Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Langue française

35 réponses · Page 2 / 2

Je pensais à Sido, la mère de Colette :
Jules Colette, qui serait le père d'Achille Robineau, épousa Sidonie Landoy en décembre 1865;
Serait, parce qu'Achille né du vivant du mari de sa mère est pour l'état-civil le fils de ce mari mais pour tout Saint-Sauveur il est le fils du capitaine. Pour la postérité aussi, d'ailleurs…
Il y a bien dans cette phrase l'incertitude que réfute Anne pour notre phrase, si je l'ai bien comprise.
Pourtant ces phrases sont assez semblables même s'il est vrai, comme l'a souligné Katioucha, que le verbe devenir pose un léger problème.
Quand le conditionnel présent exprime l’incertitude, le jugement est soit contemporain des faits rapportés (ou narrés) soit du moment de l’énonciation, me semble-t-il.

Votre phrase fonctionne dans ces deux cas (comme vous l’avez d’ailleurs signalé « pour tout Saint-Sauveur […] pour la postérité aussi, d’ailleurs »).


A- Soit le commentaire est contemporain des faits

1) Achille naquit en 1863. En 1865 Jules Colette, qui seraitdixit les gens de l’époque, en 1865 - le père d’Achille, épousa Sidonie Landoy.
Ça marche puisque l’enfant est déjà né au moment du mariage.

2) Achille naquit en 1868. En 1865 Jules Colette, qui seraitdixit les gens de l’époque, en 1865 - le père d’Achille, épousa Sidonie Landoy.
Ça ne marche pas puisque l’enfant n’est pas encore né au moment du mariage.


B- Soit le commentaire est contemporain du moment de l’énonciation

3) Achille naquit en 1863. En 1865 Jules Colette, qui seraitdixit moi rédacteur de la notice biographique et qui rapporte rétrospectivement ces évènements - le père d’Achille, épousa Sidonie Landoy.

4) Achille naquit en1868. En 1865 Jules Colette, qui seraitdixit moi rédacteur de la notice biographique et qui rapporte rétrospectivement ces évènements - le père d’Achille, épousa Sidonie Landoy.

Ça marche pour 3) et pour 4) peu importe donc que l’enfant soit né antérieurement ou postérieurement au fait principal rapporté (le mariage), puisque le locuteur rapporte les faits de façon rétrospective.

Dans le cas de cette notice biographique, le commentaire au conditionnel peut aussi bien être le fait des gens de l’époque que celui du rédacteur de la notice, puisque l’Achille en question est né avant le mariage.


Pour revenir à « notre » phrase, si on accepte de ne pas chercher des explications (au moins dans un premier temps, après on peut s’amuser) tirées par les cheveux, on ne peut pas être dans la configuration A), puisqu’avant que d’être père présumé des enfants qu’il aura avec Françoise, il faut que Pierre commence par être l’amant de la dame.

Avec votre exemple, B) est possible parce que l’extrait appartient à un genre non fictionnel.
Si on part du principe que la phrase du demandeur est un extrait de fiction, la configuration B) vous parait-t-elle possible ? J’ai la flemme de réfléchir ! 🙂
Peut-être si le commentaire au conditionnel émane d’un narrateur omniscient ? Ça doit bien pouvoir marcher, mais… j’ai la flemme de vraiment réfléchir !! 😜
Merci pour ces contributions que je n'aurais imaginées si nombreuses ! L'exemple de Sido correspond parfaitement à celui que j'ai employé, sauf qu'il y a ici réellement un doute sur la paternité de Jules.
Il me semble, en résumé, que lorsque le conditionnel introduit une certaine ambiguïté (accentuée par l'emploi du verbe être), il vaut mieux employer le futur. C'est exactement le cas de cette phrase lue dans la biographie que j'ai évoquée, et qui a déclenché ma question. Ceci dit, j'ai remarqué que de nombreux auteurs semblent répugner à employer le futur et préfèrent le conditionnel. Faut-il y voir un effet "littéraire" ou bien le refus de céder à une certaine mode évoquée dans l'une des contributions ?

Oui, pour répondre à Katioucha, on sent parfaitement la différence dans la sonorité de la phrase, et de fait, mon instinct me guide naturellement vers le futur par rapport à ce que je veux exprimer. Étant biographe, je préfère la clarté au doute, ne serait-ce que pour ne pas dérouter mes clients.
Si vous recherchez l’absence d’ambigüité, le futur a clairement l’avantage pour lui ! 🙂
Bonjour,

j'ai une question qui peut paraître bête mais elle est essentielle dans mon évolution dans votre langue.

En voyant les différents modalités du conditionnel,

je voulais savoir si il peut-être utilisé lorsqu'il exprime un conseil , une hypothèse, dans le passé comme dans le présent ?

Est ce que les 2 ont la même valeur ou y a t il une différence ?

Ex:

Je disais qu'il devrait faire attention
Je dis qu'il devrait faire attention.

Merci d'avance
je voulais savoir s’il peut-être utilisé lorsqu'il exprime un conseil ,
Oui.
Exemples :
Tu devrais choisir cette robe bleue.
Vous seriez bien inspirés de faire un grand voyage autour du monde, à condition de le pouvoir.
Dans le passé :
Nous aurions mieux fait de les aider.
PS. Il n’y a pas de questions bêtes lorsqu’on cherche à s’instruire.
Merci beaucoup pour votre retour.

Mais ma question était,

le conditionnel utilisé ainsi ( conseil) est ce qu'il a la même valeur qu'utilisé au présent ?
Raison pour laquelle j'avais mis les 2 exemples.

Ex:

Je disais qu'il devrait faire attention
Je dis qu'il devrait faire attention.

Je ne sais pas si c'est clair mais jai comme l impression que le conditionnel dans ce cas a plus la valeur d'un futur dans le passé que d'un conseil.

Merci d'avance
Dans les deux phrases que tu proposes, le conditionnel peut avoir valeur de futur dans le passé.
Le choix du verbe devoir peut également évoquer un conseil, qui n’apparaîtrait pas avec un autre verbe.
Désolé d'insister, ce que je voudrais savoir, est ce que dans le cas que j'ai mentionné le conditionnel évoque un conseil ou tout simplement un futur dans le passé?

Ex
Je disais qu'il devrait faire attention

Merci bien
Il y a une valeur évidente de conseil dans la phrase que tu cites. Mais à mon avis c’est surtout à cause de l’emploi du verbe devoir.
Si tu mets la phrase au style direct, le conseil demeurera que l’on dise : Il devra faire attention ou il devrait faire attention.

Dans je disais qu’il devrait faire attention , on peut bien sûr également parler de futur dans le passé, sans que l’idée de conseil disparaisse, mais non dans Je dis qu’il devrait faire attention tout simplement parce que le verbe dire est au présent.
J’espère que cele est plus clair maintenant. 🙂
Je vous conseille inconditionnellement https://www.bonjourdefrance.com/exercices/contenu/16/grammaire/515.html ceci 😉
Merci pour votre retour à tout les deux.
Tout me semble plus clair maintenant.

Bonne soirée

Bonjour,

Je n’aurais pas employer le conditionnel dans la phrase suivante :

" Il y a deux ans, les électeurs élirent un sénateur, alors qu’il n’atteindrait l’age minimum légal pour rentrer au Sénat, que deux semaines plus tard"

Il n’y a rien de Conditionnel/Hypothétique.

je propose de le remplacer par "alors qu’il n’atteignait ".

Pour moi, si l’on met le verbe principal au passé composé, je ne change pas le temps du verbe de la 2eme partie de la phrase.

Mais si je mets le verbe principal à l’imparfait, alors j’ai/j’aurais tendance à le mettre au conditionnel, comme dans la tournure en "Si.. élisaient …., alors. qu’il n’atteindrait…"

Merci du coup de main,

Bonsoir.

Il ne s’agit pas ici d’un emploi modal du conditionnel (expression d’une hypothèse) mais d’un emploi temporel ("futur du passé", évènement postérieur à un autre évènement du passé).

Concordance des temps.

Principale au présent, subordonnée au futur simple :

Aujourd’hui, les électeurs élisent un sénateur, alors qu’il n’atteindra l’âge minimum légal que dans deux semaines.

Principale au passé, subordonnée au conditionnel (futur du passé) :

Il y a deux ans, les électeurs élirent un sénateur, alors qu’il n’atteindrait l’âge minimum légal que deux semaines plus tard.

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