Étudier les langues étrangères

La filière littéraire

19 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

J'espère me retrouver au bon endroit. Dans tous les cas, je vais essayer de faire court.
Je me dois de préciser avant toute chose que je suis belge et non français mais je ne pense pas que le système soit tellement différent en France en ce qui concerne l'université du moins.

Je suis actuellement des études en sociologie et même si j'aime bien le fait de s'intéresser à comment fonctionne notre monde, je ne me sens pas tout à fait à mon aise. Je trouve cette matière assez abstraite ou floue dans le sens où je n'arrive pas vraiment à savoir si ce qui est dit est valide ou non. Et ceci me perturbe. De plus, les débats sont souvent empreints d'idéologies contraires à mes valeurs.

Donc voilà je pense me tourner vers une de mes "vieilles" passions, c'est-à-dire les langues étrangères. Comme je me passionne pour fonctionnement des langues, je pensais m'orienter naturellement vers les langues et lettres étrangères. Je m'intéresse beaucoup à la linguistique (dans toute la diversité de ses approches), à la grammaire, à la pratique des langues et aux cultures étrangères. Mais il y a une matière qui pourrait me rebuter: la littérature. Je ne lis généralement pas de romans et ça ne m'a jamais réellement attiré. C'est pourquoi je suis un peu réticent à l'idée me lancer dans ce type d'études. De plus, je me dis que ça pourrait être tout aussi abstrait que la sociologie ou tout du moins ne pas avoir ce fondement "concret" que je recherche. Je trouve en effet le fonctionnement des langues "concrets" dans le sens où je n'ai pas l'impression que ça vient de nulle part. Mais est-ce le cas de la littérature?

Bref, je ne sais pas trop si ces études seraient faites pour moi.

Merci d'avance d'avoir pris le temps de me lire. 🙂
Il y a une petite contradiction dans ce que vous dites : vous affirmez d'une part vous intéresser à la linguistique et à la grammaire, d'autre part vous vous dites attiré(e) par le concret. Mais le concret, dans une langue, n'est-ce pas l'utilisation qu'on en fait à l'oral comme à l'écrit ? Vous ne pouvez pas aborder des études de langues sans rencontrer la littérature, même si vous vous spécialisez - mais seulement par la suite - dans un domaine plus strictement grammatical ; la littérature, vous la rencontrerez dans tous les examens universitaires et dans tous les concours (sauf peut-être au CAPES ?).
Peut-être évoquez-vous à la fin l'histoire des langues ? Oui, l'étude de leur genèse et de leur évolution est passionnante, mais vous ne pouvez pas aborder cette étude en négligeant le reste. Et ne croyez pas non plus ne rencontrer que des certitudes dans ce domaine : récemment, j'ai pu constater que l'analyse de tel fait grammatical différait radicalement d'une langue à une autre. D'autre part, la linguistique (dans son acceptation la plus générale) peut être extrêmement abstraite, même si la linguistique "pure", si j'ose dire, n'est pas abordée dans le détail dans les études de langue.
Est-ce seulement par passion pour les langues que vous voulez changer d'orientation, ou envisagez-vous aussi une carrière en rapport avec ces études ?
la littérature, vous la rencontrerez dans tous les examens universitaires et dans tous les concours (sauf peut-être au CAPES ?).
Je me permets d'ajouter mon grain de sel à la réponse de Jacques : la littérature est incontournable dans un cursus universitaire en langues vivantes, et il faut aimer lire pour s'y lancer et y réussir - y compris au CAPES où l'analyse de textes littéraires (mais pas seulement) constitue une part importante des épreuves écrites.
Merci pour vos réponses. 🙂

Oui… Je me doutais bien que ça allait être contradictoire de faire des études de langues et de ne pas avoir une passion pour la littérature en même temps. Cependant, je ne dis pas que je déteste la littérature et j'apprécie ça de plus en plus (j'ai commencé à lire des nouvelles dernièrement) mais ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus. Je peux également me mêler à l'abstrait mais pas de manière prolongée.
En fait, quand je parle de concret en ce qui concerne les langues, je pense plus à l'objet que je trouve assez concret. A l'opposé, l'objet du "social" en sociologie est plus abstrait. C'est du moins mon impression mais je me trompe peut-être. Par contre, les idées et récits que l'on peut produire avec une langue peuvent devenir plus abstraits (à des degrés différents).
Je dois avouer que je n'ai pas eu un vrai cours en linguistique et je ne m'y suis pas intéressé de manière assez poussé mais ça semblait m'intéresser.

Oui j'ai clairement envie que les langues soient une composante importante de mon métier. Je pensais à devenir professeur, médiateur interculturel/interprète social (par exemple dans un hôpital, une asbl pour étrangers…) ou travailler dans l'alphabétisation. Je pensais aussi à être chargé de communication dans une ONG ou en rapport avec l'humanitaire. Mais donc, je n'ai pas envie que les langues ne soient qu'un "outil" pour moi. J'ai vraiment envie qu'elles fassent partie de mon quotidien.

Enfin, de ce que vous m'avez tous les deux répondu, la littérature est très présente dans ces cursus (ce qui est un peu logique, je l'avoue). Et je m'imagine que ce n'est pas que de la lecture, c'est aussi une analyse avec des théories psychanalytiques et autres non?

Sinon qu'en est-t-il des études de traduction (comme à l'ISIT)? N'est-ce pas un peu plus "concret"? Enfin je n'ai pas trop envie de me retrouver à traduire des notices de médicaments non plus. :/
Là encore, pardonnez-moi de trouver une contradiction entre le terme "outil" et la plupart des exemples que vous citez : alphabétisation, interprétariat dans le social ou l'humanitaire… En ce cas, c'est bien une étude tournée vers la pratique qui semble vous attirer, et par là même la dimension fonctionnelle de la langue…
Les études d'interprétariat sont très sélectives : on le comprend vu la responsabilité qui pèse sur le "truchement" (pour parler comme Montaigne) !
Je ne vois pas ce que voulez dire en convoquant la psychanalyse… Ce n'est pas cela, l'étude de la littérature.
Quelles langues vous attirent plus particulièrement ?
la littérature, vous la rencontrerez dans tous les examens universitaires et dans tous les concours (sauf peut-être au CAPES ?).
Que dites-vous là ??? Cette affirmation dénuée de tout fondement mérite 3 points d'interrogation et 3 points d'exclamation que je m'empresse d'ajouter !!!

Dieu merci, vous avez modalisé avec le "peut-être".

Il est toujours bon de rétablir certaines vérités !!! Et encore 3 points d'exclamation…. Les points de suspension sont pour une réponse éventuelle qui, je n'en doute point, sera parfaitement argumentée. Point final.
Heureusement qu'il y a signes de ponctuation et un "Point final" dans votre message, sinon j'aurais cru qu'il était vide.
Je voulais dire qu'il n'y avait pas de programme d'auteurs, comme à l'agrégation.
Je n 'ai passé que l'oral du CAPES, mais je me souviens très bien avoir eu à commenter un texte littéraire, et peut-être aussi en langues anciennes. (Là, je ne me souviens plus très bien de l'épreuve.)
Si étudier une langue, ce n'est pas étudier des textes, je me demande bien ce que c'est.
Une fois qu'on a appris les rudiments, il faut bien en arriver à la lecture des textes. Sinon, quel intérêt ?
Euh, on parle du CAPES de langues vivantes étrangères…
Ah, d'accord. Désolée pour la comparaison.
Tout de même, on doit bien étudier des textes d'auteurs étrangers.
Bien sûr qu'on étudie la littérature en langue étrangère pour passer le CAPES de langues, c'est même LE fondement de la formation !! La préparation au CAPES, dans le cadre du Master MEEF désormais, est l'un des principaux débouchés de la licence LLCE = Langues, Littératures et Civilisations Etrangères.
Dans les CAPES de langues, donc : version, thème, littérature, histoire des pays concernés, ainsi que didactique.
Le contraire serait tout de même surprenant, non ?
Voici le descriptif de la première épreuve écrite du CAPES externe :

L'épreuve consiste en une composition en langue étrangère à partir d'un dossier constitué de documents de littérature et/ou de civilisation portant sur l'une des notions ou thématiques choisies dans les programmes de lycée et de collège. À cette composition peut être ajoutée une question complémentaire sur l'exploitation dans le cadre des enseignements de la problématique retenue.

Pour cette épreuve, deux notions (programmes de collège et de lycée) et deux thématiques (programme de littérature étrangère en langue étrangère) sont inscrites au programme du concours, qui est renouvelé par moitié chaque année. Ce programme fait l'objet d'une publication sur le site internet du ministère chargé de l'Éducation nationale.
(Site officiel en ligne)

Point n'est besoin d'alarmer le demandeur qui est mal à l'aise avec la lecture : il n'a pas besoin de lire 200 romans et 500 essais ou articles pour réussir l'épreuve : il bosse ses thèmes dans des manuels d'histoire littéraire et dans vos cours, comme font la plupart des candidats au CAPES de français.
Par contre, pour un futur prof, ce sera un peu court évidemment.
Euh… merci, je connais les épreuves, j'y prépare des candidats chaque année… Et étrangement, ceux qui réussissent ne sont pas ceux qui se sont contentés de bachoter dans des manuels.
La composition est de niveau universitaire, les programmes de collège et lycée, extrêmement larges, n'étant qu'un prétexte pour y greffer une partie didactique.
Je sais bien que vous connaissez les textes officiels, ce n'est pas pour vous humilier que je les cite, c'est pour fonder mon argumentation.
Là encore, pardonnez-moi de trouver une contradiction entre le terme "outil" et la plupart des exemples que vous citez : alphabétisation, interprétariat dans le social ou l'humanitaire… En ce cas, c'est bien une étude tournée vers la pratique qui semble vous attirer, et par là même la dimension fonctionnelle de la langue…
Les études d'interprétariat sont très sélectives : on le comprend vu la responsabilité qui pèse sur le "truchement" (pour parler comme Montaigne) !
Je ne vois pas ce que voulez dire en convoquant la psychanalyse… Ce n'est pas cela, l'étude de la littérature.
Quelles langues vous attirent plus particulièrement ?
Oui je me suis peut-être mal expliqué… Par "outil", je voulais dire que ça n'était qu'un atout mais pas LA matière principale de mes études futures ou de mon avenir professionnel. Je pense par exemple à des études de communication. Les langues y sont un atout indéniable mais ça ne constitue pas cette orientation en soi. Par contre, dans les métiers que j'ai cités, les langues y sont vraiment la part principale.
Oui c'est ce que je me dis aussi. Mais heureusement, je n'ai pas que cet objectif donc si ça coince, j'ai toujours un "plan B".
J'ai lu quelque part que les étudiants littéraires analysaient les textes à la lumière de la psychanalyse lacanienne. Mais si ce n'est pas ce que je m'imaginais, vous me rassurez.
Je suis fort attiré par les langues germaniques et les langues orientales comme l'arabe.

Pour répondre aux autres intervenants, oui je crois que je ne vais pas pouvoir éviter la littérature. Mais c'est bien logique vu que ça fait quand même partie de toute culture, quelle qu'elle soit (si ce n'est qu'elle prends des formes différentes). Mais comme l'a dit Jacques, je ne vais pas devoir lire 500 romans si je passe les épreuves d'entrée à l'enseignement. (Je précise que je ne suis pas français mais ça se passe de la même manière chez nous)
Jacques, je voulais simplement apporter une précision sur le programme du CAPES. Les grandes thématiques correspondent à ce qui est fait au lycée, c'est vrai. Par exemple "l'écrivain dans son siècle", "l'imaginaire", "voyage, parcours initiatique, exil", etc.
Mais si les problématiques générales se rejoignent, la façon de les aborder n'est pas la même : les textes proposés à l'épreuve de composition du CAPES ne pourraient pas être traités avec des élèves du secondaire, ils ne figurent dans les manuels scolaires de lycée et demandent une culture littéraire et un vrai travail de fond. C'est pourquoi je trouve d'ailleurs cette épreuve si artificielle, mais c'est un autre problème…
Je me doute bien que le niveau de vos cours dépasse celui du secondaire, mais je sais aussi comment certains contournent les "difficultés". Je suis issu de l'Université ! 😀
Décidément, nous ne nous comprenons pas. L'intérêt n'est pas de parler du "niveau de mes cours", mais de la préparation concrète au CAPES : butiner dans des manuels scolaires ou des anthologies ne donnera pas au candidat le bagage suffisant pour aborder les épreuves. Même si évidemment, il n'est pas question non plus d'ingurgiter 500 romans…
Je n'en suis pas si sûr. Mais le vrai problème, n'est-ce pas plutôt le niveau… en langue ?? 😀