Je n'ai pas vu la section "phonétique" du forum. Donc, je vous prie de bien vouloir m'excuser si je ne poste pas au bon endroit.
Quelqu'un pourrait-il m'expliquer la différence phonétique qui existe entre ces 2 sons :
- ɛ̃ comme dans les mots vin, train, matin.
- œ̃ comme dans les mots brun, parfum, lundi
Merci d'avance pour votre aide.
La nuance est subtile et elle est en train de se perdre - même si certains locuteurs ou certains accents régionaux marquent toujours la différence.
https://www.youtube.com/watch?v=z3LkHhAWPpchttps://www.youtube.com/watch?v=dItB-rz3Me8Et comme l'indique l'alphabet phonétique international, le ɛ̃ (in) est un ɛ (è) nasalisé, alors que le œ̃ (un) est un œ (eu) nasalisé.
Ce sont toutes deux des voyelles nasales, antérieures et ouvertes. On peut considérer que ce sont des variantes du même archiphonème (son de base). La seconde voyelle me semble plus allongée que la première.
Vous trouverez ici ma liste des 30 archiphonèmes français : 10 voyelles et 20 consonnes. Non, je n'ai pas recherché des chiffres ronds ! https://www.dialogam.org/neofrance/viewtopic.php?f=12&t=357&sid=056699b32417e43d1cb3ec90c32ab8e1
Pour compléter la réponse de Jehan, la différence phonétique entre les phones vocaliques nasalisés [ɛ̃] et [œ̃] est l'arrondissement : le premier n'est pas arrondi alors que le second l'est, c'est-à-dire que la bouche y est plus fermée en largeur. C'est la même différence qu'entre [ɛ] (être) et [œ] (heure), la hauteur de l'ouverture de la bouche est la même, mais la largeur est moindre dans le second cas.
La différence entre brun et brin est subtile pour certaines oreilles, évidentes pour d'autres.
Dans certaines régions de France, à Paris, dans le Nord, il est vraiment difficile de faire prononcer ces deux mots correctement, malgré des répétitions assidues, et la différence phonétique signalée par le dictionnaire.
Depuis des années, j'entends lindi au lieu de lundi, Embrin au lieu d'Embrun, et un et hein semblent ne faire qu'un, c'est le cas de le dire.
Lorsque je prononce brun, j'avance les lèvres en cul-de-poule, lorsque je prononce brin, les commissures des lèvres s'éloignent vers l'arrière. L'essayer, c'est l'adopter. 🙂
Depuis des années, j'entends lindi au lieu de lundi, Embrin au lieu d'Embrun, et un et hein semblent ne faire qu'un, c'est le cas de le dire.
Et moi, de ma vie déjà longue, je n'ai jamais entendu autre chose que [ɛ̃]. C'est par l'écrit que j'ai découvert que
brun ne se prononçait pas comme
brin.Lorsque je prononce brun, j'avance les lèvres en cul-de-poule, lorsque je prononce brin, les commissures des lèvres s'éloignent vers l'arrière. L'essayer, c'est l'adopter. 🙂
Méthode bien plus simple : prononcer [œ] en pinçant les narines. C'est [œ] qui fait avancer les lèvres en cul de poule. Si vous ne vous pincez pas le nez, ça fait
heu !Ah non, si je pince le nez, je m'étouffe ou je gobe les mouches. 😀
Application :
dites :
bas/banc
beau/bon
frais/frein
eux/un.
Observez votre souffle.
Exercice fait. Sans pincer le nez quand même.
Vous n'avez pas senti vos narines se contracter ?
Je viens de réessayer.
Je n'ai pas senti grand chose, non.
Je sens beaucoup plus le travail des muscles faciaux, de la langue, de la gorge et des lèvres en chinois.
Bien sûr, il y a une nasale dans bon qui n'est pas dans beau.
Mais ce n'est pas le même schéma que brun/brin.
Bien sûr, il y a une nasale dans bon qui n'est pas dans beau.
Mais ce n'est pas le même schéma que brun/brin.
C'est exactement le même mécanisme : passage de la voyelle orale à la voyelle nasale. Les points de départ ne sont pas identiques,
a n'est pas
ê qui n'est pas o qui n'est pas
eu, mais le processus de nasalisation est le même, ainsi décrit par wikipédia :
En phonétique, la nasalisation est la production d'un son alors que le voile du palais est abaissé, de telle sorte que de l'air puisse s'échappe par le nez durant la production d'un son.
Sans doute est-ce l'abaissement du voile du palais qui me donne l'impression que mes narines se pincent.
Laoshi a écrit :La différence entre brun et brin est subtile pour certaines oreilles, évidentes pour d'autres.
Dans certaines régions de France, à Paris, dans le Nord, il est vraiment difficile de faire prononcer ces deux mots correctement, malgré des répétitions assidues, et la différence phonétique signalée par le dictionnaire.
Attendez, vous voulez dire que certaines personnes acceptent de se faire torturer avec assiduité dans le seul but de pouvoir reproduire une prononciation que personne n'utilise dans leur région mais qu'un gourou a réussi à faire passer pour la seule correcte ?
Si c'est bien le cas, c'est consternant.
J'espère au moins que ce sont des adultes consentants et non des enfants qui n'ont rien demandé.
Bonjour et bienvenue, Boz…
Et à part ça, comment ça va ? 🙂
Qu'on les prononce différemment ou de la même façon, il n'en reste pas moins que ce sont deux phonèmes distincts.
Après tant de temps, boz74…
J'espère au moins que ce sont des adultes consentants et non des enfants qui n'ont rien demandé.
Ne t'inquiète pas. En l'occurrence la personne concernée est mon conjoint, ne se sent nullement torturée et progresse lentement. 😀
Je vois mal en quoi abandonner une prononciation correcte pour une autre constituerait un « progrès ».
Parce que l'autre prononciation est incorrecte ?
Et qui parle d'abandonner la première prononciation ?
Il s'agit juste de parvenir à prononcer deux phonèmes distincts…
Quand on parvient à prononcer un phonème de plus, c'est un petit progrès.
Et je suis sûr qu'entre Laoshi et son conjoint, cela se passe sans prise de tête, comme un jeu.
Aucune des deux prononciations n'est « incorrecte ».
Et ce qui se passe entre Laoshi et son conjoint ne nous regarde pas.
Jehan a écrit :Il s'agit juste de parvenir à prononcer deux phonèmes distincts…
Pas vraiment : dans le message d'origine il était question de «
faire prononcer ces deux mots correctement ».