Différence phonétique entre vin / brun

Langue française

55 réponses · Page 2 / 3

Pas vraiment : dans le message d'origine il était question de « faire prononcer ces deux mots correctement »
On ne va pas se prendre la tête pour si peu. Disons alors de façon différente , comme le sont les sons un et in.
Ce qui me paraît incorrect, c'est de prononcer les deux de la même façon, mais attention, je ne vais pas me battre pour cela.
Voilà. J'ai dit mon dernier mot. Je ne vous ennuie plus sur ce sujet. 🙂
Laoshi a écrit :Ce qui me paraît incorrect, c'est de prononcer les deux de la même façon
Ça n'est pas du tout incorrect, preuve en est que les deux mots se prononcent de la même façon dans des régions entières.
Dans ma région d'origine, on ne faisait pas la distinction.
Mais dans ma région d'adoption, j'ai été ravi de découvrir ce phonème nouveau pour moi… il y a cinquante ans de cela.
C’est vrai que parler de bien / mal, correctement / incorrectement, c’est avoir une position normative et nier la variation phonétique.
Dans ma région d'origine, on ne faisait pas la distinction.
Mais dans ma région d'origine, on trouvait des gens pour qui c'était une région d'adoption, et qui malgré ça tentaient d'imposer leur prononciation.

Dans ces conditions, on peut n'être pas plus ravi que ça de découvrir un nouveau phonème 😉
Tu as été la victime non consentante d'un ayatollah du un / in ?! 😜
En ce qui me concerne, dans ma région d'adoption, personne ne m'a imposé d'adopter ce phonème alors nouveau pour moi… Et j'ai trouvé qu'il avait son charme, ma foi !
Et as-tu été "contaminé" ?
Par curiosité, dans quelle région de France peut-on clairement faire la différence entre la prononciation de "brun" et de "brin"? Je ne l'ai découverte que très tard, et venant de Lyon, j'ai toujours réalisé ces deux sons de la même manière.
En Aquitaine où je réside depuis plusieurs décennies, par exemple, on fait nettement la différence…
/ɛ̃/ et /œ̃/ (brin/brun) (homophones dans la région parisienne, mais pas dans le sud qui conserve généralement la différence)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Prononciation_du_français
Bon, Lyon, c’est pourtant pas vraiment au nord ! Ce qui est sûr, c’est que la différence s’entend dans le Sud-Ouest. En Corrèze également et peut-être plus généralement dans le Limousin, je ne sais. Dans la région marseillaise, aussi, il me semble (d'ailleurs, je crois me souvenir que c'est la région d'origine de Laoshi).
2) La distinction /ɛ̃/ - /œ̃̃/
Ces deux voyelles ne se distinguent que dans de rares paires (ex. brin vs brun, Alain vs Alun, empreint(e) vs emprunt(e)) et, selon Léon (2007), ce faible rendement des oppositions conduit à une réduction du système des voyelles nasales de quatre à trois éléments avec la disparition du /œ̃/ au profit de /ɛ̃/.

Exemples:
brin = brun : France : France : Paris - France : Brunoy
La distinction entre ces deux voyelles nasales subsiste toutefois encore dans certaines régions, parfois de manière marquée (exemples a) parfois de manière très légère (exemples b) :

Exemples :
a) brin ≠ brun (différence de timbre très marquée) : France : Toulouse - Côte d'Ivoire : Abidjan
En Suisse, à Neuchâtel, les données de l'enquête montrent que cette distinction est en cours de neutralisation. On la trouve encore chez les locuteurs âgés (ex. locuteur de 78 ans : Suisse : Neuchâtel ), alors que les locuteurs jeunes ne distinguent plus les deux timbres (ex. locutrice de 28 ans : Suisse : Neuchâtel).

b) brin ≠ brun (différence de timbre très légère) : Belgique : Tournai, Suisse : Nyon

https://www.projet-pfc.net/le-francais-explique/prononciation.html?start=1
« Victime », non, puisque je prononce correctement « brun » de la même façon que « brin ». 😉

En tout cas, je n'ai jamais vraiment compris comment quelqu'un pouvait avoir la naïveté de croire qu'on allait adopter une prononciation qu'elle était la seule à utiliser.
La seule à l'utiliser dans son milieu d'adoption, peut-être…
Mais pas la seule à l'utiliser en France, comme on voit !
Je me dis toujours : Retiens-toi, retiens-toi, mais lorsque je vois que cinq heures après, on se perd toujours dans cet échange, je me permets de revenir…en tapinois.
Tu as été la victime non consentante d'un ayatollah du un / in ?
Voyons Katioucha, tu sombrerais dans l'extrémisme ? 😉
puisque je prononce correctement « brun » de la même façon que « brin »
Parce que toi (au fait, qui toi ?) tu dis que cela est correct, doit-on te croire ? Tes yeux perçoivent bien la différence, et moi, ce sont mes yeux et mes oreilles qui la perçoivent, voilà tout.
Il est en revanche d'autres erreurs de prononciation que je fais, et je le sais, parce qu'on me l'a appris.
Dans ce cas, j'essaie de me contraindre pour bien prononcer par exemple les différents sons o ou a. Je n'y arrive pas forcément, mais je suis consciente que je suis dans l'erreur.
Et je ne vais pas prétendre que je détiens la science universelle en matière de prononciation, mais sur ce point-là, oui.
Vous devriez faire un club avec Gabiana !
Tout ça parce qu'on a la maladresse de parler de "correction"…
La prononciation par exemple parisienne, qui confond les deux sons [ɛ̃] et [œ̃] en un seul phonème /ɛ̃/ n'est pas incorrecte dans le sens où elle ne donne pas lieu à correction. Même dans un registre soutenu, dans une langue soignée, en déclamation, les deux sons sont confondus.
De la même façon, la prononciation méridionale, qui y voit une distinction phonologique /ɛ̃/ vs. /œ̃/ n'est pas "plus correcte", elle est observée ailleurs. On peut dire que c'est la prononciation "historique", ou encore la prononciation du dictionnaire.
Il paraît inapproprié de parler de "correct" ou d'"incorrect" alors que les deux voies sont observées et admises dans la francophonie.
La prononciation par exemple parisienne, qui confond les deux sons [ɛ̃] et [œ̃] en un seul phonème /ɛ̃/ n'est pas incorrecte dans le sens où elle ne donne pas lieu à correction. Même dans un registre soutenu, dans une langue soignée, en déclamation, les deux sons sont confondus.
C'est parce que la moitié nord du pays dont mes ancêtres ont été contraints d'adopter le dialecte le dit que c'est vrai ?
Et pourquoi serait-on en droit de se moquer de moi si je prononçais de la même façon pose, rose, école, pomme ?
Simplement parce qu'il est écrit : Le son [o] se prononce de deux façons : ouvert ou fermé. En règle générale….etc.. Là visuellement, mes yeux ne font même pas la différence, et pas même sur la place de la voyelle. Alors, la règle générale…
Les deux phonèmes in et un existent, ils sont bien plus distincts qu'un do et un , et je peux vous assurer que la Comédie française les distingue. Pourquoi imiter ceux qui ont une prononciation que l'on peut finalement qualifier de relâchée ? L'accent "parisien" n'est en aucun cas à imiter ! Et puis, faudrait-il encore savoir de quels Parisiens il s'agit. Vaste sujet, qui ne peut que finir par fâcher, puisqu'il s'étend jusqu'aux domaines politique et social. Je me souviens avoir lu dans une vieille une revue littéraire un article d'un prof de philo de la Sorbonne (je crois, sans l'affirmer, qu'il s'agissait de Pierre Fouché, auteur d'un traité de prononciation) qui, incidemment, distinguait, plutôt qu'une prononciation correcte ou incorrecte, une prononciation populaire parmi quelques autres (vulgaire, soignée, distinguée…). On ne peut que lui donner raison, à moins de prôner l'inculture, et je serais curieux de savoir qui, dans la région parisienne, confond in et un, et qui ne les confond pas. Je parie que les lecteurs habituels de Marcel Proust ou de Maupassant ne les confondent pas.
Laoshi a écrit :Et pourquoi serait-on en droit de se moquer de moi si je prononçais de la même façon pose, rose, école, pomme ?
Simplement parce qu'il est écrit : Le son [o] se prononce de deux façons : ouvert ou fermé. En règle générale….etc.. Là visuellement, mes yeux ne font même pas la différence, et pas même sur la place de la voyelle. Alors, la règle générale…
Je ne sais si la prononciation de rose avec o ouvert est vraiment la norme dans le Sud, mais, si c'est le cas, il n'y a pas de raison d'essayer de se conformer à une autre norme, encore moins de moquer ceux qui ne le font pas.

Franchement, qui a envie de ressembler à un « Parisien cultivé » ? 🙄


Et parmi les prétendues « erreurs » de prononciation vous avez oublié la distinction « é » / « è » en finale que certains font et d'autres non.
Mon cher Ponthieu, vous n'avez que cent ans de retard ! Le libéral Martinon, en 1913, dans son Comment on prononce le français écrivait en effet :
Mais le point capital à propos de la nasale un, c'est de ne pas la prononcer in ! On entend trop souvent in jour, in homme. Heureusement ce n’est pas encore chose très fréquente chez les gens qui ont quelque instruction ; mais il est peu de fautes plus choquantes !
Mais cent ans ont passé et le phénomène de confusion que Martinon constatait avec horreur est parvenu quasiment à son terme à Paris et dans beaucoup d'autres régions de France (essentiellement le Nord). Je puis vous attester, en tant que « Parisien cultivé », lecteur de Proust et de Maupassant, que plus personne ici ne fait la différence entre les deux voyelles nasales, dans tous les milieux. Certes, il y a une certaine difficulté à pouvoir affirmer cela : des études ont montré que la plupart des Parisiens non seulement n'articulent pas différemment les deux voyelles nasales mais également n'entendent pas, ne reconnaissent pas la différence si on prononce différemment devant eux. Ni mon père ni ma mère ne distinguaient en parlant les deux voyelles, mais ma mère, en raison de sa famille limousine, savait reconnaître la distinction et me l'a enseignée, comme une chose amusante, mais pas comme une chose qu'on applique normalement dans la conversation.
Quelques informations intéressantes dans cette thèse :
https://ufdcimages.uflib.ufl.edu/uf/e0/02/50/40/00001/lawton_m.pdf