Sujets du bac 2016 - Épreuve de philosophie

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Voici les sujets 2016 de l’épreuve de philosophie, dans les séries générales et technologiques :
Série S :
  • Travailler moins, est-ce vivre mieux ?
  • Faut-il démontrer pour savoir ?
  • Texte : Machiavel, Le Prince (1532) :
Je n’ignore pas que beaucoup ont pensé et pensent encore que les choses du monde sont gouvernées par Dieu et par la fortune[sup]1[/sup], et que les hommes, malgré leur sagesse, ne peuvent les modifier, et n’y apporter même aucun remède. En conséquence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu’il faut laisser gouverner le destin. Cette opinion a eu, à notre époque, un certain crédit du fait des bouleversements que l’on a pu voir, et que l’on voit encore quotidiennement, et que personne n’aurait pu prédire. J’ai moi-même été tenté en certaines circonstances de penser de cette manière.
Néanmoins, afin que notre libre arbitre[sup]2[/sup] ne soit pas complètement anéanti, j’estime que la fortune peut déterminer la moitié de nos actions mais que pour l’autre moitié les événements dépendent de nous. Je compare la fortune à l’un de ces fleuves dévastateurs qui, quand ils se mettent en colère, inondent les plaines, détruisent les arbres et les édifices, enlèvent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde cède à la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre résistance. Bien que les choses se déroulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilité, pendant les périodes de calme, de se prémunir en préparant des abris et en bâtissant des digues de façon à ce que, si le niveau des eaux devient menaçant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas déchaînées et nuisibles.
Il en va de même pour la fortune : elle montre toute sa puissance là où aucune vertu n’a été mobilisée pour lui résister et tourne ses assauts là où il n’y a ni abris ni digues pour la contenir. [sup]1[/sup] « fortune » : le cours des choses.
[sup]2[/sup] « arbitre » : capacité de juger et de choisir.
Série L :
  • Nos convictions morales sont-elles fondées sur l’expérience ?
  • Le désir est-il par nature illimité ?
  • Texte : Hannah Arendt, « Vérité et politique », 1964 :
Est-ce qu’il existe aucun fait qui soit indépendant de l’opinion et de l’interprétation ? Des générations d’historiens et de philosophes de l’histoire n’ont-elles pas démontré l’impossibilité de constater des faits sans les interpréter, puisque ceux-ci doivent d’abord être extraits d’un chaos de purs événements (et les principes du choix ne sont assurément pas des données de fait), puis être arrangés en une histoire qui ne peut être racontée que dans une certaine perspective, qui n’a rien à voir avec ce qui a eu lieu à l’origine ? Il ne fait pas de doute que ces difficultés, et bien d’autres encore, inhérentes[sup]1[/sup] aux sciences historiques, soient réelles, mais elles ne constituent pas une preuve contre l’existence de la matière factuelle, pas plus qu’elles ne peuvent servir de justification à l’effacement des lignes de démarcation entre le fait, l'opinion et l’interprétation, ni d’excuse à l’historien pour manipuler les faits comme il lui plaît. Même si nous admettons que chaque génération ait le droit d’écrire sa propre histoire, nous refusons d’admettre qu’elle ait le droit de remanier les faits en harmonie avec sa perspective propre ; nous n’admettons pas le droit de porter atteinte à la matière factuelle elle-même. Pour illustrer ce point, et nous excuser de ne pas pousser la question plus loin : durant les années vingt[sup]2[/sup], Clémenceau, peu avant sa mort, se trouvait engagé dans une conversation amicale avec un représentant de la République de Weimar[sup]3[/sup] au sujet des responsabilités quant au déclenchement de la Première Guerre mondiale. On demanda à Clémenceau : « À votre avis, qu’est-ce que les historiens futurs penseront de ce problème embarrassant et controversé ? » Il répondit : « Ça, je n’en sais rien, mais ce dont je suis sûr, c’est qu’ils ne diront pas que la Belgique a envahi l’Allemagne. » [sup]1[/sup] Inhérent : qui appartient essentiellement à quelque chose.
[sup]2[/sup] Années vingt : période de 1920 à 1929.
[sup]3[/sup] République de Weimar : régime politique de l’Allemagne de 1919 à 1933.
Série ES :
  • Savons-nous toujours ce que nous désirons ?
  • Pourquoi avons-nous intérêt à étudier l’histoire ?
  • Texte : René Descartes, Principes de la philosophie (1644) :
« […] Parce que nous savons que l’erreur dépend de notre volonté, et que personne n’a la volonté de se tromper, on s’étonnera peut-être qu’il y ait de l’erreur en nos jugements. Mais il faut remarquer qu’il y a bien de la différence entre vouloir être trompé et vouloir donner son consentement à des opinions qui sont cause que nous nous trompons quelquefois. Car encore qu’il n’y ait personne qui veuille expressément se méprendre, il ne s’en trouve presque pas un qui ne veuille donner son consentement à des choses qu’il ne connaît pas distinctement : et même il arrive souvent que c’est le désir de connaître la vérité qui fait que ceux qui ne savent pas l’ordre qu’il faut tenir pour la rechercher manquent de la trouver et se trompent, à cause qu’il les incite à précipiter leurs jugements, et à prendre des choses pour vraies, desquelles ils n’ont pas assez de connaissance. »
Séries technologiques (toutes séries sauf techniques de la musique et de la danse) :
  • Pour être juste, suffit-il d’obéir aux lois ?
  • Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ?
  • Texte : Maurice Merleau-Ponty, Causeries (1948) :
Même quand les peintres travaillent sur des objets réels, leur but n’est jamais d’évoquer l’objet même, mais de fabriquer sur la toile un spectacle qui se suffit. La distinction souvent faite entre le sujet du tableau et la manière[sup]1[/sup] du peintre n’est pas légitime parce que, pour l’expérience esthétique, tout le sujet est dans la manière dont le raisin, la pipe ou le paquet de tabac est constitué par le peintre sur la toile. Voulons-nous dire qu’en art la forme seule importe, et non ce qu’on dit ? Nullement. Nous voulons dire que la forme et le fond, ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part. Nous nous bornons en somme à constater cette évidence que, si je peux me représenter d’une manière suffisante, d’après sa fonction, un objet ou un outil que je n’ai jamais vu, au moins dans ses traits généraux, par contre les meilleures analyses ne peuvent me donner le soupçon de ce qu’est une peinture dont je n’ai jamais vu aucun exemplaire. Il ne s’agit donc pas, en présence d’un tableau, de multiplier les références au sujet, à la circonstance historique, s’il en est une, qui est à l’origine du tableau. [sup]1[/sup] « manière » : la façon dont le peintre peint, son style propre.


Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.
  • Dégager la thèse du texte et les étapes de son argumentation.
  • Expliquer :
    ✦ « un spectacle qui se suffit » ;
    ✦ « la forme et le fond, ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part » ;
    ✦ « les meilleures analyses ne peuvent me donner le soupçon de ce qu’est une peinture dont je n’ai jamais vu aucun exemplaire ».
  • Une œuvre d’art a-t-elle pour but de représenter la réalité ?
Bonne journée !
https://www.leparisien.fr/societe/bac-2016-decouvrez-les-sujets-de-l-epreuve-de-philosophie-15-06-2016-5886073.php
Me serais-je trompée d'année ?
Pourquoi les sujets ne sont-ils pas les mêmes que ceux postés il y a une dizaine de minutes ??
Bonjour,

Selon Le Monde, « le ministère annonce qu'il s'est trompé dans l'envoi des sujets aux médias. Ceux présentés précédemment sont en fait ceux tombés hier aux Antilles - Guyane. » 😀
Ecoute, je ne sais pas…
Ah d'accord ! 😀
Sujet 1 - Le réel se réduit-il à ce que l’on en perçoit ?
En tout cas, le sujet des L pour les Antilles - Guyane ressemble fortement à celui du CG de philo, filière ES/S, qui était :
Le réel est-il ce que l'on croit?
Après lecture des sujets proposés en France, je dois avouer que j'aurais préféré tomber sur ceux des Antilles ! 😀 Notamment celui-ci (filière S):
Sujet 1 - Le désir nous éloigne-t-il du vrai ?
Voilà, j’ai édité le premier message, ce sont les bons sujets, normalement.
Je vais mettre les textes dans quelques minutes.
Super, merci !
Bonjour,

Je suis en série ES et j'ai choisi l'explication de texte;
J'ai regarder rapidement les corrigés, j'ai dit des choses justes mais c'est pas impeccable je pense.

Donc, théme: La vérité, définie dans l'intro, puis ensuite dans le développement j'ai défini les sous notions comme volonté, désir etc…

Probléme: Pourquoi-nous trompons nous?
Thése: Nous nous trompons car nous avons un raisonnement erroné quant à la recherche de la vérité, dû à notre désir de la trouver qui est trop fort.
Structure: en 4 parties linéaires, qui font plutôt deux parties mais j'ai fait des parties d'une maniére linéaire par rapport au texte.

Ds le développement j'indique bien que s'ils ont se trompent selon l'auteur c'est parce que nous détenons pas la bonne maniére de la rechercher etc…en analysant et expliquant de maniére linéaire.
Sauf que j'ai cité cette citation "La vérité appartient à ceux qui la recherchent et non point à ceux qui prétendent la détenir" et j'ai l'impression que ça n'a rien à voir maintenant.

Donc d'après vous ça se tient ou c'est 5/20 ? x)
Je demande pas vraiment d'estimer ma note car je sais qu'il est difficle de le faire avec si peu d'infos, mais au moins me dire si ce que j'ai dit tient debout.

Bonne journée à tous,
Nathan.
Bonjour ,
Apres avoir terminer on bac de philo j'étais un peu content de moi , non pas car j'ai fait quelque chose de beau mais car je n'avais pas l'impression d'être complétement perdu et nous savons que le sentiment qu'on a après la première épreuve a aussi une petite influence sur la suite , en demandant a mes camarades ce qu'ils ont fait ( Ceux qui ont choisit le même sujet bien sur.) Ils m'ont donné des réponses semblables entre elles mais différentes de la mienne , ce qui m'a vraiment fait peur , et bien sur c'est en toute logique leur réponses qui étaient plus 'cohérente' avec la correction. Du coup je flippe vraiment. Le fait d'avoir une idée vraiment original et qui parait ridicule voir incomparable avec le text peut nuire a la note? J'ai donné une vision du texte vraiment complexe.

Alors voila je vais vous montrer le text qui est la 3eme question du sujet de bac serie techno , et j'aimerais avoir un avis , dans le sens ou est-ce que ce que j'ai écris va me couter ma note de philo?
Le texte et questions:
Même quand les peintres travaillent sur des objets réels, leur but n’est jamais d’évoquer l’objet même, mais de fabriquer sur la toile un spectacle qui se suffit. La 1 distinction souvent faite entre le sujet du tableau et la manière du peintre n’est pas légitime parce que, pour l’expérience esthétique, tout le sujet est dans la manière dont le raisin, la pipe ou le paquet de tabac est constitué par le peintre sur la toile. Voulons-nous dire qu’en art la forme seule importe, et non ce qu’on dit ? Nullement. Nous voulons dire que la forme et le fond, ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part. Nous nous bornons en somme à constater cette évidence que, si je peux me représenter d’une manière suffisante, d’après sa fonction, un objet ou un outil que je n’ai jamais vu, au moins dans ses traits généraux, par contre les meilleures analyses ne peuvent me donner le soupçon de ce qu’est une peinture dont je n’ai jamais vu aucun exemplaire. Il ne s’agit donc pas, en présence d’un tableau, de multiplier les références au sujet, à la circonstance historique, s’il en est une, qui est à l’origine du tableau. MERLEAU-PONTY, Causeries(1948)
En résumé , dans le sujet de réponse j'ai rentré:
-Le fait que l'être humain utilise la peinture pour exprimer ses sentiments complexe.
-MERLEAU-PONTY est en désaccord avec cette idée et nous présente donc une analyse en nous expliquant le lien entre le peintre , l'idée exprimé et la peinture ( le tableau)
-Il procède l'explication en commençant par nous dire comment le peintre crée son art , comment le sujet que le tableau traite se fait communiquer et une conclusion sur son analyse.
-Premièrement il nous dit que le peintre dessiner les objets réel mais pas dans le but de les présenter mais présenter un spectacle. Qu'est ce qu'un spectacle? Une sujet ( Thème ou histoire ) joué par des acteurs. Donc dans se spectacle ici qui est le tableau le sujet est l'idée exprimée et les objets représentes les acteurs qui ne sont pas la pour y être , mais car ils font parti de l'idée. Pour enchainer , il nous parle aussi de la manière de dessiner, la manière est aussi crucial car elle sert a communiquer les sentiments. On peut remarquer la colère sur un acteur qui fronce les sur-cils et hausse la voix tout comme on peut voir l'apaisement du peintre a travers ses coups de pinceau.
-Ensuite il nous explique que ce n'est pas parce qu'une peinture exprime tout , qu'on ne peut en référer plusieurs sujets, mais par contre sans le tableau le sujet ne saurait avoir lieu ( "Ce qu’on dit et la manière dont on le dit ne sauraient exister à part."). Car par exemple analyser la fonction d'un outil ou objet pourrait donner une certaine idée de l'objet sans avoir a le voir , cependant aucune analyse aussi parfaite soit-elle ne peut décrire un tableau qu'on a pas vu.
En conclusion les sujets naissent des tableaux et et non pas le contraire.
Donc est ce qu'on dessine ce qu'on ressens ou on ressens ce qui est dessiné?

Bref voila en gros , comparé au corrigé c'est une grosse blague mais ce n'est pas comme si j'avais pris ce sujet a la légère non plu, de plus ca me fait tout bizarre de ne pas voir ce que tout le monde voit.
Le corrigé se trouve ici en bas de la page:
https://www.lci.fr/examens/les-sujets-et-corriges-du-bac-philo-2016-series-technologiques-1512076.html