Sujets du bac français 2016 (Amérique du Nord)

Entraide scolaire

48 réponses · Page 2 / 3

Idem ! 😀 Ça me trouble plus qu'autre chose de ne pas trouver notre sujet (ne serait-ce que le sujet!) sur le net. 😜
Et sinon, à quand l'oral ?
Pour moi, c'est le 23, j'ai donc largement le temps de passer tous les textes au peigne extra fin, au moins deux fois chacun 🙂. Et vous donc, à quand votre oral ? D'ailleurs quels textes avez vous, on pourrait échanger nos idées.
Moi, c'est ce mercredi ! 😀

En ce qui concerne les textes, on en a une vingtaine (22 il me semble), ce serait trop long de les lister, en revanche en ce qui concerne les oeuvres intégrales nous avons Les Liaisons Dangereuses, Antigone d'Anouilh, Lettres Persanes et Fleurs du Mal. 😉
Et vous ? 🙂 Et quel objet d'étude redoutez-vous le plus / ou au contraire, préférez-vous ?
Ah ce mercredi, pour 22 texte, vous n'êtes pas chanceuse 😜. Nous avons 4 textes de L'étranger de Camus ( oeuvre intégrale ), un texte de La princesse de Clèves, la lettre 81 des Liaisons Dangereuses, Les choses de Pérec, L'incipit de Bouvard et Pécuchet de Flaubert, 3 textes de Lorenzaccio de Musset ( oeuvre intégrale ) , 4 textes d'argumentations sur la manière dont les lumières ont parlé de l'esclavages ( Le nègres du Surinam, De l'esclavages des nègres de Montesquieu, Le retour sur le voyage de Bougainville ), Les fleurs du mal " L'Ennemie, L'Horloge, Une Charogne" ( oeuvre intégrale que j'adore ), et une dernière séquence sur la poésie engagé « Je veux peindre la France… », Agrippa Aubigné, La Fonction de poète, Victor Hugo, « Le dormeur du val », d’Arthur Rimbaud ( que j'adore ).

Nous avons donc Les fleurs du mal et la lettre 81 des Liaisons Dangereuses , sans doute, en commun. 😀
En effet, nous avons la Lettre 81 en commun, de même que les Fleurs du Mal. 😜
Mais ce n'est pas tout : nous avons aussi l'incipit de Bouvard et Pécuchet, un texte de Lorenzaccio (la scène de l'assassinat de Lorenzo), un texte de L'Etranger (la scène du procès), et nous avons également abordé Le dormeur du val. 😀
Nous n'avons malheureusement pas la scène de l'assassinat 😞. Mais pour ce qui est des autres textes, on pourrait échanger 🙂 !

PS: je trouve l'acrostiche dans Le dormeur du val, juste énorme ! :

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur la poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Bonjour,
C'est extraordinaire.
J'ai lu ce poème des tas de fois et je n'avais jamais vu ça !
Merci. Je sens que je vais apprendre des tas de choses sur ce forum.
Salut Alix1, c'est d'ailleurs pour cela que j'ai choisi de l'intégrer dans mon PS, car personne non plus ne l'avait remarqué dans mon école, je ne vous raconte pas l'émerveillement de mon professeur 🙂. Au plaisir 🙂 ! Sinon dans l'Horloge de Baudelaire, les 6 quatrains qui forment 24 vers, en référence à 24h, m'ont paru génial.
J'ai lu et relu ce poème, je l'ai appris par coeur, et pourtant je n'ai JAMAIS remarqué ça ! Merci beaucoup, Shocop !

L'Horloge est également un poème que j'ai bien aimé - notamment cette strophe :
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !
J'adore aussi cette strophe, ou ces
Trois mille six cents fois
écrites en toute lettre, figurent si bien ces coups que reçoit Baudelaire *-* !

Je propose donc, qu'on poste ici ou ailleurs nos idées, complètes, sur un texte (les autres après), qu'en dites-vous Fraise ?
Totalement d'accord ! Ça ne peut être que bénéfique 😉
Bonsoir,

J'ai en commun avec vous, Les Fleurs du Mal, de Baudelaire, un grand classique de la poésie.
Sinon, j'ai étudié l'Ingénu, Don Juan, Eugénie Grandet pour les œuvres intégrales. D'autres lectures analytiques portant sur les femmes et liberté (pour l'argumentation), un extrait d'Antigone, Phèdre et Ruy Blas pour la tragédie.
Donc voila, je commence avec Bouvard et Pécuchet de Flaubert:
Deux hommes parurent.

L’un venait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.

Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent, à la même minute, sur le même banc.

Pour s’essuyer le front, ils retirèrent leurs coiffures, que chacun posa près de soi ; et le petit homme aperçut, écrit dans le chapeau de son voisin : Bouvard ; pendant que celui-ci distinguait aisément dans la casquette du particulier en redingote le mot : Pécuchet.

— Tiens, dit-il, nous avons eu la même idée, celle d’inscrire notre nom dans nos couvre-chefs.

— Mon Dieu, oui, on pourrait prendre le mien à mon bureau !

— C’est comme moi, je suis employé.

Alors ils se considérèrent.

L’aspect aimable de Bouvard charma de suite Pécuchet.

Ses yeux bleuâtres, toujours entre-clos, souriaient dans son visage coloré. Un pantalon à grand-pont, qui godait par le bas sur des souliers de castor, moulait son ventre, faisait bouffer sa chemise à la ceinture ; et ses cheveux blonds, frisés d’eux-mêmes en boucles légères, lui donnaient quelque chose d’enfantin.

Il poussait du bout des lèvres une espèce de sifflement continu.

L’air sérieux de Pécuchet frappa Bouvard.

On aurait dit qu’il portait une perruque, tant les mèches garnissant son crâne élevé étaient plates et noires. Sa figure semblait toute en profil, à cause du nez qui descendait très bas. Ses jambes, prises dans des tuyaux de lasting, manquaient de proportion avec la longueur du buste, et il avait une voix forte, caverneuse.

Cette exclamation lui échappa :

— Comme on serait bien à la campagne !

Mais la banlieue, selon Bouvard, était assommante par le tapage des guinguettes. Pécuchet pensait de même. Il commençait néanmoins à se sentir fatigué de la capitale, Bouvard aussi.

Et leurs yeux erraient sur des tas de pierres à bâtir, sur l’eau hideuse où une botte de paille flottait, sur la cheminée d’une usine se dressant à l’horizon ; des miasmes d’égout s’exhalaient. Ils se tournèrent de l’autre côté. Alors ils eurent devant eux les murs du Grenier d’abondance.

Décidément (et Pécuchet en était surpris) on avait encore plus chaud dans les rues que chez soi !

Bouvard l’engagea à mettre bas sa redingote. Lui, il se moquait du qu’en-dira-t-on !

Tout à coup un ivrogne traversa en zigzag le trottoir ; et, à propos des ouvriers, ils entamèrent une conversation politique. Leurs opinions étaient les mêmes, bien que Bouvard fût peut-être plus libéral.

Un bruit de ferrailles sonna sur le pavé dans un tourbillon de poussière : c’étaient trois calèches de remise qui s’en allaient vers Bercy, promenant une mariée avec son bouquet, des bourgeois en cravate blanche, des dames enfouies jusqu’aux aisselles dans leur jupon, deux ou trois petites filles, un collégien. La vue de cette noce amena Bouvard et Pécuchet à parler des femmes, qu’ils déclarèrent frivoles, acariâtres, têtues. Malgré cela, elles étaient souvent meilleures que les hommes ; d’autres fois elles étaient pires. Bref, il valait mieux vivre sans elles ; aussi Pécuchet était resté célibataire.

— Moi, je suis veuf, dit Bouvard, et sans enfants !

— C’est peut-être un bonheur pour vous ? Mais la solitude à la longue était bien triste.
On peut parler d'un incipit traditionnelles.

On sait que les deux personnages sont des employés et appartiennent à la classe Bourgeoise.
On reconnaît Paris.

On a deux personnages opposés "le plus petit" =/= "le plus grand", mais qui se complètent par les parallélismes.

On a l'annonce d'une narration réaliste ( la focalisation externe d'abords du premier paragraphe, puis la focalisation interne sur Bouvard + focalisation interne Pécuchet = focalisation 0 du reste des paragraphes, donc progression réaliste, description minutieuse…)

On a la critique du topos de la rencontre amoureuses " Alors ils se considérèrent ", les mots a connotation amoureuses " charma ", "frappa".

On a enfin, un narrateur dieu, invisible, qui se joue de ses personnages.

Qu'ajouterez-vous, ou, qu'enlèverez-vous ?
J'aurais ajouté un axe sur le discours de la bêtise, si chère à Flaubert.
Pourriez-vous développer s'il vous plait ^^ ?
Bien sûr ! 😉

Flaubert méprisait profondément tout ce qui se rattachait aux idées préconçues, aux préjugés etc. que véhiculait principalement, en ce temps, la bourgeoisie.
Dans le roman Bouvard et Pécuchet, Flaubert décrit le parcours de deux bourgeois qui, au début, sont typiques du XIXeme, en ce sens où il n'y a guère de profondeur dans leurs propos. Tout au long du roman, ils acquièrent une véritable culture et en viennent à détester cette bêtise, ces idées reçues qu'ils incarnaient pourtant au depart.

Bref, dans cet incipit, on voit d'ores et déjà que Bouvard et Pecuchet se livrent à des réflexions sans profondeur : ils parlent de tout et de rien, se contredisent (à propos des femmes par exemple), abordent une multiplicité de sujets en très peu de temps…
D'où l'axe sur le discours de la bêtise dont je parlais précedemment. 😉

D'ailleurs, Flaubert a écrit, tout au long de sa vie, un ouvrage regroupant tous les préjugés de l'époque (pour les critiquer, évidemment), intitulé Dictionnaire des idées reçues. Il est étonnant de voir que certains de ces préjugés sont encore valables aujourd'hui!… ^^'
Wow ! Vous m'en apprenez et précisez des choses ! Surtout cette critique des préjugés sociaux dont je ne connaissait rien ! ça me servira tant pendant l'entretient ! Merci 🙂 !
Je t'en prie. 😉
Fraise, je vous ai envoyé un message en privé.
Bonjour, j'ai fait le sujet d'invention du bac de français d'Amérique du Nord 2016 pour m'entraîner pour le bac en France. J'ai remarqué qu'il n'y avait pas de minimum de lignes/vers. Je ne sais pas vraiment si ma proposition conviendrait à un examinateur, j'aimerais connaître vos avis :
poème en prose

Refrain Fané

Ce temps aussi furtif et sombre qu'une éclipse, ne cesse de se répéter. Et chaque instant de cette vie me renvoie à un éternel ennui, ennui accueillant et chaleureux, vicieux et malin, sadique et cruel, qui ne me laisse pas.

Seul. Les vicissitudes consolantes d'un rayon ambré ne me suffisent plus. Les chants affreusement joyeux et sautillants des oiseaux, semblables aux cris de la Parque, me fige, me glace dans cette mystérieuse attente d'une nouvelle éclosion. Ô Rose vermeille, pourquoi m'as-tu délaissée ? Ris-tu à mes dépends, alors que je rêve de toi, afin que s'égrènent plus vites ces faux pétales, gris, qui ont pris ta place ? Les vagues autrefois turquoises et ocres sont vertes et boueuses. Redeviendrons-t-elles un jour aussi éclatantes de vie que moi jadis ? Rose, t'es-tu assez amusée de ma misère à vouloir connaître un jour nouveau, et toi-même… Reviendras-tu ?

Trop loin, si loin, et si proche de la fin pourtant. Comment y échapper… Voler, courir, flotter, nager ? Ou bien abandonner et rester… Je ne pourrais jamais atteindre la béatitude qui me tend sa main transparente et suis condamné à errer dans les méandres de mon miséreux quotidien au refrain fané.