Expression "faire un sort"

Langue française

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Je trouve dans les définitions de l'expression "faire un sort" tout et son contraire.

L'une dit : faire valoir, répandre qqch ; quand l'autre rétorque : liquider, défaire.

Qu'en dites-vous ?

Merci d'avance !
L'expression a les deux sens :
- Faire un sort à qqch. : le mettre en valeur, lui accorder un traitement de faveur, une importance particulière. | Faire un sort à un mot (→ Barricade, cit. 5).
Ponroy est un de ces types d'autrefois qui prennent des temps interminables et qui font un sort à chaque phrase. A. Maurois, Bernard Quesnay, vii.
- Fam. Faire un sort à une chose : en finir avec elle d'une manière radicale. | Faire un sort à de vieux vêtements : les jeter, les donner, s'en débarrasser. | Faire un sort à une bouteille (la boire), à une tarte (la manger).
(Le Robert)
Il me semble que seul le second sens est utilisé aujourd'hui.
Je vous remercie vivement de cet éclairage. L'abréviation fam. du Robert m'interpelle par ailleurs, l'expression en question est-elle réellement familière ?
Oh, légèrement familière, et même ironique pour le sens qui nous intéresse aujourd'hui. Le TLF le note aussi :
− Loc. verb., fam. Faire un sort à qqc.
♦ Accorder un traitement de faveur à quelque chose. Ce mot serait passé inaperçu, si vous ne lui aviez fait un sort en le répétant et en le commentant (Ac.1935).
♦ Iron. En finir de manière radicale avec quelque chose. Faire un sort à une bouteille. (Dict. XXe s.).
Il n'est pas intéressant de voir l'évolution du sens de l'expression depuis le XIXe siècle où l'Académie notait simplement, en 1835 :
Il se dit quelquefois, particulièrement, de La condition, de l'état d'une personne sous le rapport de la richesse. Cette succession améliorera son sort. Il a réglé par son testament le sort de ses trois enfants. Faire un sort à quelqu'un. On lui a assuré un sort.
On voit qu'on est passé du sens propre à un double sens figuré.