siège haut et voit loin,
1876 Se nous rions et il nos aperchoit,
Si nous rions et s'il nous aperçoit,
1877 Ne disons rien qui encontre lui soit,
Ne disons rien qui aille à son encontre,
1878 Tous l'ors del mont ne nous garantiroit
Tout l'or du monde ne nous garantira
1879 Que ne nous tut de cel fut orendroit.
Quel est le sujet de "fut tut" ? Quelle est la place du "nous" ?
Une dernière petite question : Pourquoi le genre de "porte" change-t-il plusieurs fois au fil du texte ?
Je vous remercie d'avance pour votre précieuse aide !
Bonne journée/soirée !



