Bonjour à tous,
Un de mes textes pour l'oral concerne le chapitre 1 du Grand Meaulnes et nous avons fait en classe une analyse linéaire du texte et non analytique pour répondre à la problématique:
"Quelles sont les fonctions essentielles à ce début de roman?"
Je me demandais si ce texte était approprié à une analyse linéaire pour répondre à cette question et dans quels cas nécessite-t-il une lecture analytique?
ps: je n'arrive pas à mettre la photo du texte en pièce jointe 😞
analyse linéaire du texte et non analytique pour répondre à la problématique:
"Quelles sont les fonctions essentielles à ce début de roman?"
Ce n'est pas une problématique, pas du tout, c'est une question, et la question bateau que l'on pose à propos de
tous les incipit : quels renseignements nous donne cet incipit ? est-il complet ? quels développements prépare-t-il ?
Cela vous oblige à vous dédoubler : à lire le texte comme la première fois, et à dégager vos horizons d'attente, puis à le re-lire en connaissance de cause, sachant ce qui suit et dégageant les indices.
Tous les textes sont appropriés à tous les types de lecture !
On déblaie le terrain par une approche linéaire, et puis on choisit le mode de présentation le plus adapté aux conclusions dégagées.
Bonjour,
L'analyse linéaire n'est pas adaptée à l'oral, surtout si le texte est long.
A l'oral, l'examinateur pose une question, une seule, sur un des aspects du texte.Le candidat a une demi-heure pour préparer son exposé. Il explore le texte pour y prélever les éléments de réponse. Cette exploration ne peut être que linéaire pour ne rien laisser échapper.
Ensuite le candidat fait le plan de son exposé.
Le Pensionnaire.
Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189—
Je continue à dire “chez nous”, bien que la maison ne nous appartienne plus. Nous avons quitté le pays depuis bientôt quinze ans et nous n’y reviendrons certainement jamais.
Nous habitions les bâtiments du Cour Supérieur de Sainte–Agathe. Mon père, que j’appelais M. Seurel, comme les autres élèves, y dirigeait à la fois le Cours supérieur, où l’on préparait le brevet d’instituteur, et le Cours moyen. Ma mère faisait la petite classe.
Une longue maison rouge, avec cinq portes vitrées, sous des vignes vierges, à l’extrémité du bourg; une cour immense avec préaux et buanderie, qui ouvrait en avant sur le village par un grand portail; sur le côté nord, la route où donnait une petite grille et qui menait vers La Gare, à trois kilomètres; au sud et par derrière, des champs, des jardins et des prés qui rejoignaient les faubourgs. . . tel est le plan sommaire de cette demeure où s’écoulèrent les jours les plus tourmentés et les plus chers de ma vie — demeure d’où partirent et où revinrent se briser, comme des vagues sur un rocher désert, nos aventures.
Le hasard des “changements”, une décision d’inspecteur ou de préfet nous avaient conduits là. Vers la fin des vacances, il y a bien longtemps, une voiture de paysan, qui précédait notre ménage, nous avait déposés, ma mère et moi, devant la petite grille rouillée. Des gamins qui volaient des pêches dans le jardin s’étaient enfuis silencieusement par les trous de la haie. . . Ma mère, que nous appelions Millie, et qui était bien la ménagère la plus méthodique que j’aie jamais connue, était entrée aussitôt dans les pièces remplies de paille poussiéreuse, et tout de suite elle avait constaté avec désespoir, comma à chaque “déplacement”, que nos meubles ne tiendraient jamais dans une maison si mal construite. . . Elle était sortie pour me confier sa détresse. Tout en me parlant, elle avait essuyé doucement avec son mouchoir ma figure d’enfant noircie par le voyage. Puis elle était rentrée faire le compte de toutes les ouvertures qu’il allait falloir condamner pour rendre le logement habitable. . . Quant à moi, coiffé d’un grand chapeau de paille à rubans, j’étais resté là, sur le gravier de cette cour étrangère, à attendre, à fureter petitement autour du puits et sous le hangar.
C’est ainsi, du moins, que j’imagine aujourd’hui notre arrivée. Car aussitôt que je veux retrouver le lointain souvenir de cette première soirée d’attente dans notre cour de Sainte–Agathe, déjà ce sont d’autres attentes que je me rappelle; déjà, les deux mains appuyées aux barreaux du portail, je me vois épiant avec anxiété quelqu’un qui va descendre la grand’rue. Et si j’essaie d’imaginer la première nuit que je dus passer dans ma mansarde, au milieu des greniers du premier étage, déjà ce sont d’autres nuits que je me rappelle; je ne suis plus seul dans cette chambre; une grande ombre inquiète et amie passe le long des murs et se promène. Tout ce paysage paisible — l’école, le champ du père Martin, avec ses trois noyers, le jardin dès quatre heures envahi chaque jour par des femmes en visite — est à jamais, dans ma mémoire, agité, transformé par la présence de celui qui bouleversa toute notre adolescence et dont la fuite même ne nous a pas laissé de repos. Nous étions pourtant depuis dix ans dans ce pays lorsque Meaulnes arriva.
J’avais quinze ans. C’était un froid dimanche de novembre, le premier jour d’automne qui fît songer à l’hiver. Toute la journée, Millie avait attendu une voiture de La Gare qui devait lui apporter un chapeau pour la mauvaise saison
Alain-Fournier - Le Grand Meaulnes - Incipit
L'incipit : la norme : un lieu, des personnages, un nouvel arrivé (un pensionnaire)
L'incipit et l'écart : un réseau d'attente pour le lecteur.
(Pour qui connaît l'école musée à Epineuil-le-Fleuriel, la description, même sommaire dans l'incipit est très fidèle)
https://www.berryprovince.com/visiter-et-profiter/histoire-et-savoir/maison-ecole-du-grand-meaulnes-epineuil-le-fleurielmerci beaucoup pour vos réponses mais le textes en question débute par "il arriva chez nous un dimanche de 189…
Tu as raison, j'aurais dû retourner au livre. J'ai modifié … 🙂
Précise les limites du texte à étudier.