Mouawad, Incendies, scène 35

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous, je souhaiterais avoir un exemple de commentaire de texte complet (introduction, plan rédigé et conclusion) qui porte sur la Scène 35 du livre "Incendies" de l'auteur Wajdi Mouawad. Merci d'avance de vos réponses.

J'ai pensé au plan suivant:
1-Une réalité accablante
a-Le destin tragique
b-Une vie parfois injuste

2-Jeanne et Simon
a-Une réaction particulière
b-Un sentiment inconnue
Est-ce texte ou un autre extrait ?

Et toi, que proposes-tu ?

CHAMSEDDINE: Un jour, un homme est venu vers moi. Il était jeune et fier. Imagine le. Tu le vois ? C'est ton frère. Nihad. Il cherchait un sens à sa vie. Je lui ai dit de se battre pour moi. Il a dit oui. Il a appris à manier les armes. Un grand tireur. Redoutable. Un jour, il est parti. Où vas-tu ? lui ai-je demandé. […] Il est parti. Je l'ai aidé un peu. Je l'ai fait surveiller. J'ai fini par comprendre qu'il tentait de retrouver sa mère. Il l'a cherchée des années, sans trouver. Alors il s'est mis à rire à propos de rien. Plus de cause, plus de sens, il est devenu franc-tireur. Il collectionnait les photos. Nihad Harmanni. Une vraie réputation d'artiste. On l'entendait chanter. Machine à tuer. Puis il y a eu l'invasion du pays par l'armée étrangère. Ils sont montés jusqu'au Nord. Un matin, ils l'ont attrapé. Il avait tué sept de leurs tireurs. Il les avait visés dans l'oeil. La balle dans leurs lunettes. Ils ne l'ont pas tué. Ils l'ont gardé, ils l'ont formé, ils lui ont donné un travail. […]Dans une prison qu'ils venaient de construire, dans le Sud, à Kfar Rayat. Ils cherchaient un homme pour s'occuper des interrogatoires

SIMON : Il a donc travaillé avec Abou Tarek, mon père ?

CHAMSEDDINE : Non, ton frère n'a pas travaillé avec ton père. Ton frère est ton père. Il a changé son nom. Il a oublié Nihad. Il est devenu Abou Tarek. Il a cherché sa mère, l'a trouvée mais ne l'a pas reconnue. Elle a cherché son fils, l'a trouvée et ne l'a pas reconnu. Il ne l'a pas tuée car elle chantait et il aimait sa voix. […] Tu comprends bien : il a torturé ta mère et ta mère, oui, fut torturée par son fils et le fils a violé sa mère. Le fils est le père de son frère, de sa soeur.
Oui il s'agit de la scène 35 intitulée "La voix des siècles anciens". Il s'agit du passage dans lequel Jeanne et Simon apprennent par Chamseddine que leur père est en réalité leurs frère (Le passage est juste plus long que ce que tu à écrit avec ton passage inclus).
35. La voix des siècles anciens
SIMON. Tu m'as toujours dit que 1 plus 1 font 2. Est-ce que c'est vrai ?
JEANNE. Oui… C'est vrai…
SIMON. Tu ne m'as pas menti ?
JEANNE. Mais non !… 1 et 1 font 2 !
SIMON. Ça ne peut jamais faire 1 ?
JEANNE. Qu'est-ce que tu as trouvé, Simon ?
SIMON. Réponds-moi ! 1 plus 1, est-ce que ça peut faire 1 ?
JEANNE. Oui.
SIMON. Comment ça ?!
JEANNE. Simon.
SIMON. Explique-moi !
JEANNE. Fuck, c'est pas l'heure de faire des maths, dis-moi ce que tu as trouvé !
SIMON. Explique-moi comment 1 plus 1 font 1 !
JEANNE. D'accord ! Il y a une conjecture très étrange en mathématiques. Une conjecture qui n'a jamais encore été démontrée. Tu vas me donner un chiffre, n'importe lequel. Si le chiffre est pair, on le divise par deux. S'il est impair, on le multiplie par trois et on rajoute un. On fait la même chose avec le chiffre qu'on obtient. Cette conjecture affirme que peu importe le chiffre de départ, on arrive toujours à 1. Donne un chiffre.
SIMON. 7.
JEANNE. Bon. 7 est impair. On le multiplie par 3 on rajoute 1, ça donne 22. 22 est pair, on divise par 2. 11. 11 est impair, on le multiplie par 3, on rajoute 1, 34. 34 est pair. On le divise par 2, 17. 17 est impair, on multiplie par 3, on rajoute 1, 52. 52 est pair, on divise par 2, 26. 26 est pair, on divise par 2, 13. 13 est impair. On multiplie par 3 on rajoute 1, 40. 40 est pair. On divise par 2, 20. On divise par 2, 10. 10 est pair, on divise par 2, 5. 5 est impair, on multiplie par 3, on rajoute 1, 16. 16 est pair, on divise par 2, 8, on divise par 2, 4, on divise par 2, 2, on divise par 2, 1. Peu importe le chiffre de départ, on arrive toujours à… Non !
SIMON. Tu te tais. Comme je me suis tu quand j'ai compris. J'étais dans la tente de Chamseddine, et dans sa tente j'ai vu le silence venir tout noyer. Hermile Lebel est sorti. Chamseddine s'est approché de moi.
CHAMSEDDINE. Et maintenant, Sarwane, écoute-moi, écoute-moi bien. Ce n'est pas le hasard qui t'a conduit à moi. Ici, il y a l'esprit de ta mère, l'esprit de Sawda, enterrée pas loin. L'amitié des femmes comme une étoile dans le ciel. Je les entends chanter. Un jour, un homme est venu vers moi. Il était jeune et fier. Imagine-le. Tu le vois ? C'est ton frère. Nihad. Il cherchait un sens à sa vie. Je lui ai dit de se battre pour moi. Il a dit oui. Il a appris à manier les armes. Un grand tireur. Redoutable. Un jour, il est parti : « Où vas-tu ?» lui ai-je demandé.
NIHAD. Je veux retrouver ma mère.
CHAMSEDDINE. Où la trouveras-tu ? C'est la guerre !
NIHAD. Elle vient du Nord. Je vais au nord.
CHAMSEDDINE. Et la cause des gens d'ici ? Les réfugiés ? Le sens de ta vie ?
NIHAD. Pas de cause, pas de sens !
CHAMSEDDINE. Tu n'es pas le seul. Tant d'enfants ont perdu leur mère. Ils ont oublié. Ils vivent. Tant de mères ont perdu leur enfant, elles ont oublié, elles vivent.
NIHAD. Moi, je n'oublie pas, et je ne vis pas.
CHAMSEDDINE. Il est parti. Je l'ai aidé un peu. Je l'ai fait surveiller. Il l'a cherchée des années, sans trouver. Plein de femmes cherchaient leur fils. Une folie. Alors il s'est mis à rire à propos de rien. Plus de cause, plus de sens, il est devenu franc-tireur. Il collectionnait les photos, les images. Nihad Harmanni. Une vraie réputation d'artiste. On l'entendait chanter. Machine à tuer. Puis, il y a eu l'invasion du pays par l'armée étrangère. Celle qui vient du Sud. Qui aidait les miliciens. Chad, leur chef que ta mère a tué. Ils sont montés jusqu'au Nord. Ici, il y a eu les massacres dans les camps. Lui tirait toujours. Un matin, ils l'ont attrapé. Il avait tué sept de leurs tireurs. Il les avait visés dans l'oeil. La balle dans leurs lunettes. Ils ne l'ont pas tué. Ils l'ont gardé, ils l'ont formé, ils lui ont donné un travail.
SIMON. Quel travail ?
CHAMSEDDINE. Dans une prison qu'ils venaient de construire, dans le Sud, à Kfar Rayât. Ils cherchaient un homme pour s'occuper des interrogatoires.
SIMON. La torture ?
CHAMSEDDINE. La torture.
SIMON. Il a donc travaillé avec Abou Tarek, mon père ?
CHAMSEDDINE. Non, ton frère n'a pas travaillé avec ton père. Ton frère était ton père. Il a changé son nom. Il a oublié Nihad, il est devenu Abou Tarek. Il a cherché sa mère, l'a trouvée mais ne l'a pas reconnue. Elle a cherché son fils, l'a trouvé et ne l'a pas reconnu. Il ne l'a pas tuée car elle chantait et il aimait sa voix. Le ciel tombe, Sarwane, il tombe. Oui, oui, tu comprends bien, il a torturé ta mère et ta mère, oui, fut torturée par son fils et le fils a violé sa mère. Le fils est le père de son frère, de sa soeur. Tu entends ma voix, Sarwane ? On dirait la voix des siècles anciens qui vient à toi. Mais non, Sarwane, non, c'est d'hier que date ma voix. Et les étoiles se sont tues en moi une seconde, elles ont fait silence lorsque tu as prononcé le nom de Nihad Harmanni tout à l'heure. Et je vois que les étoiles font silence à leur tour en toi. En toi le silence, Sarwane, en toi le silence des étoiles et celui de ta mère. En toi.
Oui c'est en effet ce passage. Merci.
Si vous pouvez m'aider ce serait très gentil de votre parts à tous merci.
PS: c'est urgent !!!
Tu pourrais exploiter le titre de la scène 35 : la voix des siècles anciens.
Et aussi l'expression "chercher le sens de la vie". La quête des origines, de l'identité.
Et enfin la notion de tragédie inéluctable et moderne et implacable.
N'attends pas un commentaire entier rédigé, personne n'a ça "sous le coude" et ce n'est pas le but de ce forum de toute façon.