Baudelaire et la nature

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,
Je suis en première et je passe donc mon bac la semaine prochaine. Mon professeur de Français nous a fait beaucoup fait travailler sur Baudelaire cette année. Cependant, je n'ai toujours pas bien compris son rapport avec la Nature. J'ai lu qu'il detestait la nature, qu'il se concidérait comme "le peintre de la vie moderne", un homme qui glorifierait la ville (notamment dans les Tablaux Parisiens in Les Fleurs du Mal) . J'ai aussi vu qu'il pensait que l'art outrepassait la Nature. Cependant , dans son poème "Correspondances", il exprime la grandeur et la force de la Nature. Quelqu'un pourrait t'il éclaircir ce point pour moi s'il vous plait ?
Merci,
Lily
Bonjour lili78,

Il me semble que Baudelaire, loin de chanter les louanges de la ville, la critique, bien au contraire…
Dans la section Tableaux Parisiens in Fleurs du mal que tu cites, il critique justement cette ville. Notamment dans le poème Le Cygne qu'il dédie a Victor Hugo :
Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas! que le coeur d'un mortel)
Correspondances


La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.


Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal
* Baudelaire aime la nature cosmique, ce qui le rapproche le plus de son Idéal. Il rêve d'exotisme, évoque le parfum des "verts tamariniers", etc. Il rêve d'azur, de ports, de soleil…

* évoque les « beautés météorologiques » (Curiosités esthétiques, posthume, 1868) dès les premières lignes des Petits poèmes en prose (posthume 1869) :

« - Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… les merveilleux nuages ! »

*le texte « Enivrez-vous » (Petits poème en prose): « … Demandez au vent, à la vague, à l’étoile|…], à tout ce qui fuit […], à tout ce qui roule… ».

* Déteste le froid parisien mais aime l'automne aux cieux brouillés qu'il dépeint si bien en la personne de Marie Daubrun. Aime les cieux du peintre Boudin qu'il connaît bien (il habite près de chez sa mère, à Honfleur)

* Ailleurs, il compare les plantes à des « légumes sanctifiés » et, pour lui, « l’état parfait des fruits ne commence qu’au compotier. » C'est cette nature-là qu'il n'aime pas, en dandy raffiné.

Voir éventuellement => https://www.etudes-litteraires.com/baudelaire/beautes-meteorologiques
Merci pour vos réponses! Je comprend donc que Baudelaire se servait de la Nature comme source d'inspiration. Cependant , voilà ce que j'ai trouvé sur internet et que je trouve en désaccord avec cela :
"
«Mon cher Desnoyers, vous me demandez des vers pour votre petit volume, des vers sur la Nature, n’est-ce pas? sur les bois, les grands chênes, la verdure, les insectes, — le soleil, sans doute? Mais vous savez bien que je suis incapable de m’attendrir sur les végétaux, et que mon âme est rebelle à cette singulière Religion nouvelle, qui aura toujours, ce me semble, pour tout être spirituel, je ne sais quoi de shocking. Je ne croirai jamais que l’âme des Dieux habite dans les plantes, et, quand même elle y habiterait, je m’en soucierais médiocrement, et considérerais la mienne comme d’un bien plus haut prix que celle des légumes sanctifiés. J’ai même toujours pensé qu’il y avait dans la Nature, florissante et rajeunie, quelque chose d’affligeant, de dur, de cruel, — un je-ne-sais-quoi qui frise l’impudence.»
Baudelaire
J'ai également trouvé cela:
"La seconde version des Fleurs du mal de 1861 ajoute la section «Les tableaux parisiens» pour compenser la suppression des pièces condamnées. Le titre même est significatif: Baudelaire devient «le peintre de la vie moderne» et montre que Paris peut faire l’objet d’un tableau, avoir accès à l’art. La peinture impressionniste ira dans cette voie qu’ouvrit Baudelaire: Claude Monet, par exemple, présente, à l’exposition d’avril 1877, douze versions de La Gare Saint-Lazare.

[…] https://www.studyramagrandesecoles.com/home.php?idRubrique=1115&Id=11893
Qu'en penssez vous?
Non, ce n'est pas ce que j'ai dit exactement.

Baudelaire a préféré son Spleen de Paris à l'ennui des tropiques. Le ciel bas et lourd de l'infâme capitale aimée, plutôt que le morne soleil de l'île Bourbon.

Mais aspire à l'infini, à l'idéal, ce qu'il a cru trouver parfois dans les cieux, la mer et les rivages lointains. S'est trompé. Relisez "Le Voyage" (qui clôt Les Fleurs du Mal )

Ce sont les romantiques qui s'inspiraient de la nature. Baudelaire fut le grand fossoyeur du Romantisme.