L’expression "force est de constater que…"

Langue française

20 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonsoir,

L'expression "Force était de constater…" est-elle correcte ?

D'avance merci
Bonsoir,

oui cette expression existe bien.
[Hilario Duran] travaille régulièrement avec le contrebassiste Roberto Occhipinti, à la barre de l'un des meilleurs ensembles canadiens, force était de constater hier.

cyberpresse.ca/article/20070708/CPARTS/707080454/1017/CPARTS
Bonsoir,

On trouve d'autres exemples dans les dictionnaires.

T.L.F.I. :
Force est (était) de (loc. verb. impers.). Il est (était) nécessaire de.
Il fallut bien se soumettre, car ce roi les eût envoyés en prison. Force était d'obéir avec docilité.

(BARANTE, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 352).
Force nous avait été de la former, cette junte; elle parlait aux Espagnols au nom de leur roi; elle amenait les généraux des Cortès à traiter avec une autorité de la patrie.

(CHATEAUBRIAND, Mém., t. 3, 1848, p. 197).
Littré :
Il est bien force, force m'est, force lui est de, il est nécessaire, indispensable.
Il souffrait plus que l'on ne saurait dire.
Force lui fut de quitter la maison.


(LA FONTAINE, Mazet de Lamporechio)
Le Grand Robert juge cette locution littéraire :
Force est de (et l'inf.). S'emploie pour exprimer la contrainte des événements, de la raison…
Force lui fut de reconnaître que, ce soir, il avait opté pour le plus facile, et pris le chemin tout tracé.

(Martin du Gard, les Thibault, t. III)
À bientôt !
Force est de constater que…
Cette expression est-elle correcte ? Signifie-t-elle bien qu'on est obligé de reconnaître, ou de constater ?
Bonsoir,

Oui, elle est correcte et signifie bien ce que tu proposes.
Bonsoir,

C'est une expression soutenue à caractère littéraire. Force m'est de, je suis contraint de.
Ce n'est pas très littéraire, c'est plutôt oratoire. Je rencontre cette expression davantage dans la bouche des hommes politiques et des journalistes que dans la plume des écrivains.
Au moins sous la plume de Chateaubriand, si l'on en croit le TLF :
Force nous avait été de la former, cette junte; elle parlait aux Espagnols au nom de leur roi; elle amenait les généraux des Cortès à traiter avec une autorité de la patrie (CHATEAUBR., Mém., t. 3, 1848, p. 197).
Peut être, mais l'expression entière "force est de constater" est surtout actuellement un tic journalistique, que je n'hésiterais pas pour cette raison à mettre dans ma liste personnelle des expressions à proscrire.
Dictionnaire des Difficultés du français (Usuels du Robert) :
force est de. Cette locution figée est aujourd'hui littéraire au sens de "on ne peut que" : "Force était d'attendre avril."(GIDE)
Pour une fois que les journalistes usent d'une tournure claire et concise
(et d'origine littéraire, en plus) pourquoi leur reprocher ce tic ?

"Force est de constater que c'est bien pratique…"
Largement aussi élégant que :
"On ne peut que constater que c'est bien pratique."
Non ? =)
C'est un registre plus soutenu, mais ça n'a rien de littéraire (d'ailleurs, aucun mot, aucune expression n'est en soi littéraire). Dans les écrivains que tu as cités, aucun ne dit "force est de constater" en entier. Ce que je n'aime pas précisément c'est qu'aujourd'hui on entendra après la tournure "force est" uniquement le verbe constater. C'est un peu comme à l'époque où les gens avaient du mal à retenir un "à la Prévert" après le mot inventaire. C'est un mauvais automatisme verbal, qui ne ferait honneur ni à Gide ni à Chateaubriand, mais qui n'est certes pas le pire, force m'est de le reconnaitre.
Donc, ce n'est pas "force est de" qui t'agace… c'est le "constater" qui le suit trop systématiquement. Nuance… Il y a là sans doute une part de grégarisme, mais c'est peut-être aussi une façon instinctive d'éviter un peu gracieux "nepeukekon".
C'est un registre plus soutenu, mais ça n'a rien de littéraire (d'ailleurs, aucun mot, aucune expression n'est en soi littéraire).
Tout dépend de ce qu'on entend par "littéraire". La notation "Littéraire" des dictionnaires usuels a un sens bien spécifique. Voici comment le Robert explicite l'abréviation LITTÉR. qu'il utilise dans ses définitions : "Désigne un mot qui n'est pas d'usage familier, qui s'emploie surtout dans la langue écrite élégante."

Définition de "soutenu", en parlant du style : "Qui se maintient à un certain niveau de pureté, d'élégance, évite toute familiarité…"
C'est assez proche, non ?
Mais qui est l'arbitre des élégances?
Force est de reconnaître, c'est mieux?
Je ne sais pas…
Attendons l'avis de Lucretius, lexicographe arbitre des élégances ! 😉
Je décrète arbitrairement que c'est bien mieux.
Merci, mais ce sera pour la prochaine fois; j'ai déjà envoyé mon texte. Heureusement que la forme reste toutefois admissible.
Lucretius a écrit :
Ce n'est pas très littéraire, c'est plutôt oratoire. Je rencontre cette expression davantage dans la bouche des hommes politiques et des journalistes que dans la plume des écrivains.
Jehan a écrit :
Au moins sous la plume de Chateaubriand, si l'on en croit le TLF :
Force nous avait été de la former, cette junte; elle parlait aux Espagnols au nom de leur roi; elle amenait les généraux des Cortès à traiter avec une autorité de la patrie (CHATEAUBR., Mém., t. 3, 1848, p. 197).
En fait, Chateaubriand écrivant ses mémoires (genre bien particulier,… pour que l'histoire le juge) et étant lui-même un politicien, on voit bien le côté oratoire de l'expression (plus que littéraire, à mon goût).
Bonjour,

Dans "force est de chanter", quels sont les statuts grammaticaux des différents mots ?
Comme il s'agit d'une tournure figée, difficile de décortiquer…
Ici "force" a le sens de "nécessité".
Et "force est" équivaut à une tournure impersonnelle (= il est une nécessité, il y a nécessité = il faut).
Quant à "de chanter", ce serait le sujet réel de cette tournure impersonnelle.